Violence infligée aux femmes : Coup d’oeil sur un nouveau plan en 40 points du gouvernement suédois

Les propositions gouvernementales comprennent le renforcement des peines pour plusieurs crimes contre les femmes, mais aucun soutien concret pour les refuges.

Le gouvernement suédois vient d’annoncer un plan national de lutte contre la violence masculine à l’égard des femmes après plusieurs meurtres récents de femmes par leur partenaire actuel ou leur ex. Les propositions comprennent des peines plus sévères mais aussi un travail de prévention.

Le gouvernement dit que ses mesures visent les objectifs suivants : « La violence doit être prévenue et les hommes qui commettent des crimes contre les femmes doivent être punis. Les femmes exposées à ces crimes doivent recevoir l’aide dont elles ont besoin. »

« Il s’agit du train de mesures le plus complet contre la violence des hommes à l’égard des femmes depuis au moins 20 ans », a déclaré le ministre de la Justice Morgan Johansson lors d’une conférence de presse où il a annoncé les mesures avec la ministre de l’Égalité des sexes Märta Stenevi et le ministre de l’Intérieur Mikael Damberg.

Madame Stenevi a déclaré que des efforts sont nécessaires pour changer les normes « afin qu’aucun garçon ne grandisse et ne devienne un homme qui bat et qui viole ».

Travail de prévention

Les mesures comprennent un accent national sur la prévention de la violence, notamment des initiatives visant à partager les connaissances et à renforcer la coopération entre les autorités compétentes. Il s’agit à la fois d’un travail de prévention à un stade précoce (pour empêcher les hommes à risque de violence de commettre des crimes) mais aussi d’initiatives visant à réduire les risques de récidive.

À partir de l’automne 2022, les programmes scolaires seront modifiés afin que la matière qui s’appelait auparavant « sexualité et relations » aborde également l’égalité des sexes. Le gouvernement propose également des initiatives pour mieux faire connaître sa loi sur le consentement, qui explicite dans la législation que la passivité n’est pas synonyme de consentement.

Outre les écoles, les associations sportives ont été désignées comme une partie de la société à impliquer dans le travail de prévention, et le Centre suédois de recherche sur le sport (CIF) sera invité à identifier des possibilités d’introduire des initiatives de lutte contre la violence.

Un meilleur soutien aux victimes

Le gouvernement s’est engagé à examiner « les moyens possibles de fournir aux refuges pour femmes et filles et aux autres organisations à but non lucratif qui travaillent avec les victimes de crimes de meilleures conditions de planification », mais n’a promis aucun financement à ce titre. L’un des défis auxquels ces organisations sont confrontées est leur dépendance à l’égard de dons et de subventions de l’État, qui ne sont souvent garanties que pour une durée déterminée, une politique qui entrave tout travail à long terme.

Le gouvernement a cependant déclaré vouloir examiner la nécessité d’un financement supplémentaire pour le Centre national pour la paix des femmes (NCK), qui gère une ligne téléphonique pour les victimes de crimes et qui a signalé une augmentation des appels à l’aide ces dernières années.

Il a également noté que « les femmes exposées à la violence ne devraient pas être obligées de quitter un centre d’hébergement et de retourner chez l’auteur de la violence parce qu’elles n’ont pas de domicile permanent ». Une enquête se penchera donc sur les responsabilités des municipalités en matière de logement des femmes et des enfants exposés à la violence, par exemple pour savoir si les personnes dans cette situation peuvent bénéficier d’un traitement prioritaire.

Groupes vulnérables

Le rapport souligne la nécessité de soutenir les catégories de femmes particulièrement vulnérables, notamment celles qui sont impliqués dans l’industrie pornographique et les victimes de la traite des personnes, mais aussi les résidentes étrangères qui se trouvent en Suède avec un permis fondé sur leur relation.

« Dans certaines situations, il doit être possible d’accorder à une personne un permis de séjour en dépit du fait que la relation sur laquelle le permis était basé a pris fin, par exemple en raison de la violence dans la relation », note le rapport, précisant qu’une enquête sera lancée sur les changements possibles des lois suédoises sur l’immigration afin de protéger ces personnes d’une menace d’expulsion.

Des peines plus sévères

Les propositions prévoient également des peines plus sévères pour des crimes tels que le viol, les crimes haineux à motivation sexiste, la violation de l’intégrité d’une femme et son racolage par des hommes. Certaines de ces peines plus sévères avaient déjà été soumises au gouvernement, d’autres sont en cours d’examen et certaines vont maintenant être ajoutées à l’ordre du jour.

Un exemple de révision sur laquelle le gouvernement dit qu’il va maintenant agir consistera à supprimer les amendes pour le paiement de relations sexuelles, de sorte que le crime devienne uniquement passible d’une peine d’emprisonnement. Le gouvernement prévoit de soumettre cette proposition au Parlement.

Outre l’augmentation des peines, le gouvernement propose d’abaisser le seuil de délivrance des ordonnances de non-contact, de faciliter l’utilisation de balises électroniques pour les personnes faisant l’objet d’une telle ordonnance, et d’augmenter la sanction en cas de violation de ces ordonnances.

Le gouvernement examinera également s’il devrait plus facile de priver les auteurs de violences de contacts avec leurs enfants.

« Nous avons beaucoup trop de cas où les femmes bénéficient d’une identité protégée, mais doivent quand même, d’une manière ou d’une autre, résoudre la question des contacts avec le père. Nous devons abandonner le point de vue selon lequel puisque l’homme ne frappe pas ses enfants, il devrait donc avoir des contacts avec eux », a déclaré Mme Johansson.

Améliorer les compétences et les méthodes utilisées par les autorités

Lorsque The Local s’est entretenu avec des personnes travaillant dans le domaine de la violence masculine, l’un des obstacles les plus fréquemment évoqués est la compréhension limitée de la manière de traiter ces crimes par la police et les autres autorités.

Sept des 40 mesures énoncées par le gouvernement visent le développement de compétences et de méthodes, notamment des statistiques plus approfondies sur la violence à l’égard des femmes ; le développement de compétences au sein de la police, y compris une meilleure compréhension des questions de santé mentale et de la manière de travailler avec d’autres agences ou services sociaux ; un inventaire des recherches actuellement menées sur la violence à l’égard des femmes, et un examen de la situation des femmes et des enfants qui ont été exposés à la violence et vivent sous une identité protégée.

Version originale : https://www.thelocal.com/20210616/violence-against-women-a-look-at-the-swedish-governments-40-point-plan/

https://tradfem.wordpress.com/2021/06/18/violence-infligee-aux-femmes-coup-doeil-sur-un-nouveau-plan-en-40-points-du-gouvernement-suedois/

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