Au-delà du Hamas et de l’AP, un défi : « comment maintenir ce soulèvement populaire au-delà des structures actuelles de direction » (et autres textes)

Entretien avec Tareq Baconi conduit par Amjad Iraqi

Un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas a finalement été annoncé jeudi soir après 11 jours de bombardements dévastateurs et de tirs de roquettes aveugles qui ont tué plus de 240 Palestiniens dans la bande de Gaza et 12 personnes en Israël. Pour de nombreux observateurs, cet accord – qui, s’il tient, permettra sans aucun doute d’éviter d’innombrables autres morts, blessés et destructions gratuites – devrait enfin mettre un terme à cette saga infernale.

Une fois, ce retour désespéré au « calme », une part fondamentale du problème reste toutefois. Avec l’apaisement de leurs affrontements armés, Israël et le Hamas sont prêts à rétablir un équilibre « très violent » qui contraint la bande de Gaza à revenir « hors de vue, hors d’esprit », prévient Tareq Baconi, analyste à l’International Crisis Group et auteur de Hamas Contained: The Rise and Pacification of Palestinian Resistance (Stanford Studies in Middle Eastern and Islamic Societes, 2018). Ce statu quo ante – caractérisé par un siège brutal, l’indifférence internationale et la fragmentation politique et géographique – est précisément ce qui doit être démantelé, dit-il.

Dans un entretien accordé à +972 la veille de l’annonce du cessez-le-feu, Tareq Baconi a expliqué que le Hamas avait brisé de nombreuses présomptions israéliennes en décidant d’intervenir militairement sur la base d’un mouvement populaire qui avait émergé à Jérusalem le mois dernier: un mouvement qui se mobilisait contre les expulsions forcées de familles à Sheikh Jarrah et les attaques israéliennes à la mosquée Al-Aqsa et à la porte de Damas. Bien que ces protestations dans la ville sainte aient permis d’obtenir des concessions mineures de la part d’Israël, selon le Hamas, elles « ne passeront jamais à l’étape suivante sans la puissance militaire ».

Si l’implication du Hamas fait l’objet d’un profond débat parmi les Palestiniens, ajoute Tareq Baconi, on ne peut pas en dire autant de la communauté internationale. D’après ce qu’il voit, les gouvernements étrangers restent « très figés » dans leur perception du mouvement islamiste comme  «attaquant irrationnellement Israël pour une raison inconnue et décontextualisée ». Sans une remise en question de ces idées fausses, dit-il, le monde retournera simplement à la normalisation de la violence oppressive quotidienne imposée par le régime israélien à tous les Palestiniens et Palestiniennes, dont Gaza est une composante emblématique plutôt qu’une exception.

La rédaction de +972 s’est entretenue avec Tareq Baconi sur les effets de l’intervention du Hamas sur la politique palestinienne, sur les raisons pour lesquelles les responsables israéliens ont été pris au dépourvu par cette initiative et sur les raisons pour lesquelles le mouvement populaire palestinien naissant doit être vigilant car il défie les dirigeants étrangers et nationaux dans sa quête de libération. L’entretien a été édité pour plus de clarté.

Les récentes « escalades » ont commencé par un mouvement populaire de base à Jérusalem, avec Sheikh Jarrah et la vieille ville, presque sans la présence d’aucune faction politique. Mais cela a radicalement changé lorsque le Hamas a commencé à lancer des roquettes sur Israël la semaine dernière. Pourquoi le Hamas a-t-il décidé de se joindre à la mêlée ? Quel a été son calcul ?

Le Hamas a un objectif national pour les Palestiniens en général, et des motivations spécifiques en tant que mouvement actuellement confiné dans la bande de Gaza.

Pendant longtemps, même sous [l’ancien chef politique] Khaled Meshaal, le Hamas a flirté avec l’idée d’une protestation populaire. Le mouvement n’a pas toujours été exclusivement engagé dans la lutte armée ; il a réfléchi au pouvoir des manifestations populaires et du droit international. Cependant, il y a une part de cynisme au sein du mouvement. Il pense que les protestations populaires ne vont jamais recueillir le niveau de pression ou de soutien international comme celui de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis ou de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud.

Ce cynisme a été mis à l’épreuve lors de la Grande Marche du Retour [avec son pic en 2028-2029]. Pendant des semaines et des semaines de mobilisation populaire soutenue, il n’y a eu aucune réponse adéquate de la part de la communauté internationale, même lorsqu’Israël tirait sur les Palestiniens. Ce n’est que lorsque le Hamas est entré en lice et a commencé à faire monter le niveau des « perturbations » contre Israël que la situation a commencé à évoluer et que des négociations ont été entamées autour de concessions telles que l’assouplissement du blocus de Gaza. La leçon pour le Hamas était très claire : à moins qu’Israël ne ressente une pression – généralement militaire ou sous d’autres formes de « perturbations » – rien ne serait cédé.

C’est ce calcul que le Hamas a appliqué aux protestations actuelles. Il y a eu une « victoire » dans le sens où la Cour suprême israélienne a reporté sa décision concernant l’expulsion des Palestiniens des maisons du quartier de Sheikh Jarrah et où a été réorientée la « marche du drapeau » [9-10 mai] de la « Journée de libération de Jérusalem » [appelée aussi « Journée de l’unification de Jérusalem », date fixée par l’Etat d’Israël après 1967]. Mais pour le Hamas, ces manifestations n’ont pas permis d’obtenir de réelles concessions de la part d’Israël. Et il n’a jamais été question de passer à l’étape suivante sans force militaire, car dans l’esprit du Hamas, c’est la seule façon pour Israël de réagir.

Il y avait beaucoup de divisions au sein du mouvement. Certains ont fait valoir que l’attention du monde était focalisée sur la profanation des lieux saints de l’Islam par les Israéliens, et qu’ils ne devaient pas s’en détourner ou coopter la protestation populaire. D’un autre côté, principalement [pour les membres du Hamas] à Gaza, le sentiment était qu’ils avaient déjà vu ce film auparavant et qu’ils devaient soutenir les manifestants, sinon cela se transformerait en un bain de sang. En fin de compte, à leurs yeux, il devait y avoir une défense des Palestiniens contre l’oppression israélienne meurtrière.

Pour le mouvement Hamas lui-même, le calcul stratégique plus spécifique est le suivant : ces derniers mois, le Hamas a espéré des élections pour se sortir de la bande de Gaza [les élections ont été supprimées par l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas]. Cette option n’étant plus envisageable, le Hamas se trouvait dans une situation où il devait soit revenir au statu quo ante, soit provoquer un bouleversement fondamental.

De nombreux rapports suggèrent que les responsables israéliens et les analystes militaires ont été pris au dépourvu par la décision du Hamas de s’impliquer. Était-ce vraiment si surprenant ? Que révèle-t-elle sur la compréhension ou l’incompréhension du Hamas par Israël ?

Je ne suis pas surpris que les responsables israéliens aient été pris au dépourvu. Ils savent très bien qu’il n’y a pas de véritable stratégie pour traiter la question de Gaza en particulier, mais aussi pour traiter la question des Palestiniens en général, et ils se concentrent donc uniquement sur la gestion du conflit.

Dans cette approche, ils sont parvenus à un équilibre très durable avec le Hamas. Je dis cela le cœur lourd, car il s’agit manifestement d’un équilibre qui repose, à la base, sur une punition collective et un blocus très violent à l’égard des Palestiniens.

Cet équilibre que les deux parties ont implicitement maintenu était que le blocus resterait en place ; lorsque Gaza était poussé au bord du gouffre, le Hamas utilisait des tirs de roquettes pour protester contre le blocus et la violence qu’il inflige aux Palestiniens. Et grâce aux tirs de roquettes, le Hamas était en mesure d’obtenir des concessions du gouvernement israélien. C’est dans ce va-et-vient que les négociations se déroulent. En dehors de ces cycles, cependant, pour les responsables israéliens, Gaza est loin des yeux et de l’esprit. Ils attendent le « calme » de Gaza. Pour eux, le blocus n’est pas un acte de guerre, ce sont les roquettes qui sont un acte de guerre !

Dans le cadre de cet équilibre, Israël a considéré le Hamas comme un mouvement qui ne s’exprime qu’au nom des Palestiniens de Gaza, estimant qu’il avait été efficacement contenu dans la bande. On croyait tellement à l’idée que le Hamas avait été neutralisé en dehors de Gaza, et que le Hamas ne décidait une escalade que lorsqu’il voulait des concessions sur Gaza spécifiquement.

Le Hamas a brisé toutes ces hypothèses lors de cette dernière escalade. Tout d’abord, l’escalade a porté sur Jérusalem et non sur Gaza – il ne s’agit pas d’une reconfiguration historique, mais d’une reconfiguration depuis le blocus. Ensuite, elle a brisé l’hypothèse selon laquelle Gaza était gérable, et que l’endiguement du Hamas pouvait se poursuivre indéfiniment. Cette « éruption » est donc bien une surprise pour les Israéliens. Elle témoigne également de l’arrogance d’Israël, qui pense pouvoir continuer à aller « trop loin » sans que les Palestiniens ne réagissent.

Les Palestiniens semblent avoir des avis divergents sur l’intervention militaire du Hamas. Quelles réactions observez-vous au sein de la population ? Comment cela affecte-t-il la relation/image du parti avec la population, en particulier à Gaza ?

Il y a des Palestiniens qui sont attachés à l’idée de manifestations populaires, convaincus que les sit-in de l’iftar et les manifestations de prière vont attirer l’attention des Palestiniens dans le monde entier, et que cela va forcer la main d’Israël. Ils sont convaincus que toute forme de lutte militaire est problématique car, stratégiquement, les Palestiniens ne peuvent pas gagner militairement contre Israël. Ils pensent également que la cooptation des protestations populaires par les factions [Hamas, Jihad islamique] est problématique car elle prend quelque chose qui pourrait être national et le place dans une optique de faction.

L’autre tendance dans ce débat affirme qu’il faut un équilibre des forces pour pouvoir changer l’équation, et cela ne passe pas par des protestations exclusivement populaires. Penser que c’est ainsi que les choses se sont passées dans la lutte pour les droits civiques ou contre l’apartheid revient à romancer ces luttes ; le mouvement sud-africain, en particulier, avait une branche armée. Il y a donc une idée selon laquelle, même si la force armée ne libérera pas la Palestine, elle doit être utilisée pour infliger une douleur, avoir un coût et dissuader Israël de poursuivre la violence contre les Palestiniens. Ce camp a salué les attaques du Hamas comme une sorte de victoire; même si Gaza en a payé le prix, elles ont eu un effet psychologique incroyable.

Comment les actions du Hamas sont-elles perçues au-delà de cela ? Lors de certaines manifestations en Cisjordanie cette semaine, des gens chantaient pour Mohammed Deif [le commandant en chef des Brigades al-Qassam du Hamas] ou contre Mahmoud Abbas et pour Ismail Haniyeh [le chef politique actuel du Hamas]. Dans la conscience nationale, le Hamas est perçu comme le défenseur et le protecteur des droits des Palestiniens.

Il y a évidemment des complexités autour de l’idéologie du Hamas; de nombreux Palestiniens peuvent soutenir la « victoire » que le Hamas a présentée la semaine dernière mais être contre son idéologie islamiste. Mais ce sont quelques-uns des éléments qu’il faut démêler pour comprendre comment il peut y avoir une stratégie palestinienne de libération à multiples facettes, une stratégie qui pourrait s’appuyer stratégiquement sur différentes tactiques de résistance.

Vous avez mentionné comment le Hamas avait espéré que les élections se déroulent, et comment certaines personnes le perçoivent maintenant différemment de l’Autorité Palestinienne (AP). Comment voyez-vous les événements récents affecter les relations entre le Hamas et l’AP, ou toute tentative de rétablir les élections ?

Un changement intéressant s’est produit au cours de la semaine. Lorsque les manifestations ont commencé à s’étendre au-delà de Sheikh Jarrah, l’AP s’est montrée très active pour réprimer les manifestations en Cisjordanie et écarter toute menace de présence du Hamas dans cette région ; l’excuse avancée était qu’elle perdrait le contrôle du territoire.

Après l’extension de l’escalade à Gaza, les responsables de l’OLP et du Fatah ont compris qu’ils ne pouvaient pas être perçus comme des détracteurs du Hamas dans cette escalade. C’est une leçon qu’ils ont apprise pendant et après la deuxième Intifada: chaque fois que le Hamas remportait des victoires symboliques et que l’AP répliquait (comme lors de l’accord d’échange de prisonniers de Gilad Shalit – soldat capturé en juin 2006 et libéré en octobre 2011), le Hamas se positionnait comme un défenseur et l’AP passait pour la partie incompétente.

Ainsi, au cours de la semaine dernière, les responsables de l’AP et de l’OLP ont commencé à parler de la nécessité d’exploiter l’espace que le Hamas avait créé par cet épisode pour servir la lutte palestinienne. Ils ont reconnu qu’il s’agissait d’une force incontournable, et que se positionner contre elle ne ferait que se retourner contre le Fatah [le parti de Mahmoud Abbas, le plus important de l’AP et de l’OLP]. D’une certaine manière, les deux factions sont donc forcées d’adopter un discours plus uni en raison de ces événements plus vastes, auxquels les interminables cycles de négociations de réconciliation n’ont pas réussi à les amener.

Est-ce que je pense qu’ils auront une unité ou qu’ils devraient retourner aux élections ? Je ne le pense pas: les deux parties vivent toujours dans un jeu à somme nulle, et la crise est plus importante que l’une ou l’autre des factions. Mais nous devons continuer à parler des élections comme d’un moyen de ressusciter l’OLP, plutôt que comme d’un gouvernement d’unité sous l’égide de l’AP. Les Palestiniens doivent encore repenser la manière dont le Hamas et le Fatah peuvent tous deux siéger aux côtés d’autres partis dans un projet de libération nationale.

Si les élections n’avaient pour but que d’apaiser institutionnellement la division entre Gaza et la Cisjordanie, nous avons dépassé cette rhétorique d’une certaine manière, car il existe un sentiment de lutte commune. À Ramallah, on a l’impression de manifester pour Gaza – ce que l’AP n’a pas autorisé en 2014 – et à Gaza, on a l’impression qu’il s’agit d’une lutte palestinienne unie, même si l’on ressent un certain ressentiment du fait que ce sont eux qui en paient le prix.

Les acteurs internationaux, de l’Union européenne (UE) aux États-Unis, ont semblé immédiatement retomber dans leurs vieilles lignes et habitudes en donnant la priorité à la « légitime défense » d’Israël dès que les roquettes ont été tirées. Cela semble indiquer qu’il n’y a pas eu beaucoup de changement parmi les gouvernements étrangers dans leur perception du Hamas ou dans leur volonté d’essayer une approche différente lorsque ces affrontements se produisent. Constatez-vous des changements dans les coulisses, malgré les positions publiques ?

Non, il n’y a pas de changement. L’UE et les États membres européens disent depuis longtemps qu’il faut savoir ce qui se passerait si le Hamas remportait les élections et qu’il faut trouver un moyen de réviser les conditions du Quartet [groupe formé des Etats-Unis, de la Russie, de l’UE et des Nations unies] pour s’assurer qu’en cas de victoire du Hamas, la débâcle de 2006 [lorsque les acteurs internationaux ont sanctionné le gouvernement palestinien et soutenu le Fatah dans le but d’évincer le Hamas] ne se reproduira pas.

Cependant, bien que de nombreux diplomates bien intentionnés insistent sur la nécessité de réviser la politique de l’UE à l’égard du Hamas, il n’y a eu absolument aucun mouvement à ce sujet. A mon avis, il est tout à fait irresponsable qu’ils aient continué à faire pression pour ces élections en sachant qu’en cas de victoire du Hamas, ils n’avaient toujours aucun moyen de faire face au résultat qu’il pourrait produire.

Le langage pro forma autour du « droit d’Israël à l’autodéfense»  et de la « désescalade des deux côtés » est un symptôme de cette incapacité de composer avec le Hamas, montrant que la communauté internationale est très figée face à ce mouvement. Elle est incapable de comprendre le Hamas en tant que faction politique engagée dans la libération de la Palestine et reste focalisée sur un récit très particulier.

Mais il ne s’agit pas seulement du Hamas. Ce qui me sidère, c’est qu’au moment où la communauté internationale a commencé à parler d’« autodéfense », il y avait 500 Palestiniens blessés par les forces israéliennes à Jérusalem. La rhétorique du « droit à l’autodéfense » n’est apparue que lorsque la première roquette a atterri en Israël ; ce droit n’est activé que pour Israël et l’attaque n’est conduite que par le Hamas. Dans ce cadre, il n’y a aucun moyen pour la communauté diplomatique de comprendre la violence de l’occupation ou le droit des Palestiniens à se défendre.

Tant que nous n’aurons pas corrigé cette prémisse, aucune forme d’engagement avec le Hamas ne sera productive, car il ne sera perçu que comme un parti qui attaque irrationnellement Israël pour une raison inconnue et décontextualisée.

Le mouvement populaire palestinien a continué à se développer ces dernières semaines, avec des Palestiniens et Palestiniennes en Israël qui s’impliquent et des Palestiniens à Jérusalem qui se remobilisent. Au sein de ce mouvement, il semble y avoir une tension entre le mouvement de base décentralisé et les leaderships traditionnels, allant du Fatah au Hamas en passant par le Haut Comité de suivi des Arabes d’Israël. Comment voyez-vous ces dynamiques internes se dérouler ?

C’est une bonne question qui va au-delà du moment présent. Ce qui me réconforte – et ce qui me rend craintif – c’est le fait que nous sommes déjà passés par là plusieurs fois, depuis la grande révolte arabe de 1936-1939.

Chaque fois que nous pensons aux éruptions qui se produisent dans les rues palestiniennes, c’est presque toujours en dépit du leadership des « élites », et en raison de l’incapacité des « élites » à se battre pour les Palestiniens de la manière dont les Palestiniens demandent que leur combat soit mené. Nous pouvons tracer cette ligne depuis la Grande Révolte jusqu’à Oslo et les Première et Deuxième Intifadas. C’est ce qui me réconforte – qu’il y ait une boussole morale dans la rue palestinienne qui demande constamment des comptes aux dirigeants et qui refuse de se laisser entraîner dans l’acquiescement.

Mais en même temps, ce qui me fait peur, c’est que dans le passé, le mouvement a été coopté, et que les dirigeants décident toujours de la marche à suivre. C’est la dynamique que nous observons actuellement sur le terrain. Nous avons parlé du fait que ce que fait l’action du Hamas pourrait être considéré comme une cooptation de la mobilisation populaire; le Fatah essaie également de coopter les manifestations en Cisjordanie. Les dirigeants s’y accrochent pour tenter de retrouver leur crédibilité. Ils vont essayer de canaliser ce soulèvement de la base vers leurs structures, et de se positionner comme la partie responsable qui va résoudre les problèmes.

Cependant, si l’histoire nous a appris quelque chose, c’est qu’il ne faut pas s’y fier. Les Palestiniens doivent trouver un moyen de maintenir ce soulèvement populaire au-delà des structures de direction qui existent aujourd’hui.

Cela ne veut pas dire qu’il ne doit pas y avoir de direction pour le mouvement. Ce que nous avons appris des soulèvements arabes de 2011, c’est que s’il n’y a pas de direction capable de prendre des décisions politiques et stratégiques, l’Etat profond et le statu quo gagnent. Ce leadership ne peut pas être canalisé vers les mêmes institutions corrompues qui nous ont amenés là où nous sommes aujourd’hui. Il faut qu’un leadership plus inclusif émerge de cette mobilisation de la base. La forme que cela prendra n’est pas encore claire, mais nous n’en sommes qu’aux premiers jours.

Que souhaitez-vous mettre en avant en ce moment ?

Une chose à laquelle je pense toujours est que, dans l’esprit de la communauté internationale – et d’une certaine manière, de plus en plus dans l’esprit des Palestiniens eux-mêmes – Gaza est devenue exceptionnelle.

Cet épisode a à la fois remis en question et renforcé cette idée. Pour les Palestiniens, il y a eu un accueil réconfortant de Gaza pour la ramener au bercail, même si la plupart des Palestiniens ne sont jamais allés à Gaza et ne comprennent pas facilement ce que c’est que d’y être, d’y survivre. En même temps, on a le sentiment que, même dans cette escalade, la lutte armée et Gaza sont devenus une chose commune – que, parce que le Hamas lance ses attaques depuis Gaza, Gaza est toujours le théâtre de la lutte armée, tandis que les protestations populaires se déroulent ailleurs.

La « désexceptionnalisation » de Gaza est donc très importante. Nous devons commencer à réfléchir non seulement au fait qu’un Palestinien de Gaza et un Palestinien de Cisjordanie combattent le même régime, mais aussi au fait qu’il existe différentes tactiques de lutte contre ce régime. Celles-ci peuvent être source de division, mais cela ne signifie pas que les divergences d’opinions portent sur des parties différentes de cette bataille.

Les Palestiniens ont besoin d’un récit plus global, capable de prendre en compte toutes ces complexités et ces nuances, et de s’opposer à l’idée qu’il y a l’escalade Gaza-Israël, et puis tout le reste. Le récit qui émerge maintenant est très puissant parce qu’il s’oppose à cela, et nous devons continuer à le répéter.

Entretien publié sur le site +972, le 21 mai 2021 ; traduction rédaction A l’Encontre

Amjad Iraqi est rédacteur et écrivain au magazine +972. Il est également analyste politique au think tank Al-Shabaka et était auparavant coordinateur de plaidoyer au centre juridique Adalah. Il est un citoyen palestinien d’Israël, basé à Haïfa.

http://alencontre.org/moyenorient/palestine/palestine-au-dela-du-hamas-et-de-lap-un-defi-comment-maintenir-ce-soulevement-populaire-au-dela-des-structures-actuelles-de-direction.html

Más allá de Hamás y la AP, un desafío: “cómo mantener este levantamiento popular más allá de las estructuras de liderazgo actuales”

https://vientosur.info/mas-alla-de-hamas-y-la-ap-un-desafio-como-mantener-este-levantamiento-popular-mas-alla-de-las-estructuras-de-liderazgo-actuales/

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Les syndicats palestiniens appellent à une action immédiate
et urgente des syndicats internationaux

Les syndicats palestiniens et les organisations de travailleurs et travailleuses de toute la Palestine historique appellent nos frères et sœurs du mouvement syndical mondial à prendre des mesures immédiates en solidarité avec la lutte du peuple palestinien pour la liberté et la justice.

Alors que les foules de colons et les forces d’occupation israéliennes poursuivent leur campagne de violence et de nettoyage ethnique contre les Palestiniens et Palestiniennes à Gaza, à Sheikh Jarrah, à Lydd et à Haïfa, les travailleurs et travailleuses palestiniennes subissent le poids de cette violence. Nous sommes même à l’avant-garde de la lutte pour notre libération.

Cette semaine, les mouvements militants et les syndicats palestiniens ont organisé une grève générale dans toute la Palestine historique. C’est la première grève de l’histoire récente qui rassemble les Palestiniens et Palestiniennes, peu importe où nous nous trouvons.

Cependant, pour parvenir à notre libération, nous avons besoin de la solidarité de nos camarades, amis et amies du mouvement syndical international. Alors qu’Israël intensifie ses attaques et sa brutalité, nous avons plus que jamais besoin de cette solidarité et nous en avons besoin de toute urgence. Il faut empêcher la machine de guerre israélienne de poursuivre ses massacres.

Nous vous appelons à vous tenir à nos côtés. À vous exprimer. À agir. En tant que syndicats internationaux, nous avons une fière tradition de résistance à l’oppression. Nous avons le pouvoir de mettre fin au soutien des régimes racistes. Le mouvement syndical mondial a toujours joué un rôle clé et inspirant par son engagement courageux en faveur des droits humains. Il a également adopté de sanctions concrètes, novatrices et dirigées par les travailleurs et travailleuses contre les régimes oppressifs. Le boycott syndical de l’apartheid d’Afrique du Sud est un exemple brillant de cette tradition de solidarité efficace.

Dans l’esprit de l’internationalisme et de la solidarité, nous appelons les syndicats du monde entier à :

  • Publier des déclarations publiques claires de solidarité avec le peuple palestinien et à exprimer leur soutien au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre Israël pour l’amener à respecter ses obligations en vertu du droit international.

  • Participer aux futures grèves générales appelées par les organisations populaires et les syndicats palestiniens en organisant des manifestations et des veillées à ces dates.

  • Contribuer à des fonds juridiques pour soutenir les Palestiniens et Palestiniennes arrêtés par Israël et s’engager à contribuer à des fonds pour soutenir les futures actions de grève.

  • Prendre des mesures immédiates et concrètes pour s’assurer que les syndicats eux-mêmes ne soient pas complices du soutien et du maintien de l’oppression israélienne. Par exemple, en désinvestissant les fonds de pension des entreprises complices de l’occupation israélienne, en encourageant les travailleurs et travailleuses à refuser de manipuler des produits israéliens et/ou en soutenant les membres qui refusent de construire des armes israéliennes.

http://www.laboursolidarity.org/Les-syndicats-palestiniens

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Le dernier article d’Asaf Ronel

Ce reportage a été publié par The Guardian le 20 mai dernier alors que son auteur, Asaf Ronel appartenait à la rédaction du quotidien Haaretz. Décrivant « la violence étatique à laquelle font face ceux qui sont présentés comme des “émeutiers arabes” dans la presse », cet article n’a pas trouvé place dans les colonnes du journal israélien. Le 21 mai, Asaf Ronel a rendu publique sa démission.

Jaffa est l’une des plus anciennes villes du monde. C’était la métropole de la Palestine historique, jusqu’à ce qu’elle soit conquise par Israël en 1948 – la plupart de ses habitant·es palestinien·nes devinrent alors des réfugiés, et la ville fut absorbée par Tel-Aviv un an plus tard.

Pendant des décennies, le lieu a été considéré comme une simple arrière-cour de Tel Aviv. Mais, ces dernières années, des Juif·ves israélien·nes comme moi ont découvert ses charmes et un processus de gentrification a commencé, poussant les Palestinien·nes pauvres hors de la ville. Ce processus produit de nombreuses tensions. Il est rendu possible par le fait que la plupart des Juif·ves israélien·nes voient Jaffa comme un havre de coexistence où ils peuvent déguster du houmous et d’autres mets palestiniens en paix.

Aujourd’hui, cette représentation de la coexistence est mise à mal. De nombreux·ses résident·es juif·ves ont quitté la ville ces dernières semaines, et les Palestinien·nes sont la cible de ce qui ressemble à une attaque organisée de la part de la police israélienne et de l’extrême droite. Des ami·es palestinien·nes de tous les quartiers de la ville m’ont raconté la façon dont se déroulent leur nuits à présent : éveillé·es, une batte de baseball à la main, assis·es à côté de la porte ou sur le toit, attendant que des assaillants arrivent.

Je vis et j’élève mes deux enfants à Jaffa depuis huit ans : je n’ai jamais rien vu de tel. Cela a démarré la semaine dernière, après l’invasion de la mosquée Al-Aqsa par la police israélienne à Jérusalem et les affrontements avec les manifestant·es palestinien·nes. Le 10 mai, une manifestation pacifique de solidarité à Jaffa, en présence de nombreuses femmes et d’enfants, a été violemment dispersée par la police israélienne usant de grenades paralysantes et de chevaux.

La présence policière à Jaffa a toujours été importante. Mais, après cette soirée les rues de la ville se sont remplies de ce qui ressemblait à un bataillon de patrouilles de la police des frontières lourdement armées. Deux jours après, un Palestinien a été attaqué par une foule entière de manifestants israéliens d’extrême droite dans la ville voisine de Bat Yam, la police était aux abonnés absents.

Les jeunes Palestinien·nes de Jaffa se sont organisé·es pour défendre leurs rues, leurs maisons et leurs mosquées. Certain·es d’entre eux s’en sont pris à des symboles israéliens. Un soldat israélien a été hospitalisé après avoir reçu une pierre à la tête. Quelqu’un a tenté d’incendier une synagogue : le voisin du bâtiment, musulman, a éteint le feu avant qu’il ne se propage.

Le point de rupture est survenu le vendredi 14 mai, lorsqu’une bombe incendiaire a été lancée à travers la fenêtre de la maison d’une famille palestinienne. Un enfant de 12 ans a été grièvement blessé, sa sœur de 10 ans légèrement (il est maintenant dans un état stable).

Le lendemain après-midi, les propriétaires de magasins ont choisi baisser leurs rideaux pour, m’ont-ils expliqué, rentrer chez eux et organiser la protection de leurs enfants avant que le soleil ne se couche. Devant les quelques magasins palestiniens restés ouverts cette nuit-là et les suivantes, des groupes d’adolescents et de jeunes hommes montaient la garde, au cas où des émeutiers viendraient. Ils savaient que si cela se produisait, il n’y aurait personne pour les défendre à part eux-mêmes.

Presque tout le monde à Jaffa a vu de ses propres yeux, ou dans des vidéos montrant d’autres villes mixtes (expression israélienne désignant les villes israéliennes où cohabitent Juif·ves et Palestinien·nes, ndlt) à l’intérieur du territoire [définit par les accords] de 1967, la façon dont des émeutiers de droite ont attaqué des Palestinien·nes pendant que la police détournait le regard – ou aidait activement. Quand, et si, la police arrivait alors que les Israéliens et les Palestiniens s’affrontaient, seuls les jeunes Palestiniens recevaient des grenades paralysantes.

Ici, tout le monde sait que la police aurait pu empêcher les émeutiers d’extrême droite d’entrer à Jaffa. Mais elle était trop occupée. Occupée à lancer des grenades paralysantes dans les maisons au milieu de la nuit juste pour intimider les habitant·es; occupée à confisquer les clés des scooters et à les jeter dans les buissons ; occupée à crever les pneus des vélos des adolescent·es palestinien·nes. Pourtant, les policier·es revendiquent n’être mus, à Jaffa, que par l’objectif de rétablir la loi et l’ordre dans les rues et d’« arrêter les émeutiers ».

La vérité doit être dite : les Juifs ne peuvent marcher en sécurité dans les rues de Jaffa ces nuits-ci, surtout dans celles où ils ne connaissent personne. Des groupes de jeunes hommes les arpentent et arrêtent les inconnus. Certains jeunes Palestiniens reportent également leur peur, leur rage et leur frustration sur des symboles israéliens – en particulier les poubelles et les voitures arborant, à l’extérieur ou à l’intérieur, des inscriptions hébraïques.

Concernant l’attentat à la bombe incendiaire, personne à Jaffa ne porte réellement crédit à la version de la police israélienne – qui affirme que des incendiaires palestiniens auraient mal identifié la maison et lancé la bombe à travers une fenêtre ornée de décorations du ramadan. Les gens ici savent pertinemment que, si un habitant veut « attaquer les Juifs », il dispose largement de cibles évidentes.

Progressivement dépossédés par le lent processus de l’expulsion économique – la gentrification dont je fais également partie – les militant·es palestinien·nes et les habitant·es de Jaffa dénoncent, aujourd’hui, le maire de la ville, considérant qu’il a a prit le parti de la police.

Tout cela n’a été qu’à peine couvert dans la presse israélienne. Ces faits sont principalement présentés comme une histoire d’« émeutiers arabes » cherchant à blesser les Juifs ; presque rien n’est écrit sur la violence étatique à laquelle ils font face. En parallèle, Benjamin Nétanyahou définit les « émeutiers » comme des terroristes et promet de les traiter en conséquence. Selon des observateur·rices, des hommes des services secrets (le Shabak, ex-Shin Bet, ndlt) se promènent dans les rues. Pourtant, 73 ans après la Nakba, les Palestinien·nes de Jaffa sont déterminé·es à empêcher qu’elle ne se reproduise. Ils et elles invitent qui veut à faire preuve de solidarité et à se tenir à leurs côtés. On se souviendra de celles et ceux qui regardent ailleurs, se rendant complices des crimes.

Asaf Ronel pour The Guardian, 20 mai 2021

https://ujfp.org/le-dernier-article-dasaf-ronel/

https://blogs.mediapart.fr/sarah-ben/blog/220521/le-dernier-article-dasaf-ronel 

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7 points sur les principes journalistiques éthiques et professionnels dans la couverture de la guerre d’Israël contre Gaza

Le 17 mai 2021 

Déclaration du Comité national palestinien de BDS (le BNC) et du Syndicat des journalistes palestiniens (PJS) sur les principes éthiques et professionnels du journalisme dans la couverture de la guerre d’Israël contre Gaza.

Dans le cadre de la guerre qu’elle mène actuellement contre les deux millions de Palestiniens de la bande de Gaza occupée et assiégée, l’armée de l’air israélienne a détruit, le 15 mai 2021, un « immeuble de 11 étages situé dans la ville de Gaza et abritant une soixantaine d’appartements résidentiels et un certain nombre de bureaux, dont ceux d’Al Jazeera Media Network et de l’Associated Press », après avoir averti ses habitants pendant une heure qu’ils devaient l’évacuer. 

Les responsables militaires israéliens ont affirmé que des responsables de la résistance palestinienne avaient pris des bureaux dans ce bâtiment, une affirmation de propagande réfutée par AP.

Indépendamment du discours d’Israël et du fait que les attaques d’Israël contre les journalistes sont routinières et systématiques, cette dernière attaque israélienne à Gaza, comme beaucoup d’autres, constitue une punition collective, un crime de guerre en vertu du droit international. La couverture par les médias principaux de l’assaut israélien contre Gaza jusqu’à ce jour porte une part de responsabilité dans la réalisation de ce crime.

La couverture de l’ensemble de l’attaque israélienne a été largement présentée comme une « riposte » aux actes commis par les groupes de résistance palestiniens. Cela place la résistance comme le premier instigateur de la « violence », ignorant le principe éthique de base selon lequel, dans une situation d’oppression, c’est précisément l’oppression qui est la cause première de la violence. Ce cadrage, associé à la répétition omniprésente et non critique des euphémismes israéliens et des affirmations non fondées de la propagande, a considérablement contribué à aseptiser, blanchir, voire justifier, les crimes israéliens et à consacrer son impunité et son absence de responsabilité vis-à-vis du droit international. 

Après tout, les affirmations et la terminologie de la propagande israélienne ont réussi à occuper une position centrale dans la couverture médiatique générale, étant donné l’accès inégalé que les médias ont accordé aux porte-parole militaires et aux politiciens israéliens. Pour exacerber ce processus, de nombreux journalistes occidentaux, sans parler des rédacteurs en chef, ont trahi les principes fondamentaux de l’éthique journalistique en offrant une tribune ouverte, non critique et non contestée aux présumés criminels de guerre israéliens pour qu’ils répètent inlassablement leur déshumanisation des Palestiniens – réduisant des populations civiles entières à un groupe de résistance particulier – et ce faisant les ont incités à de nouvelles violences raciales contre nous.

C’est ce contexte qui a permis aux forces d’occupation israéliennes d’avoir l’audace et l’impunité non seulement de raser le bâtiment abritant AP, Aljazeera et des dizaines de maisons palestiniennes en direct à la télévision, mais aussi d’échapper aux conséquences appropriées pour de nombreux crimes de guerre similaires, voire bien pires, perpétrés contre des Palestiniens au cours de cette « opération », le tout télévisé en direct.

Si la liberté d’expression est un droit pour tous, y compris pour ceux qui ont des opinions offensantes, l’engagement envers la vérité, la contestation de la propagande et la réduction des dommages sont des principes fondamentaux du journalisme. S’abstenir de permettre qu’un média soit utilisé pour inciter à la violence ou promouvoir la haine contre des groupes particuliers sur la base de leur identité ethnique, raciale, religieuse ou autre fait partie des principes éthiques cardinaux du journalisme.

Selon une déontologie journalistique largement universelle, l’obligation professionnelle de prendre en compte toutes les parties d’un débat n’inclut pas d’offrir une plateforme pour diffuser des mensonges, inciter à la violence raciale, notamment en déshumanisant les victimes de cette violence, normalisant et justifiant ainsi la poursuite de la violence à leur encontre. Cela est particulièrement vrai en période d’hostilité violente, de conflit ou d’oppression, lorsqu’une telle incitation peut coûter des vies humaines et des moyens de subsistance ou alimenter le nettoyage ethnique et d’autres crimes de guerre ou crimes contre l’humanité, tels que définis dans le droit international.

Des journalistes et des rédacteurs éthiques et bien informés sont en mesure d’identifier si certains discours sont délibérément destinés à déshumaniser un groupe particulier afin de normaliser ou de justifier le fait de le cibler violemment ou de supprimer les droits de la personne de ceux qui en font partie.

Les condamnations et les appels rhétoriques à une « action urgente » non définie ne suffisent pas.

Sur la base de ce qui précède, le Syndicat des journalistes palestiniens et le Comité national palestinien de BDS, la plus grande coalition de la société palestinienne, appellent les médias internationaux, les journalistes et les syndicats de journalistes à :

1) Confirmer leur engagement à respecter les principes fondamentaux de l’éthique journalistique, en résistant aux pressions d’Israël et de ses groupes de pression, et en contestant les lignes éditoriales biaisées et déshumanisantes ;

2) Mettre fin à toute collaboration institutionnelle avec les organisations médiatiques israéliennes qui encouragent la déshumanisation des Palestiniens, la haine raciale et la violence à notre égard ;

3) Refuser les petits voyages en Israël offerts par le gouvernement israélien ou les groupes de pression ;

4) Adhérer à une terminologie – et mettre à jour les guides de style pour s’engager à l’utiliser – qui soit fondée sur le droit international humanitaire et les droits de la personne, celle qui est utilisée par les Nations unies ou des organisations de défense des droits de l’homme faisant autorité pour décrire le contexte, par exemple en qualifiant le régime israélien d’apartheid (en suivant Human Rights WatchB’Tselem et les organisations palestiniennes de défense des droits de la personne).

5) Éviter la répétition non professionnelle et non éthique, intentionnelle ou par inadvertance, de la terminologie de propagande propagée par le camp hégémonique/oppresseur ;

6) Respecter les droits des journalistes et des travailleurs des médias à exprimer publiquement et ouvertement leur solidarité personnelle avec la cause palestinienne (en dehors du cadre de leur activité professionnelle), sans être pénalisés.

7) Veiller à ce que les voix des personnes les plus touchées par la situation d’oppression ou d’agression soient centrales dans les reportages, au lieu d’accorder beaucoup plus d’espace/de temps aux oppresseurs dominants qui ont les moyens d’intimider et de menacer les journalistes et les médias afin de les faire plier.

Source : BDS movement

Traduction BDS France

https://www.bdsfrance.org/7-points-sur-les-principes-journalistiques-ethiques-et-professionnels-dans-la-couverture-de-la-guerre-disrael-contre-gaza/

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Des milliers de Juifs et d’Arabes marchent à Tel Aviv
pour la paix et la coexistence

Les manifestants ont exprimé leur soutien au récent cessez-le-feu entre Israël et le Hamas et ont appelé le gouvernement à prendre des mesures immédiates pour parvenir à la paix avec les Palestiniens.

Par Tobias Siegal, Le 22 mai 2021

Des milliers d’Israéliens ont défilé samedi soir à Tel Aviv en signe de soutien à la paix et à la coexistence entre Juifs et Arabes, alors que deux longues semaines d’intenses émeutes violentes se sont déroulées dans le pays.

Les manifestants ont également exprimé leur soutien au récent cessez-le-feu entre Israël et le Hamas qui est entré en vigueur tôt vendredi, appelant le gouvernement à prendre des mesures immédiates pour mettre fin à l’occupation israélienne en Cisjordanie et pour parvenir à la paix avec les Palestiniens.

La marche de masse était organisée par les mouvements « Standing Together » et « Breaking the Silence ». Elle est partie de la place Rabin à Tel Aviv et s’est dirigée vers la place Habima.

Parmi les orateurs figuraient le célèbre romancier israélien et militant de gauche David Grossman, l’auteur ʻAwdah Bishārāt, le leader de la Joint List Ayman Odeh et la MK Tamar Zandberg (Meretz).

« J’entends les politiciens et les responsables de la sécurité parler d’une autre série de combats dans quelques mois ou années, tout en étant aveugle aux 7 millions de Palestiniens qui vivent entre le fleuve [Jourdain] et la mer [Méditerranée] », a déclaré Odeh. « Il y a deux peuples qui vivent ici et tous deux méritent le droit à l’autodétermination ».

« Ces derniers jours nous ont montré à quoi peut ressembler la vie dans ce pays – un cauchemar » a ajouté Zandberg. « Nous ne voulons pas commencer à attendre la prochaine guerre, mais changer de direction vers la paix – pour vivre ensemble dans un véritable partenariat. »

Une manifestation similaire a eu lieu samedi dernier sur la place Habima, qui était l’une des nombreuses manifestations auxquelles ont participé des Juifs et des Arabes à travers le pays, qui ont appelé à la paix et à la coexistence dans le contexte des émeutes nationales et de l’opération militaire à Gaza.

Juifs et Arabes se sont rassemblés quotidiennement pendant l’opération « Gardiens des murs » sur les ponts et les carrefours du pays et ont protesté contre la violence en cours.

Samedi également, des centaines de personnes se sont rassemblées devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, appelant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à démissionner et le rendant responsable de l’escalade à Gaza, affirmant qu’il a délibérément prolongé l’opération sans autre raison que son intérêt personnel.

Plus tôt samedi, environ 200 personnes ont défilé dans les rues de la ville mixte de Jaffa, exprimant leur soutien à la coexistence entre Arabes et Juifs tout en visitant de petites entreprises locales.

https://www.jpost.com/israel-news/thousands-of-jews-and-arabs-march-in-tel-aviv-for-peace-coexistence-668852

Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

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Des milliers de personnes se joignent au rassemblement de Tel Aviv pour « un avenir commun » après les combats entre Israël et Gaza et les violences entre juifs et arabes.

L’auteur David Grossman, des dirigeants politiques et des militants appellent Israël à aller au-delà d’un cessez-le-feu à Gaza, tandis que des centaines de personnes se rassemblent également devant la résidence du Premier ministre Netanyahu à Jérusalem.

Mai. 22, 2021

Un rassemblement en faveur de la paix dans le centre de Tel Aviv a attiré samedi plusieurs milliers de participants, appelant à un partenariat judéo-arabe et exhortant Israël à travailler à la résolution de son conflit avec les Palestiniens, qui dure depuis des décennies et qui s’est enflammé ces deux dernières semaines avec des combats meurtriers dans la bande de Gaza.

L’auteur David Grossman a déclaré à la foule sur la place Habima : « Nous, Israéliens, refusons toujours de réaliser que le temps est révolu où notre pouvoir peut imposer une réalité qui nous convient et uniquement à nous, pour nos besoins et nos intérêts. »

Ayman Odeh, chef de file de la Joint List à trois voies à majorité arabe, a déclaré dans son discours que « la guerre n’est bonne que pour les seigneurs de la guerre… pour Benjamin Netanyahu, mais elle est mauvaise pour les deux peuples. Il y a des civils à Gaza et il y a des civils en Israël, et nous devons les maintenir hors du cercle de la terreur. »

Voir la galerie

גרוסמן בהפגנה הערב. « הלהיטות של כל צד לצרוב בתודעה את הניצחון שלו יצרה אלפי תבוסות קטנות« 

L’auteur David Grossman s’adresse au rassemblement pour la paix, ce soir

Odeh a appelé à « un avenir commun pour nous tous », un sentiment soutenu par une autre politicienne qui s’est exprimée lors du rassemblement, Tamar Zandberg, du parti Meretz.

Zandberg a déclaré lors du rassemblement : « Ce n’est pas une coïncidence si la violence a éclaté juste au moment où nous avons commencé à sentir que peut-être les Juifs et les Arabes peuvent aussi coopérer en politique. Certaines personnes ont voulu saboter cette vision, elles ont voulu continuer à semer la haine, l’incitation et la violence. Mais ce soir et ici, nous leur disons – assez, non. Maintenant aussi, nous pouvons et devons établir un gouvernement différent en Israël, qui n’encouragera pas la haine, n’incitera pas, ne séparera pas les Juifs et les Arabes. »

Des membres des groupes Standing Together et Breaking the Silence, qui ont organisé le rassemblement, ont également pris la parole. Sally Abed, de Standing Together, a déclaré : « En tant que citoyenne palestinienne d’Israël, je refuse de retourner à la routine de la discrimination institutionnalisée, de la violence policière et des arrestations politiques, de la citoyenneté limitée. Je refuse de retourner à la routine dans laquelle, dans un train, j’ai peur de répondre en arabe à un appel téléphonique de ma mère. L’arabe est ma langue et c’est l’une des langues de cet endroit, et je ne suis pas prêt à revenir à une routine dans laquelle les gens ont peur de la parler. »

Ariel Bernstein, de Breaking the Silence, qui a servi comme soldat de combat dans l’unité de reconnaissance de la brigade Nahal, a déclaré : « Cela fait sept ans que nous gisons dans les dunes de sable à l’extérieur de Beit Hanun, et que nos dirigeants n’ont rien fait pour faire avancer une solution diplomatique. Sept années pendant lesquelles on ne nous a offert que le désespoir, alors qu’on nous a vendu l’illusion de la normalité. Ils exigent que nous fassions l’autruche et que nous pensions que la situation actuelle est bonne et normale. Mais il n’y a rien de normal dans une dictature militaire, un blocus étouffant et l’apartheid dans les territoires. »

Pour mettre fin au chaos en Israël, à Gaza et en Cisjordanie, établir un État palestinien.

Les Israéliens lui disent d’aller à Gaza, les Palestiniens le traitent de collaborateur : La vie d’un reporter apatride à Jérusalem

Alors que les médiateurs s’efforcent de consolider la trêve entre Israël et Gaza, les FDI préconisent une politique plus sévère.

Samedi soir dernier, un rassemblement similaire s’est tenu sur la place Habima, dans le cadre de la vague de manifestations appelant à la coexistence et à la réconciliation organisées pendant l’opération de Gaza. Tout au long de l’opération, des rassemblements contre la violence et la haine ont eu lieu sur des places, des carrefours et des ponts dans tout le pays.

Des centaines de personnes se sont également rassemblées pour protester contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu près de la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem.

https://www.haaretz.com/hblocked?returnTo=https%3A%2F%2Fwww.haaretz.com%2Fisrael-news%2F.premium-thousands-rally-for-a-joint-future-after-gaza-fighting-jewish-arab-violence-1.9833802

Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator (version gratuite)


En complément possible :

Mettons fin à la spirale de violence : des sanctions maintenant !

https://secure.avaaz.org/campaign/fr/palestine_sheikh_jarrah_ns_loc/?

Il faut des actes forts pour arrêter les agressions israéliennes contre le peuple palestinien :

Arrestation du président de l’Association France Palestine Solidarité :

Le président de l’AFPS en garde à vue : il doit être remis en liberté immédiatement :

Répression des Palestiniens de Jérusalem-Est : la Belgique doit agir ! :

Protéger les Palestiniens de Jérusalem, la France doit agir :

Soulayma Mardam Bey : Cheikh Jarrah ou l’histoire d’une interminable dépossession :

Haggai Mattar : « Israël choisit la violence » :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/12/il-faut-des-actes-forts-pour-arreter-les-agressions-israeliennes-contre-le-peuple-palestinien-cheikh-jarrah-ou-lhistoire-dune-interminable-depossession/

Adam Keller : La tempête que Netanyahou a déclenchée :

Palestine : voulez-vous agir pour arrêter le massacre ? :

Amira Hass : « Nous n’élevons pas nos enfants dans la haine. C’est la réalité qui encourage la haine » : un habitant de Sheikh Jarrah :

125 ans d’un déplacement : déclaration de l’ICAHD sur l’agression israélienne contre la Palestine occupée :

Amajad Iraqi : Contre l’horreur, les Palestiniens continuent de se soulever :

Aseel Jundi : Les femmes de Sheikh Jarrah tiennent tête aux Israéliens :

B’Tselem : Nous désirons tous vivre et avons droit à un régime qui garantit la justice et l’égalité :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/13/la-tempete-que-netanyahou-a-declenchee-plus-autres-textes/

Non à la criminalisation du droit à manifester La solidarité avec la Palestine ne peut être interdite :

L’indispensable solidarité avec le peuple palestinien doit pouvoir s’exprimer en France :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/15/non-a-la-criminalisation-du-droit-a-manifester-la-solidarite-avec-la-palestine-ne-peut-etre-interdite/ 

Oren Ziv : L’exemple de Lod : comment la police israélienne est de connivence avec les colons contre les citoyens palestiniens :

Gidéon Lévy : Ceux qui ont soif de sang :

Gideon Levy : En Israël, personne ne s’oppose à la guerre :

Moshé Machover : L’odeur de la colonisation sioniste :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/17/lexemple-de-lod-ceux-qui-ont-soif-de-sang/ 

Transformer les « dommages collatéraux » en crime de guerre :

Hamira Hass : Pourquoi les Palestiniens nous tuent ! :

Shlomo Sand : Le terrible désir d’être égal :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/19/transformer-les-dommages-collateraux-en-crime-de-guerre-plus-texte-de-hamira-hass-et-shlomo-sand/ 

Appel à la solidarité internationale avec la résistance palestinienne :

Gilbert Achcar : Le racisme d’Israël et l’instrumentalisation de l’antisémitisme :

Gideon Levy : La mort est leur métier :

Sur la « violence » et les « affrontements » entre les palestinien.ne.s et l’Israël d’apartheid :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/20/appel-a-la-solidarite-internationale-avec-la-resistance-palestinienne-plus-texte-de-gilbert-achcar-et-de-gideon-levy/

Denis Sieffert : Traiter les vraies causes du conflit israélo-palestinien :

Traiter les vraies causes du conflit israélo-palestinien (plus autres textes)

Amira Hass, : À Gaza, des vies effacées : Israël anéantit volontairement des familles entières :

Gideon Levy : Un Israël choyé exerce la violence, parce qu’il le peut :

Oren Ziv : « Les Palestiniens de Lydd prennent la tête d’un nouveau soulèvement » :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/21/traiter-les-vraies-causes-du-conflit-israelo-palestinien-plus-autres-textes/ 

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