Traiter les vraies causes du conflit israélo-palestinien (plus autres textes)

En se déplaçant sur le terrain militaire, la crise relègue la question coloniale à l’arrière-plan. Inlassablement, il faut donc revenir aux expulsions de Palestiniens de Jérusalem, et aux destructions de maisons, si on ne veut pas seulement arracher une « trêve », mais aller aux racines du mal.

Depuis vingt ans, nos mémoires sont saturées de ces images en provenance de Gaza. C’est le spectacle de la mort. Ces tours qui s’effondrent emportant des vies qui ne sont pas toutes, loin s’en faut, celles de dirigeants du Hamas, ces alignements de corps couverts de linceuls blancs, ces mères qui hurlent leur désespoir en implorant le ciel subjuguent nos médias et tétanisent les témoins impuissants que nous sommes. Mais si les morts de Gaza meurent à Gaza, c’est de Jérusalem dont ils meurent. Les bombes israéliennes comme les roquettes du Hamas sont la conséquence du conflit, et non la cause. En se déplaçant sur le terrain militaire, hautement favorable à la puissance israélienne, la crise relègue la question coloniale à l’arrière-plan. Inlassablement, il faut donc revenir aux expulsions de Palestiniens de Jérusalem, et aux destructions de maisons, si on ne veut pas seulement arracher une « trêve », mais aller aux racines du mal. Mais qui le veut, hormis la population palestinienne et une faible partie de l’opinion israélienne, privées l’une et l’autre de représentation politique honorable ? Car cette tragédie sans fin, c’est d’abord la défaite de la politique. Il ne serait pas difficile d’en faire la démonstration côté palestinien, mais c’est évidemment côté israélien qu’il faut chercher les principaux coupables, parce que là est la force, et là est le projet colonial.

Dans un essai édifiant, le politologue Samy Cohen retrace la dérive de la politique israélienne au cours des dernières décennies (1). L’entrée des troupes israéliennes dans Jérusalem-Est en juin 1967 en constitue le point de départ quand les colons les plus fanatiques ont cru voir l’accomplissement de la promesse divine. L’histoire est ensuite celle de la duplicité de la gauche, et de la complicité d’une droite impliquée moralement dans l’assassinat d’Itzhak Rabin en 1995. Le Bloc de la foi, le mouvement Kach du rabbin Kahane et aujourd’hui son héritier en racisme, Itamar Ben-Gvir, ont pu dicter leur volonté aux gouvernements successifs. Il n’est pas exagéré de dire que la région a sombré dans un délire mystique qui opère directement sur la réalité. Ce délire a d’abord été le fait des extrémistes juifs avant d’être islamiste. Des politiques pourtant doués de raison ont cru pouvoir jouer avec cette folie pour bricoler leurs petites majorités. Benyamin Netanyahou est évidemment le pire exemple de ce cynisme teinté d’idéologie coloniale. Capable de s’allier, à l’intérieur, avec les colons les plus racistes, il s’est rapproché, à l’extérieur, de Trump, de Bolsonaro et des illibéraux antisémites d’Europe de l’Est. Il a criminalisé les ONG de défense des droits humains, légalisé un apartheid affiché sans fard par une loi qui réserve le droit à l’autodétermination au seul peuple juif. Déjà victimes d’une discrimination économique et sociale, près de deux millions de Palestiniens israéliens sont désormais promis à une ségrégation politique. C’est ce système plongé dans une crise politique profonde et cette idéologie que soutiennent chez nous des politiques de droite et, souvent, de gauche, trop contents d’expliquer ce conflit par la première roquette du Hamas.

Ayant liquidé la solution à deux États, Israël doit maintenant faire face à une nouvelle donne qui pourrait tourner au cauchemar pour ce pays : l’émergence d’une solidarité interpalestinienne qui mobilise les Territoires occupés, les habitants des villes israéliennes à forte population arabe, et même la diaspora. Voir le mot d’ordre de grève conjointe lancé le 18 mai. Ce sont les prémices de cette reconfiguration auxquelles nous assistons. C’est la trace qui restera de ces événements de 2021, quelle qu’en soit l’issue. Mais à court terme, quelle solution ? Joe Biden subira-t-il sur ce sujet, comme sur les questions sociales, l’influence bénéfique de la gauche ? Bernie Sanders a signé dans le New York Times du 17 mai une tribune pour une nouvelle approche du rapport à Israël. Le sénateur du Vermont estime que les États-Unis, qui versent chaque année quatre milliards de dollars à Israël, ne peuvent être plus longtemps « les apologistes de l’aile droite du gouvernement Netanyahou et de son comportement antidémocratique et raciste ». « Les Palestiniens ont-ils le droit de survivre ? », demande de son côté la représentante démocrate de New York, Alexandria Ocasio-Cortez qui critique les nouvelles ventes d’armes à Israël. Dans l’immédiat, Washington pourrait au moins arrêter le bain de sang à Gaza. Quant à aborder la question coloniale, c’est plus douteux. Et pourtant, ne pas agir pour imposer les droits des Palestiniens, et laisser faire les colons, c’est se condamner à une tragique répétition de l’histoire. L’espoir vient peut-être d’une jeunesse palestinienne qui apprend à universaliser ses revendications devenues antiracistes et citoyennes autant que nationales.

De la France, hélas, il ne faut rien attendre. Elle produit ce qu’il y a de pire en Europe. Le ministre de l’Intérieur, soutenu par une camarilla d’intellectuels au discours bien rodé, a interdit à Paris la manifestation de solidarité au peuple palestinien. Le préfet de Paris est allé – comble du ridicule – jusqu’à faire arrêter le président de l’association France Palestine Solidarité au sortir d’une délégation que celui-ci conduisait au ministère des Affaires étrangères. Tout cela nous en dit plus sur l’extrême-droitisation et l’arabophobie ambiantes que sur la situation au Proche-Orient.

Denis Sieffert

(1) Israël, une démocratie fragile, Samy Cohen, Fayard.

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Nous soutenons le peuple palestinien

Un déluge de feu s’abat à nouveau sur les populations palestiniennes civiles, en particulier à Gaza, provoquant des centaines de morts, dont un tiers sont des enfants. Les exactions des colons en Cisjordanie, à Jérusalem-Est sont protégées. Les expulsions de familles palestiniennes à Sheikh Jarrah, les démolitions de maison à Silwan s’apparentent à du nettoyage ethnique. La police israélienne a arrêté plus de 850 palestiniens dont la majorité sont des mineurs, en une semaine. Les Palestiniens israéliens ne supportent plus la politique discriminatoire menée à leur encontre et soutiennent leurs compatriotes dans les Territoires occupés en 1967

Ces exactions, provoquant l’horreur légitime de l’opinion mondiale, s’ajoutent aux crimes de guerre antérieurs commis par le gouvernement israélien.

Les grandes puissances internationales ne tiennent pas compte de la responsabilité d’Israël dans la situation actuelle : l’intensification de sa politique d’oppression, de discrimination, de colonisation et d’annexion forcée. Cette politique, criminelle, est sans issue et porte atteinte à la sécurité de la région y compris de la population israélienne elle -même.

La France s’obstine dans une complicité coupable et nous demandons qu’elle en sorte en condamnant ces crimes et en agissant dans toutes les instances internationales, ONU, Union Européenne, pour sanctionner l’Etat d’Israël, le contraindre à respecter le Droit International

Nous, membres du Collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, continuerons à soutenir la lutte du peuple palestinien. Nous continuerons à exiger des sanctions, la suspension des accords d’association et la traduction devant la justice internationale de tous les criminels de guerre israéliens.

Nous continuerons à manifester notre solidarité avec un peuple colonisé, massacré et spolié tous les jours. Le droit de manifester doit être respecté, partout en France, y compris à Paris.

  • Les bombardements doivent cesser immédiatement

  • La France doit protéger le peuple palestinien

  • L’impunité d’Israël doit cesser

Nous, membres du Collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, appelons à se rassembler et à manifester partout en France pour exiger l’arrêt immédiat des bombardements israéliens, la fin du régime d’apartheid imposé par l’Etat israélien, la protection du peuple palestinien et la fin de l’impunité d’Israël.

Nous appelons à un rassemblement à Paris
samedi 22 Mai à 15h Place de la République

Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA) – AFD International – AILES Femmes du Maroc – Alternative Libertaire (AL) – Américains contre la guerre (AAW) – Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) – Association des Tunisiens en France (ATF) – Association France Palestine Solidarité (AFPS) – Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) – Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC) – Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF) – Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) – Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) – Confédération Générale du Travail (CGT) – Cedetim / IPAM – Collectif des Musulmans de France (CMF) – Collectif Faty Koumba : Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence – Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP) – Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP) – Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis) – Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) – Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) – Droit-Solidarité – Ensemble! – Europe Ecologie les Verts (EELV) – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) – Forum Palestine Citoyenneté – La France Insoumise (LFI) – Génération Palestine – La Courneuve-Palestine – le Mouvement de la Paix – les Femmes en noir – La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) – Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section française de la Women’s International League for Peace and Freedom (WILPF) (LIFPL) – Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) – Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF) – Organisation de Femmes Egalité – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) – Parti Communiste Français (PCF) – Parti de Gauche (PG) – Parti de l’émancipation du peuple – Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM) – Socialistes pour la Paix – Sortir du colonialisme – Union Juive Française pour la Paix (UJFP) – Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) – Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) – Union syndicale Solidaires

Paris, le 20 mai 2021

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À Gaza, des vies effacées :
Israël anéantit volontairement des familles entières

Les nombreux cas d’assassinat de familles entières par les bombardements israéliens à Gaza – parents et enfants, bébés, grands-parents, frères et sœurs – attestent du fait que ce ne sont pas des erreurs. Les bombardements sont dictés par des décisions qui viennent de plus haut, appuyées et approuvées par des juristes militaires.

Quinze familles palestiniennes nucléaires et élargies ont perdu au moins trois, et généralement plus, de leurs membres, dans le pilonnage de la bande de Gaza dans la semaine allant du 10 mai jusqu’à lundi après-midi. Parents et enfants, bébés, grands-parents, frères et sœurs, neveux et nièces sont morts ensemble lorsqu’Israël a bombardé leur maison qui s’est effondrée sur eux. Pour ce qu’on en sait, aucun avertissement préalable n’a été donné afin qu’ils puissent évacuer les maisons visées.

Samedi, un représentant du ministère palestinien de la santé a fait connaître une liste de noms de 12 familles qui ont été tuées, chacune dans sa maison, chacune par un seul bombardement. Depuis, en un raid aérien effectué dimanche avant l’aube, qui a duré 70 minutes et était dirigé sur trois maisons rue Al Wehda dans le quartier de Rimal de la ville de Gaza, trois familles comptant 38 membres au total ont été tuées. Certains corps ont été trouvés dimanche matin. Les services de sauvetage palestiniens n’ont réussi que dimanche soir à trouver le reste des corps et à les extraire des décombres.

L’anéantissement de familles entières par les bombardements israéliens était une des caractéristiques de la guerre de 2014. Dans les quelque 50 jours de guerre d’alors, les données de l’ONU indiquent que 142 familles palestiniennes (742 personnes au total) ont été supprimées. Les nombreux incidents d’alors et d’aujourd’hui attestent qu’il ne s’agit pas d’erreurs : et que le bombardement d’une maison quand tous ses habitants sont à l’intérieur vient d’une décision en haut lieu, appuyée par des juristes militaires l’ayant analysée et approuvée.

Une enquête du groupe de défense des droits humains B’Tselem centrée sur quelques-unes des 70 familles éradiquées en 2014, a fourni trois explications au nombre de familles nucléaires et élargies tuées, d’un seul coup, par un bombardement sur la maison de chacune de ces familles. Une explication était que l’armée israélienne n’avait pas procédé à un avertissement préalable des propriétaires ou de leurs locataires ; ou que l’avertissement n’était pas arrivé à la bonne adresse en temps voulu ou pas du tout.

En tous cas, ce qui se dégage c’est la différence entre le sort des bâtiments bombardés avec leurs habitants à l’intérieur et celui des « tours » – les immeubles de grande hauteur pilonnés le deuxième jour de ce dernier conflit, pendant la journée ou en début de soirée.

Il est dit que les propriétaires ou le concierge des tours ont reçu un avertissement préalable d’une heure au plus, disant qu’ils devaient évacuer, et ce par un appel téléphonique de l’armée ou du service de sécurité du Shin Bet ; puis des « missiles d’avertissement » lancés par des drones. Ces propriétaires ou concierges étaient censés prévenir les autres habitants dans le bref laps de temps restant.

Les immeubles de grande hauteur n’étaient pas les seuls concernés. Jeudi soir, la maison d’Omar Shurabji à l’ouest de Khan Younis a été pilonnée. Un cratère s’est formé sur la route et une pièce a été détruite dans ce bâtiment de deux étages. Deux familles comptant sept personnes en tout vivent dans ce bâtiment.

20 minutes environ avant l’explosion, l’armée a appelé Khaled Shurabji et lui a dit de prévenir son oncle Omar de quitter la maison, selon un rapport du centre palestinien des droits humains. On ne sait pas si Omar était présent, mais les habitants de la maison se sont tous hâtés de sortir, si bien qu’il n’y a pas eu de blessures.

Ce fait précis indiquant que l’armée israélienne et le Shin Bet prennent la peine d’appeler et d’ordonner l’évacuation des maisons montre que les autorités israéliennes ont les numéros de téléphone usuels des gens qui sont dans chaque structure désignée à la destruction. Ils ont les numéros de téléphone de parents de personnes suspectes ou connues pour militer au Hamas ou au Jihad Islamique. Le registre de la population palestinienne, y compris celui de Gaza est aux mains du ministère de l’intérieur israélien. Il comporte des détails tels que des noms, âges, parents et adresses.

Ainsi que l’exigent les accords d’Oslo, le ministère de l’intérieur palestinien, via le ministère des affaires civiles, transmet régulièrement des informations à la partie israélienne, en particulier en ce qui concerne les naissances et les nouveaux nés : les données du registre doivent être approuvées par Israël, faute de quoi les Palestiniens ne peuvent recevoir de carte d’identité en temps voulu ou, dans le cas de mineurs ils ne peuvent traverser seuls ou avec leurs parents les points de passage contrôlés par Israël. Il est donc clair que l’armée connaît le nombre et les noms des enfants, des femmes et des personnes âgées qui vivent dans chaque immeuble d’habitation qu’elle bombarde pour une raison ou une autre.

La deuxième explication donnée par B’Tselem sur la liquidation de familles entières en 2014 est que la définition par l’armée d’une « cible militaire » attaquable était très large et incluait les maisons de membres du Hamas et du Jihad. Ces maisons ont été décrites comme des infrastructures opérationnelles ou infrastructures de commandement et de contrôle de l’organisation ou infrastructures terroristes – même si tout ce qu’il y avait était un téléphone ou simplement qu’une réunion y avait été accueillie.

La troisième explication de l’analyse de B’Tselem sur 2014 était que l’interprétation de l’armée de « dommages collatéraux » est très flexible et large. L’armée a prétendu qu’elle agit selon le principe de « proportionnalité » entre le mal fait à des civils non impliqués et la réalisation de l’objectif militaire légitime, en d’autres termes que le « dommage collatéral » causé aux Palestiniens est mesuré et murement réfléchi.

Mais une fois que « l’importance » d’un membre du Hamas est considérée élevée et que sa résidence est définie comme une cible légitime pour un bombardement, le dommage collatéral « acceptable » – en d’autres termes le nombre de personnes non impliquées tuées incluant des enfants et des bébés – est très large.

Dans le bombardement intensif de trois immeubles d’habitation rue Al Wehda à Gaza, dimanche avant l’aube, les familles Abu al Ouf, Al-Qolaq et Ashkontana ont été tuées. En temps réel, lorsque le nombre de morts d’une famille est aussi élevé, il est difficile de trouver et d’encourager un survivant pour parler de chaque membre de la famille et de leurs derniers jours.

Aussi, on doit se débrouiller avec les noms et les âges tels qu’inscrits dans les rapports quotidiens des organisations de défense des droits humains qui collectent l’information et même notent, lorsqu’ils le savent, si un membre de la famille appartenait à une organisation militaire. Jusqu’à présent, on ne sait pas si et qui parmi les habitants de l’immeuble Al Wehda était considéré comme une cible suffisamment importante pour « permettre » l’anéantissement de familles entières. 

Les membres de la famille Abu al Ouf qui ont été tués sont : le père Ayman, un médecin de médecine interne de l’hôpital Shifa et ses deux enfants : Tawfiq, 17 ans et Tala, 13 ans. Deux parentes ont aussi été tuées : Reem, 41 ans et Rawan, 19 ans. Ces cinq corps ont été trouvés peu après le bombardement. Les corps de huit autres membres de la famille Abu al Ouf n’ont été retirés des ruines que le soir ; ce sont : Subhiya, 73 ans, Amin, 90 ans, Tawfiq, 80 ans et sa femme Majdiya, 82 ans ainsi que leur parente Raja (mariée à un homme de la famille Afranji) et ses trois enfants : Mira, 12 ans, Yazen, 13 ans et Mir, 9 ans.

Pendant le raid aérien sur ces bâtiments, Abir Ashkontana, âgée de 30 ans, a aussi été tuée avec ses trois enfants : Yahya, 5 ans, Dana, 9 ans et Zin, 2 ans. Le soir, les corps de deux autres fillettes ont été trouvés : Rula, 6 ans et Lana, 10 ans. Le rapport du centre palestinien ne mentionne pas si ces deux enfants sont les filles d’Abir.

Dans les deux immeubles voisins, 19 membres de la famille Al-Qolaq ont été tués : Fuaz, 63 ans et ses quatre enfants : Abd al Hamid, 23 ans, Riham, 33 ans, Bahaa, 49 ans et Sameh avec sa femme Iyat, 19 ans. Leur bébé, Qusay, âgé de six mois a aussi été tué. Une autre femme de la famille élargie, Amal Al-Qolaq, âgée de 42 ans a aussi été tuée ainsi que trois de ses enfants : Taher, 23 ans, Ahmad, 16 ans et Hana’a, 15 ans. Les frères Mohammed Al-Qolaq, âgé de 42 ans et Izzat de 44 ans ont aussi été tués, ainsi que les enfants d’Izzat : Ziad, 8 ans et le petit Adam de trois ans. Les femmes Doa’a Al-Qolaq, âgée de 39 ans et Sa’adia Al-Qolaq de 83 ans ont aussi été tuées. Dans la soirée, les corps de Hala Al-Qolaq, 13 ans et de sa sœur Yara, 10 ans ont été dégagés de sous les décombres. Le rapport du centre palestinien ne mentionne pas qui étaient leurs parents ni s’ils ont aussi été tués dans le bombardement. 

Amira Hass

Source: Haaretz

Traduction SF pour l’Agence média Palestine   

https://agencemediapalestine.fr/blog/2021/05/20/a-gaza-des-vies-effacees-israel-aneantit-volontairement-des-familles-entieres/?

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Un Israël choyé exerce la violence, parce qu’il le peut

Cela a été prouvé une fois de plus : Israël est trop fort. Son armée est trop forte. Les Etats-Unis l’ont engraissée pendant des années avec de grandes quantités d’armes sophistiquées – au-delà de ses besoins – et avec un soutien international généralisé, automatique et aveugle. Israël a suralimenté son armée avec des budgets énormes et illimités, au détriment de besoins bien plus importants bien sûr. Et le résultat est maintenant devant vous: comme une oie malheureuse qui a été constamment gavée, Israël n’est plus capable de se restreindre. Le foie farci est devenu malade.

On dit qu’il n’y a pas de pays trop fort, mais Israël prouve que c’est le cas. Une grande partie de ses activités violentes, dans la guerre et dans le maintien de l’occupation, il les mène simplement parce qu’il le peut. Parce qu’il a le pouvoir de les mener à bien, même si elles ne sont pas nécessaires ou utiles.

Lorsqu’une femme âgée et mentalement instable s’est approchée des soldats en Cisjordanie en tenant un petit couteau de cuisine dans sa main faible, et qu’elle était à peine capable de se tenir debout – les soldats ont tiré des rafales sur elle. Un adolescent non armé aurait pu arrêter cette femme, mais les soldats ont vidé leurs chargeurs sur elle. Pourquoi ? Pourquoi pas ? Ils en étaient capables, alors ils l’ont fait.

Israël traite Gaza exactement comme la vieille femme au poste de contrôle. Israël déploie tout l’arsenal de sa force aérienne sophistiquée, sans vergogne, presque sans inhibitions, sur ce quartier emprisonné, gémissant, appauvri, et y vide toutes ses munitions, la gloire de son industrie de l’armement et celle des États-Unis.

Ce qui a été conçu pour bombarder un réacteur nucléaire en Iran est également bon pour bombarder une planche de surf sur la mer côtière de Gaza. Ce n’est pas nécessaire, – seuls des dommages terribles sont causés aux deux parties – et pourtant il y a 150 avions dans les airs au-dessus de Gaza. Pourquoi ? Parce qu’Israël le peut – alors pourquoi pas ?

Israël sème la destruction à une échelle terrifiante. Parfois, il avertit les habitants et leur donne une heure pour sauver tout leur monde, parfois il ne le fait pas. Parce qu’il le peut. Israël fait s’écouler des tours d’habitation et de bureaux comme des châteaux de cartes dans des spectacles effrayants destinés aux yeux et aux oreilles des habitants de Gaza en proie à la panique, mais aussi aux yeux des habitants d’Israël en liesse. Nous avons le pouvoir. Nous l’avons. Regardez comme nous sommes forts. Une démonstration de l’armée de l’air et ce n’est même pas le jour de l’indépendance. Regardez comme Gaza tremble. Regarde comment les tours s’effondrent sur elles-mêmes.

Le fan-club des pilotes dans les médias et dans le public regarde avec stupéfaction, les images de la destruction sont diffusées en boucle sur la télévision israélienne – qui ne montre rien de Gaza à part ses tours qui tombent. Tout cela alors qu’Israël aurait pu se contenter d’un bombardement précis des maisons utilisées ou non par le Hamas, sans détruire 15 étages et 150 destins. Mais pourquoi se donner la peine ? Israël peut, les « Forces de défense israéliennes » peuvent, l’Armée de l’air israélienne peut certainement, face au ciel nu et sans défense de Gaza – alors pourquoi pas ?

Si Israël avait été un peu moins fort et moins bien armé, il aurait été plus prudent dans ses actions. Ce surplus de puissance donne lieu à un comportement arrogant, belliqueux et barbare, et la force n’est pas seulement la puissance militaire, mais aussi la puissance politique: le monde permet à Israël de faire ce que très peu de pays sont autorisés à faire. C’est aussi un pouvoir destructeur. Cela fait pourrir Israël. Personne ne l’arrêtera, personne ne le punira pour ses actions. Alors pourquoi pas ? Il peut faire ce qu’il veut.

Celui qui permet tout cela est un ami d’Israël, exactement de la même manière que le gaveur d’oies est un ami des oies. Lorsque le président américain Joe Biden déclare sans réserve qu’Israël « a le droit de se défendre » – la carte blanche pour détruire est de retour. Bombardez autant que vous le pouvez, chers amis, après tout vous ne faites que vous défendre, et pour cela tout vous est permis. Puis le président prétendument hostile signe un autre chèque pour la fourniture d’armes supplémentaires, qu’Israël utilisera au prochain tour. Merci, amis d’Israël, de le renforcer autant. Il est déjà tellement gonflé.

Gideon Levy

Article publié dans le quotidien Haaretz le 20 mai 2021; traduction rédaction A l’Encontre

http://alencontre.org/moyenorient/palestine/palestine-des-vies-effacees-a-gaza-israel-fait-expres-deliminer-des-familles-palestiniennes-entieres.html

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« Les Palestiniens de Lydd prennent la tête d’un nouveau soulèvement »

La semaine dernière a vu l’irruption d’un type de violence rarement vu entre les Juifs israéliens et les citoyens palestiniens, notamment des lynchages, des combats de rue et des incendies criminels. Cette violence n’a été nulle part plus visible que dans la « ville mixte » de Lydd. La violence dans la ville a éclaté lundi dernier après qu’un groupe de Palestiniens ait protesté en solidarité avec les Palestiniens de Jérusalem-Est contre les expulsions forcées de Sheikh Jarrah et les attaques contre les fidèles du complexe Al-Aqsa pendant le Ramadan.

Des habitants ont déclaré à +972 que la manifestation s’est déroulée sans problème, jusqu’à ce que la police commence à utiliser des grenades assourdissantes lorsque des jeunes ont accroché un drapeau palestinien sur la mosquée Al-Omari, dans la vieille ville de Lydd. Après la manifestation, à Lydd et dans la ville voisine de Ramle, les Palestiniens ont brûlé des voitures et des pneus. Plus tard dans la nuit, un groupe de colons d’extrême droite a ouvert le feu en direction d’un groupe de Palestiniens qui manifestaient. Musa Hassuna, 28 ans, a été grièvement blessé et est décédé. Cela a déclenché une vague de protestations à Lydd et dans d’autres villes que nous n’avions pas vue depuis des décennies.

Les événements de Lydd et d’autres villes palestiniennes en Israël font partie du soulèvement le plus étendu parmi les Palestiniens à l’intérieur de la ligne verte depuis octobre 2000. Ils représentent une nouvelle forme de protestation, à laquelle le public, les médias et la police israéliens ont du mal à faire face. Pourtant, cela ne suffit pas à expliquer la situation actuelle, ni le fait que le Premier ministre Benjamin Netanyahou tire des bénéfices politiques du chaos.

La discrimination institutionnelle, la brutalité policière et le racisme de la société israélienne – en particulier dans des villes comme Lydd et Ramle, d’où des milliers de Palestiniens ont été expulsés en 1948 et qui sont aujourd’hui transformées en ghettos – ont tous joué un rôle décisif dans le soulèvement en cours. Les Israéliens originaires des colonies des territoires occupés se sont régulièrement installés dans ces villes au cours des dernières années – en particulier depuis le désengagement de Gaza en 2005 – et bénéficient d’un niveau de vie supérieur à celui de nombreux résidents d’origine. Il s’agit là aussi d’un autre facteur essentiel de ce que nous observons actuellement.

Un certain calme règne à Lydd depuis la fin de la semaine dernière. Cela pourrait s’expliquer par le fait que la police israélienne, qui a envoyé des forces supplémentaires dans la ville, a commencé à communiquer avec les résidents locaux tout en limitant, dans une certaine mesure, les activités des groupes d’extrême droite. La semaine dernière, ces groupes se sont essentiellement comportés comme une milice armée dans la ville, fréquemment accompagnés par la police, ou du moins sans être gênés par elle.

« Soit nous sommes tous des terroristes, soit nous sommes tous en train de nous défendre »

Au cours des deux dernières semaines, j’ai parlé avec des dizaines de résidents palestiniens de Lydd, jeunes et vieux. Selon eux, ils sont sortis manifester lundi dernier en solidarité avec la mosquée Al-Aqsa. La police a attaqué la manifestation, qui a dégénéré en affrontements, avec notamment des poubelles incendiées. Mais le véritable impact, m’ont-ils dit, a été le meurtre de Musa Hassuna, 33 ans.

Musa Hassuna, disent-ils, est la première victime à Lydd de la violence israélienne directe depuis 1948. Son meurtre a provoqué l’indignation contre les « Garin HaTorani » – le nom de la communauté sioniste religieuse qui s’est établie dans la ville il y a plus de vingt ans, et que les résidents palestiniens surnomment « colons ». Ces dernières années, cette communauté a déployé des efforts croissants pour « judaïser » Lydd, notamment dans le quartier de Ramat Eshkol, dans la vieille ville.

Des milliers de personnes ont assisté aux funérailles de Musa Hassuna, qui ont eu lieu mardi dernier, un jour après son assassinat. Alors que le cortège funéraire passait devant l’école militaire préparatoire de la ville, la police israélienne a tiré des gaz lacrymogènes sur les personnes en deuil, ce qui a aggravé les tensions. Cette même nuit, et pendant plusieurs nuits par la suite, de jeunes Palestiniens de la ville ont attaqué des voitures et des maisons appartenant à des Juifs, et ont brûlé un certain nombre de synagogues.

Mercredi et vendredi derniers (12 et 14 mai 2021), des centaines de colons et d’activistes d’extrême droite sont descendus dans les rues de Lydd presque sans entrave, marchant dans la vieille ville et cherchant des personnes à agresser. Certains d’entre eux ont jeté des pierres sur des Palestiniens tout en se tenant à côté d’officiers de police qui n’ont rien fait pour les arrêter. Lors d’un incident, ils ont pris d’assaut la mosquée Al-Omari dans la vieille ville. La police les a poursuivis et, au lieu de déloger les militants d’extrême droite, elle a ouvert le feu sur les résidents locaux. Un autre groupe d’extrême droite a brisé les vitres de la mosquée Dahmash, située à proximité. Des dizaines de voitures appartenant à des Palestiniens et à des Juifs ont été incendiées, ainsi que des parties de plusieurs synagogues.

La police a divisé les militants d’extrême droite en deux catégories: ceux qui étaient venus pour « protéger passivement » les résidents juifs de la ville contre les attaques, et ceux qui cherchaient activement à attaquer les Palestiniens, comme les extrémistes de droite, les jeunes des collines, les membres du groupe d’extrême droite La Familia, et même le directeur d’un lycée religieux. Mais c’est en fait le premier groupe qui a installé des points de contrôle dans la rue, mis en scène des patrouilles armées et agressé des Palestiniens.

« Quand je jette des pierres, ils me traitent de terroriste », a déclaré un homme d’une vingtaine d’années la semaine dernière, alors qu’il gardait l’entrée de la mosquée Al-Omari, un gourdin en bois à la main. « Mais les colons jettent aussi [des pierres], alors soit nous sommes tous des terroristes, soit nous nous défendons tous. »

Pour beaucoup, l’évolution la plus significative a été le fait que les militants de droite sont arrivés armés dans la ville. « Nous avons aussi des armes, si besoin est », a poursuivi l’homme devant la mosquée Al-Omari. Des coups de feu ont pu être entendus tout au long de la soirée de mercredi, tirés en l’air et sur les positions de la police. « C’est un ballon, et il est en train d’être gonflé jusqu’à ce qu’il explose », a-t-il ajouté. Cependant, malgré son militantisme, l’homme m’a montré un échange de textos qu’il avait avec des amis juifs qui lui avaient envoyé des vœux pour les fêtes, auxquels il avait répondu avec des émojis en forme de cœur.

C’est peut-être l’histoire des jeunes qui sont allés manifester à Lydd : leur volonté d’agir, même avec des formes de violence, afin de protester contre leur situation, tout en reconnaissant la réalité de vivre côte à côte avec des Israéliens juifs. Un autre jeune manifestant avec qui j’ai parlé la semaine dernière était d’accord avec cela : « C’est vrai, Israël est là maintenant, mais donnez-nous un endroit où vivre. »

De nombreux habitants avec qui j’ai parlé ont dénoncé l’incendie de la synagogue et la violence contre les civils. Certains ont même pris sur eux d’éteindre le feu allumé à la synagogue de Dossa mercredi soir. « Bien sûr, nous ne sommes pas non plus d’accord », a admis un jeune homme dont la maison a été attaquée par des militants d’extrême droite mardi soir.

« Nous avons grandi avec [ceux qui] ont fondé la [synagogue] Dossa », explique Jamal Abu Kasif. « Nous vivions à Lydd, juifs et arabes ensemble. Le problème a commencé lorsque les colons et les organisations qui tentent de judaïser Lydd sont arrivés. Ils se promènent avec des armes et nous provoquent, mais nous ne partons pas. »

« Ils veulent que Lydd ressemble aux territoires occupés »

Les membres de la communauté sioniste religieuse, dont la plupart ont déménagé à Lydd depuis des colonies de Cisjordanie occupée, semblent surpris par la tournure des événements. De leur point de vue, avant les récents événements, la ville était dans un état de « coexistence » – ignorant clairement ce que leur présence faisait aux Palestiniens de la ville.

« C’est une ville au centre du pays, à côté d’un aéroport. S’il y a un quartier où les Juifs ne sont pas autorisés à vivre, c’est de la folie », a déclaré Tahal, qui a déménagé à Lydd il y a deux ans depuis une colonie près de Jérusalem. « Je sais que nos voisins arabes sont heureux que nous soyons là », a-t-elle ajouté. « Nous sommes venus et avons raccordé la cage d’escalier à l’électricité, et ils nous ont remerciés. C’est difficile de croire que cela vient d’eux. »

Avi Rokach, le chef de la communauté sioniste religieuse de la ville, a adopté un ton plus militant. « Je suis un citoyen, je travaille et je rentre chez moi pour dormir, mais si je suis pris dans une bagarre pour cette maison, je me battrai », a-t-il déclaré. Avi Rokach a rejeté la présence de centaines de Juifs armés dans les rues de Lydd comme une réponse nécessaire à l’absence de la police, qui, selon lui, n’a pas protégé les résidents juifs.

« Un vide a été créé, et nous l’avons comblé », a poursuivi Avi Rokach. « Nous, en tant que public, avons passé beaucoup de temps en Judée et Samarie [le nom biblique de la Cisjordanie occupée], nous savons ce qu’est un vide et ce qui est nécessaire pour le combler. » Néanmoins, il s’est dit opposé à la violence de certains militants de droite. « Tout juif qui jette une pierre provoque une protestation, et nous devons les mettre derrière les barreaux. »

La police a mis du temps à comprendre ce qui se passait à Lydd, et finalement, elle n’a jamais vraiment affronté les militants d’extrême droite. Mercredi dernier, des centaines de membres de La Familia, le fan-club militant d’extrême droite de l’équipe de football du Beitar Jérusalem, ont patrouillé dans les rues, se bagarrant et établissant des points de contrôle pour voir qui était juif et qui était palestinien.

La police a également mis en place des points de contrôle, faisant appel à des centaines d’agents supplémentaires, y compris des forces spéciales, et utilisant des balles réelles. Mais tandis que les colons arrêtés sont emmenés dans des voitures de police, et souvent ne sont pas arrêtés du tout, les résidents palestiniens sont arrêtés de force, menottés, les yeux couverts de flanelle et assis dans des positions dégradantes. Une source policière a insisté sur le fait qu’ils traitaient les Juifs et les Arabes de la même manière, mais la situation sur le terrain montrait le contraire. Au niveau national, le tableau est clair : depuis le début des « violences », le ministère public israélien a déposé 170 actes d’accusation contre des personnes impliquées dans des émeutes ou des violences dans tout le pays. Seuls 15 de ces actes d’accusation ont été déposés contre des Israéliens juifs.

Un résident de Lydd a déclaré que les militants de droite qui sont descendus à Lydd n’ont pas tenu compte du fait que la ville n’est pas comme la Cisjordanie. « Un Palestinien dans les territoires [occupés] ne peut pas répondre, car il sera immédiatement arrêté ou abattu. Mais ici, la situation est différente. Ils n’ont pas réalisé dans quoi ils s’engageaient », a déclaré le résident à +972.

« Nous ne pouvons pas accepter le fait que des colons de l’extérieur de la ville soient venus ici et commettent des actes de terrorisme juif », a déclaré Amir Shariki, qui a aidé à éteindre l’incendie de la synagogue de Dossa la semaine dernière. « La police leur apporte un soutien total tout en fermant les yeux. Ils veulent que la situation à Lydd ressemble à celle des territoires [occupés], où tout le monde se promène armé et vérifie qui est arabe et qui est juif. »

« Ils essaient de mettre le feu à la ville, de défaire le calme ici », poursuit Amir Shariki. « C’est dommage que l’on en soit arrivé là. Je blâme le maire, qui a permis à la communauté sioniste religieuse de venir ici, plus que la police. Il les a soutenus, leur a tout donné, tout en ne s’occupant pas des Arabes qui vivent déjà ici. »

Selon Amir Shariki, les causes des récents événements dans la ville sont profondes. « La haine ne se développe pas en un jour ou deux », a-t-il dit. « Il ne s’agit pas d’Al-Aqsa ou de Musa [Hassuna]. C’est un processus qui dure depuis des années qui nous a amenés à ce point. Netanyahou se lance à fond. Il n’a rien à perdre. »

Vendredi, les habitants de Lydd ont découvert que des dizaines de tombes du cimetière musulman situé à côté de l’ancien bâtiment municipal avaient été vandalisées pendant la nuit. Pendant ce temps, le bâtiment situé à côté du cimetière, que la municipalité a cédé à des sociétés privées il y a dix ans, était devenu une base d’opérations pour les militants d’extrême droite.

Maha al-Naqib, ancien membre du conseil municipal de Lydd, a visité le cimetière la semaine dernière. « Ils ne sont pas venus pour vivre en voisins mais plutôt pour pousser les résidents arabes hors de la région. Jusqu’à présent, le calme régnait, mais la semaine dernière, tout est remonté à la surface. Nous avons peur des colons qui sont venus dans la ville, avec le soutien de la municipalité. Nous n’avons aucune protection, les médias israéliens ne montrent qu’un côté des choses, et personne ne se soucie de tout ce qui nous arrive. Ils ont dit que [ce qui est arrivé à] Musa Hassuna était de la légitime défense, alors qu’ils pouvaient voir que [les tireurs] n’étaient pas en danger. »

Oren Ziv

Article paru sur le site israélien +972, en date du 20 mai 2021 ; une version de cet article a d’abord été publiée en hébreu sur Local Call; traduction par la rédaction A l’Encontre

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