Extension et privatisation du domaine de la surveillance

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Logiciels de traitement d’images et d’analyses de données, logiciels de reconnaissance de masques, solutions de reconnaissance faciale, gadgets technologiques pour soi-disant lutter contre la pandémie, caméras thermiques de contrôle d’accès, « Des plus petites entreprises aux grandes institutions policières de l’État, l’année 2020 marque un tournant pour la surveillance en France. L’ouverture d’un nouveau marché pour la surveillance, l’émergence d’enjeux de sécurité publique liés au respect du confinement et une volonté politique affichée de faire des nouvelles technologies un outil central de lutte contre la pandémie ont conduit aux déploiements massifs de nouveaux outils de contrôle de l’espace public tout en crédibilisant des technologies encore à la marge comme la vidéosurveillance intelligente. Une tendance large, sur fond de virage sécuritaire et de crise sociale et politique ».

Extension des pouvoirs de police, interdiction « de manière préventive », comportements définis par des algorithmes – qui ne peuvent être considérés comme « neutres » ou sans biais sociaux -, sous-traitance aux entreprises privées, extension et croisement des fichiers, multiplications de lois, « Dénoncé par la défenseure des droits parce que présentant « des risques considérables d’atteinte à plusieurs droits fondamentaux », le projet de loi, qui pour l’ONU porte « une atteinte disproportion- née aux libertés fondamentales » et est « susceptible de porter préjudice à l’État de droit », a été adopté par le Parlement le 15 avril dernier. Un tournant pour les libertés publiques en France »

Les auteurs et autrices analysent cette surveillance qui rogne les libertés et détaillent certaines tendances, en signalant des entreprises impliquées et les impacts sur les « libertés publiques » :

  • Safe City. Une ville numérisée au service de la sécurité

  • Utilisation de Drones dans l’espace public

  • Reconnaissance faciale et biométrie

  • Logiciels de vidéosurveillance intelligente à l’assaut des communes

  • Fichage policier étendu

  • Centralisation des données de santé

De la conclusion, je souligne un paragraphe, « De nombreuses entreprises se sont engouffrées dans la brèche sanitaire, adaptant leur technologie pour commercialiser des caméras permettant de détecter la température des individus, le respect de la distanciation sociale ou le port du masque. Des technologies auxquelles les institutions françaises, à l’image du Conseil d’État à propos des caméras thermiques dans la commune de Lisses, se sont d’abord opposées. Mais les entreprises du secteur de la sécurité ont fini par remporter le bras de fer, les libertés individuelles passant au second plan pour un gouvernement éreinté par plus d’un an de crise sanitaire ».

La complicité des marchands d’armes et des marchands de systèmes dit de sécurité, l’attachement des Etats au secret et à la garantie des privilèges de certain·es plus qu’aux droits des peuples, la peur des choix démocratiques et des décisions citoyen·nes, les intérêts pécuniaires d’industriels qui commercialiseraient jusqu’à la « corde pour les pendre » pour le profit sonnant des actionnaires… tout cela relève du fonctionnement réel du système capitaliste. Ce qui n’exclut cependant pas que les uns et les autres puissent rendre compte des entraves à la démocratie du plus grand nombre et des violations des droits humains.

Mais qu’en est-il du silence des ingénieur·es concepteur/conceptrices ? ou des organisations syndicales de salarié·es, aveugles à la perte des droits de celles/ceux-ci et celle des citoyen·nes au nom de la défense de l’emploi ?

Bien des outils conçus dans les fantasmes scientistes ou paranoïaques permettent une surveillance de masse ciblée ou élargie (mais non celle des fraudeurs fiscaux, du non respect du code du travail, des violences systémiques exercées contre le plus grand nombre, etc.)

Les technologies intrusives sont incompatibles avec l’exercice de la démocratie et des libertés citoyennes. Ce monde d’illusions nuisibles peut devenir celui des cauchemars incarnés…

En France, la surveillance rogne sur les libertés publiques

Comment le Covid-19 a accéléré la surveillance de l’espace public et des citoyens

Publié par le European Network of Corporate Observatories, Shoal Collective, l’Observatoire des Multinationales et Observatory of Human Rights and Business in the Mediterranean region (Novact and Suds).

Soutenu par une subvention de la Fondation Open Society, l’Institut Catalan International pour la Paix et le Conseil municipal de Barcelone.

https://multinationales.org/L-industrie-de-la-surveillance-grande-gagnante-de-la-pandemie

https://multinationales.org/IMG/pdf/
mass_surveillance_fra_fra.pdf

Didier Epsztajn

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