Archives de Catégorie: street art

Os gêmeos : La Ville, un musée à ciel ouvert ?

Tout bien considéré, j’ai la faiblesse de penser que les frères Pandolfo ont du génie. Fait remarquable et remarqué, ce sont de vrais jumeaux qui créent ensemble une œuvre syncrétique à un point tel qu’il n’est guère possible de faire le départ entre ce que fait l’un et ce que fait l’autre. Leur création forte, cohérente, originale, a amené des critiques à interroger les Jumeaux sur cette symbiose étonnante. Dans un entretien récent, ils répondaient : « Nous sommes complémentaires : l’un complète la pensée de l’autre tout le temps. Notre processus créatif nous paraît si naturel, même s’il est difficile à expliquer. C’est comme s’il y avait un lien, qui nous gardait continuellement connectés, même lorsque nous sommes loin l’un de l’autre. Un lien éternel ». Ils résument ce lien exceptionnel par une courte phrase saisissante « Un monde, une voix. » Lire la suite

Black lines, le graffiti politique.

30 mai 2018, rue d’Aubervilliers. La rue relie deux quartiers pauvres de Paris. D’un côté, le quartier de La Chapelle situé dans le 18ème arrondissement. De l’autre, le quartier Flandre dans le 19e arrondissement. Le mauvais côté du canal de l’Ourcq, frontière symbolique entre les très pauvres Orgues de Flandre, les 14 tours de la rue Curial, des Français laissés sur le bord du chemin et des étrangers. De l’autre, leurs frères de misère, confinés dans des HLM en briques rouges des années 30, d’autres des années 60 et quelques bobos arty attirés par les eaux glauques du canal de l’Ourcq, le parc de La Villette, les Buttes-Chaumont et le mètre carré le moins cher de la capitale. Lire la suite

Guy Denning, le retour des Poilus

« Je l’ai rencontré par hasard », et tout de suite ça a été le coup de foudre. D’abord son dessin, son trait, la spontanéité du geste juste, son expressivité, sa violence, l’économie des moyens, sa force. En quelques traits, sur des supports aussi différents que le papier à dessin, le papier craft, le papier journal, les pages d’un magazine, bref sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à du papier, j’ai été saisi par ses dessins et, comme disent les germanopratins, interpellé. En effet, sans le plus souvent recourir à la couleur, Denning avec quelques traits que l’on croirait jetés à la diable parvient en moins de temps qu’il ne faut pour le dire à créer l’émotion. Lire la suite

Phlegm, J’adooooore, ce mec !

Vous ne connaissez pas Phlegm ? Tant pis pour vous ! 

Dessinateur de bandes dessinée et illustrateur, ayant une réputation internationale, c’est aussi un très atypique street artist. Lire la suite

Loodz, voyages intergalactiques.

Donner une idée du travail d’un artiste est une gageure. La principale variable trop souvent oubliée est le temps. Le temps, celui qui passe, est le même pour tous les artistes. Enfonçons quelques portes mal fermées. Si le mot « œuvre » désigne l’ensemble de la production d’un artiste, l’analyse d’une seule production ou d’un moment de celle-ci ne rend pas compte de l’« œuvre » d’un artiste. Je crois pouvoir écrire sans me tromper que tous les peintres, les plasticiens, tous les sculpteurs (soyons fou et excessif ! voire tous les créateurs) ont eu des « périodes ». L’actualité nous amène à citer à titre d’exemple Picasso et ses périodes rose et bleu mais nous pourrions également distinguer des périodes dans l’œuvre de Monet, de Cézanne, de Matisse, de Van Gogh, de Nicolas de Staël, et de tant d’autres. Lire la suite

« Le bouquet de tulipes » de Koons, une œuvre ratée. Deuxième épisode.

En installant dans un jardin public « Le bouquet de tulipes » de Koons derrière le Petit Palais, l’exécutif et la mairie de mairie veulent mettre un terme à un long, trop long, imbroglio diplomatique et faire pièce aux contempteurs de l’œuvre. Il est probable, mais pas certain, que tout se passe comme prévu. Le président Trump, dont on connait le goût très sûr en matière d’art, sera content, à coup sûr. Quant aux opposants, une seule de leurs revendications a été satisfaite : la non-installation de la statue au Palais de Chaillot. Pour le reste du projet, rien ne change. La statue et son socle, actuellement en fabrication, seront conformes au projet initial.

Ainsi, « Le bouquet de tulipes », financé en partie par les impôts des Parisiens, aura rang parmi les chefs d’œuvre de l’art contemporain à Paris : la pyramide du Louvre, les colonnes de Buren, le Centre Pompidou, etc. Or, j’ose avancer que cette œuvre est loupée. Simplement, loupée. Lire la suite

« Le bouquet de tulipes » de Koons, l’enquête. Premier épisode.

Le super cadeau offert par les puissants Etats-Unis d’Amérique à la France et à la Ville de Paris en gage de son amitié après les massacres de 2015, une œuvre phare conçue par Jeff Koons érigée dans le centre historique de Paris et on se contente pour annoncer cet évènement d’une discrète conférence de presse tenue par Christophe Girard, adjoint à la Culture ! L’objectif fut brillamment atteint : la nouvelle fit quelques lignes dans la presse et fut tout aussi discrètement relayée dans les médias. Lire la suite