Des barricades érigées, des barricades à renverser

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Dans son éditorial, Faire danser les bombes, Sabine Panet parle de Louise Michel du conseil de guerre et de sa condamnation à la déportation, d’autres femmes communardes condamnées, « Ambulancières, cantinières, soldates, blanchisseuses, institutrices ou « agitatrices », en armes ou non, partageaient ce rêve d’une révolution sociale, d’une mise en commun du pouvoir », d’expériences actuelles des « communs », des femmes de Greenham Common, des révoltes féministes…

« Amis, il pleut de la mitraille
En avant tous ! Volons, Volons !
Le tonnerre de la bataille
Gronde sur nous… Amis, chantons !
Versailles, Montmartre salue.
Garde à vous ! Voici les lions !
La mer des révolutions
Vous emportera dans sa crue
 » 
(Louise Michel, poème inachevé – La danse des bombes)

Dossier : Un commun, des communes

Relier la Commune, les communs et les féminismes, « elles dessinent, si pas le même chemin, une autre route que celle tracée par l’économie néolibérale et les pas des « grands hommes » », refuser la propriété et les dominations sur les savoirs et les espaces, casser les « enclosures ». Un dossier pour des chemins communs, une invitation à élargir les brèches et à construire des gués.

La Commune et les mobilisations des Communardes, « La Commune est une révolution sociale, une insurrection ouvrière, populaire et urbaine, menée par des hommes et des femmes déterminé-es à lutter contre les inégalités, pour la dignité et la justice », l’Union des femmes pour la défense de Paris et des soins aux blessés, ce que réclamait les femmes, le conseil municipal et les droits des femmes, l’importance de resituer les revendications (le travail, l’instruction, les crèches) et les combats, les dimensions profondément misogynes du mouvement ouvrier, l’existence d’ouvrières et les paiements à la tâche, les Pétroleuses, la disqualification des femmes, « on leur dénie le droit d’en être sur le plan des idées, en tant que citoyennes, qui poussent un agenda, qui ont une stratégie », les limites de la démocratie représentative, l’idée de « reprendre la ville », le travail militant rémunéré, « Elles affirment aussi que militer au sein de l’Union ou militer sur les barricades – les gardes nationaux étant payés -, c’est travailler pour la Commune et cela nécessite une rémunération »…

Le plat pays, les causes communes, l’habitat communautaire féministe, les perspectives d’autonomie, les communs, « Les communs renvoient donc aux notions de communauté, de mutualisation, d’association », l’opposition au mouvement des enclosures, le communalisme, la forêt magique de Forest, la puissance collective…

Je souligne l’article sur les femmes de Greenham, une protestation contre la décision de l’Otan de stocker des missiles nucléaires étasuniens en Angleterre, une marche de 170 kilomètres en août 1981…

 

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Continuer à faire pression contre les violences faites aux femmes, la plate-forme Mirabal

  • Justice défaillante, victimes solidaires, des violences faites à des gymnases étasuniennes

  • Le projet Nellie Bly, les violences de genre dans le viseur, la maltraitance médiatique, la complicité des médias dans la culture du viol, l’absence de formation des futur·es journalistes sur les violences faites aux femmes

  • #BalanceTonFolkloire, le folklore en milieu étudiant, « Il faut arrêter avec l’idée que les bluettes sont de la chair fraîche, et arrêter avec l’« effet toge » »

  • La protection des femmes migrantes contre les violences conjugales, « elles subissent la double peine : celle d’être une femme dans une société patriarcale et celle d’être une personne migrante dans une société non hospitalière », le refus de maisons d’accueil de femmes sans papiers, « Lorsqu’elles quittent un conjoint violent, elles se retrouvent parfois seules, ave des enfants, sans travail, sans logement, dans un pays qu’elles connaissent peu, voire pas du tout »

  • Des femmes en situation de handicap, des violences physiques ou psychologiques, « Victimes comme les autres, isolées plus que toutes », un système de discriminations bien particulier, le stéréotype de la non-désirabilité, les dépendances, les ateliers d’autodéfense, les droits

  • La sexualité, les sexualités, le désir sur scène face aux ados, l’apport du théâtre

  • Face au CPAS : frondeuses, pas fraudeuses, l’infantilisation des femmes, la soi-disant activation à l’emploi, la déresponsabilisation des politiques vis-à-vis de la prise en charge de la réalité socio-économique, les effets du statut de cohabitant·e, les représentations de la pauvreté

  • Afghanes de Belgique, le cœur brisé, vivre sous le régime taliban, les mariages forcés, les « noces » de mineures, le soutien et la mise en sécurité des personnes

  • Des anciennes détenues au Brésil, libération collective et refus de « la logique normative de la réinsertion », coopération et conditions d’une émancipation « qui ne peut être que collective », l’après des condamnations « pour délits de survie sans usage de violence », la sortie de prison et les dettes, la violence politique contre les habitant·es des quartiers populaires

  • La ménopause n’est pas une maladie

  • Les fausses croyances sur les « violences conjugales »

  • Caroline Lamarche, une tisseuse de mots, deux astres pour un désastre

  • et toujours de riches rubriques : actualités révoltante, culture et informations internationales

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axelle 243, Novembre – Décembre 2021, http://www.axellemag.be

Autres numéros : /revue/axelle/

Didier Epsztajn

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