« Videz vos poches ». Polars…

Aix, 1659-1660

Le jeune Louis XIV ne gouverne pas encore. Le cardinal Mazarin dirige le pays. Dans ce contexte Jean d’Aillon jette son détective privé, le notaire Louis Fronsac, fidèle partisan de son Éminence. Dans les deux enquêtes proposées sous le titre générique « L’enlèvement de Louis XIV », seule la deuxième met en scène le notaire devenu marquis par la grâce de la résolution de ses enquêtes. Toutes les deux se passent à Aix. La description de la Ville est un élément central des intrigues.

« Le disparu des Chartreux » est plutôt une enquête de Dominique Barthélémy et de son grand-père qui permet de faire référence à la construction de la monnaie via celle de l’État en mettant en scène des faux faux monnayeurs. La monnaie unique va de pair avec l’unification de toutes les provinces, l’œuvre de Richelieu et de Mazarin.

Jean d’Aillon narre des histoires pour faire apprécier l’Histoire, pour ouvrir des horizons. Habitant Aix, c’est aussi en amoureux de la Ville qu’il nous trimballe dans ses rues, changeantes suivant les époques pour appréhender le contexte dans lequel s’évertuent à vivre les personnages. Particulièrement ici il insiste sur la Fronde qui s’est aussi manifestée dans les Provinces et pas seulement à Paris. Il donne aussi une explication drolatique des amours du Roi et de Marie, la nièce du cardinal…

Jean d’Aillon : L’enlèvement de Louis XIV, 10/18


Metz, 1791

Anne Villemin-Sicherman a choisi un vétérinaire, Augustin Duroch, comme détective privé pour évoquer la Révolution. Elle le fait avec un souci du détail qui, parfois, lasse un peu. Mais l’ensemble de laisse lire. Dans « Retour à Varennes » – le titre dit le contenu, la fuite du Roi et de sa famille de Paris – Duroch est confronté à plusieurs intrigues. Il ira de Metz à Varennes à la fois pour mener son enquête principale sur la mort d’un capitaine de cavalerie, Alexandre du Tertre et mener une mission pour lieutenant général de Bouillé sans savoir qu’il s’agit de la fuite du Roi.

Descriptions de Varennes, une ville étrange, de Metz tout autant que la désagrégation du moral des troupes, la montée d’une nouvelle armée qui se veut démocratique et favorable aux idées de la Révolution.

L’auteure insiste, à juste raison, sur le fait que rien n’est gagné deux ans la prise de pouvoir et la mise en place de la Constituante, que le Roi reste une référence pour la plupart des habitant.e.s. La fuite changera la donne.

Elle arrive à restituer cette ambiance bizarre de la mutation du passage d’un monde à un autre.

Une manière de revoir son histoire.

Anne Villemin-Sicherman : Retour à Varennes, 10/18.


D’autres polars

La Louisiane au cinéma

« New Iberia Blues » est une nouvelle plongée de James Lee Burke, par l’intermédiaire de Dave Robicheaux, dans le monde du cinéma. Alafair, la fille de Dave, se fait embaucher par son ami d’enfance Desmond. Un croyant du Tarot les poursuit au milieu d’histoires de famille. A ne pas rater

Rivages/Noir, traduit par Christophe Mercier


Une intrigue moderne

« La course des hamsters » – je vous laisse deviner le sens de cette course – permet à Antonio Manzini, avec son ironie, de conter un scénario on ne peut plus actuel : la suppression de tous les « seniors » pour équilibrer les comptes de la sécurité sociale.

Folio/policier, traduit par Samuel Sfez


Cannes 1949

« L’assassinat d’Orson Welles », une enquête de Jérôme Dracéna, détective privé, donne la possibilité de visiter à la fois le festival de Cannes 1949, la filmographie de Welles et de décrire le contexte de l’après guerre dans cette France qui manque de tout. Jean-Pierre de Lucovitch, en vrai cinéphile nous plonge dans le noir et blanc, vérité et fiction.

Éditions 10/18


Berlin 2011

« Le magicien » dénonce les crimes de la Stasi, la police secrète de la RDA avant la chute du Mur de Berlin. Magdalena Parys ne s’en contente pas et mène une histoire via l’enquête qui se lit d’une seule traite. Le polar fait une fois encore la démonstration qu’il fait partie intégrante de la littérature.

Editions 10/18, traduit du polonais par Margot Carlier et Caroline Raszka-Dewez


Notre monde dans 30 ans.

Benjamin Fogel vient de créer une série « La transparence selon… » et pour ce premier opus, ce sera « Irina ». Dans 30 ans Internet a disparu, il ne reste que le « Réseau ». Pour conserver un peu d’intimité, le pseudo dans la vie de tous les jours est nécessaire. Qui est Irina ? Une cyberterroriste ? La science fiction pour signifier des tendances perceptibles aujourd’hui de remises en cause des libertés démocratiques.

Rivages/Noir

Nicolas Béniès

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