Déclaration – Entre tristesse et solidarité avec les peuples autochtones (plus autres textes)

L’atroce découverte des ossements de 215 enfants de la nation Tk’emlups te Secwépemc enterrés sur le terrain d’un ancien pensionnat en Colombie-Britannique, nous a ébranlé·es, nous a choqué·es, mais ne nous a malheureusement par surpris.

Comme une blessure encore béante, ce charnier constitue un rappel brutal des politiques génocidaires pratiquées pendant des siècles par le gouvernement du Canada envers les peuples des Premières Nations, des Métis et des Inuit. En tout, plus de 150 000 enfants ont été forcés de fréquenter le système des pensionnats, comptant 139 établissements dans le pays, et 6 000 enfants y auraient trouvé la mort.

En tant qu’employé·es, militant·es et membres du conseil d’administration d’Alternatives, une organisation de solidarité internationale installée sur le territoire non cédé de la nation Kanien’kehá : ka (Mohawk), nous souhaitons exprimer notre profonde tristesse et notre indignation face à cette tragédie qui s’ancre dans une histoire de colonisation et de racisme. Nous sommes également solidaires avec tous ceux et celles qui luttent contre le racisme systémique à l’endroit des peuples autochtones.

Dans différentes régions du pays, autant dans leurs communautés que dans les villes, les autochtones souffrent de racisme, d’exclusion et de discrimination, vivent en situation de pauvreté et se butent à des obstacles systémiques affectant plusieurs sphères de leur vie : l’éducation, la santé, la justice, la culture, le travail, etc.

Pendant trop longtemps, nous avons fait la sourde oreille et nous sommes vautré·es dans nos privilèges. Or en septembre 2020, la mort brutale de Joyce Echaquan, une femme atikamekw de 37 ans, au centre Centre hospitalier de Lanaudière à Joliette, et sa détresse devant le personnel soignant qui devait la protéger, nous est parvenue par les médias sociaux comme un électrochoc collectif.

En toute humilité, nous unissons donc nos voix à celle des peuples autochtones du pays pour demander au gouvernement du Canada de :

1. Donner suite aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation afin de faire progresser la réconciliation et les Appels à la justice émis en 2019 l’issue de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

2. Financer et donner les ressources nécessaires pour répondre aux besoins de justice et de vérité exprimés par les survivant·e·s, leurs familles et les communautés métisses, inuites et des Premières Nations.

3. Ne pas porter atteinte ni entraver les actions entreprises par les survivant·es des pensionnats notamment dans le cadre du processus d’indemnisation (Processus d’évaluation indépendant).

4. Rendre accessibles tous les documents et archives pour aider à identifier les enfants disparus ou décédés et fournir un soutien aux familles en deuil ;

5. Entreprendre des enquêtes permettant des examens médico-légaux approfondis pour l’identification des restes découverts dans des tombes anonymes des pensionnats à travers le pays.

De même, toutes les communautés religieuses ont une responsabilité de se conformer aux demandes du gouvernement fédéral et des Premières Nations, des Métis et des Inuit pour l’accès à la documentation et à la propriété des pensionnats afin de poursuivre ces objectifs.

Par ailleurs, il est nécessaire que l’Église catholique dans son ensemble, par l’intermédiaire du Pape, ainsi que toutes les communautés religieuses canadiennes présentent leurs excuses aux peuples des Premières Nations, des Métis et des Inuit pour les graves actes génocidaires commis, et qu’elles contribuent financièrement à la réconciliation.

Le temps est à la décolonisation.

https://www.alternatives.ca/2021/06/entre-tristesse-et-solidarite-avec-les-peuples-autochtones/

https://www.pressegauche.org/Declaration-Entre-tristesse-et-solidarite-avec-les-peuples-autochtones

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Réponse de la Nation crie aux pensionnats autochtones

Sept actions pour les autorités gouvernementales et religieuses.

CHISASIBI, QC, le 14 juin 2021 – Ce matin, les dirigeants du gouvernement de la Nation crie, de la Nation crie de Chisasibi, du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie James et du Conseil scolaire cri ont présenté leur position dans la lutte contre l’héritage des séquelles causées par l’expérience des pensionnats autochtones au Canada.

Les demandes de la Nation crie ont été mises à l’avant par les représentants des autorités cries au Québec, notamment le Grand Chef Dr Abel Bosum (Gouvernement de la Nation crie), la Chef Daisy House (Nation crie de Chisasibi), Bertie Wapachee (Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie James) et Sarah Pashagumskum (Conseil scolaire cri). Ces demandes visent à ce que les gouvernements et les organisations soutiennent la guérison des profondes blessures causées par les politiques d’assimilation écrites ou systémiques qu’ils ont appuyées dans le passé ou qu’ils tolèrent encore aujourd’hui.

Les sept principales actions, détaillées plus bas, sont les suivantes :

Reconnaissance des réalités autochtones

  • Reconnaître l’existence du génocide, du traumatisme intergénérationnel et du racisme systémique ;

  • Entreprendre un examen pédagogique pour que plus personne n’ignore les importantes contributions des peuples autochtones, ainsi que les questions abordées ci-dessus ;

  • Instaurer un musée des pensionnats autochtones à Montréal et à Québec.

Collaboration à la guérison

  • À leur demande, aider les groupes locaux formés pour répondre aux besoins des anciens élèves, que ce soit par la recherche et la documentation des sites de pensionnats comme celui de l’île de Fort George ;

  • Impliquer les gouvernements autochtones dans toute législation susceptible de créer des archives publiques des personnes autochtones disparues ou décédées, quel que soit le contexte.

Santé

  • Prioriser les installations et ressources offrant des traitements locaux et traditionnels ;

  • Investir dans le développement des capacités locales de soins de santé, en particulier les soins en santé mentale.

La crise actuelle requiert bien plus que les actions d’un groupe ou d’un autre et bien plus que des appels à l’action. Elle exige un engagement personnel et une prise de responsabilité à tous les paliers gouvernementaux. C’est pour cette raison que ce communiqué de presse est accompagné d’une correspondance personnelle visant à établir des programmes et des actions concrètes à :

  • Justin Trudeau, Premier ministre du Canada

  • François Legault, Premier ministre du Québec

  • Marc Miller, Ministre des Services aux Autochtones

  • Carolyn Bennett, Ministre des Relations Couronne-Autochtones

  • David Lametti, Ministre de la Justice

  • Christian Dubé, Ministre de la Santé et des Services sociaux

  • Geneviève Guilbault, Ministre de la Sécurité publique

  • Ian Lafrenière, Ministre responsable des Affaires autochtones

  • Jean-François Roberge, Ministre de l’Éducation

  • Simon Jolin-Barrette, Ministre de la Justice

  • Valérie Plante, Mairesse de Montréal

  • Régis Labeaume, Maire de Québec

  • Présidents des ordres professionnels

  • Dirigeants des Églises

  • Perry Bellegarde, Assemblée des Premières Nations

  • Ghislain Picard, Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

Contexte supplémentaire appuyant chaque demande

Blessures laissées par les actes génocidaires

Plusieurs membres de la Nation crie sont toujours hantés par leur séjour dans les nombreux pensionnats autochtones du Canada. La récente découverte des restes de 215 enfants enfouis sur le site de Kamloops a fait resurgir la douleur et l’angoisse des survivants d’actes génocidaires par les églises et les gouvernements de l’époque. Il est impératif que les gens comprennent que cette douleur ne touche pas seulement les anciens élèves. Trop souvent, on oublie ou ignore la douleur des communautés où la voix de tous les enfants était étouffée 11 mois par an. L’angoisse ressentie par les parents et les communautés lorsque les enfants étaient enrôlés de force dans des écoles lointaines a laissé des traces indélébiles qui sont devenues incommensurables pour ceux dont les enfants ne sont jamais rentrés à la maison. Et même si votre enfant revenait à la maison, vous étiez entourés de familles brisées qui n’avaient pas eu votre chance – un rappel de l’horrible réalité que vous risquiez vous aussi de perdre votre enfant à jamais. Les souvenirs du soir où les enfants ont été emmenés de force sont encore frais à la mémoire des membres de la communauté, tout comme leurs pleurs qui commençaient dans une tente et se déferlaient en une vague douloureuse sur toute la communauté, alors que les parents et les grands-parents cherchaient à comprendre l’énorme perte qu’ils venaient de subir.

L’héritage des pensionnats autochtones est particulièrement cruel pour nos jeunes d’aujourd’hui. En dépit du fait que les enfants comprendraient mieux leurs parents s’ils connaissaient les actes de torture, de violence, d’abus sexuel et de survie qu’ils ont vécus dans le passé, ces derniers hésitent à en parler ouvertement, car ils désirent avant tout protéger leurs enfants de la laideur du monde. Nous souffrons donc en silence alors que nos jeunes subissent les conséquences sans savoir pourquoi. L’héritage douloureux des pensionnats autochtones ne s’arrêtera pas lorsque le dernier élève va mourir, car tel un cancer, il est profondément ancré dans le tissu social de nos communautés. Cet héritage peut être lié à la pandémie chronique de problèmes sociaux et de problèmes de santé dont souffrent aujourd’hui toutes les communautés indigènes. Conséquemment, il n’est pas étonnant que nous surreprésentions les populations carcérales, les populations pauvres ou les maladies chroniques associées à un esprit brisé.

Reconnaître les impacts

Nous savons que la découverte de Kamloops n’est pas un événement isolé et savons qu’il y aura d’autres moments difficiles. Nous savons que d’autres souvenirs terribles remonteront à la surface et qu’il y aura plus de culpabilité parmi les survivants, plus de colère et plus de désespoir. Si nous voulons faire plus que survivre, aucun de nous ne doit tourner le dos. Cela représente un défi colossal pour nos communautés, mais il faudra le relever progressivement en évitant de rouvrir les vieilles blessures et perpétuer uniquement la victimisation. Cette initiative doit être menée par les groupes communautaires, les gouvernements locaux ou les gouvernements des Premières Nations afin d’atteindre l’équilibre précaire entre la fin du silence et le respect de la dignité d’un membre de la communauté. Les gouvernements et les organisations ayant l’obligation constitutionnelle de soutenir tous les peuples autochtones ont un rôle important à jouer pour aller au-delà des pratiques actuelles de déni, d’évitement et de minimisation, et s’assurer que notre société reconnaisse que ces horribles actes de génocide forment notre histoire collective.

Pensionnats de Fort George

Il y a deux sites de pensionnats à Eeyou Istchee, à l’ancien emplacement de la communauté de Chisasibi sur l’île de Fort George. Pendant des années, d’anciens élèves et des groupes communautaires ont tenté de répondre aux besoins des survivants venus chercher du réconfort sur le site et parmi la communauté. Des rassemblements annuels ont commencé il y a cinq ans sur l’île de Fort George et, au cours des dernières années, les groupes ont lancé des demandes de soutien et de mesures concrètes pour répondre à ses besoins. À ce jour, aucun gouvernement n’a répondu à ce cri d’alarme – et quelle honte ! Dans les deux pensionnats de Fort George, il n’y avait pas que des élèves cris ou des élèves québécois. En effet, comme le système des pensionnats autochtones a été créé et mandaté dans l’unique but de dépouiller les enfants de leur identité, il n’est pas surprenant qu’il n’y ait pas de logique quant à l’origine des élèves et l’endroit où ils étaient envoyés. Les élèves cris d’Eeyou Istchee ont été envoyés dans tout le Canada, au même titre que les autochtones d’autres nations ont été envoyés à Fort George.

La Nation crie de Chisasibi et le gouvernement de la Nation crie ont l’intention d’entreprendre des actions pour rechercher et documenter les sites des pensionnats sur l’île de Fort George. Ces actions seront menées par des groupes locaux formés pour répondre aux besoins des anciens élèves. Le gouvernement local, le gouvernement de la Nation crie, les institutions régionales et les organismes tels que le corps de police Eenou Eeyou prêteront main-forte à ces efforts. Toutes les mesures prises sur place doivent être respectueuses des élèves qui ont franchi les portes des deux écoles, ainsi que de leurs familles et de leurs communautés. Alors que nous entamons ce processus douloureux, nous comptons sur la sagesse et l’accompagnement spirituel des aînés et des Conseils des aînés pour éviter de causer des préjudices additionnels. Selon la Nation crie et la communauté de Chisasibi, il s’agit d’une occasion parfaite pour établir la norme et démontrer comment ils aimeraient être traités lorsqu’ils visitent les pensionnats, d’un bout à l’autre du pays, où nos élèves ont souffert ou ont été arrachés à jamais de leurs communautés.

Santé et bien-être de la communauté

Depuis l’annonce de la découverte de Kamloops, la souffrance est palpable au sein de nos communautés. Alors que les restes de nos enfants sont retrouvés sur d’autres sites à travers le pays et que la possibilité que d’autres corps d’enfants innocents soient repérés dans notre propre communauté, les besoins croissants d’aide en services sociaux et en santé mentale nécessiteront des offres plus larges.

La Nation crie a la chance d’avoir renouvelé un accord sur les soins de santé avec le gouvernement du Québec le 7 octobre 2019, lequel contient des dispositions pour le développement de plus de services de soins en santé mentale, de ressources et d’infrastructures pour servir nos communautés. Malheureusement, la plupart des Premières Nations au Canada n’ont pas de tels accords et sont aujourd’hui laissées pour compte alors que les gouvernements provinciaux et fédéraux se disputent les territoires et se renvoient la responsabilité des séquelles causées par leurs prédécesseurs. C’est inacceptable. La Nation crie n’est pas sans savoir que tout ce qu’elle a en ce moment est un programme. Et bien qu’il s’agisse d’une première étape importante, tant que celui-ci ne sera pas accompagné de priorités et de mesures d’implantation concrètes, il demeurera inutile.

Le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie James et le ministère de la Santé du Québec sont formellement tenus de veiller à ce que le programme établi soit constructif et efficace. Des établissements communautaires de traitement traditionnels en milieu naturel s’imposent de toute urgence. Ces établissements devront aller au-delà de leurs mandats étroitement définis en s’associant avec les institutions responsables de la justice, de la sécurité publique, du logement et de l’éducation, car le terrible héritage des pensionnats autochtones et la santé de nos communautés sont directement liés aux taux de criminalité et d’incarcération, à la protection des jeunes, aux maladies chroniques, aux conditions de logement et aux résultats scolaires médiocres. Bien que les efforts à court terme comme le recrutement de travailleurs sociaux ou de professionnels de la santé en santé mentale soient appréciés, des solutions à long terme nécessitent le renforcement des capacités locales pour résoudre les problèmes locaux.

Racisme systémique : Le courage de le nommer

La Nation crie est reconnaissante de l’énorme élan de soutien de ses voisins et amis qui ont été choqués par la découverte de Kamloops, parmi lesquels certains ont demandé ce qu’ils pouvaient faire pour aider. Le reste du Québec et du Canada doit cesser de nier que le racisme systémique – qui a permis la création des pensionnats autochtones – existe encore aujourd’hui. Il se trouve d’ailleurs dans les politiques, les hypothèses et les fondements de toutes les institutions gouvernementales. Nous ne devons pas détourner le regard. Pour que ce lugubre chapitre de notre passé ne se perpétue pas à l’avenir, nous devons y faire face et comprendre son impact sur le présent.

En dépit du fait que juin soit le mois national de l’histoire autochtone depuis 2009, plusieurs peuples indigènes et non indigènes à travers le pays ignorent totalement notre histoire ou même la désignation honorifique du mois de juin. C’est tout à fait déplorable.

La pédagogie comme pierre angulaire

Le processus de réconciliation, de guérison, de patience et de compréhension commence par l’éducation. Une révision des programmes scolaires s’impose pour que tous les Canadiens connaissent les importantes contributions des peuples autochtones, ainsi que les injustices et les génocides dont nous avons été victimes. Collectivement, nous ne devons plus compter sur les jeunes d’aujourd’hui pour assumer le leadership de demain, armés d’une meilleure compréhension de notre histoire et de nos blessures. Il incombe donc aux centres d’éducation des adultes, aux ordres professionnels ou aux ministères de l’Immigration de compléter toutes les formes de formation des adultes afin que l’éducation de tous nos peuples commence aujourd’hui.

Trop souvent, la géographie ou la nature très isolée de nos « réserves » est utilisée comme prétexte pour expliquer le manque d’interactions entre nos communautés et la raison pour laquelle nous sommes si ignorants des réalités des autres. Tout comme le Musée de l’Holocauste de Montréal veille à ce qu’un chapitre sombre de l’histoire mondiale ne soit ni oublié ni répété, un établissement similaire est nécessaire pour les pensionnats autochtones au Québec tout comme dans d’autres villes canadiennes.

Au cours des dernières années, des mesures importantes ont été prises pour présenter des excuses ou commencer à compenser les préjudices subis par les survivants des pensionnats autochtones. Plus récemment, le Québec a adopté le projet de loi 79, qui autorise la communication de renseignements ou de documents personnels aux familles d’enfants disparus ou décédés à la suite d’une entrée dans un établissement de soins de santé. La portée de la loi nécessite une adaptation, car les enfants qui ont été enlevés ne sont jamais retournés dans leur foyer pour des raisons autres que des soins médicaux. En fait, l’éducation était le prétexte le plus important pour l’enlèvement institutionnalisé d’enfants et son absence flagrante dans la loi est une indication claire qu’il faut aller plus loin. En outre, il est essentiel d’adapter toutes les mesures et tous les mécanismes d’exécution pour tenir compte de l’intérêt communautaire et des besoins de la société en général d’accéder à l’information. Rares sont les jeunes ou les membres de la communauté qui sont assez confiants pour contacter un représentant gouvernemental et lui demander de l’aide pour composer avec des événements douloureux relatifs à des gouvernements qu’ils ne considèrent pas comme les leurs. Des mécanismes seront nécessaires pour s’assurer que les gouvernements autochtones peuvent représenter et répondre aux besoins de leur propre peuple.

Accepter la responsabilité

Enfin, si l’on désire mettre un terme à la culture de déni caractérisant tous les aspects des relations avec les peuples autochtones, il est essentiel d’établir des archives publiques. Cet exercice très délicat exigera une étroite collaboration entre tous les paliers gouvernementaux afin que les individus touchés ne soient pas davantage lésés au nom de la fin du déni.

En ces temps difficiles et douloureux, les autochtones du pays ont besoin d’empathie de leurs voisins et de leurs amis. La culpabilité ne fera que fermer et durcir le cœur, alors que c’est son ouverture qui est nécessaire. La sympathie est éphémère ; elle n’aura que pour seul effet de perpétuer le rejet des peuples autochtones et les réalités du monde dans lequel nous vivons.

https://www.pressegauche.org/Reponse-de-la-Nation-crie-aux-pensionnats-autochtones

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Kamloops, ces os qui crient

Sans fil conducteur dans l’histoire, le présent manque de profondeur. La découverte des ossements d’enfants autochtones à côté de l’ancien pensionnat de Kamloops acquiert toute son importance comme morceau d’une longue histoire encore méconnue. Or l’histoire des pensionnats est relatée et mise en relation avec les politiques de colonisation dans un volume de la Commission vérité et réconciliation. En voici un hyper bref résumé, pour commencer à comprendre.

Dès le début du régime français, les communautés religieuses ont bien essayé d’éduquer les jeunes autochtones. En écoles de jour ou en écoles résidentielles, les garçons et les filles. Ça n’a pas marché. Les Autochtones ont résisté. Les enfants se sauvaient, n’appréciant pas le régime scolaire discipliné qu’on voulait leur imposer et ne voyant aucun intérêt à apprendre des choses qui n’avaient aucun lien avec leur vie. Leurs parents étaient trop heureux de les voir revenir, eux qui, selon le témoignage même des colonisateurs, « aiment extraordinairement leurs enfanst, et quand ils savent qu’ils sont tristes ils passent par dessus toute considération pour les r’avoir, et il les faut rendre ». Donc échec de ces premières écoles.

Ces colonisateurs français, peu nombreux, avaient besoin des Autochtones pour survivre. Et pas seulement pour surmonter le scorbut, comme on nous l’a appris. L’économie de colonisation misait sur le commerce des fourrures, et pour cela la collaboration avec les Autochtones était nécessaire. Les fourrures, ça ne se fabrique pas comme le coton ou les minerais, en retenant des gens captifs et en les forçant à travailler. Ça se trouve dans les grands espaces et le savoir faire de gens indépendants, hardis, avec un savoir faire élaboré : ceux qu’on appelait… sauvages, (et qui, soit dit en passant, ont accepté d’éduquer nos coureurs des bois).

Incapable de dominer ou d’assimiler les Autochtones, la politique coloniale française les a plutôt exploités tout en s’assurant de leur loyauté commerciale et politique : elle leur a laissé leur liberté et leurs territoires de chasse, leur payant les fourrures à vil prix et leur facilitant l’acquisition d’armes à feu et d’alcool dont elle connaissait déjà très bien les ravages sur l’intégrité de leur mode de vie.

Au 18e siècle, la donne change dans les colonies désormais britanniques. Le peuplement grossit à vue d’œil, le commerce des fourrures décline, l’agriculture se développe et on a besoin des terres pour tous ces nouveaux colons. Ayant maintenant pour elle le nombre et les ressources, la politique coloniale trahit les traités anciens, en fait des nouveaux avec des clauses orales qui ne seront pas respectées, bafoue les signatures et les alliances. On saisit les terres des « Indiens », on les refoule dans des réserves pour les protéger (!), on leur distribue des couvertures infectées à la variole, on les traite désormais non plus comme des nations autonomes mais comme des colonisés. Pour les faire disparaître comme nations, on vise en même temps leur assimilation à la « civilisation » européenne : au 19e siècle, le gouvernement canadien recommence l’expérience des pensionnats. 

Assimiler par les enfants, c’est la même méthode que deux siècles plus tôt, mais cette fois, la situation a changé : la colonisation s’est densifiée, les enfants ne peuvent plus se sauver aussi facilement et s’ils le font, la police revient les chercher dans leurs familles retrouvées. Des communautés missionnaires s’offrent pour faire le travail d’éducation et d’évangélisation – presque toutes les écoles sont tenues par le clergé et par des communautés religieuses à l’époque.

Les subventions fédérales se font chiches, les communautés missionnaires lésinent sur la nourriture, font faire les travaux d’entretien par les enfants, interdisent l’usage de leurs langues ; la tuberculose fleurit dans la promiscuité des dortoirs, des classes, des réfectoires, les soins font défaut. Dès la fin du 19e siècle, quelques voix isolées s’élèvent pour dénoncer les mauvaises conditions et les abus. Rien n’y fait. Au milieu du 20e siècle, on commence à investiguer, des commissions d’enquête se succèderont, on finit par fermer le dernier pensionnat en 1996. Des organisations autochtones se sont formées qui réclament leurs droits, la fin des politiques d’assimilation et la maîtrise de leur éducation.

Nous voilà au 21e siècle, notre siècle. L’apartheid est bien installé. Il n’y a plus de pensionnats, mais un mépris généralisé envers les Autochtones ; les préjugés fleurissent, la violence sévit dans les réserves qu’on nomme maintenant communautés. Pourtant, les Autochtones ont entamé une renaissance culturelle, elles et ils défendent leurs territoires contre les empiètements et les abus – qu’on se souvienne de la pinède d’Oka -, développent leur conscience collective des torts immenses subis à travers les pensionnats et arrivent à nommer cette catastrophe, cette nakba pourrait-on dire : génocide culturel.

Génocide, quelle exagération ! ont dit les uns et les autres. Et d’appeler la définition de génocide à la rescousse… pour découvrir à grande honte que oui, il y a bien génocide, tout au moins culturel. Car on hésite encore à parler de génocide tout court : après tout, on ne les a pas éliminés physiquement comme les Arméniens ou comme les Juifs, n’est-ce pas ? Bien que… les femmes autochtones disparues et assassinées… les conditions de vie mortifères dans nombre de communautés… 

Aujourd’hui, cette fosse à Kamloops. Depuis les entrailles de la terre, les os enfouis de 215 enfants crient silencieusement l’horreur de leur vie et de leur mort. La disparition à petit feu de nations dont on ne voulait plus. Un infanticide collectif qui ne peut avoir d’autre nom que génocide.

Que faire ? Que faire, pour la suite du monde ? 

Écouter, écouter les Autochtones et commencer à mettre en œuvre ce que nous demande la Commission de vérité et réconciliation : « (…) réparer le lien de confiance en présentant des excuses, en accordant des réparations individuelles et collectives, et en concrétisant des actions qui témoignent de véritables changements sociétaux. »

Élisabeth Germain, 2021-06-08

https://www.pressegauche.org/Kamloops-ces-os-qui-crient

Références :

Honorer la vérité, réconcilier pour l’avenir. Sommaire du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. 2015. Sur http://www.trc.ca/assets/pdf/French_Executive_Summary_Web.pdf

Pensionnats du Canada. L’ histoire, partie 1 : des origines à 1939. Rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, Volume 1. 2015.

Sur http://www.trc.ca/assets/pdf/French_Volume_1_History_Part_1_Web.pdf

Pensionnats du Canada. L’ histoire, partie 2 : de 1939 à 2000. Rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, Volume 1. 2015.

Sur http://www.trc.ca/assets/pdf/French_Volume_1_History_Part_2_Web.pdf

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Génocide et colonialisme : l’État canadien remis en question

Texte du collectif des Nouveaux Cahiers du socialisme

1er juillet 2021

L’opinion publique est aujourd’hui secouée par les « découvertes » des enfants morts dans les pensionnats autochtones. Le mot « découvertes » doit être mis entre guillemets, car depuis longtemps, les communautés autochtones disaient que quelque chose de terrible s’était passé dans ces établissements. Le temps est venu d’appeler cette situation par son nom : un « génocide ».

La genèse du colonialisme européen

Après la « découverte » des Amériques en 1492, un terrible processus de spoliation fut mis en place par des puissances européennes, dans le but de prendre le contrôle de formidables ressources minérales et l’immensité des terres cultivables. Pour les populations autochtones, ce fut une catastrophe. Avec les tueries, les maladies et la mise en esclavage de la population, on a assisté à l’un des grands génocides de l’histoire du monde.

Sur les rives du Saint-Laurent

Dans la partie au nord du continent, la population autochtone était dispersée sur un immense territoire autour de diverses entités semi-étatiques disposant d’importantes capacités de résistance, alors que les colonies européennes étaient sous-peuplées. La compétition entre l’Angleterre, la France et les Pays-Bas a forcé le pouvoir colonial français à composer avec les autochtones, par nécessité plutôt que par vertu1. Si ses objectifs restaient les mêmes, la France négocia divers traités reconnaissant des droits aux autochtones, d’une part pour faciliter le commerce et l’exploration des territoires à l’Ouest, d’autre part pour faire échec au projet colonial anglais.

Le grand basculement

Dans la dernière moitié du 18e siècle, l’Angleterre émergeait comme la grande puissance mondiale. Comme la population d’origine française sur les rives du Saint-Laurent était nombreuse, le pouvoir colonial chercha les moyens de la marginaliser sans l’exterminer. Il en fut différemment avec les peuples autochtones. Une révolte fomentée par le grand chef Pontiac, traditionnel allié des Français, fut menée en amont du fleuve jusqu’aux Grands Lacs et écrasée. Après la sécession des territoires dans ce qui devenait les États-Unis, la guerre de 1812 mit fin aux ambitions américaines et consolida l’emprise de l’Empire. Peu après, la défaite du mouvement républicain avec l’insurrection de 1837-38 raffermit davantage ce pouvoir. En 1841, Herman Merivale, sous-secrétaire d’État britannique pour la colonie canadienne, proposait l’isolement et l’assimilation comme « solution » au « problème autochtone ». Les peuples devaient « choisir » entre s’assimiler ou être confinés dans des réserves où les mouvements de population et les activités économiques étaient étroitement contrôlés. En 1842, les premières écoles résidentielles (ou pensionnats pour autochtones) furent établies. Dans ces écoles, le but était clair : « détruire l’Indien dans l’enfant »2.

La Confédération

En 1867, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique accordait la juridiction des terres réservées aux Indiens et les Indiens eux-mêmes au gouvernement fédéral. En 1869, les terres autochtones furent privatisées et louées à des Autochtones qui obtenaient en retour un certificat de propriété. Les femmes autochtones perdaient leur statut si elles trouvaient époux en dehors de leur communauté. Le dispositif colonial fut achevé par l’écrasement des Métis du Manitoba et l’exécution de leur leader Louis Riel en 1885, permettant l’ouverture des territoires de l’Ouest.

À l’ombre de l’État canadien

Après la Deuxième Guerre mondiale, l’État canadien proposa d’éliminer le statut distinct des Autochtones, soi-disant pour leur donner les mêmes droits que les Canadiens, mais les peuples autochtones refusèrent la continuation de la politique d’assimilation. Dans les années 1980, un mémo confidentiel préparé par une équipe d’experts suggérait de limiter les obligations du gouvernement fédéral, de réduire les dépenses fédérales consacrées aux Premières Nations et de déplacer les responsabilités vers les provinces. Adoptées en partie par l’État, ces mesures ont conduit à la situation actuelle3. Dans plus du tiers des réserves, « des comités de gestion supervisés par des firmes comptables se trouvent de facto à gouverner par-dessus la tête des conseils de bande. Le gouvernement fédéral se réserve le droit d’intervenir pour punir (souvent) ou pour récompenser (rarement) »4. On constate que les populations autochtones au Canada se situent au 68e rang selon l’indice de développement humain de l’ONU (le Canada est 3e). La misère, les logements insalubres, le non-accès à l’eau potable, la malnutrition, la déficience des services de santé et d’éducation sont omniprésents. La culture et les langues autochtones sont marginalisées.

Le grand blocage

Depuis la révélation des crimes, la conscience populaire au Québec et au Canada a évolué. Du point de vue de l’État, c’est moins évident. Certes, les subventions ont augmenté. Des parcelles de territoires ont été accordées, mais on ne revient pas sur le problème fondamental, à savoir la souveraineté. Ottawa refuse de négocier avec des communautés qui ne veulent pas abandonner leurs titres, en contradiction avec les recommandations de la Commission royale d’enquête sur les peuples autochtones.

Aujourd’hui, le mot « réconciliation » est entendu à Ottawa et à Québec. On accepte la responsabilité « morale » de ce qui est arrivé, mais sans souveraineté réelle, il est improbable qu’une réelle solution soit agréée. Pour l’État canadien et pour l’économie politique de ce pays dominée par l’extraction des ressources, il est très difficile de reconnaître cette souveraineté, puisqu’elle mènerait à la réduction d’innombrables projets miniers et pétroliers perçus par les peuples autochtones comme des menaces pour leur vie et leur environnement. Si on veut trouver une solution durable, il faut entreprendre une négociation de peuple à peuple, en pleine reconnaissance des droits à la souveraineté sur leurs territoires reconnus et inaliénables5. Se pourrait-il qu’un tel processus aboutisse à la « réinvention » du Canada, et donc à la déconstruction du projet colonial qui prévaut depuis 250 ans ? Les mouvements progressistes québécois argumentent pour une alliance avec les peuples autochtones pour en finir avec cet État. Pour qu’un tel « miracle » survienne, il faudra de très grandes batailles menées par les peuples qui habitent maintenant la « grande tortue ».

1 Cent ans après leur arrivée, les Français, sous l’influence de Champlain ont compris qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de s’allier aux autochtones. Ils entendaient cependant subordonner les peuples par des méthodes alternatives, dont leur intégration dans la religion catholique.

2 Corvin Russell, « Le colonialisme canadien, d’hier à aujourd’hui », Nouveaux Cahiers du socialisme, no 18, automne 2017.

3 Quelques exceptions ont pu être imposées, telle la Convention de la Baie-James. Le compromis autochtone est douloureux (abandon du principe de la souveraineté sur le territoire), et est accompagné de droits des autochtones sur leurs conditions sociales et surtout sur le financement de leurs infrastructures à une échelle inédite.

4 Corvin Russell.

5 Ce qui vaut évidemment pour le peuple québécois.

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Le 22 juin dernier, le gouvernement du Canada a adopté le projet de loi visant à mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Il s’agit de l’aboutissement de 25 années de militantisme de Romeo Saganash, avocat, homme politique et défenseur des droits autochtones.

La Déclaration est l’instrument international le plus complet sur les droits des peuples autochtones. Elle établit un cadre universel de normes minimales pour la survie, la dignité et le bien-être des peuples autochtones. Des renvois au « consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause » figurent dans l’ensemble de cette Déclaration. Cette expression souligne l’importance de reconnaître et d’assurer le respect des droits des peuples autochtones et de veiller à ce que les peuples autochtones participent effectivement et de manière significative aux décisions qui les concernent. Bien que ce droit ait été reconnu dans la Déclaration, les groupes et mouvements autochtones du monde entier doivent encore lutter pour le garantir.

Effectivement, la route vers la pleine reconnaissance des droits des peuples autochtones est longue et les blessures causées par le colonialisme, encore vives. Cette victoire historique survient alors que l’on exhume des tombeaux anonymes sur les sites d’anciens pensionnats, des milliers à ce jour. L’ensemble de la société canadienne se doit de réfléchir aux actions à mener vers la réparation.

https://crm.cdeacf.ca/fr/civicrm/mailing/view?reset=1&id=662

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Projet de loi C-15 : une autre étape vers une meilleure relation entre les peuples autochtones et le gouvernement canadien

Kahnawake, 17 juin 2021 — Déposée à la Chambre des communes le 3 décembre 2021, la Loi concernant la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (ci-après DNUDPA) a finalement été adoptée le 16 juin 2021 par le Sénat Canadien. Le Projet de loi appuie la mise en œuvre de la DNUDPA en exigeant du gouvernement du Canada, en consultation et en coopération avec les peuples autochtones, qu’il prenne des mesures pour atteindre les objectifs de la Déclaration. Entre autres, le Projet de loi C-15 propose de préparer et de mettre en œuvre un plan d’action tout en prenant les mesures nécessaires pour veiller à ce que les lois du Canada soient compatibles avec la DNUDPA.

Femmes Autochtones du Québec (ci-après FAQ) salue l’adoption de ce projet de loi. Celui-ci vise exactement tout ce que les autochtones réclament depuis des années : reconnaître, respecter, protéger et appliquer pleinement les droits des peuples autochtones. « FAQ se réjouit de voir que le Projet de loi C-15 a enfin été adopté. Le moment concorde très bien avec la Journée internationale des peuples autochtones qui aura lieu lundi le 21 juin prochain » déclare Viviane Michel, présidente de FAQ.

Le député néo-démocrate, Romeo Saganash, a dévoué sa carrière pour que les droits des peuples autochtones soient reconnus. Au cours de ces 25 dernières années, il a travaillé ardemment pour que son Projet de loi C-262, Loi visant à assurer l’harmonie des lois fédérales avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, présenté à la Chambre des communes le 21 avril 2016, soit adopté par le Parlement du Canada. Malheureusement, le Projet de loi C-262 est mort au feuilleton après que des sénateurs conservateurs l’aient bloqué en 2018. Il va sans dire qu’à ce jour, son travail acharné a enfin abouti à une conclusion fructueuse.

Cependant, le travail n’est pas encore terminé, il faut encore un bon nombre d’années avant que les lois fédérales soient uniformisées et modifiées afin de respecter la DNUDPA. Il faudrait encore plus de temps avant que les droits fondamentaux des peuples autochtones, trop longtemps bafoués, soient reconnus et réellement mis en œuvre. Pour ce faire, il est primordial que les peuples autochtones soient concernés et réellement consultés dans le processus de modifications des lois fédérales. Nous continuerons nos luttes pour nous faire entendre et écouter, à risque que des nouvelles lois nous soient imposées sans notre accord. Les décisions des pouvoirs publics nous sont imposées depuis trop longtemps.

Pour notre organisme, le fait que les gouvernements prennent des décisions sans prendre en considération nos recommandations est clairement la continuité du système patriarcal, colonial et d’assimilation. Nos attentes sont très grandes envers les changements qui suivront l’adoption du Projet de loi C-15. Nous espérons que les paroles du gouvernement Trudeau se transformeront en actions concrètes pour l’amélioration de la situation des peuples autochtones du Québec, principalement pour les femmes autochtones.

Bien que FAQ accueille très favorablement cette nouvelle, qui tombe juste à point avant la fin des travaux parlementaires, nous nous inquiétons quant au délai qu’il faudra avant que toutes les lois fédérales soient uniformisées et revues afin de respecter la DNUDPA. Durant ce temps, les peuples autochtones du Canada, et plus particulièrement les femmes autochtones, ne sont toujours pas traités sur un pied d’égalité avec l’ensemble des Canadiens et des Canadiennes. Leurs conditions socio-économiques ne peuvent pas s’améliorer non plus.

« Les femmes autochtones sont victimes d’une double discrimination par rapport aux hommes autochtones dans plusieurs aspects de leurs vies. Il ne faut pas qu’elles soient oubliées dans tous les aspects de la mise en œuvre de la DNUDPA. Nous demandons aux gouvernements de nous consulter et de mener une vaste consultation auprès des nations autochtones pour connaître leurs intérêts, car eux seuls peuvent réellement répondre à ces questions. FAQ tend la main pour travailler conjointement avec le gouvernement du Canada en ce qui trait aux intérêts des femmes autochtones du Québec, » affirme Viviane Michel, présidente de FAQ.

Source :

Doreen Petiquay Barthold

Responsable des communications

Femmes autochtones du Québec Business Complex, River Road C.P. 1989, Kahnawake (Québec) J0L 1B0 514-757-1508

communication@faq-qnw.org

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Le 30 septembre prochain, chaque enfant compte Rassemblement et marche à Montréal pour la Vérité et la Réconciliation

Le 30 septembre prochain, aura lieu à Montréal un grand rassemblement et une marche afin de souligner la première Journée nationale pour la vérité et la réconciliation. Organisée par le Foyer pour Femmes Autochtones de Montréal, en partenariat avec l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), cette mobilisation s’inscrit dans le mouvement « Chaque enfant compte », visant à commémorer la tragédie des pensionnats autochtones.

Le rassemblement et la marche de Montréal commenceront à 13h à la Place du Canada (près de Peel et René-Lévesque). Discours, cérémonie et tambours précéderont la marche jusqu’à la Place-des-Arts, où se tiendront d‘autres discours et des performances d’artistes. Parmi ceux qui prêteront leur voix se trouvent des leaders autochtones, des défenseurs des droits des Autochtones et des jeunes des communautés du Québec et du Labrador.

Selon Nakuset, du Foyer pour Femmes Autochtones de Montréal et co-organisatrice du rassemblement, il est plus important que jamais de poser des gestes concrets : « La réflexion ne suffit plus. Il faut participer, écouter et soutenir les Autochtones, qui sont encore sous le choc du traumatisme multigénérationnel des pensionnats. Notre démarche d’aujourd’hui est proactive. Nous prenons position aujourd’hui, en plus de commémorer cette journée. »

L’événement montréalais sera l’occasion pour le public d’entendre les leaders autochtones et d’apprendre de leurs expériences et traditions, mais aussi de réfléchir au destin des 6 500 enfants dans des fosses communes anonymes et beaucoup d’autres, on le craint, qui n’ont pas encore été découverts.

Ghislain Picard, Chef de l’APNQL, croit que la marche de Montréal sera un lieu privilégié pour sensibiliser le public. « Les décès de Joyce Echequan, Raphaël André, Siasi Tullaugak et d’innombrables autres victimes avant eux, soulignent à grands traits les injustices qui continuent d’être perpétrées envers les Peuples autochtones. Il faut agir pour que ça cesse, pour que chaque enfant autochtone dans ce pays se sente en sécurité et respecté », a déclaré le Chef Picard.

Nakuset ajoute en terminant : « Les actions parlent plus fort que les mots, alors venez – enfilez nos mocassins – et arrivez le cœur grand ouvert. C’est l’occasion de vraiment montrer que « Chaque enfant compte » et de poser un geste concret pour eux. »

La marche du 30 septembre, « Chaque enfant compte – Une journée d’action pour la vérité et la réconciliation » respectera les recommandations sanitaires liées à la COVID-19.

Quand : Jeudi 30 septembre, 13h (arrivée suggérée à partir de 12h30)

 : Place du Canada (près de Peel & René Lévesque) suivi d’une marche vers la Place des Arts

Les participants sont invités à porter un chandail orange et à apporter leurs tambours.

Pour plus d’information sur le rassemblement :

www.facebook.com/events/2932566447011065

https://www.pressegauche.org/Le-30-septembre-prochain-chaque-enfant-compte-Rassemblement-et-marche-a

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