Pour moi, iels restent Anna, Léon, Anton et Nino

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Vladivostok, un cirque, une costumière, un numéro de barre russe, « les porteurs prennent en charge toute la stabilité de l’acrobate », des odeurs tenaces.

Je souligne l’écriture de Elisa Sha Dusapin, sa capacité à nous faire entendre et sentir ce monde lointain. Elle nous conte l’art du cirque, ses difficultés propres, ses mises en scène et en costumes, le temps de l’élaboration d’un numéro, le public et les répétitions, les traditions et les nouveautés, les parades et les tours de pistes, les accidents et leurs poids au présent, les coulisses, « Un rayon de réverbère s’infiltre par la fêlure », les figures sur la barre et les chorégraphies au sol, le tempo musical…

Le rythme des phrases rend compte à la fois de la douceur et des tensions. Les mots tissent aussi des silences, des pesanteurs propres aux réflexions ou aux surgissement des passés.

Vladivostok et la lumière rasante « Toujours blanche avec l’avancée de l’automne. En Europe, elle devient jaune, ici transparente. On dirait que la matière perd en densité, la pierre, le verre, le limon, l’arbre se craquellent, un froid sec ».

Le cirque n’est rien sans les préparations, le quotidien du nettoyage, les respirations, les démarcations, les interruptions, ce matériel qu’il faut construire et modifier, « Lisser la peau, fuseler le corps, l’aider à monter plus vite et plus loin tout en accélérant sa chute », les scénarios et les mises en costumes, les effets sous le chapiteau, les artistes et leur nécessaire confiance en l’autre…

« Le lendemain, trente-huit jours après mon arrivée, Anna est la première femme au monde à réussir quatre triples sauts périlleux sans descendre de la barre »

Elisa Sha Dusapin : Vladivostok Circus

Editions Zoe, Genève 2020, 176 pages, 16,50 euros

Didier Epsztajn


De l’autrice :

Les Billes du Pachinko

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/09/08/des-paysages-internes-et-les-langues-pour-en-parler/

Hiver à Sokcho

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2017/04/01/il-les-avais-pris-de-mon-univers-pour-les-deposer-dans-son-imaginaire/

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