Du coté du jazz (mai 2021)

Traversées hors temps

Edward Perraud est batteur et compositeurs hors norme. Deux enregistrements, comme deux facettes de sa personnalité, viennent conforter l’appréciation.

D’une rencontre à Chicago, au club Hideout en 2008, reste « The Way Through », une traversée, pour le label « The Bridge » – le pont ! – spécialisé dans ces rencontres entre la France et Chicago, une des villes mères du jazz. Didier Petit, violoncelle, Josh Berman, cornet et Jason Stein, clarinette basse compétaient un quartet décidé à dépayser toutes les populations. Pour traverser, il faut accepter d’abandonner nos œillères musicales.

« Hors Temps », enregistré en France pour le Label Bleu, semble plus mélancolique – l’épidémie est, sans doute, passée par-là – mais pas moins aventureux. Bruno Angelini, piano et Arnaud Cuisinier, contrebasse forment le trio des rêves, des échappées hors du temps et du monde soi-disant réel pour faire toute la place à l’imagination. Ils sont aidés, en certains endroits par la trompette de Erik Truffaz.

Suivez Edward Perraud pour traverser le temps et les espaces, pour ouvrir les vannes des imaginaires. Sa porte est grande ouverte, sa batterie respire tous les sons de ses compositions pour une musique hors piste et hors la loi qui se situe dans les dérapages hors contrôles.

Edward Perraud :

The Way Through, The Bridge ;

Hors Temps, Label Bleu/L’autre distribution


Classique ? Jazz ? Où sont les frontières ?

Le pianiste Dimitri Naïditch a créé une collection « New Time Classics » pour arranger, à sa sauce qu’il voudrait piquante, les grands composteurs du répertoire classique. Après « Bach Up », dédié, on s’en doute, à Johann Sebastian, il se lance à l’assaut rien de moins que Mozart, « Ah vous dirai-je… Mozart », avec le même trio, Gilles Naturel, contrebasse et Arthur Allard, batterie. Un enchevêtrement de références, de tempi pour dérouter l’audition et dévoiler de nouvelles associations. La culture classique est manifeste, celle du jazz plutôt partagée par ses compagnons. Dépaysement assuré, à condition d’éviter les pièges dans lesquels tombent quelquefois le pianiste de la facilité et des thèmes trop connus – comme l’indique le titre.

Un album pas assez bizarre mais qui laisse entrevoir la volonté d’abolir les frontières. Un mantra dans l’air de ce temps d’interrogation sur la définition et la place du jazz comme de la musique contemporaine. La musique est une curiosité intéressante – comme souvent. Partout, il n’est question que de recherche d’identité, que la « culture » est brandie comme un étendard pour séparer les populations, la musique, elle, se balade innocemment entre tous les écueils se cherchant encore et toujours. C’est un appel à faire de la culture un ensemble vivant, en mouvement s’abreuvant à toutes les sources, sans frontière.

Dimitri Naïditch : Bach Up, Ah vous dirai-je… Mozart, Dinaï Records/L’autre distribution.

Nicolas Béniès

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