Les migrants au temps du COVID

La régularisation pour tous : seule solution qui permettrait aux migrants d’accéder à la vaccination

Face à la pandémie du Covid 19, les politiques mises en place ont, jusqu’à présent, montré leurs limites et elles n’arrivent pas à juguler l’expansion du virus. Confinement, limitation des déplacements des personnes et fermetures de pan entier de secteurs de l’économie impactent les populations de manières inégales. Les populations les plus démunies ont été les plus touchées. Parmi elles : les migrants sans papiers.

Afin de maitriser l’évolution de la pandémie et de la stopper, la vaccination à grande échelle apparaît comme une solution permettant d’endiguer la pandémie.

L’ensemble des pays du Maghreb et de l’Union Européenne ont commencé, à des rythmes divers, des campagnes nationales de vaccinations. Au sein de l’Union Européenne, la campagne de vaccination a commencé en ciblant les populations à risque et évolue suivant les aléas liées à la disponibilité des vaccins. 

Au Maghreb, le Maroc est le pays le plus avancé dans la vaccination, plus de quatre millions et demi de personnes ont été vaccinées, alors qu’en Algérie et en Tunisie, elle est encore très poussive. Pour l’instant aucune indication pour la Mauritanie et la Libye.

Dans le cadre de l’Observatoire Maghrébin des Migrations, nous nous sommes intéressés aux différentes politiques mises en place dans le cadre des campagnes de vaccinations pour vérifier comment les migrants sans papiers sont ou ne sont pas pris en charge dans ces campagnes.

Le constat est sans appel ! Quels que soient les discours des États, les sans-papiers demeurent toujours les oubliés voire rejetés de la vaccination.

D’un côté ceci va à l’encontre des devoirs des États qui doivent garantir le droit à la santé pour toutes personnes se trouvant sur le territoire. D’un autre, ne pas vacciner une partie de la population constitue un risque pour l’ensemble de la population.

Au Maroc, pour être vacciné il faut disposer d’une carte de séjour ou d’un passeport ou d’un document d’identification, les migrants sans papiers sont donc tout bonnement exclus. Pis, c’est même le discours officiel du gouvernement qui décide de ne vacciner que les personnes en situation administrative régulière. Nous appelons les autorités marocaines à revoir les conditions d’accès au vaccin afin d’y inclure toutes les personnes qui se trouvent au Maroc indépendamment de leurs statuts administratifs.

En Algérie, il faut aussi disposer d’un document d’identité afin d’être vacciné. A cela s’ajoute des campagnes iniques d’expulsions collectives de migrants d’origine subsaharienne. Ces expulsions collectives continuent de sévir durant la pandémie, avec tous les risques de propagation du Covid 19 vers les pays du Sahel et les pays d’Afrique. Les migrants sans papiers risquent à chaque instant d’être mis en détention afin d’être expulsés vers le Mali et le Niger. On demande aux autorités algériennes qu’elles stoppent ces expulsions et qu’elles se dirigent vers une politique de régularisation pour tous, avec une prise en charge sanitaire sans discrimination.

En Tunisie, les associations de la société civile ont déjà soulevé le problème avec les autorités qui leur ont confirmé que les migrants sans papiers ne seront pas intégrés dans la campagne de vaccination. Ils exigent la régularisation des sans-papiers. C’est la seule solution afin d’ identifier les personnes à vaccinées et de dissiper le facteur de la peur. 

En Europe, le problème se pose différemment, toute personne pourrait accéder à la vaccination indépendamment de son statut administratif mais la plupart du temps les sans-papiers hésitent car, une fois identifiés, ils n’ont aucune garantie qu’ils ne risquent pas d’être mis dans un centre de rétention et ensuite expulsés. Comme ailleurs, la régularisation permettra de dépasser cet obstacle.

En conclusion, l’actuelle pandémie, comme toute pandémie, ne connaît ni frontière, ni origine. Le combat contre son extension nécessite la création des conditions favorables pour son extinction, notamment :

  • L’application stricte des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui insistent sur la prise en charge des populations les plus fragiles en particulier les migrants et les réfugiés.

  • La régularisation des sans-papiers, condition nécessaire pour la création d’un climat de confiance permettant aux migrants de se faire vacciner. 

  • L’arrêt immédiat de toute expulsion ou refoulement et la fermeture des centres de rétention des migrants qui risquent de devenir des clusters de propagation du virus.

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