Communiqué : Projet PRAXIS, MEMOIRE, ARCHIVES, Genève

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RESISTANCE ET HOSPITALITE POLITIQUE

50 ans. Aujourd’hui… (1968-2021)

Le projet PRAXIS, MEMOIRE, ARCHIVES (base de données, 1 000 matériaux, textes, Déclaration publique 2021), publié en ligne en mai 2021 (desexil@gmail.ch). C’est le résultat d’un travail mémorial de résistance.

Ce qui était le refus d’une Europe néo-libérale, capitaliste, guerrière est devenu la création d’une Europe alternative en cours.

Ce qui était de l’ambiguïté structurelle est devenu, par l’analyse critique, le repérage de mensonges politiques visant la passivité et la compromission.

Ce qui était de la violence, violence d’Etat est devenu de la torture et dans certains cas des crimes pénaux internationaux.

Ce qui était l’attaque de la Résistance par le délit dit de « solidarité » est devenu un autre délit commis par un autre criminel : le délit de refus de l’hospitalité politique par la violence d’Etat.

Ce qui était un savoir autonome, fragile, devient le tissage du « droit d’avoir des droits » (Hannah Arendt), de liens entre des luttes, actions de Résistance de la « société civile » qui s’étend aux professions, aux universités, à de nouveaux liens multiples, etc.

Il est possible d’imaginer, de vivre, d’expérimenter le desexil de l’exil et l’hospitalité politique en refusant l’apartheid, des mensonges politique de la force, une civilisation de pillage, de destruction. Des praxis de Résistance nous l’apprennent.

Il est possible de voir, d’imaginer le monde autrement que comme nous le subissons. Il est possible de transformer la colère en création politique, (Graziella de Coulon).

Il est possible de vivre, d’expérimenter ce que le philosophe grec Cornelius Castoriadis, a décrit comme la puissance, le « vertige démocratique » (demos-cratos, la puissance au « peuple » et la création d’une politique d’anti-violence, (Balibar).

Marie-Claire Caloz-Tschopp, Genève

Site : https://desexil.com

Adresse : revue.desexil@gmail.ch

SOMMAIRE GENERAL (extrait) d’une base de données d’environ 1 000 matériaux

PARTIE I : Introduction générale. Violence capitaliste. Résistance de rupture

PARTIE II : Un panorama entre 1968 et 2020. Expériences. Rencontres. Héritages. JE ET NOUS. Imaginer, pratiquer l’inimitié. L’invention d’une méthode active, critique, transversale de résistance. Assumer le conflit. Transformer la colère en politique.

PARTIE III : Deux Europes antagonistes (Schengen. Résistance). Politique ou Police ? Questions de méthode, de recherche (depuis la Suisse, l’UE, le Chili, l’Amérique latine, la Turquie). Résistance. Ambiguïtés. Mensonges politiques (Schengen, Dublin, Frontex, Apartheid, Pacte migratoire et cas emblématiques). Histoire et Actualité. Après le 20e siècle. Après les dictatures coloniales, ex. en Amérique latine. Expansion des politiques de torture et de disparitions dans les politiques migratoires, du travail, etc. Comment penser aux extrêmes ?

PARTIE IV : Praxis, expérimentations. Agir, parler, penser. Prendre le risque de s’engager, de parler, d’écrire (50 textes). Elaboration politique et philosophique, Marie-Claire Caloz-Tschopp (12 textes).   expériences d’Espaces d’Universités libres et autonomes : (1) colloque sur la Colère, Université de Lausanne ; (2) des enjeux au Collège international de philosophie (CIPh) Paris ; (3) colloque sur le Desexil de l’exil. L’émancipation en masse, Université de Genève et programme desexil du CIPh.

PARTIE V : L’Hospitalité, un rapport politique ? Deux postulats pour la Résistance. (1) L’Habeas corpus et l’hospitalité politique, généralisables au XXIe siècle. (2) Pas d’Hospitalité politique sans Résistance. Cinq propositions sur l’hospitalité politique du GISTI, de MIGREUROP, de ABOLISHFRONTEX (2021), de Jacques Derrida, Monique Chemillier-Gendreau, Marie-Claire Caloz-Tschopp et autres personnes, en résistant, pour vivre dans les praxis, le « vertige démocratique ». Des interrogations ouvertes.

Genève, juin 2021

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DECLARATION PUBLIQUE 2021 RESISTANCE ET HOSPITALITE POLITIQUE
Projet Praxis-Mémoire-Archives

Genève, mai 2021

Cette déclaration publique, avec les informations recueillies, élaborations, réflexions (entre 1968 et 2021) s’adresse aux exilé.e.s prolétaires [1] en desexil [2] dans la globalisation.

Elle est l’aboutissement d’un projet de transmission Praxis-Mémoire-Archives situé en Suisse (Genève-Lausanne). Le projet est constitué par une importante base de données, des réflexions et cinq propositions. La présente déclaration résume les grands axes de l’ensemble des travaux.

Les 1000 matériaux recueillis proviennent de divers lieux, actions, expériences, événements [3] : Groupe de Genève, Violence et Droit d’asile en Europe (GGE), Fortress Europ ? (Nicholas Busch), Assises européennes sur le droit d’asile (Lausanne, Bruxelles, Rome, Genève), Tribunal sur le droit d’asile (Berlin), travaux de recherche philosophique et de citoyenneté (Genève, Lausanne, Programme

Desexil de l’exil (2010-2019) du Collège International de Philosophie (CIPh), rencontres, activités, séminaires, en Suisse et dans d’autres pays (Chili, Turquie, Brésil, Italie) (voir base de données).

La résistance de rupture dans des praxis courageuses a été la (re)découverte de la richesse d’une Autre Europe [4] ouverte au monde pourtant invisibilisée et criminalisée. La résistance existe pourtant bel et bien. Elle est (le plus ?) souvent le fait de femmes. Elle se construit pas à pas. Aujourd’hui, l’apport de la résistance mérite d’être pleinement reconnu.

Nous pouvons apprendre qu’en devenant politique, l’hospitalité a une portée générale et radicale. Au XXIe siècle, pratiquer l’hospitalité politique, c’est désirer, préserver, (re)construire la diversité, la qualité des liens entre les humains et avec la nature.

L’hospitalité politique est face à de nouveaux dangers. Elle est étouffée par des logiques d’apartheid, de guerre et de désert [5] dans la vie quotidienne. Elle peut se perdre. Son affirmation, sa sauvegarde, son élargissement sont un défi tragique dans une planète face à des limites de survie.

Deux postulats principaux, analysés dans les matériaux, sont rappelés ici : (1) il existe un lien tissé par la violence entre histoire et présent, entre l’Habeas Corpus dégagé par les Mères de la Place de Mai en Argentine dans leur lutte pour les disparus et l’Hospitalité politique dégagé par la Résistance dans le mouvement d’asile ; (2) la Résistance est la condition nécessaire pour que l’hospitalité puisse devenir politique.

Des problèmes développés dans les recherches sont résumés ci-dessous.

1. POSTULAT 1, HISTOIRE XIIIe-XXIe siècle. HABEAS CORPUS ET HOSPITALITE POLITIQUE La violence d’Etat et la violence du capitalisme, l’aporie de la souveraineté d’Etat-(nation), de l’apartheid, les résultats d’un « modèle » de surexploitation sécuritaire militarisé nous amènent à articuler l’histoire de longue durée du XVIIe siècle au XXIe siècle en prenant en compte, la conquista, le colonialisme, le tournant impérialiste et le court XXe siècle.

L’Habeas corpus et l’Hospitalité politique sont deux ancrages possibles pour comprendre la domination et la résistance au XXIe siècle. Les repenser ensemble en se déplaçant, permet de dégager, des rapports entre politiques migratoires, de torture [6], de disparitions, où se cristallisent des apories de la violence et des enjeux de portée incalculables. Ces deux référents accompagnent le « droit d’avoir des droits » [7], formulé par Hannah Arendt au XXe siècle qui fait partie des recherches et des luttes.

2. POSTULAT 2. HOSPITALITE POLITIQUE ET RESISTANCE DE RUPTURE Sans résistance, il n’y a pas d’hospitalité politique. Il existe forcément un lien étroit entre Hospitalité politique et Résistance de rupture anti-colonial, anti-apartheid et anti-capitaliste. A notre époque, l’hospitalité politique devient visible, imaginable, grâce à la résistance civique destituante/constituante.

3. HOSPITALITE POLITIQUE, SOUVERAINETE DE QUI ?

L’hospitalité politique ne peut être une affaire d’Etat exerçant sa souveraineté sur un territoire, et sur des « sujets » soumis, voire terrorisés par la violence. L’espace public n’est pas réductible aux territoires clôturés par les Etats. Où les « sujets » sont discriminables entre « nationaux » et « étrangers ». La logique expulsive inscrite dans les passeports est une invention récente.

La souveraineté, l’espace public, la citoyenneté demandent à être repensés dès lors qu’ils sont réappropriés, réinventés par les individus, peuples [8], minorités, apatrides [9], précarisés, expulsés, etc… Ce sont les exilé.e.s prolétaires d’une citoyenneté démocratique à élargir en se décentrant, en se décolonisant, en se désimpérialisant.

Crime de « solidarité ». Quels crimes, commis par qui ? Le crime dit de « solidarité » met en pleine lumière la violence d’Etat et ses limites. Alors que le crime contre l’hospitalité pratiqué par les Etats est dénié. C’est un crime contre la diversité. Les attaques contre la politique du lien, du rapport d’échange, de réciprocité, a atteint un degré de gravité qui demande à ce que des notions de droit international et de droit interne comme les « crimes de guerre », « crimes contre l’humanité », « génocides » soient repensés.

4. HOSPITALITE, ETAT, DEMOCRATIE AUX FRONTIERES. L’hospitalité est soumise au aléas, marchandages, rapports de force entre Etats souverains et intérêts de multinationales prédatrices. L’hospitalité est appelée à s’inventer en tant que rapport politique souverain d’autonomie, d’échanges, de protection réciproque, de solidarité réciproque en travaillant les conflits de la démocratie aux frontières multiples.

5. HOSPITALITE POLITIQUE POUR LA PLANETE. Une refondation de l’hospitalité politique demande à sortir de la pensée d’Etat, et de l’économie utilitariste en élargissant les espaces, catégories, formes de la tradition d’hospitalité. Elle ne se limite pas aux rapport hostis-hospis, hospitalité-hostilité(Benveniste), aux victimes, à « l’étranger », aux territoires quadrillés, « à des sujets » faisant allégeance à la violence d’Etat, aux frontières des pays riches.

Par la résistance de rupture, l’hospitalité devient un rapport politique généralisable en création constante de liberté politique [10], d’égaliberté (Balibar), « d’entre-protection   des exilés prolétaires sur une planète entièrement « découverte » [11], colonisée, pillée.

6. HOSPITALITE POLITIQUE : BIEN COMMUN DES EXILES PROLETAIRES

L’hospitalité politique demande à devenir un imaginaire. Une praxis de liberté politique, un bien commun des exilé.e.s prolétaires du XXIe siècle sur la planète.

L’hospitalité devient politique, dès lors qu’elle parvient à devenir la pratique de la liberté politique. C’est un bien commun généralisable par les luttes de résistance contre l’apartheid (Eux et Nous dans un seul sens), le racisme, le sexisme, les rapports de classe, la violence sécuritaire, guerrière destructrice.

L’hospitalité politique est le refus d’une « dé-civilisation » (Bozarslan) [12] de guerre imprévisible, du rapport « ami-ennemi » (Schmidt), des « étrangers », concept corollaire de la souveraineté et de la violence d’Etat sécuritaire. C’est la lutte de tout humain libre à la recherche de rapports d’autonomie, d’échanges, « d’entre-protection », de solidarité dans la vie quotidienne.

L’hospitalité devenant politique ne peut être pas réduite à la générosité, à la charité, à l’humanitaire pour des victimes de masse enfermées dans des camps, ni à un principe abstrait.

L’hospitalité est un terrain de pratiques, de contradictions entre la « loi » et ses traductions [13] dans des droits (Derrida) avec leurs lacunes. Le droit, création historique, demande à être refondé, élargi, déplacé à la lumière de ce que montrent les luttes. La multiplicité de luttes destitutantes/constituantes est le visage de l’hospitalité politique.

Repenser les apories de la souveraineté demande de dépasser les catégories de la violence d’Etat et de dégager les nœuds de conflits des mouvements hérités de l’histoire des révolutions et des rapports avec les systèmes de pouvoir, y compris dans les luttes. Quelles sont les pratiques inacceptables dans les luttes de pouvoir que dénoncent les mouvements anti-coloniaux, « nord-sud », féministes, écologistes, etc. ?

Comment, à quelles conditions les mouvements d’asile, du droit d’asile, de la migration peuvent s’inscrire dans des liens de coopération, de convergences avec d’autres luttes ? Quelles difficultés ? A quelles conditions l’hospitalité politique pourrait être généralisable entre une grande diversité de mouvements, d’actions (concernant les femmes, le climat, le covid, les luttes contre le pillage des ressources, les liens entre les humains, les animaux, la nature, etc.) ?

7. HOSPITALITE POLITIQUE ET LIBERTE POLITIQUE DE SE MOUVOIR [14]. Il existe un impensé sur la liberté politique de se mouvoir et les rapports entre hospitalité politique et liberté politique de se mouvoir, droit de fuite, non réductibles aux mensonges politiques de Schengen/Dublin/Frontex sur l’apartheid, la « libre circulation », la « mobilité ». L’impensé mérite d’être exploré dans l’ensemble des politiques (travail, santé, fossé vaccinal nord-sud, formation, service public, etc.) et pas seulement dans les politiques dites « d’immigration » érigées en « laboratoires » de politiques d’exception et d’expulsion.

°°°°

Si vous êtes intéressé.e par le projet et par les suites éventuelles de la Déclaration de 2021 sur l’hospitalité politique : Pour le site, voir : https://desexil.com

Pour l’usage du site, voir mode d’emploi.

Pour les enjeux, voir l’introduction générale. Pour le texte final et les 5 propositions, voir la partie Desexil de l’exil.

Le travail et la déclaration publique en plusieurs langues peuvent être largement diffusés. Précisons que le travail résulte d’engagements de personnes, d’éditeurs, d’institutions, etc.

Des traductions sont en préparation (allemand, anglais, italien, espagnol, portugais, turc, kurde…) et seront prochainement sur le site.

N.B. Le texte en langue française fait foi pour les traductions en d’autres langues. Déclaration publique faite à Genève, mai 2021.

Site du projet Praxis-Mémoires-Archives, revue en ligne desexil, numéro spécial : www.desexil.com

Adresse de contact : revue.desexil@gmail.ch

Notes

[1] Voir la définition de ce terme et son usage dans l’essai, Caloz-Tschopp M.Cl., La liberté politique de se mouvoir. Desexil et création : philosophie de la fuite, Paris, Kimé, 2021, partie II, p. 181-393. L’essai se trouve sur le site et nous remercions les éditions Kimé qui ont autorisé sa diffusion en ligne.

[2] Le desexil a été une notion découverte dans les travaux. Desexil ou lutter contre l’exil pourra-t-on lire dans des textes recueillis.

[3] Pour le concept d’événement, voir Hannah Arendt en particulier.

[4] Voir notamment, à propos du passé colonial européen et ses conséquences, deux entretiens recueillis par Céline Lussato, (1) Mbembe Achille, « Sans les saignées esclavagistes, le rapport de force entre l’Afrique et l’Europe aurait été différent » ; (2) Michel Aurelia, « Pour le maître la disponibilité des esclaves est une invitation permanente à la transgression », L’OBS, 14 avril 2021.

[5] Voir le magnifique texte d’Arendt, « Du désert et des oasis », fragment 4, Qu’est-ce que la politique ? Paris, Points-poche, 1995, p. 186-191.

[6] On pense aux guerres coloniales, impériales, aux dictatures latino-américaines, aux régimes autoritaires en guerre actuellement et aussi à Guantanamo. A propos du rapport torture et migration, voir Perocco Fabio, Tortura e migrazioni. Torture and Migration, Venise, éd. Ca’Foscari, 2019, ISSN 2610-9247, ISSN 2611 0040.

[7] Dans les années 2000, la mise en circulation du « droit d’avoir des droits » (Hannah Arendt), à la suite d’une thèse a été un moyen de mobilisation qui a compté. Voir, Caloz-Tschopp Marie-Claire, Les sans-Etat dans la philosophie d’Hannah Arendt. Les humains superflus, le droit d’avoir des droits et la citoyenneté, Lausanne, éd. Payot, 2000.

[8] Parmi une abondante littérature, citons une recherche en Suisse, Schaffner Martin (prof. émérite d’histoire de l’Université de Bâle), Furcht vor dem Volk, Baseil, Schwabe Verlag, 2020, 186 p.

[9] Voir notamment, Lockak Danièle, « La figure de l’apatride immuable et changeante », revue Plein droit, Gisti, Paris, no.128, mars 2021.

[10] Un esclave, Frederick Douglass, une philosophe et théoricienne politique, exilée Hannah Arendt apportent une réflexion intéressante sur la liberté politique. Voir, Caloz-Tschopp M.C., La liberté politique de se mouvoir. Desexil et création : philosophie du droit de fuite, Paris, Kimé, 2019, p. 143-181.

[11] Kant souligne ce point dans son essai sur l’hospitalité, où il montre qu’à son époque n’y a plus de lieux sur la planète ou expulser les indésirables.. Que dirait-il aux nazis qui ont imaginé Madagascar pour expulser les Juifs, au Parlementaire anglais qui a proposé dans les années 1980, de trouver une île pour les réfugiés indésirables en Europe, et à la Birmanie qui confine les Rohingyas sur une ile isolée, etc… L’imaginaire d’expulsion-séparation absolue est puissant !

[12] Bozarslan Hamit, Crise, violence, dé-civilisation, Paris, éd. CNRS, 2020.

[13] Notons une difficulté de méthode en travaillant ces années sur plusieurs langues. Des mots comme hospitalité, bien commun, mouvement, liberté politique de se mouvoir, égaliberté, seraient-ils des intraduisibles, vu leur contexte, poids historique, les débats, les particularités, les contraintes des langues ? En plus, leur traduction depuis la langue française pose des problèmes car ces mots ne figurent pas dans la plupart des dictionnaires de philosophie et en particulier dans le Vocabulaire européen des philosophies, Paris, éd. du Seuil-Le Robert, 2004 (un des outils des Séminaires et enseignements), ce qui n’aide pas les philosophes à les traduire et à les penser… (voir remarques dans la base de données).

[14] Pour cette notion, voir Caloz-Tschopp Marie-Claire, La liberté politique de se mouvoir. Desexil et création : philosophie du droit de fuite, Paris, éd. Kimé, 2019.

Une réponse à “Communiqué : Projet PRAXIS, MEMOIRE, ARCHIVES, Genève

  1. Allez-y camarades,

    Il y a 59 ans j’arrivais à Genève en tant que réfugié politique avec une valise et CHF 100 en poche. Condamné en France, réfractaire à la guerre d’Algérie (déserteur), j’ai été accueilli par un mouvement de soutien aux réfractaires ou autres porteurs de valise, remarquable. Anne-Marie Gay, l’avocat Rouget, le pasteur Martin, le Père Kaelin, Jeanne Hersh, l’anarchiste Boesinger et beaucoup d’autres m’ont permis de trouver rapidement un abri, un travail et beaucoup d’amitié.
    Je ne peux pas malheureusement en dire autant des autorités qui ont essayé d’abord de me renvoyer car, bien sûr, j’étais entré illégalement en Suisse et qui, un premier permis de séjour acquis, m’ont envoyé deux inspecteurs de police pour que je m’engage à ne pas me mêler, sous peine de renvoi, à tout ce qui ressemblerait à un engagement politique. Tout cela pour signaler que lorsqu’on parle du Droit d’asile en Suisse il faut toujours distinguer la politique tout sauf généreuse du pays (J’ai constaté quelques années plus tard lorsque j’ai travaillé avec ELISA à la défense des requérants d’asile arrivés à l’aéroport la mauvaise foi des autorités et la volonté de se débarrasser à tout prix des requérants d’asile) et l’action souvent courageuse des résistants.
    Je pense toutefois que, depuis plusieurs années, le mouvement social très présent pour défendre les causes sociales et nationales ne parvient pas, du moins à Genève, à s’impliquer comme il devrait lorsqu’il s’agit de la politique étrangère du pays aussi abjecte que celle menée par tous les pays occidentaux. Juste un exemple récent : ici, comme ailleurs, ni la société, ni les minorités agissantes n’ont réagi vraiment aux bombardements de Mossoul et des villes irakiennes qui ont duré des semaines et ont fait, pour une « guerre sans mort », des milliers de victimes pour la plupart civiles. L’anticolonialisme, au Moyen-Orient y compris en Palestine, n’est pas, me semble-t-il, comme il était.
    Le nouveau mouvement « Hospitalité politique et Résistance » est donc le bienvenu !

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