Brésil. 7 septembre : « Descendez dans la rue pour faire échec au golpisme »(plus autres textes)

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Editorial Esquerda Online

Bolsonaro menace le peuple brésilien. Alors que la faim progresse, que l’inflation s’envole, que le chômage n’a jamais été aussi élevé et que le covid continue de faire des victimes, les partisans fanatiques de Bolsonaro sont convoqués pour une action de type d’Etat le 7 septembre, une initiative structurée sur un affrontement avec le pouvoir judiciaire (STF-Tribunal suprême électoral et TSE-Tribunal supérieur électoral). Avec cela, une très grave crise politico-institutionnelle se profile dans le pays.

Affaibli et de plus en plus rejeté par la population, Bolsonaro se radicalise pour tenter de survivre. Sa méthode est celle du fascisme : mobiliser la base extrémiste, utiliser l’intimidation des milices pour imposer la terreur. Il est temps de mettre un terme au « golpisme ». Descendons dans la rue le 7 septembre – de manière pacifique et organisée – pour montrer que la majorité du peuple brésilien n’accepte pas les menaces autoritaires et veut mettre fin à ce gouvernement criminel. Nous sommes la majorité : dehors Bolsonaro !

La stratégie de Bolsonaro

L’un des principaux objectifs de Bolsonaro est d’effrayer l’opposition par des menaces et des actes de coup d’État. L’intention est de faire en sorte que la majorité démocratique se soumette à la minorité fasciste par le chantage et l’intimidation. Céder au coup d’État, lui laisser le protagonisme de la rue, est la pire erreur que la gauche et les défenseurs de la démocratie puissent faire en ce moment.

Bolsonaro sait qu’il est très probable qu’il perde les élections de 2022. Il est également conscient que sa prochaine destination et celle de ses fils pourraient être la prison. Terrifié, il fait appel à la dernière ressource dont il dispose : la capacité à mobiliser sa base d’extrême droite. Et pour cela, il compte sur le soutien de l’armée, de la police et des milieux d’affaires.

Attendre passivement les élections de la fin de l’année prochaine, comme si Bolsonaro allait respecter le processus démocratique-électoral, représenterait une erreur énorme et impardonnable. Tout d’abord, parce que cela reviendrait à sous-estimer le danger du fascisme, qui, bien qu’affaibli, conserve une base considérable d’adeptes dans le pays et des éléments infiltrés dans diverses institutions, notamment dans l’armée et la police.

Ensuite, parce qu’elle créerait la possibilité d’un éventuel redressement de la popularité de Bolsonaro jusqu’à la fin de 2022. Il faut profiter du moment de la plus grande usure du gouvernement pour le vaincre maintenant, si possible en renversant Bolsonaro avant même les élections. En outre, la chute du milicien aurait pour conséquence probable de paralyser les contre-réformes néolibérales et les privatisations en cours au Congrès qui sont parrainées par le gouvernement et le grand centre [ensemble de partis qui vivent au plan matériel de leurs liens avec les institutions].

La gauche doit aller au combat

Il faut soutenir pleinement les mesures prises par le STF contre les actions criminelles et les tentatives « golpistes » de Bolsonaro. Pas de liberté pour les ennemis des libertés. Il est nécessaire d’exiger des institutions de l’Etat une action ferme contre ces menaces et les actions délibérément anti-démocratiques de Bolsonaro et de ses alliés, notamment en ce qui concerne l’organisation des manifestations fascistes du 7 septembre. Le silence face au « golpisme » – de la part de gouverneurs, de députés, de sénateurs, de juges, de partis politiques, de procureurs, de commandants de l’armée et de la police, d’hommes d’affaires, etc. – doit être compris comme une complicité, ouverte ou voilée, avec les actions criminelles de Bolsonaro.

Contre le bolsonarisme, la lutte dans les rues est décisive. Notre ennemi a dans l’action directe fasciste son principal point d’appui. Il est fondamental de contrer la mobilisation de l’extrême droite avec la force des masses populaires dans les rues. Par conséquent, laisser le 7 septembre libre pour le défilé fasciste serait une grave erreur. Le « golpisme » serait renforcé, gagnant en confiance et en pouvoir d’intimidation.

La campagne Fora Bolsonaro (dehors Bolsonaro) a déjà construit quatre grandes manifestations nationales cette année, faisant descendre des centaines de milliers de personnes dans la rue dans des manifestations bien plus amples que celles du bolsonarisme. Il est temps de répéter « l’injection ». Avec un appel ferme et unitaire des directions et organisations de la gauche, des mouvements sociaux et de tous les secteurs démocratiques désireux de se battre, il est probable que la mobilisation Fora Bolsonaro sera plus importante dans les rues que les initiatives golpistes. Cela aurait une énorme valeur politique, car cela représenterait une défaite effective et symbolique de Bolsonaro.

En ce sens, la position de Lula, en tête des sondages pour l’élection présidentielle, revêt une grande importance. Alors que Bolsonaro appelle ouvertement au « golpe » qui menace le pays, Lula continuera-t-il à préparer sa candidature à la présidence par des négociations et des discours électoraux ? N’est-il pas temps pour Lula d’appeler le peuple à descendre dans la rue, dans des manifestations pacifiques et organisées, pour défendre la démocratie et les droits sociaux et du travail menacés ? Lula a une responsabilité historique considérable à ce moment critique pour le Brésil.

A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 7 septembre, la tâche la plus importante est la construction de grandes mobilisations populaires à l’occasion de la fête de l’indépendance nationale. En veillant à la sécurité et à l’organisation de manifestations démocratiques, il faut faire preuve de courage et de fermeté pour vaincre le fascisme. Allons au combat, car c’est dans le combat que nous gagnerons !

  • Battre le « golpisme », dehors Bolsonaro !

  • De la nourriture, des emplois, des vaccins et un revenu de base pour le peuple !

  • A bas les contre-réformes néolibérales et les privatisations !

  • Pour un Front de gauche dans les luttes et dans les élections !

  • Pour un gouvernement du peuple laborieux et opprimé, sans alliance avec la droite !

Article publié sur le site Esquerda Online, le 25 août 2021 ; traduction rédaction A l’Encontre

http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/bresil-7-septembre-descendez-dans-la-rue-pour-faire-echec-au-golpisme.html

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Brésil, danger immédiat

Présidents, ministres, députés et personnalités du monde entier tirent la sonnette d’alarme avant l’insurrection du 7 septembre au Brésil.

« Nous, élus et dirigeants du monde entier, tirons la sonnette d’alarme : le 7 septembre 2021, une insurrection mettra en danger la démocratie au Brésil. En ce moment même, le président Jair Bolsonaro et ses alliés – parmi lesquels les groupes suprématistes blancs, la Police militaire et des fonctionnaires à tous les niveaux du gouvernement – se préparent à une marche nationale contre la Cour suprême et le Congrès le 7 septembre, renforçant ainsi les craintes d’un coup d’Etat dans la troisième plus grande démocratie du monde.

Ces dernières semaines, le président Bolsonaro a intensifié ses attaques contre les institutions démocratiques. Le 10 août, il a dirigé un défilé militaire sans précédent dans la capitale Brasilia et ses alliés au Congrès ont tenté d’imposer des réformes radicales du système électoral du pays, largement considéré comme l’un des plus fiables au monde. Bolsonaro et son gouvernement ont – à plusieurs reprises – menacé d’annuler les élections présidentielles de 2022 si le Congrès n’approuvait pas ces réformes.

Maintenant, Bolsonaro appelle ses partisans à se rendre à Brasilia le 7 septembre dans un acte d’intimidation des institutions démocratiques du pays. Selon un message partagé par le président le 21 août, la marche est la préparation d’un « contre-coup nécessaire » contre le Congrès et la Cour suprême. Le message affirmait que la « constitution communiste » du Brésil a retiré le pouvoir à Bolsonaro et a accusé « le pouvoir judiciaire, la gauche et tout un appareil d’intérêts cachés » de conspirer contre lui.

Des députés brésiliens ont averti que la mobilisation du 7 septembre a pris pour modèle l’insurrection du 6 janvier 2021, dans la capitale américaine, lorsque le président de l’époque Donald Trump a incité ses partisans à « arrêter le vol » avec de fausses allégations de fraude électorale lors de l’élection présidentielle de 2020.

Nous sommes profondément préoccupés par la menace imminente qui pèse sur les institutions démocratiques du Brésil – et nous serons vigilants pour les défendre avant le 7 septembre et au-delà. Le peuple brésilien s’est battu pendant des décennies contre le régime militaire pour garantir la démocratie. Nous ne devons pas permettre à Bolsonaro de nous la confisquer maintenant. »

  • José Luis Rodriguez Zapatero, ancien Premier ministre, Espagne

  • Fernando Lugo, ancien président, Paraguay

  • Adolfo Pérez Esquivel, lauréat du prix Nobel, Argentine

  • Noam Chomsky, professeur, Etats-Unis

  • Yanis Varoufakis, membre du Parlement, Grèce

  • Ernesto Samper, ancien président, Colombie

  • Jeremy Corbyn, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Cori Bush, membre de la Chambre des représentants, USA

  • Jean-Luc Melenchon, membre de l’Assemblée nationale, France

  • Gustavo Petro, sénateur, Colombie

  • Caroline Lucas, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Golriz Gharahman, membre du Parlement, Nouvelle-Zélande

  • Manon Aubry, membre du Parlement européen, France

  • Gonzalo Winter, membre de la Chambre des Députés, Chili

  • Ricardo Patiño, ancien ministre des Affaires étrangères, Equateur

  • Unai Sordo, secrétaire général de CCOO, Espagne

  • Cornel West, professeur, Etats-Unis

  • María José Pizarro, membre de la Chambre des représentants, Colombie

  • Juan Somavía, ancien directeur général de l’OIT, Chili

  • Rafael Correa, ancien président, Equateur

  • Oscar Laborde, Président du Parlement du Mercosur, Argentine

  • Carlos Ramirez-Rosa, membre du conseil municipal de Chicago, Etats-Unis

  • Manuel Bompard, membre du Parlement européen, France

  • Rafael Michelini, sénateur de la République, Uruguay

  • Celso Amorim, ancien ministre des Relations extérieures, Brésil

  • Ana Isabel Prera, ancien ambassadeur, Guatemala

  • Hugo Yasky, secrétaire général du CTA, Argentine

  • Thierry Bodson, président FGTB, Belgique

  • Marco Enriquez-Ominami, membre de la Chambre des députés, Chili

  • Jordon Steele-John, sénateur, Australie

  • Martín Torrijos, ancien président, Panamá

  • Zarah Sultana, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Claudia Webbe, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Kenny MacAskill, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Mick Whitley, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Marion Fellows, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Bell Ribeiro-Addy, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Mohammad Yasin, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Tony Lloyd, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Barry Gardiner, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Jon Cruddas, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Mary Kelly Foy, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Apsana Begum, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Kim Johnson, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Diane Abbott, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Tahir Ali, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Richard Burgon, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • John McDonnell, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Kate Osborne, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Ian Byrne, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Pauline Bryan, membre de la Chambre des Lords, Royaume-Uni

  • Lloyd Russell-Moyle, membre du Parlement, Royaume-Uni

  • Prem Sikka, membre de la Chambre des Lords, Royaume-Uni

  • John Hendy, membre de la Chambre des Lords, Royaume-Uni

  • Gerardo Pisarello, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Gabriela Rivadeneria, ancienne présidente de l’Assemblée nationale, Equateur

  • Daisy Tourné, sénateur, Uruguay

  • Eric Calcagno, député national, Argentine

  • Omar Plaini, sénateur de la Province de Buenos Aires, Argentine

  • Alejandro Rusconi, Argentine

  • Marcela Aguiñaga, ancien ministre de l’environnement, Equateur

  • Rafael Mayoral (Espagne)

  • Fernanda Vallejo, député national, Argentine

  • Idoia Villanueva, membre du Parlement européen, Espagne

  • Lucía Muñoz Dalda, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Marita Perceval, sénatrice, Argentine

  • Maite Mola, vice-présidente du Parti de la Gauche Européenne, Espagne

  • Andres Arauz, ancien ministre de la Connaissance et du talent humain, Equateur

  • Alicia Castro, ancien ambassadeur, Argentine

  • Iván Cepeda, sénateur, Colombie

  • Guillaume Long, ancien ministre des Affaires étrangères, Equateur

  • José Roselli, député national, Argentine

  • Guillermo Carmona (Argentine)

  • Paola Vega, membre de l’Assemblée législative, Costa Rica

  • Juan López de Uralde, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Monica Macha, députée nationale, Argentine

  • Martina Velarde, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Antònia Jover, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Daniel Martínez, ancien maire de Montevideo, Uruguay

  • Carlos Ominami, ancien Sénateur, Chili

  • Hugo Martínez, ancien ministre des Affaires étrangères, El Salvador

  • Scott Ludlam, ex-sénateur, Australie

  • Leïla Chaibi, membre du Parlement européen, France

  • Mónica Xavier (Uruguay)

  • Cristina Alvarez Rodríguez, députée nationale, Argentine

  • Lia Veronica Caliva, députée nationale, Argentine

  • Fotini Bakadima, membre du Parlement, Grèce

  • Ricardo Canese, membre du Parlement du Mercosur, Paraguay

  • Héctor Fernández, député national, Argentine

  • Juan Carlos Alderete, député national, Argentine

  • Ruth Buffalo, représentante de l’Etat du Dakota du Nord, USA

  • Adrien Quatennens, membre de l’Assemblée nationale, France

  • Alberto Grillón, ancien sénateur, Paraguay

  • Carlos Sotelo, ex-sénateur, México

  • Nanci Parrilli, sénateur, Argentine

  • María Antonieta Saa Diaz, membre de la Chambre des députés, Chili

  • Marcia Covarrubias, membre de la Chambre des députés, Chili

  • Carolina Yutrovic, députée nationale, Argentine

  • Claudia Mix, membre de la Chambre des Députés, Chili

  • Clara López, ancienne ministre du Travail, Colombie

  • Camilo Lagos (Chili)

  • Karol Cariola, membre de la Chambre des Députés, Chili

  • Roser Maestro, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Mercedes Pérez, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Victoria Donda, députée nationale, Argentine

  • Marisa Saavedra, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Miguel Bustamante, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Antón Gómez-Reino, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Pedro Antonio Honrubia, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Joan Mena, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Mar García Puig, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Txema Guijarro, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Pablo Echenique, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Sofía Castañón, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Javier Sanchez, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Pilar Garrido, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • Ismael Cortés, membre du Congrès des Députés, Espagne

  • John Ackerman (Mexique)

  • Gibrán Ramírez Reyes (Mexique)

  • Katu Arkonada (Mexique)

  • Eduardo Valdes, député national, Argentine

  • Nora Del Valle Giménez, sénateur, Argentine

  • Minou Tabarez Miraval, député national, République dominicaine

https://www.medelu.org/Bresil-danger-immediat

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Pour la vie des femmes, NOUS POUR NOUS, pour les enfants et les ainées, nous continuons en marche !

La IIe Marche des femmes autochtones aura lieu ce vendredi (10) et non plus le 9 septembre, comme c’était prévu dans le calendrier de mobilisation, à Brasilia.

La décision vise à garantir la vie des femmes, des aînées, des jeunes et des enfants présents à la mobilisation qui se déroule depuis le 7 septembre dans la capitale fédérale, avec la participation de plus de 5 000 personnes issues de 172 peuples de toutes les régions du pays.

Des groupes extrémistes, fascistes et armés, dont beaucoup sont identifiés par des chemises portant l’inscription Agro, continuent, avec la complicité du gouvernement du District Fédéral, d’envahir l’Esplanade des ministères en soutien à Jair Bolsonaro. En conséquence, l’Esplanade est bloquée.

Nous aimerions savoir qui est l’agro qui finance ces criminels. Qui sont ces putschistes qui veulent à tout prix empêcher la Cour suprême fédérale de juger l’affaire de la TI Ibirama-Laklãnõ du peuple Xokleng, qui marquera définitivement la politique de démarcation des terres au Brésil ?

Nous sommes venues de tout le pays pour tenir notre rencontre de femmes, pour échanger sur nos programmes et pour accompagner ce qui pourrait être le jugement le plus important pour les droits des autochtones dans le pays pour des décennies. Le « seuil temporel » est une aberration juridique, élaborée par ceux qui financent ces manifestations antidémocratiques, et qui, historiquement, à tout prix, tentent de faire taire notre voix, d’assujettir nos corps, comme ils l’ont fait par le passé.

Tous les regards du monde sont aujourd’hui tournés vers le Brésil, perplexes. Les médias nationaux et internationaux suivent notre mobilisation, se faisant l’écho de notre lutte et de ce qui peut arriver.

Nous n’accepterons plus jamais que les femmes et les hommes autochtones soient soumis à une telle violence ! Ces pages sont celles d’un passé que nous réécrivons avec notre lutte, depuis le sol de nos territoires.

La IIe Marche des femmes autochtones quittera demain notre campement et descendra dans la rue, avec nos corps et nos voix qui résonneront dans la lutte pour la justice, la liberté et pour la délimitation de nos terres ancestrales sacrées.

Nous n’accepterons plus jamais le caractère arbitraire de ce gouvernement génocidaire.

La prison pour Bolsonaro ! Dehors !

Non au seuil temporel !

La démarcation maintenant !

Articulation nationale des femmes autochtones guerrières de l’ancestralité – ANMIGA

Articulation des peuples autochtones du Brésil – APIB

Organisations régionales de base de l’APIB :

APOINME – Articulation des peuples autochtones du Nord-Est, Minas Gerais et Espírito Santo

ARPIN SUDESTE – Articulation des peuples autochtones du Sud-Est

ARPINSUL – Articulation des peuples autochtones du Sud

ATY GUASU – Grande Assemblée du peuple Guarani

Commission Guarani Yvyrupa

Conseil du peuple de Terena

COIAB – Coordination des organisations iautochtones de l’Amazonie brésilienne

Voir en ligne : Pela vida das mulheres, NÓS POR NÓS, pelas crianças e anciãs, seguimos em marcha !

https://observatoiredemocratiebresil.org/Pour-la-vie-des-femmes-NOUS-POUR-NOUS-pour-les-enfants-et-les-ainees-nous

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Brésil. Apothéose fasciste

« La bourgeoisie décadente n’est pas capable de se maintenir au pouvoir par les méthodes et les moyens de l’Etat parlementaire qu’elle a construit… Mais la bourgeoisie bien établie n’aime pas la manière fasciste de résoudre ses problèmes, car les secousses, même dans les intérêts de la société bourgeoise, ne sont pas sans risques pour elle. D’où l’antagonisme entre le fascisme et les partis traditionnels de la bourgeoisie. » (Léon Trotsky, Œuvres, octobre 1932, « La seule voie »)

1 – Le cri de la Paulista [ce 7 septembre, sur la principale avenue de São Paulo], le jour du « cri de l’Ipiranga » [référence à la petite rivière de la ville de São Paulo sur les rives de laquelle a été prononcée l’indépendance du Brésil le 7 septembre 1822] était la victoire ou la mort [1]. En annonçant sa stratégie, Bolsonaro [qui a organisé lors de la fête nationale le rassemblement massif de ses partisans, ce 7 septembre] a clairement indiqué qu’il ne renoncera pas à la lutte acharnée pour le pouvoir, quel qu’en soit le prix. Il a opéré un moment d’accumulation de forces. Les deux objectifs tactiques immédiats de la mobilisation contre-révolutionnaire étaient un avertissement à l’opposition libérale qu’il mettra le pays à feu et à sang en cas de danger de destitution, et la polarisation contre les ministres du STF (Tribunal suprême fédérale) Alexandre de Moraes et Luis Roberto Barroso qui encerclent son réseau et sa famille par des enquêtes et des arrestations.

Mais c’est beaucoup plus grave. Il laisse planer dans l’air – à l’intention de la fraction de la classe dirigeante qui s’est déplacée vers l’opposition au cours des quarante derniers jours – la menace qu’il n’acceptera pas le résultat des élections [en octobre 2022] s’il perd. Il ne respectera pas les règles du régime libéral-démocratique. Il n’y aura pas de transmission pacifique de la bannière à Brasilia en janvier 2023 [début du mandat présidentiel]. Le chef des néo-fascistes cherche à se repositionner pour les élections de 2022. Mais il promet qu’il est prêt à tout, et mobilise donc sa base sociale, elle aussi, dans la perspective d’une possible rupture institutionnelle, intervenant à un moment donné. En d’autres termes, tout ou rien, ou une menace de guerre civile.

2 – La contre-offensive de Bolsonaro s’est déroulée dans le cadre d’un affaiblissement ininterrompu, depuis le mois de mai, avec le pic de la deuxième vague de la pandémie. Mais Bolsonaro a démontré qu’il n’est pas battu. La plus grande erreur de la gauche au cours des trois dernières années a été de sous-estimer le bolsonarisme. La position de Lula dans les sondages, à l’heure actuelle, n’est une garantie de rien du tout. Considérer uniquement les degrés d’approbation et de rejet révélés par les sondages est insuffisant pour évaluer le rapport des forces sociales et politiques. Devant des centaines de milliers de personnes très motivées, Bolsonaro s’est renforcé. C’était tout sauf un fiasco. Bolsonaro n’a toujours pas de liste électorale, mais il a prouvé qu’il contrôle un « parti de comba t», c’est-à-dire l’organisation d’un mouvement contre-révolutionnaire qui possède une idéologie néo-fasciste, une stratégie politique, un pouvoir social, une capacité financière autosuffisante, une capacité d’initiative dans les rues et dans les réseaux sociaux, des relations internationales, une forte influence au sein des militaires et des policiers et un leadership avec un profil d’autorité messianique.

3 – La tactique de Bolsonaro pour l’instant est de gagner du temps. Il mord et souffle. Il occupe les centres-villes, mais n’autorise pas les blocages. Il encourage les barrages routiers des chauffeurs de camions, mais leur demande ensuite de se retirer. Il fait des menaces de coup d’Etat, mais publie une lettre d’apaisement. Ni la pression pour un contrôle militaire, ni Sergio Moro [ex-ministre de la Justice qui a démissionné en avril 2020, mais qui avait mené la campagne d’incrimination de Lula] ou Paulo Guedes [ministre de l’Economie et artisan des privatisations, lié au grand capital], ni l’accord avec le Centrão [coalition de partis qui vivent de leurs relations avec les institutions étatiques], et encore moins Michel Temer [ex-président qui a remplacé Dilma Rousseff en août 2016], un cadavre politique sans vie, ne pourront arrêter Bolsonaro.

Mais quelle est sa stratégie ? Est-ce pour garantir un meilleur repositionnement en vue de l’échéance électorale, et assurer sa réélection ? Oui, mais ce n’est pas tout. Le gouvernement d’extrême-droite dirigé par un néo-fasciste n’est pas un gouvernement « normal » avec un programme de contre-réformes néolibérales. La stratégie de Bolsonaro est une nouvelle réinsertion du capitalisme brésilien dans le monde, dans le contexte d’une alliance stratégique avec une fraction de l’impérialisme des Etats-Unis contre la Chine. Le plan qui a des traits de recolonisation repose sur l’espoir que les investissements impérialistes sont la clé de la reprise de la croissance économique. Mais pour cela, il est nécessaire d’imposer une défaite historique à la classe ouvrière, aux pauvres et aux opprimés. Un tel changement qualitatif dans les rapports des forces sociaux n’est possible qu’avec la subversion du régime afin qu’il puisse garantir la concentration maximale du pouvoir. Le projet est un coup d’Etat, bonapartiste, contre-révolutionnaire. Les formes, les moments, les conceptions des initiatives insurrectionnelles sont tactiques. Mais ils sont incontournables.

4 – La politique de l’opposition libérale a changé avec le virage, pour l’instant individuel, de João Doria [gouverneur de l’Etat de São Paulo depuis janvier 2019] et Gilberto Kassab [ancien ministre de Temer et ancien maire de São Paulo] pour la destitution de Bolsonaro. La classe dirigeante est divisée. Bolsonaro est, de plus en plus, dysfonctionnel et perturbateur. La fraction bourgeoise qu’il a poussée dans l’opposition est très puissante. Elle a tenté d’exercer une pression institutionnelle. Mais elle hésite à s’engager dans la voie de la destitution (impeachment). La droite libérale est beaucoup plus préoccupée par la position des Forces armées que par le Centrão. Et il y a une immense incertitude quant au rôle d’ex-général Hamilton Mourão, le vice-président.

En tout cas, face à ce nouveau moment dans la conjoncture, un changement de tactique s’impose à gauche. La tactique de l’unité d’action est devenue plus importante parce qu’un secteur de l’opposition libérale s’est finalement déclaré favorable à l’impeachment. Il est incertain et délicat, mais nécessaire de lutter, sérieusement, pour des mobilisations unitaires dans la perspective de « Fora Bolsonaro ». Mais nous devons préparer ce type d’initiative en respectant les espaces construits du Front unique de gauche, et l’indépendance politique dans la défense des revendications des travailleurs.

5 – La décision du Frente Brasil Popular et de Povo sem Medo [Peuple sans peur], de la Coalizão Negra por direitos de maintenir l’objectif la Journée nationale de lutte du 7 septembre s’est avérée correcte. Les rassemblements n’étaient pas grands, mais ils étaient dignes. Et ils ont reçu les éloges, le même soir du 7 septembre, de regroupements à l’échelle nationale. Leur décision était correcte parce que le danger de division et par conséquent de démoralisation d’une partie de l’énergie militante de tous les mouvements et partis était réel. Il est nécessaire de préserver la fermeté, la capacité de calcul tactique et la lucidité stratégique. Cinq années de défaites accumulées ont laissé des blessures. Il y a de l’instabilité dans nos rangs. Les oscillations « bipolaires » dans l’évaluation de la situation, passant en quelques jours du découragement à l’euphorie, même dans les milieux sérieux de gauche, nous laissent perplexes. Il est absurde que pendant une semaine ait prévalu une vision apocalyptique du « danger réel et immédia t» d’un auto-golpe immédiat et, par la suite, d’émettre la conclusion que le bolsonarisme aurait « fait un flop » [le 7 septembre].

Nous sommes sous pression, dès lors nous devons nous mouvoir politiquement de manière responsable. Nous retournerons dans les rues et nous serons majoritaires, mais il est nécessaire de construire des mobilisations à un niveau plus solide et ample qu’en mai, juin et juillet. Ce ne sera pas facile, mais il est possible d’aller plus loin. L’impact des manifestations bolsonaristes ne doit pas diviser la gauche. Nous avons déjà vu que la fragmentation des positions lors de la journée du 7 septembre a été un désastre, et que les prises de position intempestives se sont désintégrées. Un changement de tactique ne doit pas diviser la gauche. La fragmentation est un réel danger. Le Front unique a été le plus grand pas en avant en 2021. La question centrale est que la capacité de la gauche à mettre en mouvement la base sociale où elle est implantée s’est révélée pour l’instant insuffisante pour ouvrir la voie à l’impeachment.

La tragédie sanitaire [en relation avec la pandémie], économique, sociale et politique n’a pas réussi à imposer l’amertume. Six cent mille morts, un chômage supérieur à 14 millions de personnes sans ressources, 20 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire, une inflation de 10%, le risque d’un black-out électrique, des incendies dans le Pantanal et en Amazonie, l’invasion des terres indigènes, la réduction de 30% des inscriptions à l’Enem, n’ont pas encore suffi. Le dilemme central de la stratégie de la gauche est que la tactique attentiste consistant à simplement accepter l’échéance des élections de 2022 est moralement, politiquement et stratégiquement mauvaise. Bolsonaro n’est pas l’ennemi idéal en 2022 [au sens où pourrait être « facilement battu »]. Il est temps de se battre actuellement pour l’impeachment et d’aller de l’avant. Le défi est de transformer la majorité sociale qui est dans l’opposition en une force sociale de choc pour renverser Bolsonaro.

Valerio Arcary

Article publié sur le site Esquerda Online, le 9 septembre 2021 ; traduction rédaction A l’Encontre

http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/bresil-apotheose-fasciste.html

[1] Selon Le Monde du 8 septembre, « des dizaines de milliers de manifestants ont envahi les rues de Brasilia, Sao Paulo ou Rio, mardi 7 septembre, à l’appel de Jair Bolsonaro ». La presse brésilienne, avec certaines nuances, souligne l’ampleur des manifestations. (Réd.)

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