Les savoir-faire sont toujours socialement acquis

« Le sang circule à nouveau dans les veines. On s’échauffe, même. On crée, les unes pour les autres, de la force, on se la passe, on relève l’échine ». Dans son éditorial, « Peut-on ramer dans la même direction ? », Sabine Panet parle, entre autres, du 8 mars, de rassemblement, de mouvement féministe, « dans mouvement, il y a plusieurs vagues, plusieurs courants, le vent du large et le vent de terre, la mousse salée de l’écume, les remous des profondeurs », de révolutionner le monde ou de transformer sa vie, des femmes et de leurs expériences…

« Ramer dans le même sens suppose enfin de s’accorder sur un rythme essentiel : pas de violence entre nous. Pas de sexisme, pas de racisme, pas de discrimination entre nous. Pas de rapports de force. Pas de hiérarchie entre nos priorités et nos combats. Toutes les luttes pour les droits de toutes les femmes sont légitimes. Un jour par an… Un jour »

Dossier : Adolescentes sous tension

« Leurs récits rebattent les cartes d’une supposée irresponsabilité, mais aussi de la fragilité associée aux filles. La chronique d’un essai retraçant d’un point de vue historique la construction de la notion d’adolescence au féminin vient ensuite, comme un phare, éclairer leurs propos ».

Augmentation de la charge de travail, tensions au sein des familles et à l’extérieur, difficulté des adolescentes de se positionner en dehors des regards, réponses calmes aux harceleurs, droit et revendication d’être dehors…

Je souligne l’article sur la fabrication de l’adolescence féminine, l’histoire d’une catégorie, l’émergence de l’adolescence et le Code Napoléon, les traitements différenciés entre garçons et filles et les « archétypes », l’angle mort du corps des garçons, l’adolescence « singularisée, relégué, réduite au sexe » pour les filles, l’homogénéisation artificielle des expériences adolescentes, les fantasmes autour de la précocité pubère et sexuelle, les injonctions sociales pesant sur le sexe féminin, les évolutions sur l’auto-perception des jeunes…

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Stérilisations forcées aux Etats-Unis.

  • Un an de pandémie en Europe. L’emploi des femmes trinque. Les politiques sanitaires s’appuyant sur des représentations traditionnelles de la famille et des rôles des mères, la diminution du temps de travail féminin salarié pour s’occuper des enfants, le sexe du travail à temps partiel…

  • Campagne de réquisitions solidaires et occupations politiques : une seule solution, la régularisation. L’extrême précarité et l’absence de droits dans la précarité, la nécessité de la garantie des droits pour toustes. « L’autonomie économique est une condition incontournable pour l’égalité et constitue la meilleure protection contre la dépendance et la précarité »…

  • Thaïlande, l’année où la parole des femmes s’est libérée, les critiques des relations de pouvoir, les revendications autour du droit à l’avortement ou la fin des taxes sur les protections hygiéniques, les préjugés des manifestants et les pressions des forces de police, les « ateliers ludiques sur les règles, le sexe ou encore la maternité », le refus de séparer le combat pour la démocratie et le combat féministe…

  • Rokia Traoré : La Justice belge me terrorise de plus en plus

  • Deux mamans « désenfantées » ; la diminution des hébergements exclusifs maternels, la non-prise en compte des violences subies par les mères et les enfants, les accusations portées contre les mères, la reprise du mensonge de la soi-disant théorie de « aliénation parentale », le traitement humiliant des femmes…

  • L’incompétence, au cœur du sexisme, « D’un coté, elles portent sur leurs épaules un a priori d’incompétence généralisée pour tous les domaines qui dépassent la maternité, le soin des autres et la sociabilité. De l’autre, on considère que certaines compétences sont innées chez elles (justement dans tous ces domaines) », le savoir-faire considéré comme inné, « Dans la division genrée du travail, considérer un savoir-faire comme inné permet de ne pas le voir comme une compétence et de la rémunérer moins », les qualités innées attribuées aux femmes, l’incompétence des homme jamais interrogée, le sexe des incompétences…

  • Les dibbouks d’Irène Kaufer

  • et toujours de riches rubriques : actualités révoltante, culture et informations internationales

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axelle 238, avril 2021, http://www.axellemag.be

Autres numéros : /revue/axelle/

Didier Epsztajn

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