Archives de Catégorie: street art

Blu, l’activiste

Blu est un Italien de Bologne, né en 1980, originaire d’Argentine qui a commencé sa carrière en 1999 en Italie avec deux pratiques esthétiques qui vont se compléter et s’interpénétrer, le street art et la vidéo. En fait, son nom « Blu », bleu en italien, ne dit rien de son travail. Pas davantage son origine argentine et la connaissance de sa ville de naissance. L’homme n’écrit pas, refuse de répondre aux demandes d’interview. Ses « murs » ne répondent jamais à des commandes rémunérées. Il met sur les réseaux sociaux des photographies de ses œuvres et de ses vidéos d’animation. Il vit de la vente de reproductions de ses « murs » via sa boutique en ligne. Pour compléter le tableau du personnage, il détruit ou fait détruire ses œuvres quand des marchands du Temple veulent en tirer profit (1). Lire la suite

Snik, le pochoir revisité.

Décembre 2018, mur de la rue Oberkampf. 15 heures et il fait déjà presque nuit. Le Café Charbon est fermé : c’est lundi. Sur le mur géré par l’association bien nommée « Le Mur », une très jolie femme me regarde. Elle est de profil mais retourne vers moi son visage. Elle ne sourit pas. Elle me regarde fixement sûre de sa rayonnante beauté. Elle est coiffée de fleurs. Cela m’évoque les jeunes filles en fleurs de Russie ou d’Ukraine qui lors des fêtes portent des couronnes de fleurs champêtres entrelacées dans leurs cheveux. Un violet pâle et un jaune décoloré soulignent l’éclat des pétales, en demi teintes. Le portrait est noir et blanc, à peine ponctué par un brouillard subtil de couleurs surannées. Il se détache du mur noir. Noir et blanc sur le fond noir « de mes nuits blanches ». Une femme nue certainement, je le devine, belle et froide comme son Albion natale. Sur sa joue droite, se dessine comme une ombre. Je ne parviens à comprendre sa signification. La beauté épurée de ses artifices se conjugue au mystère. Lire la suite

Dale Grimshaw et la cause papoue

Ce n’est pas pour me vanter mais je n’ai rien de particulièrement intéressant à dire sur nos actuels heurs et malheurs. N’étant pas dans la confidence des puissants, je sais ce que tout le monde sait. Par contre, j’ai des choses intéressantes à dire sur les Papous. Plus précisément sur le traitement de la cause papoue par un artiste anglais Dale Grimshaw.  Lire la suite

Os gêmeos : La Ville, un musée à ciel ouvert ?

Tout bien considéré, j’ai la faiblesse de penser que les frères Pandolfo ont du génie. Fait remarquable et remarqué, ce sont de vrais jumeaux qui créent ensemble une œuvre syncrétique à un point tel qu’il n’est guère possible de faire le départ entre ce que fait l’un et ce que fait l’autre. Leur création forte, cohérente, originale, a amené des critiques à interroger les Jumeaux sur cette symbiose étonnante. Dans un entretien récent, ils répondaient : « Nous sommes complémentaires : l’un complète la pensée de l’autre tout le temps. Notre processus créatif nous paraît si naturel, même s’il est difficile à expliquer. C’est comme s’il y avait un lien, qui nous gardait continuellement connectés, même lorsque nous sommes loin l’un de l’autre. Un lien éternel ». Ils résument ce lien exceptionnel par une courte phrase saisissante « Un monde, une voix. » Lire la suite

Black lines, le graffiti politique.

30 mai 2018, rue d’Aubervilliers. La rue relie deux quartiers pauvres de Paris. D’un côté, le quartier de La Chapelle situé dans le 18ème arrondissement. De l’autre, le quartier Flandre dans le 19e arrondissement. Le mauvais côté du canal de l’Ourcq, frontière symbolique entre les très pauvres Orgues de Flandre, les 14 tours de la rue Curial, des Français laissés sur le bord du chemin et des étrangers. De l’autre, leurs frères de misère, confinés dans des HLM en briques rouges des années 30, d’autres des années 60 et quelques bobos arty attirés par les eaux glauques du canal de l’Ourcq, le parc de La Villette, les Buttes-Chaumont et le mètre carré le moins cher de la capitale. Lire la suite

Guy Denning, le retour des Poilus

« Je l’ai rencontré par hasard », et tout de suite ça a été le coup de foudre. D’abord son dessin, son trait, la spontanéité du geste juste, son expressivité, sa violence, l’économie des moyens, sa force. En quelques traits, sur des supports aussi différents que le papier à dessin, le papier craft, le papier journal, les pages d’un magazine, bref sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à du papier, j’ai été saisi par ses dessins et, comme disent les germanopratins, interpellé. En effet, sans le plus souvent recourir à la couleur, Denning avec quelques traits que l’on croirait jetés à la diable parvient en moins de temps qu’il ne faut pour le dire à créer l’émotion. Lire la suite

Phlegm, J’adooooore, ce mec !

Vous ne connaissez pas Phlegm ? Tant pis pour vous ! 

Dessinateur de bandes dessinée et illustrateur, ayant une réputation internationale, c’est aussi un très atypique street artist. Lire la suite