Osez le Féminisme attaque l’émission Miss France en justice ! (et autres textes)

Osez le féminisme ! dépose un recours contre la société ENDEMOL PRODUCTION titulaire de la marque « MISS FRANCE » et de toutes les marques « MISS FRANCE » en régions. Cette société, exploite des femmes, qui répètent et interprètent chaque année un spectacle sexiste, discriminant et lucratif générant des millions d’euros de recettes : l’ensemble en parfaite violation du droit du travail.

Dans le cadre du programme « MISS FRANCE », les candidates participent en réalité à un spectacle et réalisent donc une prestation de travail. Les termes de « show » et de « meneuses de revue » sont ceux utilisés par la société ENDEMOL PRODUCTION elle-même pour décrire son programme.

La loi impose la régularisation d’un contrat de travail dès lors qu’une relation de travail existe, peu importe la volonté des parties. En 2013, l’arrêt de la Cour de Cassation parfaitement clair concernant « MISTER FRANCE », retenait l’existence d’une relation de travail entre les candidats et la société de production.

Aucun argument valable ne s’oppose à ce que le spectacle « MISS FRANCE » ne soit pas enfin soumis aux mêmes règles. 

Aujourd’hui, la société ENDEMOL utilise des femmes pour fabriquer un programme audiovisuel extrêmement lucratif tout en bafouant le droit du travail qui interdit toute forme de discrimination relatives aux mœurs, à l’âge, à la situation de famille, à la grossesse, aux caractéristiques génétiques, aux opinions politiques et à l’apparence physique. Au-delà d’exploiter des femmes à des fins économiques, ce concours, par les violations du droit dont il se rend coupable, a un impact négatif et rétrograde sur l’ensemble de la société.

Il est plus que temps qu’enfin : 

  • la société ENDEMOL PRODUCTION supprime de son règlement toutes les clauses sexistes, salarie les femmes, et ne pratique plus de discrimination ;

  • la télévision ne soit plus le reflet d’une société sexiste qui promeut la culture du viol et la « femme objet ».

Action : Dénoncez à votre tour le sexisme de l’émission « Miss France » en exprimant en quoi vous trouvez cette émission sexiste sur Twitter avec le #PasTaMiss.

Nous vous retwitteront ensuite ! 

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Concours Miss France : Osez Le Féminisme !
maintient son action en justice.

Le 18 octobre 2021, l’association Osez le Féminisme ! a intenté une action en justice contre les sociétés ENDEMOL PRODUCTION et MISS FRANCE afin d’une part, de faire reconnaître l’existence de contrats de travail entre la production et les femmes qui participent au spectacle ; et d’autre part de faire cesser toute forme de discrimination illégale dans les critères de sélection.

Aujourd’hui, Alexia Laroche Joubert a officiellement déclaré que les femmes seraient désormais salariées conformément au droit du travail. Il y a un mois, cette dernière indiquait l’inverse à la presse : « C’est un concours, ce n’est pas régi par le droit du travail ! ».

L’association Osez le Féminisme ! prend acte de cette déclaration qui intervient un mois seulement après l’engagement de la procédure judiciaire, et constate avec regrets que l’action des féministes pour faire respecter les droits des femmes est malheureusement toujours nécessaire.

Toutefois, cette annonce est largement insuffisante. En effet, nous rappelons que la reconnaissance de l’existence d’un contrat de travail et donc de l’application des règles du Code du Travail et de la convention collective des artistes-interprètes engagé·es pour des émissions de télévision, doit amener logiquement à la suppression de tous les critères discriminatoires tels que, notamment : critères génétiques et d’apparence physique, n’avoir jamais été mariée, ne pas avoir d’enfant ou encore avoir un comportement « conforme aux valeurs de l’élégance ».

C’est pourquoi nous poursuivons notre action en justice. Nous nous présenterons à l’audience de conciliation devant le Conseil des Prud’hommes de Bobigny le 1er décembre à 13h30.

Le 20 novembre 1970, les militantes du Mouvement de Libération des Femmes manifestaient déjà contre le spectacle « Miss Monde ». Le MLF rassemblait alors des figures comme Christine Delphy, Gisèle Halimi, Monique Wittig, Cathy Bernheim ou encore Christiane Rochefort. 

Rien ne permet donc d’affirmer – comme a cru pouvoir le faire la production de Miss France – que nos revendications seraient propres aux « néo-féministes » (si tant est que ce terme ait un sens). Au contraire, c’est dans la continuité des combats de nos prédécesseuses que nous nous situons et le concours Miss France demeure un spectacle sexiste.

C’est pourquoi l’association Osez le féminisme ! restera mobilisée sur ce dossier, jusqu’à ce que les droits des femmes ne soient plus bafoués par la production de MISS FRANCE.

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Miss France : « Se poser devant la télé pour critiquer les femmes,  les noter et les comparer, n’a aucun sens », dénonce Osez le féminisme

Le concours Miss France 2022 a lieu samedi au Zénith de Caen. L’association Osez le féminisme dénonce un concours qui « véhicule une image de la femme qui est rétrograde » ainsi que l’absence de contrat de travail.

« Le spectacle tel qu’il existe véhicule une image de la femme qui est rétrograde à travers tous les critères mis en place », a dénoncé samedi 11 décembre sur franceinfo Ursula Le Menn, la porte-parole de l’association Osez le féminisme. Le concours Miss France 2022 se tient samedi soir à Caen au Zénith de Caen, dans le Calvados, d’où est originaire l’actuelle Miss France qui rendra son son écharpe « avec beaucoup de nostalgie mais sans aucun regret ». L’association féministe dénonce également l’absence de contrat de travail pour ces femmes, et explique avoir entamé une procédure judiciaire contre les organisateurs du concours.

Quelles sont les raisons de votre dénonciation de l’organisation de ce concours Miss France ?

Ursula Le Menn : Le sujet sur lequel nous avons beaucoup de choses à dire, c’est celui de la société de production Endemol et celle de la société Miss France, qui organisent tout ce spectacle. Il s’agit d’un spectacle à but lucratif sur le dos du travail gratuit de ces femmes qui répètent pendant un mois et demi sans contrat de travail. Elles ne sont pas autorisées à faire de l’ironie en public sur des sujets politiques, ni à fumer en public, ni à boire en public, ni à avoir un petit copain de façon publique. Ceci représente autant de contrôle total sur leurs comportements qui sont inacceptables.

Selon vous, ce concours Miss France n’a plus lieu d’être ?

Nous aimerions être dans une société qui considérerait que se poser un soir devant la télé pour critiquer les femmes, pour les évaluer, les noter, les comparer, n’a aucun sens. Pour l’instant, nous n’y sommes pas. Ce que nous demandons, ce que nous souhaitons faire, c’est créer le débat pour que, justement, chacune et chacun puisse se demander si cette émission a encore un sens, en 2021, après MeToo ?

« Nous comprenons que ce soit un spectacle qui plaise aux gens. Il y a encore énormément d’émissions qui sont très regardées malgré le fait que ce soient des émissions misogynes. Il n’y a pas de sujet là dessus. Pour autant, c’est important de se questionner sur ce que l’on regarde, pourquoi on le regarde. » Ursula Le Menn, Osez le féminisme à franceinfo

Nous pouvons aussi nous poser la question de savoir pourquoi le concours Mister France a complètement périclité. C’est tout simplement parce que personne n’avait envie de comparer, noter et critiquer sur leur physique des hommes. En revanche, pour les femmes, ça marche très bien. La réponse est tout simplement parce que nous sommes dans une société dans laquelle les femmes sont de façon omniprésente des objets esthétiques.

Demandez-vous officiellement l’interdiction du concours Miss France ?

Nous demandons déjà que Miss France se soumette à la loi, ce qui n’est pas le cas selon nous. C’est pour cela que nous avons entamé une procédure contre le concours et la société qui l’organise. Elles n’ont pas de contrat de travail. Endemol est revenue sur ses propos de base, disant qu’il n’y avait pas lieu qu’elles en aient un. Finalement, elles en auront bien un pour l’émission de ce soir.

Cependant, elles n’ont toujours pas de contrat de travail pour ce mois et demi pendant lesquelles elle prépare l’émission de ce soir. Une fois qu’elles ont un contrat de travail, le Code du travail s’applique et le Code du travail dit que les discriminations concernant par exemple le fait d’être célibataire, le fait d’avoir une certaine taille, de ne pas avoir d’enfant, ce sont des critères d’embauche totalement illégal.

Pensez-vous qu’il y a une France coupée en deux : celle qui soutient MeToo et dénonce le machisme, et celle qui regarde Miss France ?

Je ne pense pas que Miss France est l’unique élément révélateur d’une France coupée en deux. Nous ne disons pas que toute les personnes qui regardent Miss France sont foncièrement misogynes. En tout cas, le spectacle tel qu’il existe véhicule une image de la femme qui est rétrograde à travers tous les critères mis en place. Nous retrouvons l’image de la femme bonne à marier, de la jeune vierge bien sous tout rapport, qui ne prend pas trop de place, qui ne parle pas trop fort, qui ne pose pas trop de problème. Cette image là est complètement dépassée.

https://www.francetvinfo.fr/culture/tv/miss-france/miss-france-se-poser-devant-la-tele-pour-critiquer-les-femmes-pour-les-noter-les-comparer-n-a-aucun-sens-denonce-osez-le-feminisme_4877795.html

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Le gouvernement au service de l’entreprise de « feminist washing » de la Société Miss France

Le 15 décembre 2021, Madame la Ministre Elisabeth Moreno a remis la médaille de l’égalité à Madame Diane Leyre, pour son titre de Miss France 2022. Cette remise de décoration s’inscrit dans un contexte où la société de production de Miss France est en pleine opération marketing pour donner l’illusion d’être « féministe » et tenter de faire oublier qu’elle continue de violer le droit français.

L’association Osez le Féminisme ! rappelle qu’elle a intenté une action en justice contre la production du spectacle Miss France afin de faire cesser toute forme de discrimination illégale dans les critères de recrutement des candidates. Depuis, les très nombreux critères discriminants et sexistes n’ont pas été modifiés (être célibataire et sans enfant, ne pas avoir été mariée, ne pas vivre en concubinage, de pas avoir de tatouage, ne pas boire d’alcool ou fumer en public, respecter les « bonnes moeurs » et les « valeurs de l’élégance », etc.). En outre, l’absence de reconnaissance de la relation de travail sur toute la durée des répétitions mène à de graves abus : temps de travail et pauses non respectés, accidents de travail non reconnus comme tels, contrôle alimentaire, caméras dans les loges où se changent les candidates… En 2018, ces violations du code du travail ont mené à la diffusion en direct d’images de deux candidates torse nu. Cette violation de leur vie privée a considérablement affecté leurs parcours et elles sont également en procédure contre la société productrice de Miss France. 

Face à une situation où des sociétés privées font du profit grâce à des violations du droit français (5 millions d’euros de recettes publicitaires pour TF1 sur le seul soir du spectacle), notre gouvernement choisit d’ignorer les faits. Distribuer des codes pénal aux candidates (comme l’a fait Marlène Schiappa) ou participer à la campagne marketing de la Société Miss France en décernant la médaille de l’égalité à la gagnante de l’émission (comme l’a fait Elisabeth Moreno) ce n’est pas protéger les droits des femmes mais contribuer à maintenir les intérêts privés de ceux qui les exploitent.

Post #MeToo, la Société Miss France sait qu’elle ne peut plus simplement ignorer les revendications des associations de défense des droits des femmes. Sa stratégie est donc de se revendiquer « féministe » alors même que l’objet du spectacle n’a pas changé depuis 100 ans : scruter, évaluer, comparer, classer des femmes sur leur physique. Depuis l’annonce de notre action, la Société Miss France n’a eu de cesse de dévier le sujet sur les femmes participant à l’émission, insistant sur leur liberté de choix, pour ne surtout pas parler des violations au code du travail dont elle se rend coupable. Les « Miss » ont été mises en première ligne par la production lors de leur campagne de communication comme c’est encore le cas avec la remise de la médaille de l’égalité à Miss France 2022. Nous ne sommes pas dupes, ces opérations marketing ne servent qu’à redorer le blason de la société de production qui essaie de faire passer ce spectacle objectifiant et sexiste, mais très lucratif, pour « féministe », dans une classique stratégie de rebranding, et ce désormais avec l’aide du gouvernement !

OSEZ LE FÉMINISME ! Association

Alyssa Ahrabare 

Ursula Le Menn 

Violaine de FILIPPIS ABATE Avocate

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