L’irruption des femmes dans l’espace révolutionnaire arabe

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Ce n’est pas seulement un espace, mais un espace-temps révolutionnaire qui s’est ouvert en Tunisie à la fin du mois de décembre 2010, et qui est loin d’être clos, puisque de vastes mouvements populaires se sont succédé et se poursuivent (au Soudan, en Algérie, au Liban, en Irak), comme si, à peine éteint ici, un nouveau foyer s’allumait ailleurs. À côté de ces mouvements d’ampleur nationale, des mouvements régionaux, mais tout aussi radicaux, comme le hirak du Rif marocain témoignent de la même aspiration à la liberté, à la justice, et à la dignité. Tous les observateurs et les analystes ont remarqué la place qu’y prenaient les femmes en y gagnant une nouvelle visibilité. Certes, les femmes des centres urbains ont été les plus remarquées, mais celles des zones éloignées, comme la région minière de Jerda, au nord du Maroc, ont aussi été actives. Il ne faut pas sous-estimer leur impact.

Cette participation des femmes aux mobilisations collectives dans le monde arabe n’est cependant pas un phénomène récent. Les femmes du monde arabe ont été présentes dans les manifestations et les luttes anticoloniales dès leurs débuts. En Palestine, elles se sont regroupées pour manifester à Jérusalem contre la Déclaration Balfour. Leur activité n’a pas cessé depuis [1]. En 1919, elles ont manifesté au Caire, en Égypte, contre la colonisation britannique. En Syrie, on les a vues à Damas, dans les années 1930, protester publiquement contre la politique coloniale du mandat français. Durant la période coloniale, les Tunisiennes et bien entendu les Algériennes n’ont pas non plus été en reste. Cependant, le récit dominant de l’histoire, marqué par l’androcentrisme où domine le seul point de vue des hommes, et qui rend les femmes invisibles, et l’orientalisme qui les réduit à la fonction passive de victime, ont fait qu’on les a très vite oubliées.

Révolutions arabes, révolutions féminines ?

Quelque chose dans le regard que l’on porte sur elles s’est trouvé modifié avec les révolutions arabes, du fait peut-être de leur présence plus importante, qu’elles se mêlent aux rassemblements des hommes ou qu’elles se regroupent séparément, mais aussi dans l’usage de nouveaux médias de communication et dans l’aptitude des femmes à se servir de ces médias. Non seulement elles ont agi, mais elles se sont emparées des micros, des caméras, ont créé des blogs, ont diffusé des messages, des analyses, et ont pris massivement la parole, y compris dans les manifestations avec des slogans parfois féminisés. On a très vite compris, les despotes en place les premiers, que cette mobilisation contre l’autoritarisme visait tout autant l’État que le patriarcat, que les femmes mettaient en cause du fait même de leur présence et de leurs initiatives. Ainsi, le 15 avril 2011, le président du Yémen Ali Abdallah Saleh crut bon de réprimander les femmes pour la conduite « inappropriée » qu’elles avaient eue en se mêlant aux hommes dans les grandes manifestations qui se tenaient alors aussi bien à Sanaa qu’à Aden et à Taiz [2]. Les femmes répondirent « en accusant le président de porter atteinte à leur honneur en les accusant de se conduire de manière impudique [3] ». Le président fit machine arrière, et les manifestantes yéménites reçurent une reconnaissance immédiate, avec l’attribution, dès 2011, du Prix Nobel de la paix à la journaliste et militante Tawakkol Karman, une jeune yéménite de trente-deux ans, surnommée la mère de la révolution.

La participation des femmes aux mouvements insurrectionnels du monde arabe est maintenant très documentée. On peut ainsi constater que ces femmes sont très diverses, qu’on les considère du point de vue de leur appartenance sociale, politique, ou confessionnelle. La présence dans les manifestations de femmes portant le hijab est devenue habituelle. Mais parmi les femmes les plus actives, figurent des membres de partis ou de mouvements qui se réfèrent à l’islam, comme Tawakkol Karman, ou encore l’intellectuelle syrienne Hanane al-Laham, féministe islamique et organisatrice de la première manifestation de femmes à Damas. C’est cette même diversité qu’a mise en lumière Samar Yazbek en publiant les récits bouleversants de dix-neuf femmes qui avaient participé à la révolution syrienne [4]. Elle leur a demandé de se présenter et de dire où chacune était, ce qu’elle faisait quand la révolution syrienne a éclaté, puis de raconter comment chacune d’elles a rejoint l’insurrection, et ce qui s’est ensuivi. Ces femmes refusent la victimisation et l’héroïsation à qui « les médias ont trop tendance à les réduire [5] ». Elles ne se sont pas non plus laissé confiner dans leurs communautés religieuses et dans des assignations sectaires (alaouite, druze, chrétienne, sunnite, etc.). Le même refus des divisions communautaires s’est exprimé lors des manifestations de la thawra libanaise et du hirak algérien, comme une nouvelle façon de faire nation – ce à quoi s’est attaquée la contre-révolution.

Les répertoires d’action des femmes

Si la présence des femmes dans les mobilisations collectives est loin d’être inédite, les modalités en sont différentes. On y retrouve, certes, la référence « traditionnelle » à la figure de la mère, en particulier à la mère du martyr. Mais cette figure se transforme très vite en image médiatisée, comme ce fut le cas pour Manoubia Bouazizi, la mère de Mohamed Bouazizi (Fig. 1), le jeune vendeur ambulant de légumes, dont l’immolation par le feu, le 17 décembre 2010, est considérée comme le déclencheur de la révolution tunisienne puis du « printemps arabe ».

Depuis 2011, en effet, les femmes ont convoqué tous les répertoires d’action et fait disparaître les frontières illusoires entre privé et public. Ainsi des sit-in à domicile, lors de la révolution syrienne, qui réunissent des groupes de femmes masquées « silencieuses ou chantant l’hymne national, déroulant des pancartes avec des slogans révolutionnaires [6] ».

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Fig. 1 Manoubia Bouazizi montrant le portrait de son fils. (Capture d’écran).

Une caméra (souvent celle d’un mobile) est présente, pour filmer et diffuser aussi largement que possible. L’enjeu de l’image devient alors essentiel. C’est la communication qui fait désormais l’espace public. L’agir communicationnel se déploie dans une dimension devenue mondiale.

Davantage que les hommes, les femmes mettent en scène leurs corps, qui devient porteur d’un discours politique et d’une narration historique. Elles jouent sur les couleurs, se réapproprient la symbolique du drapeau. Dans les rues d’Alger, des manifestantes ont été photographiées drapées dans le drapeau algérien (Fig. 2), ou s’en faisant une coiffe qui rappelle celle des mariées berbères des peintures orientalistes (Fig. 3).

La photo de la jeune soudanaise Alaa Salah, prise en avril 2019, a très largement circulé dans les médias internationaux. On la voit debout au-dessus de la foule, le bras levé, revêtue d’une longue robe blanche, un léger voile blanc recouvrant ses longs cheveux noirs, et le visage encadréde grandes boucles d’oreilles (Fig. 4).

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Fig. 2 Filles algériennes lors d’une manifestation, Alger (image Twitter).

Fig. 3 « The Berber Bride », José Tapiro y Baro, 1883.

Chaque élément de ces vêtements vaut pour symbole. À Khartoum comme à Alger, ces femmes se présentent comme porteuses d’une histoire nationale qui plonge ses racines dans un passé précolonial. La robe blanche (thoub) d’Alaa Salah est une référence au vêtement que portaient les femmes qui au Soudan avaient manifesté contre les dictatures précédentes, qui elles-mêmes s’étaient donné le nom de kandakas, ces reines de la Nubie antique dont on dit qu’elles étaient détentrices du pouvoir politique.

Tawakkol Karman fait elle aussi revivre un passé précolonial lointain et glorieux. Dans son discours de réception du prix Nobel, elle se réfère en effet aux plus de cinq mille ans d’histoire du Yémen, au grand royaume de Saba et à ses reines, Balkis et Arwa [7], c’est-à-dire à des périodes de l’histoire durant lesquelles les femmes ne furent nullement écartées des positions de pouvoir. Mais dans sa conclusion, elle rend également hommage à toutes les femmes arabes qui ont lutté pour leurs droits, mais aussi pour les droits de tous, dans des sociétés sur lesquelles pesait et continue à peser l’autorité d’hommes qui privent de libertés, de droits et de justice aussi bien les femmes que les hommes [8]. La visibilité des femmes dans les espaces collectifs de contestation sape ainsi les bases des systèmes autoritaires liés au patriarcat.

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Fig. 4 Alaa Salah, avril, 2019. Photo Twitter : Lana H. Haroun/@lana_hago

Sois belle et tais-toi ? Les femmes arabes entre répression et indignation

C’est sans doute la raison pour laquelle lors des révolutions arabes les femmes ont été réprimées, c’est-à-dire blessées, torturées ou tuées au même titre que les hommes, mais qu’elles ont été l’objet d’une répression spécifique. La présence des femmes dans les mouvements insurrectionnels vaut comme mesure de l’étendue et de la profondeur de ces mouvements. Ici, elle leur donnait une dimension particulière, parce que les femmes s’y affirmaient également comme autonomes. En se trouvant hors des lieux que leur assignait le pouvoir patriarcal et hors de son contrôle, elles défiaient l’ensemble de l’édifice de l’autoritarisme. Les violences exercées sur elles, en particulier les violences sexuelles, avaient pour objet de les dissuader, par la terreur, de continuer à manifester, à militer, à témoigner.

Cette politique de la terreur a également joué sur la visibilité, comme on l’a vu au Caire, sur la place Tahrir, où des femmes ont été agressées sexuellement et même parfois violées au milieu de la foule. En décembre 2011, on a vu circuler une vidéo montrant des soldats traînant par son abaya une jeune femme à laquelle ils donnent des coups de pied, et dont on voit le soutien-gorge bleu [9].

Quelques mois auparavant, le 9 mars 2011, des manifestantes qui s’étaient retrouvées sur cette même place pour célébrer la journée internationale des femmes, avaient été arrêtées, puis soumises à des tests forcés de virginité et à toutes sortes de violences physiques et psychologiques, puisque certaines avaient reçu des décharges électriques, et que la plupart d’entre elles avaient été photographiées alors qu’elles étaient dénudées.

Cependant, à la différence de ce qui s’était produit dans des périodes précédentes de l’histoire où les femmes violentées s’étaient souvent tues pour protéger leur honneur et celui de leur famille, les femmes du monde arabe d’aujourd’hui n’hésitent plus à raconter, et à témoigner de ce qu’elles ont subi. Les violences les plus extrêmes n’effacent pas le corps des femmes. Elles contribuent à leur politisation. La souffrance est cependant là, si forte, qu’elle peut conduire à la dépression et même au suicide.

En faisant irruption dans l’espace révolutionnaire arabe, en mettant en œuvre tous les moyens possibles de visibilisation, les femmes utilisent des codes qui ne sont pas nécessairement ceux en vigueur dans les pays du Nord global. Elles se réfèrent à une autre histoire que celle qui est contée dans la bibliothèque coloniale, elles réinventent une nouvelle grammaire. Elles clament leur aspiration à la démocratie et à la justice sociale, mais elles revendiquent aussi une « justice de genre ». Ce qui s’affirme à travers ces femmes, ce n’est pas seulement le refus de l’autorité patriarcale, qu’il soit privé ou politique, c’est aussi l’avènement d’une phase nouvelle des mouvements de décolonisation.

Sonia Dayan-Herzbrun

Journée d’étude « Les villes dans le monde arabe » – CAREP Paris, le 4 décembre 2020

https://www.carep-paris.org/wp-content/uploads/2021/02/Sonia_Dayan-Herzbrun_ViMA.pdf

Sonia Dayan-Herzbrun est professeure émérite de sociologie politique, membre du Laboratoire de changement social et politique (LCSP), du Réseau thématique CNRS « Islam et chercheurs dans la cité », et directrice de la revue Tumultes. Elle est également collaboratrice régulière de la revue En attendant Nadeau. Une partie de ses recherches porte sur les mouvements politiques au Moyen-Orient où elle privilégie la dimension genrée.

Notes :

[1] Je me permets ici de renvoyer à mes propres travaux, en particulier Femmes et Politique au Moyen-Orient, L’Harmattan, 2005, et « Femmes du Liban et de la Palestine dans la lutte armée », dans Penser la violence des femmes, sous la direction de Coline Cardi et Geneviève Pruvost, Éditions La Découverte, 2012.

[2] Cf. Hamid Dabashi, The Arab Spring: The End of Postcolonialism, Zedbooks 2012, p. 187.

[3] Voir : Juan Cole et Shahin Cole, An Arab Spring for Women, The Nation, 26 April 2011.

[4] Samar Yazbek, 19 femmes, traduit de l’arabe par Emma Aubin-Boltanski et Nibras Chehayed, Éditions Stock, 2019.

[5] Samar Yazbek, ouvrage cité, p. 16.

[6] Dans L’esprit de la révolte, (sous la direction de Leyla Dakhli), Le Seuil, 2020, p. 82.

[7] “Here I am, in this unique moment, one of the most important moments of human history, coming from the land of the Arab Orient, coming from the land of Yemen, the Yemen of wisdom and ancient civilizations, the Yemen of more than five thousand years of long history, the great Kingdom of Sheba, the Yemen of the two queens Bilqis and Arwa, the Yemen which is currently experiencing the greatest and the most powerful and the largest eruption of Arab spring revolution”. Extrait du discours du Prix Nobel de Tawakkol Karman, Oslo, 10 décembre 2011, https://www.nobelprize.org/prizes/peace/2011/karman/26163-tawakkol-karman-nobel-lecture-2011/ (consulté le 05/01/2021).

[8] “As I do so, I see the great number of Arab women, without whose hard struggles and quest to win their rights in a society dominated by the supremacy of men I wouldn’t be here. This supremacy has caused a lot of injustice to both men and women. To all those women, whom history and the severity of ruling systems have made unseen, to all women who made sacrifices for the sake of a healthy society with just relationships between women and men, to all those women who are still stumbling on the path of freedom in countries with no social justice or equal opportunities, to all of them I say: thank you … this day wouldn’t have come true without you”. Extrait du discours du Prix Nobel de Tawakkol Karman, Ibid.

[9] Delphine Minoui, Le Caire : la fille au soutien-gorge bleu, Figaro Blog, 19 décembre 2011, https://blog.lefigaro.fr/iran/2011/12/le-caire-la-fille-au-soutien-g.html (consulté le 21/01/2021).


De l’autrice :

Les révolutions arabes ou les nouvelles modalités de l’agir collectif

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/03/23/les-revolutions-arabes-ou-les-nouvelles-modalites-de-lagir-collectif/

Sous la direction de Sonia Dayan-Herzbrun : Mobilisations collectives, religions et émancipation

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/07/03/la-fievre-utopique-de-la-remise-en-cause-radicale-du-reel/

Sous la direction de Zahra Ali et Sonia Dayan-Herzbrun : Pluriversalisme décolonial

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2017/07/06/promouvoir-les-diverses-formes-detre-au-monde-pour-legalite-et-la-liberte/

Avant-propos : Théologies de la libération au passé et au présent (TUMULTES, numéro 50, 2018)

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/06/11/avant-propos-de-sonia-dayan-herzbrun-theologies-de-la-liberation-au-passe-et-au-present-tumultes-numero-50-2018/

Introduction : Féminisme, politique et nationalisme dans le monde arabe

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2016/01/18/introduction-feminisme-politique-et-nationalisme-dans-le-monde-arabe-sonia-dayan-herzbrun/

Production du sentiment amoureux et travail des femmes

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2016/11/14/production-du-sentiment-amoureux-et-travail-des-femmes/

Introduction : Féminisme, politique et nationalisme dans le monde arabe

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2016/01/18/introduction-feminisme-politique-et-nationalisme-dans-le-monde-arabe-sonia-dayan-herzbrun/

Note de lecture de cet ouvrage : https://entreleslignesentrelesmots.blog/2016/01/28/pour-un-veritable-universalisme-prenant-en-compte-la-totalite-des-rapports-de-domination-condition-sine-qua-non-dun-internationalisme-authentique/

Agir politique et citoyennetés des femmes au tournant des révolutions arabes in Sous la direction de Gaëlle Gillot et Andrea Martinez : Femmes, printemps arabes et revendications citoyennes

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2016/05/31/autonomie-et-investissement-de-lespace-public/

SALAM : Les féminismes pluriels, un antidote à l’islamophobie et au racisme

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2016/05/24/salam-les-feminismes-pluriels-un-antidote-a-lislamophobie-et-au-racisme/

Sous la direction de Patrick Cingolani, Federico Tarragoni et Etienne Fassin : L’Etat corrompu, Tumultes n°45

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Sous la direction de Sonia Dayan-HerzbrunNicole Gabriel et Eleni Varikas : Tumultes N°23 : Adorno critique de la dominations. Une lecture féministe

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2015/07/24/le-travail-theorique-comme-partie-constitutive-de-laction-politique/

Sous la direction de Sonia Dayan-Herzbrun et Maurice Golring : Tumultes N°11 : Appartenances et ethnicité

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Sous la direction de Sonia Dayan-Herzbrun : Edward Said théoricien critique, Tumultes N°35

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2011/04/26/cet-etranger-qui-peut-me-parler-de-moi-meme-mieux-que-moi/

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