Combattre le cybersexisme et son invisibilité

etude-cybersexisme-web

« A travers les outils numériques, les violences sexistes et sexuelles se trouvent à la fois démultipliées via la dissémination permise par ces technologies, et favorisées voire encouragées par l’anonymat conférant aux agresseurs et agresseuses un sentiment d’impunité, amplifié par le fait que ces agissements sont soustraits au regard des adultes ».

Les autrices présentent l’étude et son contexte, le cadre législatif et institutionnel, d’autres enquêtes sur le même sujet. Elles abordent, entre autres, le climat scolaire, la violence et la cyberviolence, les usages et les pratiques du numérique des adolescent·es, la tendance à l’hyper-connexion, les modes de communication et ce qu’ils permettent, « Ces modes de communication permettent donc le partage et les échanges avec autrui, le maintien (ou la construction) d’un lien social avec des ami-e-s, des connaissances, voire des inconnu-e-s », la fréquentation des réseaux sociaux, « La fréquentation des réseaux sociaux va également dans le sens d’une expression de soi, de l’occupation de l’espace virtuel pour une mise en scène de soi autonome, indépendante et créative », les visées de renommée ou de popularité, la définition de la cyberviolence, « l’usage des différents outils de connexion en ligne ou par téléphone mobile dans le but d’insulter, harceler, humilier, répandre des rumeurs, ostraciser, exercer une coercition externe sur un individu qui ne peut pas facilement se défendre seul ou qui subit une domination », l’anonymat et ce qu’il permet, l’engendrement de formes de désinhibition, le sentiment d’insécurité et d’isolement, l’« auto-culpabilisation », les liens entre cyberviolences et violences en présentiel, les relations contextuelles et relationnelles de genre, « Cette orientation qui s’attache aux manifestations sexistes et sexuelles, est notre voie de questionnement pour explorer les cyberviolences, avec l’ambition de pallier modestement les lacunes exposées précédemment », la nécessité d’une analyse genrée des violences entre pairs…

Je souligne les paragraphes sur la construction sociale des normes de genre, le sexisme quotidien, les rapports de pouvoir entre pairs, « Le pouvoir de stigmatiser les images numériques des filles n’a de sens que parce qu’il repose sur la supposition transculturelle et historique largement répandue que le corps des filles est destiné à la consommation privée des hommes et des garçons », la consistance inégalitaire des rapports sociaux de sexe, le double standard appliqué « à la sexualité féminine et au corps des femmes », les lectures différentialistes « dans une perspective de complémentarité des sexes », les attentes sociales hétéro-normatives, la valorisation des normes de genre entre pairs, la socialisation genrée, la production du corps féminin « en tant qu’objet hétérosexuel désirable », les bénéfices pour les garçons, les représentations « stéréotypées des relations sexuelles, du désir, du plaisir », l’enjeu social de l’éducation à la sexualité…

L’exploration est centrée sur quelques indicateurs : « les contextes des cyberviolences et les habitudes liées aux usages numériques ; les formes de violence, leurs supports, leurs trajectoires (entre le cyberespace et le présentiel) ; le repérage des victimes et des auteur-e-s ; les démarches entreprises par les victimes, les pairs, les professionnel-le-s ; les conséquences des violences sur les victimes ».

Les résultats de l’étude sont présentés sous forme de petits tableaux, de commentaires, d’analyses, de citations d’élèves. Au terme de ces études, les autrices proposent de retenir que le cybersexisme désigne : « des faits qui font violence aux individus, se déploient à travers le cyberespace, contaminent l’espace présentiel ou réciproquement et qui visent à réitérer les normes de genre ciblant distinctement garçons et filles ; bref, à mettre ou à remettre chacune et chacun à la « place » qui lui est assignée dans le système de genre ».

La brochure se termine sur des préconisations, priorités et recommandations, des pratiques de prévention et de prise en charges des cyberviolences à caractère sexiste et sexuel, la détection des signaux ténus pour engager la prise en charge, la qualification des faits, l’implication de toustes les élèves… sans oublier les réflexions sur le cyberespace, les outils du numérique et l’égalité des sexes et des sexualités…

Cybersexisme

Une étude sociologique dans des établissements scolaires franciliens

Centre Hubertine Auclert 2016

https://www.centre-hubertine-auclert.fr/outil/etude-le-cybersexisme-chez-les-adolescent-e-s-12-15-ans-etude-sociologique-dans-les

Didier Epsztajn


En complément possible :

Cyber-violences conjugales

Recherche-action menée auprès de femmes victimes des violences conjugales et des professionnel-le-s les accompagnant

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/07/20/la-conversion-numerique-de-violences-conjugales-masculines-contre-les-femmes/

VIVRE APRES LE CYBER-HARCELEMENT : Floriane Marandet se confie à Révolution féministe

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/02/12/vivre-apres-le-cyber-harcelement-floriane-marandet-se-confie-a-revolution-feministe/

Christine Dalloway : Etre une femme à l’heure du numérique : LE CYBER-HARCELEMENT

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/12/13/etre-une-femme-a-lheure-du-numerique-le-cyber-harcelement/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.