L’exemple de Lod – Ceux qui ont soif de sang (et autres articles)

L’exemple de Lod : comment la police israélienne est de connivence avec les colons contre les citoyens palestiniens

Dans la ville de Lyd [Lod en hébreu], au centre d’Israël, les forces israéliennes sont activement soutenues par des colons extrémistes de la Cisjordanie occupée dans leurs attaques contre les Palestiniens locaux [les « Arabes israéliens » qui habitent dans cette ville]. Alors que les médias israéliens décrivent la violence dans la ville – qui implique des violences dans les deux sens entre Juifs israéliens et Palestiniens – comme un pogrom anti-juif, la réalité sur le terrain nous livre une autre histoire.

Quelques heures après que la ville de Lyd a été placée sous l’état d’urgence mercredi soir, le 12 mai, des colons armés de Cisjordanie et des Juifs de droite sont entrés dans la ville et ont commencé à patrouiller dans les rues tout en attaquant les résidents arabes avec des pierres. La police israélienne n’a pas mis fin à ces attaques et n’a utilisé que dans quelques cas des grenades assourdissantes pour repousser les colons [cette ville a accueilli des colons évacués de Gaza en 2005]. Les attaques ont continué avec moins d’intensité dans la nuit de jeudi.

Mercredi 12, dans les heures précédant ce qui était censé être une fermeture de la ville, la police a commencé à envoyer des forces dans la ville qui compte une importante population de Palestiniens et de Juifs. Dans le même temps, des centaines de colons et d’extrémistes de droite ont commencé à entrer sans entrave dans Lyd.

L’invasion de la ville est intervenue alors que le chef de la police israélienne a annoncé mercredi un « état d’urgence»  et un couvre-feu, parce que des Palestiniens auraient mis le feu à trois synagogues, à plusieurs magasins et à des dizaines de voitures. Or, les violences ont eu lieu après des affrontements entre des résidents palestiniens et la police israélienne dans la foulée des funérailles d’un homme arabe abattu mardi soir par un Israélien.

L’état d’urgence ayant été déclaré, le gouvernement a immédiatement envoyé plusieurs unités de la police des frontières dans la ville. Jeudi 13, le Premier ministre Benyamin Netanyahou est arrivé dans la ville, où il s’est adressé à une compagnie d’officiers de la police des frontières. Il a promis que les forces de police de la ville recevraient le soutien total du gouvernement israélien. En outre, il a annoncé que les membres des forces de sécurité ne devraient pas s’inquiéter des commissions d’enquête sur leur conduite. Jeudi soir, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a prolongé l’état d’urgence de 48 heures supplémentaires après qu’une autre synagogue de la ville a été incendiée.

Benyamin Netanyahou a également déclaré qu’il envisageait de recourir à des détentions administratives contre les émeutiers et de déployer des troupes militaires pour réprimer la violence dans les villes mixtes arabes et juives. Israël a recours à la détention administrative pour détenir indéfiniment des Palestiniens, sans inculpation ni procès. Les ordonnances de détention administrative sont réexaminées tous les six mois, mais les détenus ne sont pas informés des crimes dont ils sont accusés et on ne leur montre pas les preuves retenues contre eux. Par conséquent, il est pratiquement impossible de se défendre contre un ordre de détention administrative.

Jeudi soir, on pouvait voir les colons et les activistes venus à Lyd faire un compte à rebours avant de prendre d’assaut des immeubles résidentiels arabes et, dans certains cas, d’incendier des véhicules appartenant à des Palestiniens. Dans quelques cas, les forces de police ont tenté d’arrêter les assaillants mais n’ont procédé à aucune arrestation. Avant chaque décompte, les colons demandaient à leur entourage qui portait une arme et invitaient les gens à « ramasser des pierres ». Il ne s’agissait pas des jeunes des organisations d’extrême droite La Familia [groupe d’extrême droite lié au club de football Beitar] ou Lehava [organisation raciste qui s’oppose, par exemple, à tout mariage d’une Juive avec un Arabe], mais plutôt de colons bien entraînés aux affrontements avec les Palestiniens en Cisjordanie occupée.

Dans d’autres cas, les colons et les militants ont jeté des pierres sans entrave, tout en se tenant aux côtés des policiers, tout en encourageant ces derniers à ouvrir le feu sur les Palestiniens et en leur disant qu’ils soutiendraient la police en entrant dans les quartiers arabes. « Nous sommes venus ici après avoir vu des jours de violence contre les Juifs », ont déclaré certains d’entre eux.

Yehuda Amrani, le porte-parole du conseil régional de Mateh Binyamin, qui régit 42 colonies de Cisjordanie, a fait le commentaire suivant : « Mateh Binyamin embrasse et renforce les résidents juifs de Lod (nom hébreu de Lyd). De nombreux habitants de Mateh Benyamin sont présents dans la ville avec des gâteaux et des friandises pour réchauffer le cœur des habitants et leur donner de la force, et le conseil encourage et bénit ces actes de solidarité. »

Au coucher du soleil, la police a arrêté plusieurs colons qui étaient entrés dans la ville en voiture, tirant en l’air lorsque les résidents s’approchaient d’eux. Les colons semblaient avoir l’habitude de traiter avec des policiers et des soldats dans les territoires occupés, puisqu’ils ont tenté de se lever et de s’éloigner après que la police leur a ordonné de s’asseoir. Mais contrairement à ce qui se passe en Cisjordanie, la police leur a fait comprendre qu’ils étaient en état d’arrestation et ne leur a pas permis de partir.

Pendant ce temps, des centaines de personnes se sont rassemblées autour de l’école préparatoire pré-militaire, dans la vieille ville de Lyd. Ils se sont divisés en groupes organisés, chacun dirigé par un « adulte responsable ». Beaucoup d’entre eux portaient des armes, tandis que d’autres tenaient des pierres et des bâtons.

Dans un cas, la police a poursuivi un groupe qui tirait en l’air, mais le commandant sur place a décidé de ne pas les arrêter, bien que des agents de la police des frontières aient déclaré avoir vu des colons tirer en l’air. L’un des membres de l’école pré-militaire a déclaré à la police que ces jeunes hommes étaient des locaux, et qu’ils se déplaçaient donc librement.

Plus tard, un groupe d’une centaine de militants de droite et de colons a défilé de manière organisée dans les rues, alors que la police fermait l’entrée de la ville et que des soldats, notamment de l’unité spéciale SWAT [Special Weapons and Tactics], patrouillaient. Les colons ont marché dans la ville sans interruption pendant des heures, à la recherche de quelqu’un à attaquer. À un moment donné, ils ont compté jusqu’à trois et ont fait irruption vers les Palestiniens en lançant des pierres. Un jeune émeutier a été surpris avec un cocktail Molotov et a affirmé à la police que les bouteilles avaient été « prises aux Arabes ». La police a confisqué les bouteilles, mais ne l’a pas arrêté.

Lorsque la nuit est tombée et que certains citoyens palestiniens sont sortis de chez eux pour affronter les émeutiers, les activistes de droite et les colons ont commencé à jeter des pierres sur les maisons situées devant l’académie pré-militaire, tandis qu’un agent de la police des frontières restait les bras croisés. Comme dans les territoires occupés, les colons ont agi comme une force auxiliaire de la police. L’un des militants a demandé à un agent de la police des frontières de charger en direction d’un ensemble de bâtiment où une voiture a été incendiée : «P ourquoi restez-vous plantés là ? Allez-y et tirez sur eux, et nous entrerons avec vous », a-t-il dit à l’officier, avant de foncer avec plusieurs de ses amis vers un bâtiment où vivent des familles arabes.

Vers 21 heures, les colons ont commencé à s’approcher de la grande mosquée du centre de la ville. Le muezzin a appelé en arabe les gens à sortir et à défendre la mosquée, et des centaines de personnes ont répondu à l’appel. Alors que les soldats ont commencé à disperser les résidents palestiniens à l’aide de grenades assourdissantes, de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, les activistes de droite ont profité de la situation et ont attaqué la mosquée avec des pierres. Ce n’est que plus tard qu’ils ont également été dispersés à l’aide de grenades assourdissantes. Même alors, ils ont continué à marcher librement dans la ville.

Dans une station-service à l’extérieur de la ville, des dizaines de colons ont garé leurs voitures et sont entrés dans la ville à pied sans être bloqués. Un employé de la station-service a déclaré avoir vu les colons quitter leur voiture avec des pieds-de-biche et d’autres armes.

Vers 1 heure du matin, des colons ont lancé des pierres sur une mosquée à Dahmash, un village palestinien non reconnu situé près de la vieille ville. Selon les résidents qui se trouvaient à l’intérieur de la mosquée à ce moment-là, les colons ont tenté de s’introduire dans la mosquée alors que la police se tenait prête. « C’est du terrorisme soutenu par l’État et la police », a déclaré l’un des résidents. « La police était de l’autre côté, occupée à traiter avec nous. Ils ont laissé [les colons] faire ce qu’ils voulaient. »

Tout au long de la soirée, des tirs occasionnels à balles réelles ont pu être entendus, sans que l’on sache s’ils provenaient de la police, des colons ou des résidents palestiniens. En plus de protéger la mosquée principale, les résidents arabes ont jeté des pierres sur les colons qui défilaient dans la rue. Des Palestiniens ont lancé un cocktail Molotov sur des colons près d’une yeshiva. Il a explosé sur la route.

Les résidents palestiniens que j’ai interrogés mercredi ont répété ce que m’ont dit les jeunes participant aux émeutes. Leur problème n’est pas avec les Juifs, mais avec les colons qui sont venus et ont pris le contrôle de la ville au cours des dernières années avec la bénédiction du maire, ont-ils dit. « Nous vivons ici depuis des décennies avec des religieux et des Juifs, il y a de bonnes relations de voisinage, mais ils [les colons] viennent pour la guerre », a déclaré l’un des résidents palestiniens.

Vers minuit, la police a réussi à rassembler de nombreux militants de droite à l’entrée de la ville, à Ginton Junction, et les jeunes de Lyd et de la ville voisine de Ramla les ont rejoints. La nuit entière a été marquée par une perte totale de contrôle. Bien que des centaines de policiers aient été déployés dans la ville, ils n’ont pas empêché les colons et les militants de droite d’agir comme une milice et de terroriser la ville.

Oren Ziv

Oren Ziv est photojournaliste, membre fondateur du collectif de photographes Activestills et rédacteur pour Local Call qui travaille en lien avec +972. Depuis 2003, il documente une série de questions sociales et politiques en Israël et dans les territoires palestiniens occupés.

Article paru le 13 mai sur le site du magazine israélien +972 ; une version de cet article a d’abord été publiée en hébreu sur Local Call ; traduction par la rédaction d’A l’Encontre

« La police des frontières et des colons israéliens lancent des pierres et des grenades assourdissantes sur des Palestiniens qui protègent une mosquée locale dans la ville de Lyd, le 13 mai 2021 » Cliquez sur le lien pour visionner cette vidéo filmée par Oren Ziv.

http://alencontre.org/moyenorient/israel/lexemple-de-lod-comment-la-police-israelienne-est-de-connivence-avec-les-colons-contre-les-citoyens-palestiniens.html

 

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Ceux qui ont soif de sang

Chaque « round » a ses assoiffés de sang… A chaque round, ils sortent de leurs trous comme des rats, retirent leurs masques politiquement corrects et leur vrai visage est exposé à tous : tout ce qu’ils veulent, c’est voir du sang.

Du sang arabe, autant que possible – du sang, plus il y en a, mieux c’est – du sang, l’essentiel est que le sang arabe soit répandu. Les tours d’habitations s’effondrent comme des châteaux de cartes à Gaza, et les mondes en ruine en dessous sont pour eux une douce plaisanterie. Ils veulent voir le sang, pas seulement les ruines, la peur et la destruction.

Des dizaines de morts au cours des premières 24 heures, dont environ la moitié sont des femmes et des enfants, ne sont rien pour eux. Ils veulent beaucoup plus de sang. Jusqu’à ce que des fleuves de sang inondent Gaza, et Lod avec elle, si possible, même si leur appétit ne sera que partiellement rassasié.

Jusqu’à ce que les Palestiniens se mettent à genoux, se prosternent devant Israël et se soumettent à lui sans conditions, pour l’éternité – ils ne seront pas satisfaits. Ils veulent une photo de la victoire, la victoire du mensonge qu’ils désirent tant, et qui restera toujours inaccessible.

Ceux qui ont soif de sang sont divisés en deux groupes : les spécialistes de la sécurité et les racistes. Ils inondent les studios de télévision et de radio et les réseaux sociaux des forces importantes, des généraux, des commentateurs, des experts – en temps de guerre, il n’y a pas d’autres porte-parole – et tout incite de plus en plus à cette chose… la guerre, peu importe pourquoi, tant pis pour quel objectif. L’essentiel, c’est que nous boirons leur sang.

Les spécialistes de la sécurité veulent autant de guerre que possible parce qu’au fond de leur cœur ils aiment les guerres, ce sont leurs souvenirs les plus forts.

Une guerre qui ne leur suffit jamais, juste pour les frapper, pour prouver que nous sommes forts. Toutes les guerres à Gaza et au Liban, qui n’ont rien donné, ne leur ont rien appris non plus.

Ils s’en tiennent à leurs armes. Si seulement nous les avions écoutés à l’époque, il y aurait eu des dizaines de milliers de morts, et alors seulement la victoire souhaitée aurait été atteinte, qui ne sera pourtant jamais atteinte.

Comme la fata morgana [mirage] dans le désert, ils approchent de la victoire, et elle s’éloigne. Elle ne sera jamais atteinte par la force. Comme nous ne les avons pas écoutés, ils essaient à nouveau. Frapper et écraser, une caricature vomie de la bouche de ceux qui étaient autrefois des généraux, ou de ceux qui rêvaient d’être des généraux et ne l’ont pas été.

Le journaliste politique Danny Kushmaro, qui habituellement ne révèle pas son opinion sur quoi que ce soit, demande innocemment : « Pourquoi Yihya Sinwar [le chef du Hamas dans la bande de Gaza] a-t-il encore une maison ? » Si seulement les gens écoutaient sa voix, Sinwar n’aurait plus de maison, de femme, d’enfants, de voisins, comme tous ses prédécesseurs assassinés, et alors nous gagnerions.

Bien sûr, nous gagnerions. Depuis les journalistes comme Nahum Barnea (« frapper fort, avec force ») jusqu’à Roni Daniel (« Arrêtons d’être distrait par un signe ou un autre ») et Amir Buhbut (« Ce n’est pas ainsi que l’on porte un coup dur et douloureux »), chaque type peut être soldat.

Ils ne veulent tous que de plus en plus de combats par des hommes qui ne pleurent jamais, même pas la nuit. Ils s’assoient sur les collines entourant Gaza comme un chœur de pom-pom girls et acclament les forces qui tueront des civils et des combattants dans le ghetto encerclé, leur donnant de plus en plus de contentement.

Le deuxième groupe est celui des racistes. « Deux Arabes ont été tués à Lod par un missile lancé par le Hamas. J’appelle cela la justice poétique. … Dommage qu’il n’y en ait eu que deux », a tweeté mercredi le journaliste Shimon Riklin à propos du meurtre de deux Israéliens, un père et sa fille. « Pourquoi ne réduisent-ils pas l’électricité à Gaza à 10% ? Laissez-les s’asseoir dans le noir et souffrir. Laissez-les supporter la chaleur et souffrir, et en général laissez-les souffrir. »

Riklin a un objectif, qui est à la fois un crime de guerre méprisable et inutile. Ben Caspit, en revanche, est vraisemblablement un journaliste centriste, et il a crié à l’imam de Lod : « Nous devons vraiment vous frapper fort, et vous montrer qui est le patron ici, vous montrer que vous ne brûlerez rien de ce qui appartient aux Juifs d’Israël. »

L’État juif, le rêve de 2000 ans… Laissons déjà Tsahal gagner…

Gidéon Lévy

Gidéon Lévy, né en 1955, à Tel-Aviv, est journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Ha’aretz. Il vit dans les territoires palestiniens sous occupation.

15 avril 2021 – Haaretz – Traduction : Chronique de Palestine

https://www.chroniquepalestine.com/ceux-qui-ont-soif-de-sang/

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En Israël, personne ne s’oppose à la guerre

Il n’y a pas de sujet sur lequel tous les Israéliens (juifs) sont plus d’accord que le déclenchement d’une guerre. Presque une semaine s’est écoulée et personne ne s’oppose à cette guerre horrible, pas même les leaders du centre-gauche Yair Lapid [du Yeh Atid, « Il y a un futur »], Merav Michaeli [Parti travailliste] et Nitzan Horowitz [du Meretz, « Énergie »].

Ils attaquent Benyamin Netanyahou – il ne faut pas être courageux pour faire cela –, ils expriment leur tristesse face à nos souffrances, mais pas un mot sur cette guerre criminelle choisie dont le nombre de morts et l’avantage minuscule qu’elle confère à Israël restent à déterminer. Une fois de plus, c’est la preuve qu’il n’y a pas de camp de la paix en Israël, pas même une minuscule cabane.

Les commentateurs des studios de télévision jouent à l’« Apocalypse Now », des hordes de généraux à la retraite et d’agents du Shin Bet claironnant un refrain uniforme et répugnant. La salive coule et les yeux clignotent, levés vers les glorieux pilotes qui ont réussi à échapper et à détruire la défense aérienne sophistiquée de l’ennemi : deux cerfs-volants déchirés dans un bon jour. Le bombardement de la favela sans défense de Gaza est « la preuve que notre armée de l’air est la meilleure du monde », a déclaré un des principaux présentateurs d’un journal télévisé, la voix tremblante d’émotion.

Et les résultats ne sont pas affichés. Les Israéliens n’ont pas la moindre idée de ce qui se passe à Gaza, pas la moindre notion de ce que l’armée fait en leur nom. C’est pourquoi ils en redemandent, pourquoi ils sont si sûrs de la justesse de leur cause.

Nous pouvons supposer que si davantage d’Israéliens voyaient les images de Gaza, au moins certains d’entre eux crieraient et demanderaient l’arrêt de cette horreur. J’ai reçu des photos des corps mutilés de 40 enfants, la récolte de vendredi soir à Gaza. On ne peut pas rester silencieux après avoir vu ces photos. Laissons de côté l’humanisme pour le moment; il n’est pas pertinent en temps de guerre.

La question est de savoir à quoi tout cela sert-il ? Que se serait-il passé si Israël n’avait pas provoqué les Palestiniens à Jérusalem ? Et que se serait-il passé si, même après ces provocations, Israël avait ravalé sa fierté et retiré ses policiers agressifs du complexe d’Al-Aqsa, ou s’il n’avait pas bombardé des tours d’habitation à Gaza, pour éviter une guerre ? Que se serait-il passé si Israël avait fait preuve de retenue ? Est-il plus puissant maintenant ? Le Hamas est-il plus faible, ou a-t-il été affaibli militairement mais renforcé politiquement jusqu’à atteindre un niveau record ?

C’est le Hamas qui est le héros du moment, pas Israël. Et concernant la dissuasion, la mère de toutes les excuses pour chaque guerre à Gaza, regardez comment cela a fonctionné la dernière fois qu’ils nous ont parlé de dissuasion, pendant la guerre de 2014. Le Hamas soi-disant dissuadé a doublé sa puissance militaire, ainsi que son audace.

Le Hamas est également responsable de crimes de guerre, évidemment, mais principalement, notez-le bien, contre son propre peuple. Construire une machine de guerre agressive sans aucune protection de la population contre l’armée israélienne est un crime contre l’humanité.

Mais nous sommes des Israéliens, nous devons donc discuter de nos propres crimes de guerre. Ceux-ci s’accumulent dans l’opération actuelle, qui pendant un moment a semblé être menée avec plus de prudence que ses prédécesseurs. Maintenant, le sang de dizaines d’enfants de Gaza coule dans les rues, résultat des crimes de nos pilotes et de nos soldats.

Si les pilotes pouvaient voir les photos des enfants qu’ils ont tués, si les commandants des bases aériennes qui sont apparus vendredi soir [14 mai] dans tous les studios de télévision, avec leur éloquence mélodieuse et révoltante, voyaient ces images, que diraient-ils ? Qu’il n’y avait pas le choix ? Maintenant, nous pouvons attendre le vendredi noir qui se produit toujours à la fin d’une guerre à Gaza. Il améliorera l’équilibre du sang qui a déjà pris des proportions monstrueuses.

Parmi toutes les photos terribles, une vidéo prise jeudi soir au nord de Gaza est restée gravée dans ma mémoire. La caméra était immobile, enregistrant des masses de personnes fuyant vers le sud, craignant une frappe aérienne. C’était tard dans la nuit, et les gens portaient des sacs en plastique et des bébés, un flot de personnes fuyant pour leur vie, ni pour la première ni pour la dernière fois, la plupart d’entre elles n’ayant aucun endroit où retourner. L’un d’eux s’est soudainement précipité sur la route pour sauver un chaton – un rare moment d’humanité.

Nous devrions regarder ces images en face. Qu’est-ce qui nous donne le droit de faire tout cela ? D’où cela vient-il ?

Gideon Levy

Article publié dans Haaretz le 16 mai 2021 ; traduction par la rédaction de A l’Encontre

http://alencontre.org/moyenorient/israel/en-israel-personne-ne-soppose-a-la-guerre.html

 


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Gaza. Articles pour Haaretz : Crimes de guerre


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L’odeur de la colonisation sioniste

Le régime de colonisation sioniste répand une odeur nauséabonde – littéralement. Je fais référence à une invention israélienne, nommée à juste titre « Skunk » et décrite comme une « arme non létale de contrôle de masse ». Il s’agit d’un liquide utilisé par les forces armées israéliennes sur ses sujets coloniaux comme moyen de contrôle des foules et de punition collective – des jets de ce liquide sont pulvérisés depuis des véhicules blindés spéciaux dans les espaces publics et dans les maisons privées. Il s’agit d’une exportation israélienne à succès, fabriquée par le kibboutz sioniste de « gauche » Beit-Alpha, et commercialisée auprès des forces de répression (« law enforcement ») du monde entier [1].

Le journaliste de Reuters Noah Browning a décrit son effet dans un rapport daté du 3 septembre 2012 :

« Imaginez que vous prenez un morceau de cadavre en décomposition dans un égout stagnant, que vous le placez dans un mixeur et que vous pulvérisez le liquide dégoûtant sur votre visage. Votre réflexe nauséeux s’emballe et vous ne pouvez pas y échapper, car l’odeur nauséabonde persiste pendant des jours. » [2]

Vos vêtements ? Les meubles de votre maison ? Vous pouvez aussi bien les mettre à la poubelle, car ils sentiront mauvais pendant des mois, voire des années.

Pendant le mois du Ramadan (qui, cette année, a duré du 12 avril au 12 mai), la police des frontières israélienne, lourdement armée, a érigé des barrières, empêchant les foules de se rassembler sur leur lieu de rendez-vous habituel : la place située à l’extérieur de la porte de Damas – le seul espace public ouvert dont disposent les habitants du quartier musulman de Jérusalem. Lorsque cela a entraîné les protestations de colère prévisibles, la police a retiré les barrières, mais a déployé l’abomination de la mouffette [sorte de putois qui sécrète un liquide malodorant produit par ses glandes anales] contre la foule rassemblée sur la place.

La puanteur s’est répandue dans le quartier musulman. Pour des dizaines de milliers de personnes qui jeûnent de jour pendant le mois sacré, il s’agit d’une torture particulièrement cruelle, car la nausée provoquée par cette odeur rend presque impossible de manger et de boire, sans parler du repas de l’Iftar au coucher du soleil, qui rompt le jeûne.

Les répressions du Ramadan – au cours desquelles des gendarmes israéliens lourdement armés se sont déchaînés dans l’enceinte de l’ancien Dôme du Rocher et de la mosquée Al-Aqsa, blessant des centaines de manifestants – ont fait partie d’un triple assaut du régime colonial de la suprématie juive sur ses sujets palestiniens. Par une bizarrerie calendaire, la Journée de Jérusalem – au cours de laquelle les sionistes religieux fanatiques célèbrent l’anniversaire (selon le calendrier juif luni-solaire) de la conquête de Jérusalem-Est lors de la guerre de juin 1967 – tombait cette année vers la fin du mois (lunaire) de Ramadan [3].

Le Ramadan et le Jour de Jérusalem ont tous deux coïncidé avec le point culminant des machinations de longue date de nettoyage ethnique contre les familles arabes palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est. Ces trois composants, comme les trois composants de la poudre à canon, ont produit un mélange explosif.

Certaines des parcelles de Sheikh Jarrah appartenaient à des Juifs avant 1948. Après la guerre de 1948, lorsque cette zone est passée sous domination jordanienne, des familles de réfugiés palestiniens, victimes d’une expulsion massive (la Nakba), y ont été logées comme locataires. Selon la loi israélienne sur l’apartheid, les anciens propriétaires juifs conservent leurs droits de propriété. Mais les réfugiés palestiniens de 1948 n’ont pas de droit réciproque : ils ont perdu à jamais leur propriété, qui a été confisquée par l’État sioniste, pour être utilisée par les Juifs.

Depuis 1967, des groupes de colons sionistes extrémistes ont acquis les droits (selon la loi israélienne) des héritiers des anciens propriétaires juifs de ces propriétés, ou ont agi avec le consentement de ces derniers, dans le but d’expulser les locataires palestiniens et d’étendre la colonisation juive. Leur plan à long terme peut être déduit de ce qui s’est passé à Hébron. Un petit contingent de colons messianiques s’est établi peu après la guerre de 1967 dans des propriétés appartenant auparavant à des Juifs. Petit à petit, ils ont réussi à élargir leur domaine, en harcelant les habitants palestiniens et en les confinant dans des ghettos. Un processus similaire est en train de s’amorcer à Jaffa, menaçant le reste de sa communauté arabe, une minorité qui a survécu à la Nakba.

Une bataille juridique longue et complexe entre les habitants palestiniens de Sheikh Jarrah et les colons – qui n’est pas sans rappeler Bleak House (roman de Charles Dickens) – est maintenant sur le point d’aboutir. Les tribunaux israéliens sont, bien entendu, guidés par une législation raciste, motivée par l’idéologie sioniste et fortement biaisée contre les Palestiniens. Les perspectives sont vraiment sombres.

Ainsi, la lutte des familles palestiniennes menacées d’expulsion a atteint son point culminant précisément pendant les événements du Ramadan dans et autour du Mont du Temple. Les deux protestations ont fusionné et se sont nourries l’une l’autre. Dans les deux cas, les manifestants ont fait face à une répression brutale – et ils ont obtenu le soutien actif et généralisé des Palestiniens de toutes les régions de Palestine-Israël.

En signe de solidarité, quelques roquettes largement inefficaces ont été tirées depuis la bande de Gaza. Israël a répondu à sa manière barbare habituelle, par des bombardements aériens, tuant 20 personnes, dont neuf enfants. Le Hamas a répondu par de nouvelles roquettes et Israël a poursuivi l’escalade. [Article écrit le 11 mai.]

Une danse frénétique

Cette année, la Journée israélienne de Jérusalem tombait le lundi 10 mai. Les célébrations sadiques (et sexistes) habituelles de la conquête et de l’annexion illégale de Jérusalem-Est impliquent des foules d’hommes fanatiques, en sueur, extatiques et brandissant des drapeaux, qui défilent en dansant dans la vieille ville, narguent ses habitants arabes, les attaquent et endommagent leurs biens. En comparaison, les marches orangistes en Irlande du Nord ressemblent presque à des fêtes amicales de bonne volonté. Associée aux répressions du Ramadan et aux menaces d’expulsion de Sheikh Jarrah, cette parade dépravée était certaine de déclencher une puissante conflagration.

Mais à ce stade, les États-Unis sont intervenus. Craignant la réaction des deux milliards de musulmans du monde, l’administration Biden a « conseillé » la retenue. Cette recommandation a été reprise par les partisans des Etats-unis, que l’on appelle de façon risible « la communauté internationale ». Les médias obéissants ont compris l’allusion. Après de longs mois d’étrange silence sur les atrocités israéliennes et la crise interne de corruption, après avoir limité les reportages aux bonnes nouvelles et aux futilités, la presse de propagande servile et les chaînes de télévision (comme la BBC) ont soudainement commencé à rapporter quelque chose sur les événements en Palestine-Israël. Pas de manière impartiale, bien sûr – on ne s’y attendrait pas, n’est-ce pas ? Mais au moins quelque chose qui s’approche des nouvelles.

Benyamin Netanyahou   empêtré dans son procès pour corruption et se demandant, comme d’habitude, comment tourner les événements de Jérusalem à son avantage personnel et politique – a dû lui aussi se rendre à l’évidence. Tout d’abord, la décision du tribunal concernant la menace d’expulsion de Sheikh Jarrah a été reportée à des jours plus calmes. Ensuite, les fanatiques religieux-sionistes se sont vu interdire l’accès à l’enceinte sacrée, évitant ainsi une provocation qui aurait pu conduire à un bain de sang. Enfin, au dernier moment, la marche dansante des suprémacistes juifs a été détournée des zones les plus sensibles de la vieille ville.

Tout cela n’a pas mis fin à l’agitation dans l’ensemble de la Palestine-Israël. À l’heure où j’écris, des manifestations violentes, des affrontements sanglants et des atrocités vengeresses commises par l’armée israélienne sont signalés. Mais cela aurait pu être encore pire – bien pire.

Et cela ne s’améliorera pas fondamentalement tant que la cause profonde ne sera pas éliminée. Cette cause n’est pas l’apartheid israélien, ni la suprématie juive, ni la ferveur messianique. Ces éléments – aussi importants soient-ils – ne sont que des moyens politiques et idéologiques qui servent à mettre en œuvre et à légitimer la cause fondamentale: le projet sioniste de colonisation, qui existe depuis longtemps et qui se poursuit.

Moshé Machover

Article publié sur le site Weekly Worker,en date du 13 mai 2021 ; traduction rédaction A l’Encontre

Moshé Machover, né en 1936, est un mathématicien, philosophe et militant socialiste, connu pour ses écrits contre le sionisme. Né dans une famille juive à Tel-Aviv, alors membre du mandat britannique de Palestine, Machover a déménagé en Grande-Bretagne en 1968 où il est devenu citoyen naturalisé. Il fut un des fondateurs, en 1962, du Matzpe  – Organisation socialiste en Israël ; Matzpen étant le titre de la publication de cette organisation. Parmi ses ouvrages: Israelis and Palestinians. Conflict and Resolution, Haymarket Books, 2012. (Réd.)

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Skunk. Sa description comme « non létale » est trompeuse, car elle peut entraîner un étouffement.

[2] Ibid.

[3] Le calendrier juif, basé sur le calendrier sumérien (troisième millénaire avant notre ère), est lunaire avec des corrections solaires dans un cycle de 19 ans. Les dates juives (et la Pâques chrétienne d’origine juive) se décalent donc d’avant en arrière par rapport au calendrier grégorien (l’ancien calendrier chinois est similaire). Le calendrier musulman est purement lunaire, de sorte que le Ramadan peut tomber en toute saison.

http://alencontre.org/moyenorient/palestine/israel-palestine-lodeur-de-la-colonisation-sioniste.html


En complément sur la situation actuelle :

Mettons fin à la spirale de violence : des sanctions maintenant !

https://secure.avaaz.org/campaign/fr/palestine_sheikh_jarrah_ns_loc/?

Il faut des actes forts pour arrêter les agressions israéliennes contre le peuple palestinien :

Arrestation du président de l’Association France Palestine Solidarité :

Le président de l’AFPS en garde à vue : il doit être remis en liberté immédiatement :

Répression des Palestiniens de Jérusalem-Est : la Belgique doit agir ! :

Protéger les Palestiniens de Jérusalem, la France doit agir :

Soulayma Mardam Bey : Cheikh Jarrah ou l’histoire d’une interminable dépossession :

Haggai Mattar : « Israël choisit la violence » :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/12/il-faut-des-actes-forts-pour-arreter-les-agressions-israeliennes-contre-le-peuple-palestinien-cheikh-jarrah-ou-lhistoire-dune-interminable-depossession/

Adam Keller : La tempête que Netanyahou a déclenchée :

Palestine : voulez-vous agir pour arrêter le massacre ? :

Amira Hass : « Nous n’élevons pas nos enfants dans la haine. C’est la réalité qui encourage la haine » : un habitant de Sheikh Jarrah :

125 ans d’un déplacement : déclaration de l’ICAHD sur l’agression israélienne contre la Palestine occupée :

Amajad Iraqi : Contre l’horreur, les Palestiniens continuent de se soulever :

Aseel Jundi : Les femmes de Sheikh Jarrah tiennent tête aux Israéliens :

B’Tselem : Nous désirons tous vivre et avons droit à un régime qui garantit la justice et l’égalité :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/13/la-tempete-que-netanyahou-a-declenchee-plus-autres-textes/

Non à la criminalisation du droit à manifester La solidarité avec la Palestine ne peut être interdite :

L’indispensable solidarité avec le peuple palestinien doit pouvoir s’exprimer en France :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/15/non-a-la-criminalisation-du-droit-a-manifester-la-solidarite-avec-la-palestine-ne-peut-etre-interdite/ 

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