Ortega ne veut pas lâcher prise: les intérêts non négociables du régime (plus « Lettre aux camarades de France solidaires avec le Nicaragua »)

« Le 17 mai, je fêterai un mois de siège ininterrompu de ma maison par la police nationale. Entre six et huit policiers, parfois en civil, parfois en uniforme, arrivent chaque jour de 6 heures du matin jusqu’à midi ou jusqu’en fin d’après-midi. L’ordre est de ne pas me laisser sortir de la maison, d’interroger tous ceux qui arrivent et de signaler mes déplacements », raconte le politologue Guillermo Incer Medina, membre du front d’opposition Unité nationale bleue et blanche, dans le dernier numéro de Revista Envío (V-21).

La dernière modalité répressive du régime de Daniel Ortega et Rosario Murillo est celle de la « maison comme prison », une situation que subissent au moins 600 personnes identifiées à l’opposition. « Ceux d’entre nous qui vivent sous le coup d’une assignation à résidence dictée par la police subissent des dommages psychologiques, économiques et sociaux », considère Guillermo Incer Medina dans son article.

Cette forme de siège génère de sérieux dommages invisibles, car « le fait de ne pas savoir combien de temps cette situation va durer et jusqu’où ils sont prêts à aller implique un stress mental important ». Et elle génère également de forts dommages au tissu social nicaraguayen, car elle approfondit les différences entre voisins. Selon Medina, « les sympathisants du régime s’assurent de vous stigmatiser comme “putschiste et terroriste”, ils prennent soin de noter que ceux qui ont “ruiné la paix” sont maintenant contrôlés et qu’ils ne permettront pas un nouveau “relâchement” provoqué par l’empire et la droite à nouveau », dit-il, faisant référence aux protestations populaires massives de 2018.

Ceux qui continuent à soutenir le sandinisme, qui, selon l’institut Gallup, représentent aujourd’hui environ 20% de la population, « collaborent avec la police en lui apportant de la nourriture, des boissons et en lui prêtant les toilettes sous les yeux et la résistance des autres voisins ». Après les manifestations et la répression qui ont fait 328 morts, plus de 1600 personnes ont été détenues pour des raisons politiques et les plaintes pour torture se multiplient. L’exode des Nicaraguayens vers les pays voisins se poursuit. En février de cette année, l’émigration totalisait déjà 103 000 émigrants, depuis 2018, selon les données de la Commission interaméricaine des droits de l’homme.

Entre-temps, la violence de l’Etat s’est intensifiée ces dernières semaines avec l’arrestation de cinq pré-candidats de l’opposition à la présidence – Cristiana Chamorro, Arturo Cruz, Juan Sebastián Chamorro, Félix Maradiaga et Miguel Mora – et de nombreux dirigeants d’Unamos (Unión Democrática Renivadora), le parti dans lequel sont organisés d’anciens commandants sandinistes, tels que Hugo Torres, Dora María Téllez et Víctor Tinoco.

Le FSLN et la culture politique nicaraguayenne

A proprement parler, il n’y a pas une seule raison propre à ce comportement du régime qui continue à se réclamer du sandinisme, mais plutôt un ensemble d’attitudes qui se sont superposées tout au long de l’histoire récente. Les anciens commandants du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) qui critiquent aujourd’hui le parti au pouvoir sont parmi les analystes les plus profonds de sa réalité actuelle, peut-être parce qu’ils connaissent l’organisation de l’intérieur et ont bu à la même source de la culture politique qu’ils rejettent aujourd’hui.

Luis Carrión – ancien commandant du FLSN, ancien vice-ministre de l’Intérieur (1979-1988) et ancien ministre de l’Economie (1988-1990) – revient dans un essai de 2019 sur la logique du parti unique qui a prévalu même lorsque des élections ont été convoquées et leurs résultats respectés, après le triomphe de la révolution en 1979. « Dans cette logique, nous avons commencé la construction non pas d’un Etat national, mais d’un Etat sandiniste. Toutes les institutions sont devenues sandinistes. L’armée était sandiniste, la police était sandiniste, toutes les institutions étaient sous l’égide, l’influence et le contrôle du Front sandiniste. » Il rappelle que, suivant la tradition « soviétique » (URSS), les organisations sociales sont progressivement devenues des « ıcourroies de transmission » du parti au pouvoir, au point que  «l’hégémonie du Front sandiniste a fini par être dominante » et que les non-sandinistes « ont été laissés en marge des organisations ou ont eu peu de capacité d’influence en leur sein ». Pire encore, « ils étaient considérés comme des contras, des ennemis de la révolution » (Revista Envío, VI-19).

Dora María Téllez était la légendaire Comandante Dos qui a dirigé la prise de contrôle de l’Assemblée nationale à Managua en 1978, grâce à laquelle la guérilla nicaraguayenne a réussi à libérer 60 sandinistes de prison. Le dimanche 13 juin, cette historienne et ancienne ministre de la Santé (1979-1990) a été arrêtée et battue sur ordre du gouvernement Ortega, avec quatre autres dissidents du FSLN. En 2019, dans un entretien avec le journaliste Fabián Medina, Dora María Téllez a affirmé qu’« il n’est pas inhabituel que les leaders révolutionnaires deviennent ce que leurs adversaires étaient », en référence à Daniel Ortega et au dictateur Anastasio Somoza. La comandanta que Gabriel García Márquez a décrite comme « timide et auto-centrée » a réfléchi : « C’est le même phénomène qui se produit avec les enfants de parents violents. Il y a des gens qui se plaignent que leur père les a brutalisés et qui finissent par brutaliser leurs enfants. C’est le phénomène de reproduction des modèles. Daniel Ortega a choisi la voie de la reproduction du modèle de la dictature de Somoza, qui est un modèle de pactes, d’avantages, de clientélisme politique, de corruption, de nivellement institutionnel et un modèle de subordination de l’armée et de la police. » (Infobae, 10 juillet 2019).

A première vue, cela peut sembler excessif ou exagéré, mais les anciens membres du FSLN exposent leurs raisons. Le sociologue Oscar-René Vargas considère qu’une nouvelle « oligarchie parasitaire » s’est formée au Nicaragua, qui, pour se maintenir au pouvoir, « a permis l’émergence d’un secteur social: la mara [gang] paramilitaire et policière qui vole, réprime et assassine en toute impunité » (Sinpermiso, 20 juillet 2019). Dans le même ordre d’idées, Dora María Téllez affirme que le FSLN « est aujourd’hui une bande de mafieux » et que, même si Ortega « était la figure la plus messianique de toutes », qui se considérait comme l’incarnation de la révolution, le problème de fond n’est pas le personnage, mais la culture politique nicaraguayenne : « Nous venons d’une dictature de 50 ans, celle des Somoza. Et avant cela, c’était Zelaya [1893-1909], et l’autre et l’autre… La matrice autoritaire est enracinée dans notre pays. Les tendances autoritaires du Front sandiniste ne proviennent pas seulement de facteurs idéologiques, mais aussi de notre histoire. Et si nous ne connaissons pas notre histoire, nous la répéterons. »

La bourgeoisie rouge et noire

Il y a quelques années, Mónica Baltodano, comandante de la guérilla, ancien membre de la direction nationale du FSLN et fondatrice du Mouvement pour le sauvetage du sandinisme (Movimiento por el Rescate del Sandinismo–MRS), a réfléchi à plusieurs des mutations vécues par le FSLN originel. Le nouveau gouvernement Ortega, mis en place après sa victoire électorale avec 38% des voix en 2006, est pour Mónica Baltonado – comme elle l’écrit dans un article intitulé « Quel est ce régime ? » – un «régime dans lequel les pauvres sont condamnés à gagner leur vie dans des emplois informels, précaires, indépendants ou à travailler pour des salaires de misère et de longues heures, condamnés à émigrer vers d’autres pays à la recherche d’un emploi, condamnés à des pensions de retraite précaires. Il s’agit d’un régime d’inégalité sociale avec un processus croissant de concentration des richesses dans les groupes minoritaires. »

Les rencontres permanentes entre Daniel Ortega et les hommes d’affaires nicaraguayens à partir de 2006 témoignent d’une « fusion d’intérêts qui a des perspectives durables» , a déclaré l’ancienne ministre. Bien au-delà des arrangements bilatéraux avec certains grands capitalistes, il s’agit d’une « symbiose d’intérêts » qui a conduit à la création d’une « bourgeoisie rouge-noire ». Selon elle, Ortega et un groupe de quelque 200 fidèles sont désormais « un groupe capitaliste important, et le gouvernement représente cette communauté d’intérêts que la nouvelle oligarchie sandiniste a aujourd’hui avec l’oligarchie traditionnelle et le grand capital transnational. » (Revista Envío, No. 382, janvier 2014)

En effet, selon les enquêtes successives de l’hebdomadaire indépendant Confidencial menées depuis 2011 sur la base de fuites de documents internes d’entreprises publiques, Ortega et sa famille seraient les gestionnaires discrétionnaires de fonds dépassant 2,5 milliards de dollars, grâce à divers liens avec la firme Alba de Nicaragua SA (Albanisa) et sa filiale Banco Corporativo (Bancorp). Les deux sociétés sont impliquées dans l’importation de pétrole vénézuélien et, par leur intermédiaire, l’appropriation qui aurait été réalisée par l’élite du gouvernement nicaraguayen de fonds de la coopération vénézuélienne. « Albanisa a été constituée comme un subterfuge frauduleux pour privatiser, en faveur d’Ortega, les fonds de la coopération pétrolière », concluent les rapports de Confidencial (9 avril 2016). Les fonds vénézuéliens ont été acheminés par l’intermédiaire de ces sociétés de droit privé, en dépit du fait que l’argent provenait d’un accord international ratifié par les parlements du Nicaragua et du Venezuela.

Albanisa est une coentreprise de deux partenaires: l’entreprise publique PDVSA, avec 51% des parts, et Petróleos de Nicaragua, avec 49%. « Le montant total des crédits canalisés par Albanisa, en juin 2018, est proche de 4 milliards de dollars. A l’époque des vaches grasses, ils atteignaient en moyenne 500 millions de dollars par an, sans poussière ni paillettes. Un capital liquide qu’Ortega gérait à sa discrétion, comme un capital privé », calculent les auteurs de l’enquête basée sur les données de la Banque centrale du Nicaragua (Confidencial, 13 février 2019).

Sous la protection du gouvernement, Albanisa se serait lancée dans un large éventail d’activités: Albageneración, qui est rapidement devenue la principale entreprise de production d’électricité du pays ; Albadepósitos, dédiée à l’importation, au stockage et à la distribution de pétrole et de dérivés du pétrole; Albaforestal, dont l’activité est le bois; Albaequipos, dédiée aux services et à la construction. Selon les enquêteurs, le joyau de la couronne d’Ortega était Bancorp qui était chargée d’administrer le groupe des « entreprises Alba ». En avril 2019, après être devenue la cible de sanctions des Etats-Unis, Bancorp a demandé à l’autorité financière nationale l’autorisation de cesser ses activités, mais les journalistes et les opposants affirment que le régime a mis en place de nouveaux réseaux commerciaux pour assurer son accès privé aux fonds publics.

Il existe de multiples accusations selon lesquelles les intérêts privés de la famille Ortega-Murillo sont divisés entre ses différents membres. « Huit des neuf enfants du couple présidentiel nicaraguayen ont le rang de conseillers, contrôlent l’entreprise de distribution de pétrole et dirigent la plupart des chaînes de télévision et des sociétés de publicité, qui bénéficient de contrats d’Etat », rapporte El País de Madrid (18 avril 2021). Mais fils et filles sont soumis aux diktats de Rosario Murillo qui a déjà excommunié l’aînée pour avoir dénoncé son beau-père, Daniel Ortega, pour abus sexuels en 1998. Persécutée par sa mère, Zoilamérica Narváez a dû s’exiler au Costa Rica en 2013.

Pas de marge pour la démocratie

Oscar-René Vargas assure que « le régime est définitivement entré dans une phase de décomposition et de décadence ». Cependant, le clan Ortega-Murillo n’est pas prêt à céder. « La structure politique actuelle du régime dictatorial ne va pas céder le pouvoir, il faut le lui enlever », dit-il. Il estime que pour éviter une catastrophe sociale et économique plus grande que l’actuelle, « le régime doit être politiquement étranglé » : « Toute autre méthode sera une fiction, une illusion, un mensonge. »

Pour Mónica Baltodano, Rosario Murillo [femme d’Ortega et vice-présidente depuis janvier 2017] gère le pouvoir réel de la mobilisation du gouvernement avec « une façon de penser fanatique et religieuse qu’elle transfère aux militants ». Pendant la pandémie, c’est elle qui a décidé que les membres du gouvernement devaient se rendre dans certaines maisons populaires pour, à des fins curatives, « prier et implorer Dieu ». Elle est un personnage étrange pour la gauche. Elle combine des allusions constantes au Christ et au « Tout-Puissant » avec son adhésion à des sectes millénaristes, comme celle du gourou indien Sathya Sai Baba. Il convient de rappeler qu’en 2006, le FLSN a soutenu l’interdiction de l’avortement thérapeutique, le seul autorisé dans le pays jusqu’alors. Il s’est allié dans les années suivantes avec le cardinal ultraconservateur Miguel Obando y Bravo, autrefois ennemi des sandinistes. « Au Nicaragua de l’amour, nous n’avons pas une culture de la mort », a déclaré Rosario Murillo sur ses réseaux sociaux le 30 décembre, jour où l’Argentine a légalisé l’interruption volontaire de grossesse.

La répression contre les candidats et les anciens camarades sandinistes sont des actions du gouvernement pour rester au pouvoir. « La plupart des leaders populaires qui étaient à l’avant-garde de la rébellion de 2018 ont été contraints à l’exil, sont en prison, se cachent ou sont morts. Cela explique pourquoi le régime a réussi – par la violence et la terreur – à maintenir le contrôle dans les quartiers et les collectivités» , a récemment souligné Mónica Baltodano (Desinformémonos, 17 juin 2021). Quelque chose qui, selon elle, leur permet de réaliser «le pire scénario possible» pour les élections générales du 7 novembre 2021 : des élections complètement contrôlées par le gouvernement pour garantir la continuité du clan Ortega-Murillo, « avec la complaisance d’un secteur de la grande entreprise, qui ne se soucie pas de la réalité institutionnelle démocratique ».

Raúl Zibechi

Article publié dans l’hebdomadaire uruguayen Brecha en date du 25 juin 2021 ; traduction rédaction A l’Encontre

http://alencontre.org/ameriques/amelat/nicaragua/nicaragua-ortega-ne-veut-pas-lacher-prise-les-interets-non-negociables-du-regime.html

*************

Lettre aux camarades de France solidaires avec le Nicaragua

Chers camarades solidaires de la lutte de notre peuple :

Recevez un salut fraternel de la part de celles et ceux qui font partie de l’Articulation des mouvements sociaux au Nicaragua : un espace de rencontre où convergent différents groupes en résistance – collectifs féministes, LGTBIQ+, écologistes, peuples des Caraïbes, paysans, mouvements anti-extractivistes, organisations étudiantes et groupes autoconvoqués.

Nous nous adressons une fois encore à vous, en pleine nouvelle escalade de violence politique, par laquelle la dictature Ortega Murillo a détruit la possibilité d’une issue à la crise sociopolitique, cette fois-ci, la voie électorale.

Au sein de l’AMS, nous avions déjà signalé qu’aucun signe réel ne laissait espérer que de véritables élections puissent avoir lieu. L’État policier restait inébranlable, semant la terreur en assiégeant, séquestrant, surveillant et opposant une réponse violente à toute personne qui manifestait. Il y avait encore 124 prisonniers politiques. Dans les territoires paysans et dans ceux des peuples autochtones, loin des caméras et des médias, la violence politique se traduisait, comme avant avril 2018, par des assassinats et des expropriations de terres pour récupérer les biens communs et les octroyer à l’extractivisme minier, à l’agrobusiness de la palme africaine, du bois et de l’élevage.

Les réformes permettant un processus électoral équitable n’ont pas eu lieu, au contraire, c’est une contreréforme électorale qui a été votée, des magistrats obéissants et en phase avec la dictature ont été élus avec la bénédiction des partis traditionnels ; tout cela dans le but de s’assurer le contrôle et établir les mécanismes nécessaires à une fraude électorale. Ainsi, toute possibilité de constituer une liste indépendante de celle des partis collaborationnistes ou de l’option électorale liée au grand patronat allié à Ortega a été éliminée, marginalisant de fait les secteurs indépendants et émergents.

De surcroît, la dictature a accru la répression. Elle isole et stigmatise ceux qui s’opposent à la proposition de « l’atterrissage en douceur », mise en avant par le grand capital pour pouvoir pactiser avec la dictature, afin de sauver le modèle corporatiste « de dialogue et consensus », mis en œuvre pendant les onze premières années du gouvernement d’Ortega. Tout cela, en échange du maintien des avantages économiques partagés, de l’impunité pour les crimes contre l’humanité commis en 2018 et pour la corruption. En d’autres termes : accepter d’aller aux élections sans aucune condition, en particulier l’exigence la plus importante : la liberté des prisonniers politiques et la levée de l’état policier.

Nous nous trouvons donc face au pire des scénarios, celui de la fraude électorale ouverte et de la continuité du régime, avec un secteur entrepreneurial qui ne se soucie pas du fonctionnement démocratique des institutions. Ce secteur s’est contenté d’une apparence démocratique avec des suffrages vides et de négociations pour la stabilité et la gouvernance qui donnent la priorité à ses intérêts particuliers, lesquels depuis quelques années coïncident avec ceux d’Ortega.

Et comme c’est généralement le cas dans tout État fasciste comme l’est celui du Nicaragua, personne n’échappe à sa violence. Hier ils s’en prenaient aux secteurs populaires et aux mouvements sociaux, protagonistes de l’insurrection d’avril 2018 ; aujourd’hui, ils attaquent ceux qui pensaient qu’il est possible de négocier avec un gouvernement fasciste, qu’on peut lui laisser une porte de sortie digne et une cohabitation, et même des précandidats compatibles à un ortéguisme sans Ortega.

Nous observons aujourd’hui que la communauté internationale s’émeut de cette nouvelle escalade répressive. Cette communauté internationale qui a poussé à participer à des élections sans conditions, qui avait besoin de « voir » la fraude pour comprendre que le Nicaragua vit sous une dictature, et ce, bien que les preuves documentées du massacre d’avril 2018, de « l’opération nettoyage » – qui, par les armes, a anéanti des centaines de vies – constituaient des éléments suffisants pour comprendre que nous étions face à un gouvernement illégitime et violent, qui n’hésitait pas à assassiner, torturer, kidnapper et violer des prisonnier.e.s. Cette communauté, qui se préoccupe davantage du maintien des accords commerciaux que de renforcer les droits humains.

Aujourd’hui, nous vous demandons d’interpeler vos gouvernements, de faire pression pour qu’ils prennent des positions contre la dictature. Nous vous demandons de dénoncer le fait que les accords de partenariat avec les pays centraméricains ne protègent pas les droits humains, comme l’affirmaient ceux qui ont promu leur signature, mais favorisent plutôt un modèle de croissance extractiviste, inégalitaire et brutal qui touche non seulement le Nicaragua, mais aussi toute la région, comme le démontre la succession des différentes crises écologiques, sociales et politiques.

Exigez la libération des 134 prisonniers politiques, la levée de l’état policier, le retour des organisations de défense des droits humains, d’une issue sans impunité, qui garantisse une justice transformatrice, qui permette l’avènement d’une République qui n’a jamais existé au Nicaragua, où règnent la justice sociale, l’équité, inclusive, la liberté et une vraie démocratie fondée sur la souveraineté du peuple, non pas sur des aspirants monarques et sur les élites.

Nous finalisons ce message à nos sœurs et frères de France avec l’espoir de continuer à tisser ce pont de solidarité entre les peuples, entre les mouvements sociaux, qui aspirent à un autre monde possible.

Nous maintenons la ferme conviction que nous sortirons de cette crise socio-politique grâce à la force du peuple et de ceux qui, au niveau international, continuent à soutenir nos revendications, car

Seul le peuple sauve le peuple !

Articulation des mouvements sociaux

19 juin 2021

Articulación de los Movimientos Sociales à l’occasion du Rassemblement organisé le 20 juin 2021 à Paris

 

*********

Nicaragua : le volcan n’est pas éteint

Au Nicaragua, le couple Ortega-Murillo est-il sur le point de gagner son pari : être réélus aux élections générales – législative et présidentielle – en novembre prochain sans aucun opposant en face ? C’est, en tout cas, une violente offensive du régime dictatorial qui domine l’actualité au Nicaragua en ce mois de juin 2021 : quatre candidats possibles de l’opposition en prison ou en résidence surveillée, en application de lois adoptées à cet effet à la fin de l’année 2020, des journalistes indépendants et des personnalités connues arrêtées et tous les espaces de liberté d’expression fermés.

Voilà qui clôt une période où une profusion de candidat.es se déclaraient et se déchiraient, imaginant que l’un.e d’entre eux/elles pourrait incarner l’opposition d’un pays ravagé par la répression et la crise sociale et sanitaire… Comme s’ils se refusaient à voir le régime disposer ses armes législatives pour les écraser.

Comment en est-on arrivé là ? 

C’est d’abord la conséquence d’une répression féroce, qui n’en finit plus, depuis trois ans, de s’attaquer méthodiquement à tout ce qui pourrait représenter un danger pour le régime, à commencer par les différentes composantes du puissant mouvement populaire qui s’était levé au printemps 2018. Etudiant.e.s, écologistes, féministes, paysan.ne.s, retraité.e.s, toutes et tous ont été réduit.e.s au silence.

Etouffer la contestation 

La répression a fait plusieurs centaines de morts et plusieurs dizaines de milliers de citoyens nicaraguayens, dont de très nombreux militant.e.s du mouvement social et des paysan.ne.s, ont dû fuir le pays et sont toujours en exil au Costa Rica voisin, ou plus loin, Mexique, Etats-Unis et même Europe pour quelques-un.e.s. Quant aux militant.e.s connu.e.s qui sont resté.e.s dans le pays, ils et elles font l’objet d’une surveillance permanente, de menaces et de harcèlement, et sont de fait interdit.e.s de toute activité politique. Nombre d’entre elles et eux ont été arrêté.e.s, puis assigné.e.s à résidence, et menacé.e.s de réincarcération en cas de « récidive ». Par ailleurs, des disparitions et des assassinats politiques se poursuivent à bas bruit dans les villes et surtout dans les campagnes. Les mouvements sociaux ont été démantelés d’autant plus facilement qu’à mesure que le mouvement se développait dans les quartiers et les universités, leurs leaders, qui avaient émergé de façon spontanée (d’où leur désignation d’« autoconvoqués ») étaient pour la plupart dépourvu.e.s d’expérience politique, de réseaux d’influence et de relais institutionnels. L’Articulation des mouvements sociaux (AMS), qui constitue l’une de leurs expressions, peine ainsi à exister et à agir, victime à la fois de la répression gouvernementale et de la méfiance des partis d’opposition traditionnels.

Depuis l’expulsion successive des différentes missions d’observations diligentées par les Nations unies et la Commission interaméricaine des droits de l’homme à la fin 2018, les organismes internationaux sont tout simplement empêchés d’enquêter dans le pays, laissant les organisations locales isolées pour tenir à jour le compte de la répression. Parmi elles, le Centre nicaraguayen des droits humains (CENIDH) a vu ses activités considérablement restreintes après l’occupation de ses locaux, la saisie de ses biens par la police et la perte de son statut légal (en décembre 2018). Suite à cela, nombre de ses collaborateur.rice.s ont dû s’exiler au Costa-Rica où ils et elles ont créé une nouvelle association pour continuer leur activité en s’appuyant sur un réseau d’informateur.rice.s qui, depuis l’intérieur du Nicaragua, prennent de grands risques.

Il en va de même des journalistes, régulièrement malmené.e.s et empêché.e.s d’effectuer leur travail et dont le matériel est volé ou détruit. Certains médias indépendants ont connu le même sort que le CENIDH et d’autres ONG, notamment le canal de télévision 100% Noticias, dont le directeur et la cheffe de rédaction ont été emprisonné.e.s pendant plusieurs mois (au début 2019), et le journal en ligne Confidencial, qui réalise également les programmes Esta Noche et Esta Semana, dont les locaux ont été réquisitionnés pour y installer une « maison maternelle ». Pour ce dernier média, de nouveaux locaux récemment loués pour réaliser les programmes en ligne ont une nouvelle fois été investis et saccagés par la police (en mai 2021).

L’ancienne directrice de La Prensa et présidente de la Fondation Violeta Chamorro, par ailleurs précandidate aux élections, est également sous arrêt domiciliaire. Dans le cadre de l’enquête contre cette fondation diligentée à la fin mai par le pouvoir judiciaire pour des faits supposés remontant à plusieurs années, de nombreux.ses autres journalistes ont été cité.e.s à comparaître ; y compris l’écrivain Sergio Ramirez, ex-vice président de Daniel Ortega (1984-1990), aujourd’hui dans l’opposition. 

Ce qui subsiste de liberté d’expression ne peut plus guère s’exercer que sur les réseaux sociaux et des sites internet obligés de s’installer à l’extérieur du pays.

Le mouvement social et le jeu des partis 

L’Unab (Union nationale bleu et blanc), qui regroupait plus de 200 partis, associations et groupements divers (dont l’Articulation des mouvements sociaux – AMS) et avait semblé un moment en capacité d’incarner une opposition unie, s’est trouvée ballottée dans le jeu des alliances et recompositions menées par les forces politiques traditionnelles. On a ainsi vu revenir sur le devant de la scène les partis traditionnels, de vieux chevaux de retour de la droite, voire de l’extrême droite. Le rôle de ces vieux partis et du patronat a fait partie des divergences entre l’Alliance civique, qui en était proche, et l’Unab, plus représentative de la diversité de la société civile.

Tel qu’il est conçu, le système électoral, qui ne prévoit que la participation des partis enregistrés, a favorisé les luttes de pouvoir entre les différentes têtes d’affiche et placé une partie de l’opposition, issue de la société civile et favorable à l’unité, dans le dilemme d’avoir à se plier aux conditions excluantes des partis les mieux placés dans le cadre des règles du jeu imposées par le régime, ou bien de disparaître de la scène électorale.

Avec les partis, seuls à disposer d’un statut légal au sein des deux coalitions d’opposition, sont revenues les rivalités entre groupes d’intérêts et individualités, au détriment des programmes et des objectifs de transformation sociale.

Ainsi, l’opposition est aujourd’hui divisée entre deux blocs, qui au-delà des conflits de personnes ou d’appareils, se distinguent à la fois par les forces qui les composent et certaines orientations idéologiques :

  • d’un côté, l’Alliance citoyenne (Alianza Ciudadana), au sein de laquelle le parti CxL (Citoyens pour la liberté) joue un rôle prépondérant et à laquelle participent trois organisations étudiantes et le parti « régional » Movimiento unidad costeña – Pamuc – et, surtout, l’« Alliance civique pour la justice et la démocratie » qui représente les principaux groupes économiques (le conseil supérieur de l’entreprise privé – Cosep –, la Fondation nicaraguayenne pour le développement économique – Funides –, la Chambre de commerce américaine – Amcham – et la Fédération nicaraguayenne des éleveurs) ainsi que des représentants du secteur académique, des anciens prisonniers politiques et du parti social chrétien.

  • De l’autre, la Coalition nationale, impulsée par l’Unab (Union nationale bleu et blanc) et composée de groupes hétérogènes issus de la société civile, comme le Mouvement paysan anticanal et certaines organisations étudiantes, des secteurs de la résistance fragmentée dont le parti FDN (anciens contras) auxquels s’étaient joints trois partis enregistrés : le PRD (évangéliste), Yatama, parti régional présent dans les régions autonomes de la côte Atlantique, et le PLC (Parti libéral constitutionnaliste). Ce dernier a été rapidement exclu de la coalition en raison de l’accointance avérée de certains de ses dirigeants et parlementaires avec le régime. Peu après, Yatama a également été exclu de la CN lorsque son dirigeant Brooklyn Rivera a voté pour la réélection au Conseil suprême électoral (CSE) de Lumberto Campbell, membre du FSLN, originaire, lui aussi, de la côte Atlantique. Le PRD, resté seul en lice, s’est, quant à lui, vu retirer son statut légal après que quelques pasteurs ont soutenu que les orientations de ses alliés – notamment sur l’avortement et l’homosexualité –contrevenaient aux statuts et aux valeurs de ce parti.

La coalition qui semblait jusqu’au mois dernier la plus en mesure de présenter une candidature en novembre prochain est donc l’Alliance citoyenne, qu’on peut considérer comme la représentante du grand capital, prête à chercher des accommodements avec le régime pourvu que ses intérêts soient préservés et la « stabilité économique » assurée. Le CxL, qui en est le fer de lance, défend des positions moralistes et réactionnaires sur les questions sociétales, de fait, hostiles à certains des mouvements sociaux agrégés dans l’Unab. Une convergence avec la Coalition, beaucoup plus diverse et « bigarrée », paraissait donc difficilement envisageable.

La situation a connu une brutale évolution dans la première quinzaine de juin, lorsque le régime Ortega-Murillo a décidé d’appliquer les lois scélérates qu’il avait fait adopter en 2020 par un Parlement aux ordres afin de verrouiller le scrutin de novembre prochain. Ces lois visaient clairement à fournir au pouvoir ortéguiste les moyens « légaux » d’éliminer de la compétition électorale toute candidature dérangeante : 

  • la « loi sur la cybersécurité » permet de poursuivre tout auteur de site, blog, critiquant le régime ;

  • celle sur « les agents de l’étranger », appellation appliquée à toute personne et toute association recevant des fonds de l’étranger, interdit de fait toute action humanitaire de solidarité ;

  • et celle dite « de défense des droits du peuple » interdit toute position publique à quiconque critique le régime et soutient des sanctions internationales.

Dans la première quinzaine de juin, le régime a entrepris d’appliquer ces lois aux opposant.e.s qu’il considère les plus virulent.e.s et/ou les plus dangereux.ses dans la perspective des élections de novembre prochain.

Les lois scélérates

La loi sur les agents étrangers a d’abord été appliquée à Cristiana Chamorro, ancienne directrice de La Prensa et fille de l’ancienne présidente Violeta Chamorro, qui avait battu Ortega en 1990. Parce que Cristiana Chamorro présidait la Fondation Violeta Chamorro, laquelle a reçu des fonds de l’étranger, elle est considérée comme « agente de l’étranger » et interdite de postuler à des charge électives. Comme si cela ne suffisait pas, elle a été mise en résidence surveillée et accusée de blanchiment d’argent.

Quant à Arturo Cruz, autre possible candidat de la Coalition nationale, il a été arrêté le 5 juin à sa descente d’avion à l’aéroport de Managua, au nom de « la défense des intérêts du peuple ».

Ainsi se trouvent éliminées deux personnalités emblématiques de l’opposition. Un troisième candidat potentiel, Félix Maradiaga, était, quant à lui, convoqué au tribunal lundi 7 juin. Et un quatrième candidat, Juan Sebastiàn Chamorro, a été arrêté le 8 juin. D’autres personnalités d’opposition étaient arrêtées, dont un ancien président du Cosep (le principal syndicat patronal) qui fut pourtant l’allié d’Ortega jusqu’en 2018.

La chasse aux anciens sandinistes 

Cette première vague d’arrestations a été suivie d’une seconde une semaine plus tard, qui a concerné cette fois d’ancien.ne.s militant.e.s et responsables de la révolution sandiniste, très respecté.es pour leur passé de lutte contre la dictature somoziste, leur rôle dans les premières années de la révolution, et leur rupture déjà ancienne avec Ortega.

Dora Maria Téllez, arrêtée en même temps que Suyen Barahona et Ana Margarita Vijil, autres responsables d’Unamos (ex-Mouvement de rénovation sandiniste – MRS), fut l’une des responsables de la prise du Parlement somoziste en 1978, à la tête de l’un des « fronts » de l’insurrection, puis ministre de la Santé dans les premières années de la révolution. Son crime ? Un tweet en date du 8  uin, où elle dénonçait le caractère « dictatorial » du régime orteguïste.

Hugo Torres, autre figure historique de la guérilla, et général à la retraite de l’armée sandiniste, était arrêté le même jour, ainsi que Victor Hugo Tinoco, ancien vice-ministre des Affaires étrangères pendant la révolution. Ils et elles étaient également membres d’Unamos.

En deux semaines, la dictature Ortega-Murillo a mis en œuvre sa stratégie murie au cours des derniers mois, déchirant ainsi les derniers oripeaux de légitimité démocratique dont elle prétendait couvrir ses crimes, et révélant en même temps la crainte que lui inspire la perspective d’élections libres. A n’en plus douter, le scrutin de novembre prochain ne sera rien qu’une farce électorale, un écran de fumée.. La seule question est de savoir qui acceptera de jouer le rôle de figurant.

Même si la colère n’est pas éteinte, la situation est complexe et semble bloquée : d’une part, l’oligarchie doit beaucoup à Ortega, dont le régime s’est de fait historiquement appuyé sur une alliance entre l’oligarchie traditionnelle et une nouvelle oligarchie liée à la famille Ortega et à ses proches, au prix d’une absence de remise en cause d’un modèle économique et social profondément inégalitaire et d’un saccage des écosystèmes ; d’autre part, la “communauté internationale” se limite à émettre des protestations. Alors, l’une et l’autre pourraient se satisfaire d’une négociation avec la dictature, pour peu qu’elle permette de préserver les intérêts de l’oligarchie et les apparences (pour la communauté internationale).

En revanche, la grande majorité de la population, elle, n’a rien a négocier avec Ortega-Murillo : le peuple nicaraguayen ne peut que poursuivre sa résistance au quotidien et en appeler à la solidarité et à l’aide internationale. Nous resterons à ses côtés et aux côtés des mouvements sociaux, pour informer, dénoncer la dictature et exiger l’arrêt de la répression, la libération de tous les prisonnier.ère.s politiques et le rétablissement des libertés civiques, notamment de la liberté d’expression et la liberté de la presse.

Collectif de solidarité avec le peuple du Nicaragua (France)

http://www.laboursolidarity.org/Nicaragua-le-volcan-n-est-pas


En complément possible :

Nicaragua : Halte à la répression – élections libres

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/06/14/nicaragua-halte-a-la-repression-elections-libres/

Préface à l’édition espagnole de NICARAGUA (1979-2019). Du triomphe sandiniste à l’insurrection démocratique

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/03/29/preface-a-ledition-espagnole-de-nicaragua-1979-2019-du-triomphe-sandiniste-a-linsurrection-democratique/

Avant-propos à l’édition française de NICARAGUA  (1979-2019). Du triomphe sandiniste à l’insurrection démocratique :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/03/22/avant-propos-a-ledition-francaise-de-nicaragua-1979-2019-du-triomphe-sandiniste-a-linsurrection-democratique/

Matthias Schindler : NICARAGUA (1979-2019). Du triomphe sandiniste à l’insurrection démocratique

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/04/28/pas-demancipation-possible-sans-egalite-droits-humains-et-democratie-radicale/

Pourquoi le Centre tricontinental décrie le régime « sandiniste » 

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/04/06/pourquoi-le-centre-tricontinental-decrie-le-regime-sandiniste/

NICARAGUA. Un arsenal juridique répressif contre toute critique et contre toute opposition

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/02/26/nicaragua-un-arsenal-juridique-repressif-contre-toute-critique-et-contre-toute-opposition/

« Epineuse », la question de l’opposition au Nicaragua 

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/01/07/epineuse-la-question-de-lopposition-au-nicaragua/

Sergio Ramírez : Interdiction de rester chez soi

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/05/21/interdiction-de-rester-chez-soi-nicaragua/

Nicaragua : nouvelles attaques contre les libertés démocratiques

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/12/27/nicaragua-nouvelles-attaques-contre-les-libertes-democratiques/
Julio López Campos : Nicaragua : l’insurrection populaire face au terrorisme d’État

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/08/05/nicaragua-linsurrection-populaire-face-au-terrorisme-detat/

Solidarité avec le peuple du Nicaragua

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/07/31/solidarite-avec-le-peuple-du-nicaragua/

Sergio Ramírez : Jurassic Park. Le Forum de São Paulo et le Nicaragua

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/07/30/jurassic-park-le-forum-de-sao-paulo-et-le-nicaragua/

Solidarité avec le mouvement populaire du Nicaragua. Pour la levée immédiate du mandat d’arrêt visant Oscar René Vargas

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/07/29/solidarite-avec-le-mouvement-populaire-du-nicaragua-pour-la-levee-immediate-du-mandat-darret-visant-oscar-rene-vargas/

Mónica Baltodano : Qu’est-ce que ce régime ? Quelles ont été les mutations le FSLN pour arriver à ce qu’il est aujourd’hui ? 

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/07/12/quest-ce-que-ce-regime-quelles-ont-ete-les-mutations-le-fsln-pour-arriver-a-ce-quil-est-aujourdhui/

Nicaragua. « Malgré les militaires : continuons ! Mobilisation permanente et coordonnée du peuple, par l’unité dans l’action »

DECLARACIÓN URGENTE POR NICARAGUA

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/07/19/nicaragua-malgre-les-militaires-continuons-mobilisation-permanente-et-coordonnee-du-peuple-par-lunite-dans-laction/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.