Archives de Catégorie: ATTAC/COPERNIC /CADTM/CETIM

Dette : un outil politique de dépossession

« Avant-propos

Déjà avant le début de ce qui deviendra la « crise grecque » en 2010, le CADTM – Comité pour l’abolition des dettes illégitimes – s’intéressait de près à la dette grecque et aux conséquences de son remboursement sur la population. Depuis plusieurs années, il s’efforce de proposer des analyses émancipatrices et des alternatives en lien avec les mobilisations grecques contre la dette illégitime. En 2015, le travail du CADTM concernant la Grèce s’intensifie, lorsque Syriza, un parti anti-austérité, gagne les élections et que la présidente du parlement grec met en place une commission d’audit, dont le porte-parole de notre réseau assure la coordination scientifique.

Depuis lors, plusieurs vidéos ont été réalisées par le CADTM en collaboration avec ZIN TV, les Productions du Pavé et les Films du Mouvement. Ces outils vidéo ont permis de vulgariser nos analyses, déconstruire des idées reçues et expliquer des mécanismes parfois complexes. Réalisées pendant ou peu de temps après l’expérience « Syriza », certaines de ces vidéos permettent également de documenter et de poser un regard critique sur cette séquence politique en tant que tentative avortée d’un pays de l’Union européenne de rompre avec l’austérité. Lire la suite

Mémorandum : ATTAC Maroc soutient le boycott citoyen de produits de consommation commercialisés par des grands groupes capitalistes

Pour l’élargissement de la campagne contre la Hogra et pour la dignité, la liberté et la justice sociale.

Le boycott citoyen de trois produits de consommation (le lait de Central, eau minérale Sidi Ali et les carburants des stations Afriquia) commercialisés par de grands groupes privés (la Société Centrale Laitière affiliée à la multinationale française Danone, spécialisée dans le lait et ses produits, la société des eaux gazeuses Oulmès appartenant au groupe Holmarcom de la famille Bensaleh, et la société de distribution de carburants Afriquia appartenant au groupe Akwa de la famille Akhannouch) a connu un large succès. Avec détermination et créativité, le peuple marocain résiste à de grands groupes capitalistes locaux et internationaux qui pillent les richesses du pays et appauvrissent les citoyens. Lire la suite

Pas de contribution commune sans participation commune

Réforme fiscale ou contre-révolution fiscale, les baisse d’impôts contenues dans les récentes lois de finance garantissent une hausse de revenus pour celles et ceux qui possèdent déjà le plus de richesses. De nouveaux privilèges fiscaux pour les privilégié·es, une redistribution à l’envers…

« L’objectif de ce livre est de montrer en quoi la justice fiscale, qui serait fondée sur un système fiscal véritablement consenti par la population, car équitablement réparti en proportion des facultés de chacun, et assurerait un bien-être collectif et individuel, est non seulement possible à mettre en œuvre mais absolument nécessaire ». Il faut donc privilégier les impôts directs et leur progressivité, lutter contre l’évitement de l’impôt « c’est à dire la fraude et l’optimisation fiscales ». Lire la suite

La Cour constitutionnelle belge rend son verdict : Victoire totale contre le fonds vautour NML Capital

Communiqué de presse

C’est une victoire sur toute la ligne pour le CADTM, Comité pour l’Abolition des Dettes illégitimes, le CNCD – 11.11.11 et son homologue néerlandophone représentés par Me Olivier Stein du cabinet Progress Lawyers Network. Ce jeudi 31 mai, la Cour constitutionnelle belge a rejeté le recours du fonds NML Capital Ltd qui demandait l’annulation de la loi adoptée le 12 juillet 2015 « relative à la lutte contre les activités des fonds vautours »protégeant ainsi cette loi unique au niveau mondial. C’est une victoire pour les peuples du monde face à un acteur vorace de la finance dérégulée. Lire la suite

Derrière l’activisme ministériel, un projet dangereux

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Introduction à l’ouvrage de la Fondation Copernic : Blanquer : un libéralisme autoritaire contre l’éducation

De façon inattendue, Jean Michel Blanquer est devenu une des pièces maîtresses de la stratégie d’Emmanuel Macron. C’est en quelque sorte un couteau suisse : il rassure, par son indéniable connaissance du monde éducatif et sa capacité à célébrer une vision traditionnelle de l’école, les parents sensibles à ces thématiques ; il a l’oreille d’une partie du monde enseignant qui apprécie un discours qui célèbre la transmission du savoir et l’autorité ; il est très lié à la droite et sert Macron pour mettre en difficulté Les Républicains ; il a bonne presse dans le monde patronal. Lire la suite

Au Sud comme au Nord, les femmes face à la crise de la dette et aux politiques d’ajustement macroéconomique

Contribution du CADTM à l’appel de l’ONU sur l’impact des réformes économiques sur les droits fondamentaux des femmes

Le CADTM (Comité pour l’abolition des dettes illégitimes) est un réseau international qui depuis bientôt trente ans analyse la problématique des dettes illégitimes et des mesures d’ajustement macroéconomique.

La dette publique et les mesures d’austérité adoptées dans le but de réduire cette première ont très souvent des répercussions socio-économiques importantes sur les populations. Ici nous analysons ces conséquences sur une catégorie importante de la société : les femmes. Lire la suite

Journée internationale des droits des femmes : La dette n’est pas qu’un instrument financier, elle est aussi un instrument genré

Partout où sont appliquées au nom de la dette les politiques d’ajustement structurels et l’austérité, elles entravent l’émancipation des femmes et détruisent les conquêtes féministes. De fait, les femmes sont les véritables créancières au niveau national et international.

Le hashtag #MeToo ne doit pas faire oublier que la lutte pour les droits des femmes commence au niveau des discriminations accrues qu’elles subissent au nom de dettes illégitimes, publiques et privées. Lire la suite

L’affaire des prêts toxiques : affaire classée ?

Anouk Renaud (CADTM) : Nous sommes ici pour parler des emprunts toxiques. Ma première question, pas très originale mais qui permet de fixer le sujet est : c’est quoi un prêt toxique ? 

Patrick Saurin : Alors un prêt toxique… Il faut savoir que les banques ne les appellent pas comme ça elles parlent d’« emprunt structuré ». Un « emprunt structuré » se compose de deux parties. La première partie c’est le financement classique, c’est le fait pour une banque de prêter de l’argent à un emprunteur : une collectivité, un hôpital ou un organisme de logement social pour ce qui nous intéresse. Et la deuxième partie de cet emprunt, le deuxième étage de la fusée, c’est une structure. Une structure c’est un mécanisme qui va déterminer le calcul du taux d’intérêt à partir d’un certain nombre d’indices. Ces indices peuvent être des matières premières, des taux d’inflation, des écarts de taux d’intérêt entre des taux courts à deux ans et des taux longs à dix ans. Ces indices peuvent aussi concerner – comme cela a été souvent le cas – les mouvements de parité entre des monnaies, et tout particulièrement l’écart entre l’euro et le franc suisse. Or, on s’aperçoit que ce type de structure, ce mécanisme de calcul de taux constituent des structures spéculatives puisqu’elles comportent intrinsèquement des multiplicateurs qui peuvent faire varier de quatre, cinq fois voire davantage le calcul du taux. C’est ce qui explique qu’on arrive pour certains de ces emprunts à des taux qui aujourd’hui sont de l’ordre de 25% d’intérêt. Dans le rapport de la commission Bartolone en 2011 en France1, les rapporteur.e.s avaient calculé qu’un emprunt aurait pu dépasser les 130% à un certain moment. Lire la suite

Il y a cent ans, la répudiation de la dette russe

Le 3 février 2018, nous célébrons le centenaire de la répudiation des dettes illégitimes proclamée par les soviets le 3 février 1918.

2017 a marqué le centenaire de la révolution russe, première révolution de l’histoire renversant le capitalisme dans la perspective d’une révolution socialiste internationale, et qui conduisit à d’immenses espoirs pour toutes celles et tous ceux qui, à l’échelle mondiale, subissaient la violence de l’exploitation capitaliste, du colonialisme et de la guerre. La révolution en Russie fut agressée par les tenants de l’ordre impérialiste et, après une phase progressive de déformation et de dégénérescence bureaucratique qui avait commencé très tôt, elle fut étouffée par la dictature stalinienne1.

Pourtant, ses débuts étaient prometteurs : le pouvoir révolutionnaire instauré en octobre 1917 en Russie a pu mettre en œuvre certaines des principales revendications populaires, telles que la paix, la distribution de la terre aux paysans, la nationalisation des banques et l’annulation des dettes des paysans à leur égard, la reconnaissance effective du droit à l’autodétermination des peuples, l’affirmation des droits des femmes ou encore la journée de travail de huit heures. Lire la suite

Les « fonds vautour » prospèrent sur la misère en spéculant sur l’endettement des particuliers

Elles s’appellent Intrum, Cabot, ou encore Arrow… Si vous avez déjà eu une facture impayée, auprès d’un opérateur de téléphonie ou d’une société de crédit, peut-être avez-vous eu affaire à l’une de ces sociétés de recouvrement et à leurs méthodes agressives. Nées en Scandinavie, puis implantées en Grande-Bretagne et aux États-Unis, elles montent en puissance depuis la crise financière de 2008, qui a plongé des populations entières dans la pauvreté. Au point que leurs profits se chiffrent désormais en centaines de millions d’euros. Lire la suite

Déclaration finale du Séminaire « Femmes, dettes et microcrédit » tenu à Bamako du 15 au 19 novembre 2017

Nous, femmes du réseau CADTM Afrique, venues du Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Conakry, Mali, Maroc, Niger, République démocratique du Congo, République du Congo, Sénégal, Togo, ainsi que d’Argentine, nous sommes réunies pour la 3ème session de notre séminaire « Femmes, dettes et microcrédit » à Bamako au Mali, du 15 au 19 novembre 2017. Lire la suite

Tout va très bien madame la marquise

« Tout va très bien, madame la marquise »1 est une chanson de 1935 qui a connu en France un grand succès en pleine crise. Elle a également été traduite en de nombreuses langues. Cette phrase est devenue une expression proverbiale pour désigner une attitude d’aveuglement face à une situation désespérée.Les déclarations de Mario Draghi, de Jean-Claude Junker, de Donald Trump… font penser à cette chanson. On peut les imaginer en train de participer au dialogue entre le domestique James et Madame la Marquise. Lire la suite

La montagne de dettes privées des entreprises sera au coeur de la prochaine crise financière

Moins de dix ans après la faillite de Lehman Brothers, survenue en septembre 2008, les ingrédients d’une nouvelle crise majeure sont déjà réunis.

Pourtant les gouvernements des principales économies de la planète avaient promis de rétablir une discipline financière qui respecterait l’intérêt général et éviterait de nouvelles crises aux effets douloureux pour la population. Afin de défendre ce système capitaliste qui écœure une majorité de l’opinion publique, ils ont multiplié les effets d’annonce de mesures fortes visant à réformer le système pour lui donner un « visage humain », mais bien sûr sans que cela ne change quoi que ce soit en pratique. En réalité, la politique que les gouvernements et les dirigeants des banques centrales ont menée a ménagé et favorisé les intérêts du grand capital, notamment celui des grandes sociétés financières. Aucune mesure stricte n’a sérieusement obligé les capitalistes à mettre un frein à la prise de risque, à réduire la spéculation, à investir dans la production. Lire la suite

Les riches contre les peuples

Warren Buffet est classé par le magazine américain Forbes comme l’un des hommes les plus riches du monde. Il y a quelques années, il déclarait sur CNN : « There’s a class warfare, all right, but it’s my class, that’s making war, and we’re winning » (La lutte des classes existe, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui en est à l’initiative. Et cette guerre, nous sommes en train de la gagner1 »). Lire la suite

Les profits odieux de la BCE sur le dos du peuple grec

Mario Draghi vient de reconnaître que les banques centrales membres de la zone euro avaient accumulé 7,8 milliards d’euros de profits grâce aux titres grecs que la BCE a achetés au cours des années 2010-2012 dans le cadre du programme SMP (Securities Markets Programme)1. À cela s’ajoutent d’autres sommes, dont ne parle pas le président de la BCE : les profits réalisés par ces mêmes banques centrales dans le cadre des achats dits « ANFA » (Agreement on Net Financial Assets). Il faut également ajouter les profits réalisés par les 14 pays de la zone euro qui ont octroyé un prêt bilatéral à la Grèce en 2010 à un taux d’intérêt abusif d’environ 5%. L’Allemagne a par exemple fait plus de 1,3 milliard d’euros de profit grâce à son prêt bilatéral à la Grèce. De son côté, la France n’a pas été en reste. Il faudrait comptabiliser aussi les économies réalisées par les pays dominants de la zone euro dans le refinancement de leurs dettes publiques : la crise qui a frappé la Grèce et les autres pays de la périphérie a entraîné une fuite des prêteurs privilégiant les pays les plus riches de la zone euro qui, en conséquence, ont bénéficié d’une baisse du coût de leurs emprunts. Dans le cas de l’Allemagne, entre 2010 et 2015, l’économie s’élèverait à 100 milliards d’euros2. Enfin, la BCE a acheté dans le cadre du Quantative easing (QE) pour 400 milliards d’euros de titres souverains allemands, le plus souvent avec un rendement nul ou négatif. La BCE a également acheté des titres souverains français pour un montant un peu inférieur à 400 milliards d’euros. Ces achats de titres allemands ou français ne lui rapportent rien tandis que les titres grecs qu’elle détient pour un montant dix fois inférieurs lui ont rapporté 7,8 milliards d’euros. Chacun peut répondre à la question à qui profite cette politique de la BCE. Lire la suite

Nous ne sommes pas lié-e-s par les traités signés et les dettes souscrites contre nos intérêts


Je commence par souligner trois éléments. Les dettes et les politiques de la dette ne peuvent pas être analysées sans prendre en compte l’histoire et le fonctionnement même du système capitaliste. Depuis le début du XIXème siècle, « la dette a été utilisée comme une arme de domination et de spoliation ». Les différents contextes expliquent des spécificités, colonisation, rôle de l’Etat, commerce international, chaine de valeur productive, place du capital fictif, etc. Et contrairement aux idées colportées, « ce ne sont généralement pas les pays endettés périphériques qui provoquent les crises de la dette souveraine ». Il faut en rechercher les causes dans les contradictions et les modes de régulation du capitalisme. Lire la suite

Le renforcement volontariste et structurel de l’engagement féministe du CADTM

Pour le CADTM, la lutte contre la dette est un moyen de parvenir à la libération des êtres humains des différentes formes d’oppression. Dans notre charte politique, nous indiquons parmi nos objectifs celui de « garantir l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères de la vie ». En effet, la défense des droits humains fondamentaux implique nécessairement la lutte pour les droits des femmes et la défense de ceux-ci. Le CADTM défend cette égalité au sein même de l’organisation du réseau afin d’atténuer et, à terme, de faire disparaître de ses pratiques toute reproduction du modèle patriarcal (telle que la division sexuelle du travail). Le CADTM garantit dans sa charte de fonctionnement la parité entre les femmes et les hommes au sein de ses instances, et cherche à favoriser l’implication des femmes membres du réseau dans l’écriture d’articles et d’analyses, dans les interventions lors de formations et de conférences, ou encore dans la représentation du réseau auprès du public. De plus, toute organisation membre peut se voir exclue du réseau à travers un processus démocratique en cas de comportement sexiste. Lire la suite

Ne pas payer ce que nous ne devons pas

Une petite brochure très claire du CADTM sous forme d’un entretien avec Eric Toussaint mené par Benjamin Lemoine1.

Quelques éléments comme incitation à lire les travaux du CADTM, les livres d’Eric Toussaint (un certain nombre d’entre-eux ont donné lieu à des notes de lecture). Lire la suite

La dette n’est pas personnelle, elle est politique

Dans leur introduction Renaud Vivien et Pierre Gottiniaux parlent des familles réduites en esclavage pour dettes, des mort-e-s physiques et des mort-e-s sociaux, des ravages causés par les non-remboursements de crédits hypothéquaires…

En référence au mouvement Strike Debt, les auteurs soulignent que la dette est politique et ne doit pas être envisagée comme personnelle, qu’elle est un outil de contrôle des individu-e-s et des populations. Ils abordent, entre autres, le rôle des microcrédits et leur promotion par les grands organismes internationaux, la consommation financée par le crédit et non par la progression des salaires, le rôle de la publicité, les pénalités et les frais de dossiers des institutions financières, celles et ceux endetté-e-s pour défaut de paiement de factures et n’ayant signé aucun contrat de prêt…

Dettes et grands mouvements de résistance, socialisation des pertes financières des banques prêteuses au frais des contribuables… Lire la suite

Communiqué final du sixième congrès national d’ATTAC CADTM Maroc

Le sixième congrès national de l’association ATTAC CADTM Maroc, s’est tenu les 5, 6 et 7 mai 2017 à Casablanca, au siège du Parti socialiste unifié, sous le slogan : « Construire Attac Cadtm Maroc, une contribution à l’élaboration d’alternatives au capitalisme ».

Il s’est déroulé dans un grand enthousiasme. Les débats ont été approfondis et ont contribué à une compréhension perspicace de la situation internationale caractérisée par la crise du système capitaliste avec ses dimensions économiques, environnementales, et sociales, qui nourrit les guerres et le racisme, préjudiciable aux acquis des salarié-e-s et des couches populaires. Les congressistes ont également abordé les caractéristiques de la situation au Maroc et ont souligné sa forte dépendance et le contrôle accru des institutions financières internationales sur son économie et ses ressources. Le pays est également soumis au système de la dette et aux mécanismes du libre-échange qui sont les outils de la nouvelle domination coloniale. Les discussions sur la situation internationale et nationale ont fait ressortir les éléments suivants : Lire la suite