Du coté du jazz (novembre 2021)

Visite des mémoires du jazz

Le « Umlaut Big Band » se plait à redonner une actualité aux grands compositeurs du jazz. Une plongée dans l’histoire liée à la joie de recréer fait tout le prix de ces arrangements. Dirigé par le saxophoniste alto Pierre-Antoine Badaroux, l’orchestre, soudé, fait aussi la part belle aux solistes qui ne se perdent pas dans les méandres de la copie mais expriment leur sensibilité, leur manière d’investir les compositions. Pour le dernier opus – un double album enregistré, s’il vous plait, à la Philharmonique de Paris -, c’est à Mary-Lou Williams qu’ils se sont adressé. « Mary’s Ideas », les idées de Mary sont nombreuses et brûlent tous les styles de jazz. Compositrice et pianiste vedette de l’orchestre d’Andy Kirk dans les années 1930, elle devient la prof de Thelonious Monk pour terminer en duo avec Cecil Taylor qui ne laissa aucun chance au dialogue, un album Pablo en témoigne. Entre-temps, elle travailla pour Duke Ellington et laissa des manuscrits non utilisés à ce jour dont s’est servi le « Umlaut ». Elle avait, comme Lil Hardin avant elle, constitué un orchestre de musiciennes.

Contrairement à une idée répandue, les femmes sont présentes dans le jazz dés l’origine mais, comme dans toutes les sphères de la société, une fois mortes, elles disparaissent des mémoires.

Pas seulement une erreur, une faute. Elles font partie intégrante de notre patrimoine. Quand le patrimoine rencontre le matrimoine, la mémoire collective est toute ravie de se retrouver.

Le Umlaut réussit le tour de force de nous rendre la compositrice Mary Lou Williams (1910-1981) contemporaine. Une réussite.

Umlaut Big Band : Mary’s Ideas, distribué par l’autre distribution


Vive la fanfare !

Jazz sous les Pommiers, festival de jazz de renommée au moins nationale, fait – à l’exception de 2020 – du dimanche une journée fanfare pour redécouvrir la rue, pour l’investir et jeter des ponts avec les premiers temps du jazz. Celle-ci était présente, à mobylette, pour l’édition de l’an 2000, et s’appelle Legreaux Tobrogoï, pour souligner son élargissement. Ils sont désormais 6 et veulent écraser les solitudes de l’après confinement pour taper sur tout ce qui ne bouge pas.

Le parti pris d’une solide rythmique qui s’épuise à foncer pour ne pas laisser le vide s’installer peut lasser mais, conscients du risque ils alternent les climats avec des ouvertures vers ce jazz libre sinon libertaire des années 60/70 et les musiques des Balkans, un peu à la mode ces temps-ci. Le mélange est détonnant sans trop donner l’impression d’un collage. « Pantagruel Résolu », titre de l’album, montre à la fois leur volonté de croquer la terre entière et de laisser la place à la réflexion. Pour danser ensemble.

Legreaux Tobrogoï : Pantagruel Résolu, Alfred Production/InOuie Distribution

Nicolas Béniès

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.