Retirer Bolsonaro du gouvernement est la tâche du féminisme au Brésil (plus deux autres textes sur le Brésil)

« Il n’y a qu’une seule façon d’étancher la mort, la faim et le chômage qui nous hante et qui est la réalité de milliers de foyers brésiliens : la destitution immédiate de Bolsonaro et de tout son gouvernement militarisé et corrompu. »

Aujourd’hui, au Brésil, les femmes sont confrontées à l’avancée du néolibéralisme prédateur, de l’impérialisme, d’un État antidémocratique, de politiques de mort et d’extermination du peuple, qui se sont approfondies avec la pandémie du coronavirus.

En 2016, les femmes ont été les premières à se lever pour dénoncer le coup d’État contre la première présidente élue du pays, Dilma Rousseff. Un coup politique, juridique et médiatique, chargé de l’offensive croissante de la droite conservatrice et néolibérale en Amérique Latine et chargé également de violence patriarcale contre la démocratie brésilienne et contre une femme élue avec 54 millions de voix.

Le coup d’État de Michel Temer et de tous les secteurs de la droite a érigé un « pont vers le passé » [1], annulant des réalisations importantes pour la vie du peuple et pour la démocratie. Il a également ouvert la voie à une élection basée sur le mensonge, la désinformation, la criminalisation de Lula et d’autres dirigeants populaires et la collusion organisée par les riches de ce pays – et aussi à l’étranger -, qui a mis au pouvoir le pire du Brésil. Bolsonaro est synonyme de machisme, de racisme, d’autoritarisme et de soumission au capital international.

Maintenant, nous ressentons les résultats : Bolsonaro agit pour propager un virus mortel parmi la population qui est aujourd’hui impuissante, ne comptant que sur sa propre chance et sur un système de santé publique affaibli. L’action de démantèlement de l’État dans les domaines de la santé et de l’assistance jette des milliers de personnes dans la misère et le chômage, en particulier les femmes et la population noire qui vivaient déjà dans l’informalité et le sous-emploi, et on assiste à une escalade de la violence et du féminicide.

La violence contre les femmes est structurelle, autorisée et naturalisée au quotidien dans notre société. Les harcèlements et les abus physiques et psychologiques, la violence domestique, le féminicide et la culture du viol rendent la vie plus dangereuse pour les femmes. Il existe une autorisation « voilée » pour tuer les femmes, les jeunes noirs et pauvres, les peuples traditionnels, les personnes LGBTQI+. En 2019, 75% des victimes d’homicides au Brésil étaient noires. La Police Militaire est raciste et très brutale – ces derniers mois, elle a même enlevé la vie d’enfants à la porte de leurs maisons. À ce contexte violent s’ajoutent les garanties d’un accès facile aux armes et la fin des politiques de prévention et de lutte contre les violences sexistes.

En 2021, dans un contexte de pandémie qui impose des restrictions aux mobilisations de rue, les femmes ne resteront pas silencieuses ou déconnectées. Il y a une armée de ces femmes agissant pour unifier et construire des forces pour faire tomber Bolsonaro. Un exemple sont les actions construites au niveau national pour le 8 mars, qui relient les femmes de la campagne, de la ville, des eaux et des forêts. Les actions de solidarité sont liées à la demande d’aide d’urgence [2] et de vaccination pour l’ensemble de la population. C’est le quotidien des femmes qui soutiennent, à la fois, la lutte et la survie.

Pourquoi disons-nous « Fora Bolsonaro [3] » ?

Bolsonaro est responsable de ce fond du puits dans lequel nous nous trouvons : pas de santé, pas de sécurité, pas de droits, pas de dignité. Bolsonaro fait tout cela avec un large soutien des secteurs politiques et économiques réactionnaires et des fondamentalistes religieux, en plus des groupes politiques liés aux militaires et aux propriétaires fonciers. L’armée occupe des positions centrales au sein du gouvernement. Le programme politique du gouvernement de Bolsonaro est néolibéral, conservateur et autoritaire. Ils l’avancent sur notre travail, notre terre, nos corps. Les mêmes qui réduisent les droits des travailleurs sont ceux qui tentent de rendre les choses plus difficiles et même d’empêcher les filles et les femmes de recourir à l’avortement dans les cas prévus par la loi [4].

Bolsonaro agit pour démanteler l’État et les institutions publiques de santé, d’éducation, d’assistance, ainsi que les entreprises publiques et les biens communs, comme nous l’avons vu avec Eletrobrás, Petrobrás, Correios (La Poste brésilienne). Il s’agit d’une politique systématique depuis l’adoption de l’Amendement Constitutionnel 55 (la PEC du plafond des dépenses, également connue sous le nom de PEC de la Mort), qui a été votée et approuvée par les partis de droite en 2016. La destruction de la nature atteint des sommets sans précédent dans le pays. Malgré toutes les attaques, les travailleurs et travailleuses de notre Système de Santé Unifié (Sistema Único de Saúde – SUS) se sont engagés à sauver des vies, et les chercheurs et chercheuses des universités et des instituts publics luttent pour faire progresser les traitements, les médicaments et la vaccination pour les enfants et les adultes.

Pour toute cette histoire d’attaques ces dernières années, nous ne faisons pas confiance ou n’acceptons pas les tentatives de différencier certains secteurs de la droite, qui se font passer pour « la droite du bien ». Ils sont tous responsables du chaos que nous vivons, car ils privilégient une économie centrée sur le profit et collaborent avec la privatisation, la précarité de la vie et la réduction des droits pour un travail digne et sans risques. Par conséquent, notre sortie est à gauche : ce n’est qu’avec une intense organisation populaire, féministe et antiraciste que nous pourrons retirer la droite du pouvoir et réorganiser l’économie, en plaçant la vie au centre des préoccupations et des politiques.

Les femmes réclament un vaccin pour tous et le maintien de l’aide d’urgence

Comme nous le voyons partout dans le monde, les femmes sont celles qui souffrent le plus les impacts causés par la pandémie, car ce sont elles qui garantissent la durabilité de la vie. Nous ne nous sommes pas arrêtées une seconde pendant la pandémie, assumant des tâches ménagères et de soins redoublés. Les femmes, en particulier les noires et les pauvres, constituent la majorité des professionnels de première ligne confrontés à la Covid-19, que ce soit dans le domaine de la santé ou des services.

Nous parlons de plus de 250 000 morts dans un pays ! Ce n’est pas un manque d’information ou de planification, c’est un plan pour exterminer la population pauvre, les indigènes, les quilombolas [5] et autres peuples traditionnels qui vivent sur des terres que le gouvernement veut remettre aux compagnies minières, aux sociétés d’exploitation forestière, aux propriétaires fonciers.

Le gouvernement Bolsonaro, dans la figure de son ministre de l’Environnement, a déclaré ouvertement que son plan dans ce contexte de pandémie est de « faire passer tout le troupeau », c’est-à-dire, approuver les lois qui favorisent les grands agriculteurs. Il s’agit d’un gouvernement qui démantèle toutes les politiques pour encourager l’agroécologie et la souveraineté alimentaire, favorisant les latifundia, la plantation d’OGMs, l’utilisation libérée de poisons à grande échelle, la déforestation de nos biomes, la privatisation et la financiarisation de notre nature, la pollution de nos eaux par la boue et les substances toxiques.

En outre, les mesures organisées par le gouvernement fédéral pour le travail et la sécurité de la population présentent un grand risque, car elles suivent l’idée que « l’économie ne peut pas s’arrêter » : assouplissement des droits, services non essentiels fonctionnant sans limitations, travail informel et augmentation du chômage. Au premier trimestre de 2020, 52,1% des femmes noires et 43,8% des femmes blanches employées avaient un travail informel et précarisé [6]. Paradoxalement, les gens sont obligés de quitter leur maison et de risquer leur vie pour assurer leur survie. Lors d’entretiens avec la presse sur les mesures visant à contenir la pandémie, Bolsonaro a prononcé des phrases telles que : « Et alors ? », « Je ne suis pas un fossoyeur », « je ne réalise pas de miracle ».

Il n’y a qu’une seule façon d’étancher la mort, la faim et le chômage qui nous hante et qui est la réalité de milliers de foyers brésiliens : la destitution immédiate de Bolsonaro et de tout son gouvernement militarisé et corrompu.

Nous continuerons à marcher au Brésil et dans le monde

Partout dans le monde, les femmes continuent de se battre et de créer des conditions pratiques pour que la vie existe. Les exemples d’inspiration sont innombrables : jardins communautaires, restaurants collectifs, campagnes de solidarité et de dénonciation, actions symboliques, parmi tant d’autres qui manquent encore de visibilité.

Nous sommes en marche jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de faim et que la vie puisse être vécue sans violence, avec le droit de décider de notre propre corps. Au Brésil, nous devons éliminer Bolsonaro pour pouvoir construire des alternatives à la vie, récupérer la démocratie, mettre les soins et la vie digne au centre de la politique. Dans de nombreuses régions du monde, nous avons besoin d’une lutte féministe, anticapitaliste et antiraciste forte pour arrêter l’escalade du néolibéralisme et son programme de mort. La force et le protagoniste du mouvement des femmes positionnent le féminisme comme une perspective essentielle dans la construction d’une nouvelle société.

Maria Fernanda Marcelino

[1] « Pont vers le passé » est une référence au nom du plan gouvernemental du putschiste Michel Temer, qui a remplacé Dilma en 2016. Son plan « Pont vers l’avenir » avait un caractère néolibéral et représentait une rupture avec le projet politique qui avait vaincu dans les urnes.

[2] La mobilisation populaire a assuré la création d’une aide d’urgence de R$ 600 à la mi-2020. Le gouvernement Bolsonaro a agi pour réduire l’aide à R$ 300 (environ ⅓ d’un salaire minimum) puis il l’a supprimée entièrement.

[3] Dégage Bolsonaro.

[4] L’ordonnance nº 2.282, qui crée des obstacles à l’avortement, viole les droits humains. Alors que des revers comme celui-ci ont lieu au Brésil, nos sœurs argentines ont montré qu’avec beaucoup de mobilisation et d’organisation féministes, il est possible d’avancer dans la construction de l’égalité et de l’autonomie. Fin décembre 2020, l’Argentine a légalisé l’avortement jusqu’à la 14e semaine, une victoire pour toutes les femmes d’Amérique Latine.

[5Ø] Les quilombolas sont les habitants des quilombos, des communautés créées à l’origine comme un espace de résistance et de refuge pour les Noirs réduits en esclaves pendant la période de l’esclavage au Brésil.

[6] Les données ont été extraites du texte « Le travail et les femmes en temps de néolibéralisme et de crise », de Marilane Teixeira, disponible dans le cahier Néolibéralisme, travail et démocratie

Maria Fernanda Marcelino est historienne, militante de la Marche Mondiale des Femmes et membre de la SOF Sempreviva Organisation Féministe. Ceci est une version du texte publié dans la Rubrique Sempreviva, au journal Brasil de Fato, le 02 mars 2021.

Traduit du portugais par Andréia Manfrin Alves

https://capiremov.org/fr/analyse/retirer-bolsonaro-du-gouvernement-est-la-tache-du-feminisme-au-bresil/

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En défense de la vie, de la liberté et contre la brutalité policière

Note de soutien au groupe 13 de agosto – Mères d’Osasco et de Barueri, aux Mères de Mai et aux mouvements contre la violence d’État

La sélectivité raciste du système de justice pénale commence avant même l’abordage policière, s’étend à tous les actes de ce que l’on appelle la « politique de sécurité publique » et est présente à tous les stades de la procédure pénale, y compris lorsque les cibles de cette sélectivité sont inscrites comme « victimes » dans le théâtre macabre du procès devant jury. Les procédures pénales sont des procédures qui sanctionnent une vérité produite par l’action de la police. Tout procès est politique !

Entre le 22 et le 26 février 2021, en pleine crise sanitaire et sécuritaire qui a fait plus de 250 000 morts par Covid-19, a eu lieu le procès d’un officier de la police militaire et d’une garde civile métropolitaine de Barueri, accusés d’avoir participé au plus grand massacre de l’histoire de l’État de São Paulo, qui a eu lieu le 13 août 2015 et a fait 17 morts et 7 blessés. Le nouveau procès a eu lieu après que la Cour de justice de São Paulo ait annulé la moitié des peines en 2019. Ce nouveau jury, qui a acquitté les deux accusés, a été utilisé – dans une inversion honteuse – pour attaquer politiquement tous les groupes de mères et de membres de la famille qui, victimes de la violence d’État, luttent pour la mémoire et la vérité.

Avec 122 pages de captures d’écran de son profil facebook exposées sur le grand écran, Zilda Maria de Paula, qui a perdu son fils unique dans le massacre d’Osasco et qui s’est engagée avec le groupe des mères des victimes des massacres d’Osasco et de Barueri, a été traitée pendant son témoignage comme si c’était elle qui était jugée. Les personnes avec lesquelles elle passe son anniversaire, ses relations avec les journalistes et ses liens avec d’autres mouvements de mères qui luttent contre la violence d’État ont été mis en doute et ont servi de devise à la demande d’explications que lui a adressée l’avocat des policiers, João Carlos Campanini. Dans le même acte, l’avocat a suggéré que non seulement le travail de la presse qui couvre les violences policières peut être criminalisé, mais aussi tout type de solidarité et d’engagement politique organisé entre les membres des famille victimes de la létalité de l’État, y compris des journalistes, ce qui les expose à d’autres formes de violence.

Comme si cela ne suffisait pas, la défense des accusés a utilisé une vieille vidéo diffamatoire pour attaquer le Mouvement indépendant des Mères de Mai. Dans cette vidéo, l’ancien procureure Ana Maria Frigério Molinari affirme, sans montrer aucune preuve, que les groupes de défense des droits humains seraient formés par des mères de trafiquants de drogue qui, après la mort de leurs enfants en mai 2006, auraient commencé à gérer les « biqueiras », des points de commerce de substances illicites, avec le soutien du PCC (Premier Commando de la Capitale).

En tant que membres de divers secteurs de la société civile et chercheurs sur la violence d’État, nous rejetons ce mouvement clair de censure politique et de disqualification des mouvements des mères, parents et amis des victimes de la violence policière et d’État. Nous pensons également que le fait de dresser une liste de faits après le procès et de tenter d’assassiner la réputation et de disqualifier moralement les témoins porte atteinte à tout principe d’objectivité et de justice qu’un tribunal prétend préserver. Par conséquent, nous déclarons toute notre solidarité au groupe 13 de Agosto – Mères d’Osasco et de Barueri, aux Mères de Mai et aux différents mouvements dans tout le Brésil, le pays qui possède la force de police qui tue et meurt le plus sur la planète. Considérant que, au premier semestre 2020, São Paulo a enregistré le plus grand nombre de morts par la police en deux décennies.

Ce n’est pas à nous d’évaluer la décision du tribunal, mais l’argument et la stratégie de la défense, qui se sont avérés décisifs, nous préoccupent beaucoup. Nous savons que depuis la redémocratisation (1985), les crimes dits politiques n’existent plus et que, selon la Constitution de 1988, la liberté de réunion, d’association et de manifestation publique et politique est garantie. Cependant on sait aussi que les classes populaires, en particulier les populations noires et pauvres, sont contrôlées par des processus de criminalisation prétendument objectifs et neutres, ancrés dans la lutte contre le soi-disant « crime organisé », le commerce illégal et le trafic de substances rendues illégales.

Dans cette autoproclamée « lutte contre la criminalité », les relations et les liens avec les autorités de tous les niveaux et instances de pouvoir sont toujours couverts par des escarmouches et minimisés comme des faits isolés, même si nous savons qu’une branche de l’économie informelle, qui déplace tant d’argent et tant d’armes, ne pourrait pas être limitée aux habitants des périphéries et des bidonvilles, et qu’elle ne pourrait pas être menée à bien sans la participation et/ou la connivence des autorités et des membres de la bureaucratie étatique dans toute sa structure. Or, les persécutés, les condamnés, les emprisonnés et les tués sont toujours les mêmes personnes, originaires des mêmes régions de la ville, qui constituent le profil sélectivement produit par le système de justice pénale comme les sujets dangereux dans les démocraties. La défense des policiers accusés dans le jury du 22-26 février 2021 a inclus les mères des exécutés et le Mouvement des Mères de Mai dans cette liste de personnes à persécuter et à punir, même si elles font partie des victimes dans la composition formelle de l’affaire pénale débattu dans le jury.

Face à tout cela, nous demandons : est-il interdit aux mères, aux parents, à la famille et aux amis des cibles de la violence d’État de se réunir et de manifester politiquement ? En faisant de ces manifestations un élément de preuve en vu de l’annulation des charges devant le tribunal, c’est le message qui passe : ne manifestez pas, ne vous organisez pas, même si votre enfant est brutalement exécuté, car cela pourrait être utilisé contre vous devant un tribunal.

L’attaque contre Zilda Maria de Paula et le mouvement des Mères de Mai au tribunal d’Osasco était une attaque contre toutes les personnes qui défendent la vie et la liberté. C’est pourquoi nous exhortons les mouvements sociaux, les organisations et les secteurs de la société civile, les chercheurs et les universitaires, et toutes les personnes vivant sur cette terre à faire preuve de solidarité, à soutenir la lutte de ces mères et à répudier les stratégies sordides de criminalisation et de disqualification des mouvements sociaux.

Si chaque tribunal est politique, nous sommes du côté des mères et des cibles de la violence d’État. De quel côté êtes-vous ?

  • Amparar – Associação de Familiares e Amigas/os de Presas/os

  • Coletivo DAR

  • Frente Estadual pelo Desencarceramento de São Paulo

  • Geledés – Instituto da Mulher Negra

  • Grupo 13 de Agosto – Mães de Osasco e Barueri

  • LASInTec – UNIFESP

  • Movimento Independente Mães de Maio

  • Observatório de Diretos Humanos CAAF-UNIFESP

Organisations signataires

  • ABJD

  • Anistia Internacional Brasil – Grupo Regional São Paulo

  • Associação Cultural José Martí- BS

  • Associação de Moradores da Ocupação Esperança

  • Associação Juízes para a Democracia

  • Autres Brésils

  • Brazil Matters

  • Casa das Áfricas Amanar

  • Cátedra Kaapora Unifesp

  • CDHEP – Centro de Direitos Humanos e Educação Popular

  • Centro Gaspar Garcia de Direitos Humanos

  • Centro de Memória Urbana (Unifesp/campus zona Leste)

  • CDDH Dom Tomás Balduíno de Marapé – ES

  • Clínica de Direitos Humanos da UESB

  • Comissão Justiça e Paz

  • Comissão de Familiares de Mortos e Desaparecidos Políticos

  • Comitê Sorocabana

  • Coletivo Autônomo de Mulheres Pretas – ADELINAS

  • Coletivo de Assistentes Sociais Resistência e Luta – Sergipe

  • Coletivo Carolinas e Firmina

  • Coletivo Feminista Classista Maria vai com as Outras

  • Coletivo Feminista Maria Augusta Thomaz – PUC-SP

  • Coletivo de Mulheres da Empresa Brasil de Comunicação (EBC)

  • Conselho de Leigos da Arquidiocese de São Paulo – CLASP

  • Conselho Regional de Psicologia de São Paulo (CRP SP)

  • Depto de Psicanálise Instituto Sedes Sapientiae

  • Diretório Municipal do PSOL – Osasco

  • Federação de Órgãos para Assistência Social e Educacional

  • Fórum em Defesa da Vida

  • Fórum de Investigações Poéticas

  • Grupo de Estudio Violencia Institucional – Universidad Nacional de Córdoba

  • Ilú Obá De Min

  • Iniciativa Direito à Memória e Justiça Racial – Baixada Fluminense – RJ

  • Iniciativa Sankofa

  • Instituto de Estudos Socioeconômicos – INESC

  • Instituto Terra Trabalho e Cidadania – ITTC

  • IROHIN Centro de Documentação e Memoria Afro Brasileira

  • Justiça Global

  • Laboratório de Direitos Humanos da UFRJ

  • Mães em Luta da Zona Leste

  • Mães de Maio da Zona Leste

  • Mandata Ativista

  • Mandata Bancada Feminista do PSOL

  • Mandata Coletiva AtivOz

  • Marcha da Maconha SP

  • Movimento Acredito

  • Movimento de Luta nos Bairros Vilas e Favelas – MLB

  • Movimento de Mães e Familiares do Curió

  • Movimento de Mães das Periferias do Ceará

  • Movimento de Mulheres Olga Benário

  • MNU Movimento Negro Unificado SP

  • Núcleo de Estudos e Pesquisas Lógicas Institucionais e Coletivas – Programa de Pós Graduação em Psicologia Social da PUC-SP

  • Núcleo Memória OAB – SP

  • Núcleo de Preservação da Memória Política

  • Parem de Nos Matar

  • Pastoral do Povo da Rua – SP

  • Pólo Baixada Santista – Curso Maconha Medicinal

  • Pretas em Movimento

  • PSOL São Paulo

  • Punks Zona Norte – São Paulo SP

  • PUC – Alunos Psico Social

  • QuilomboAllee-Berlin

  • Quilombo Cursinho Popular Conceição Evaristo

  • Rede Antirracista Quilombação

  • Rede Periferica LGBTI Familia Stronger

  • Rede de Proteção e Resistência contra o Genocídio

  • Rede Social de Justiça e Direitos Humanos

  • Sarau A Voz do Povo

  • Sedes- GTACME

  • Setorial de Negras e Negros do PSOL – Osasco

  • Sindicato dos Servidores Municipais de São Paulo – SINDSEP

  • Território Livre Psicologia

  • UNEAFRO Brasil

  • Universidade Livre de Berlim

  • UJC

Voir en ligne :

Pela afirmação da vida, pela liberdade e contra a brutalidade policial

Signez la note de soutien en accédant au formulaire.

https://observatoiredemocratiebresil.org/En-defense-de-la-vie-de-la-liberte-et-contre-la-brutalite-policiere

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Construire des Ré(Ex)sistances

Manifeste des femmes du Cerrado

Le 8 mars dernier, l’Articulation des Femmes du Cerrado a publié un Manifeste. Dans ce document, elles dénoncent notamment « la violence récurrente et croissante due, au cours de la pandémie de Covid-19, aux accapareurs de terres, aux mercenaires, à la spéculation immobilière, à l’empoisonnement des eaux et des biomes, à la déforestation, aux incendies criminels, à l’extermination de la faune et de la flore de nos territoires ; à l’absence de régularisation des territoires, aux modifications apportées aux lois foncières au Brésil, ainsi qu’au changements dans la législation environnementale et à la marchandisation de la nature (Zonage économique écologique-ZEE, Cadastre environnemental rural-CAR et Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation-REDD), à l’allocation de la terre à la monoculture, à l’exploitation minière, aux pratiques sexistes et patriarcales perpétuées par les entreprises et par l’État qui cherchent à nous exterminer et à mettre fin à nos histoires en nous expulsant de nos territoires ; un gouvernement fédéral génocidaire, irresponsable, sexiste et raciste ! ».

Découvrez le document dans son intégralité :

« Je suis fatiguée d’être domestiquée
Je veux aller par moi-même
Organiser la rébellion
Et cessez ainsi d’être otage »

Chant de Marli Fagundes, Eula Martins et Maria Monte, entonné lors de la IIe Rencontre nationale des femmes du Cerrado/Nov 2020

En ce 8 mars 2021, nous, de l’Articulation des Femmes du Cerrado, femmes originaires de différents territoires, communautés, municipalités et États de ce pays appelé Brésil, venons à travers ce manifeste exprimer notre Ré(Ex)sistance et rejet des différentes formes de violence infligées à nos corps et à nos territoires.

Nous sommes nombreuses, nous nous battons pour la vie, pour la mémoire de celles qui nous ont précédées et pour celles qui ne sont plus là. Nous portons dans notre sang la force de nos ancêtres, parce que nous sommes résistantes, résilientes, féministes, noires, autochtones, quilombolas, paysannes, assentadas e acampadas [1], sans-terre, victimes de l’exploitation minière et des barrages, briseuses de noix de coco Babaçu, femmes du Sertão, pêcheuses, vazanteiras, LGBTQI+, salariées rurales, de fundo e fecho de pasto, raizeiras, guérisseuses, agricultrices, geraizeiras, ribeirinhas.

En 2020, nous, Femmes du Cerrado, de la campagne et de la ville, avons été durement touchées par l’arrivée de la pandémie de Covid-19. Nous avons perdu de nombreuses camarades de lutte et avec elles tant de sagesse ancestrale. Pour certaines d’entre elles, nous n’avons pas eu le temps de nous dire au revoir, de les prendre dans nos bras, de leur dire merci. Cependant, nous avons résisté et nous résisterons toujours ! Au-delà de la pandémie, les tâches ménagères, les enfants, les anciens, les champs, la casse des noix de coco Babaçu, les milliers de réunions constituent une surcharge de travail qui nous pose problème.

Comme si toutes ces souffrances ne suffisaient pas, les données nous alarment. Selon les informations de l’Annuaire brésilien de la sécurité publique, au Brésil, une femme est physiquement agressée toutes les deux minutes, 266 310 cas de dommages corporels, résultant de violence domestique et 1 326 féminicides ont été enregistrés en 2019 (FBSP, 2020). Toute cette violence se produit principalement au sein du foyer, un espace qui devrait être un abri, un lieu d’accueil et d’amour et qui est devenu, au quotidien, un espace de tension, d’agression et de mort. Nous rejetons tout acte de violence à l’encontre des femmes, qui entraîne douleur, souffrance et mort.

Nous dénonçons et rejetons la violence récurrente et croissante de la pandémie de Covid-19, due à l’action des accapareurs de terres, des mercenaires, à la spéculation immobilière, à l’empoisonnement des eaux et des biomes, à la déforestation, aux incendies criminels, à l’extermination de la faune et de la flore de nos territoires.

Nous dénonçons l’absence de régularisation de nos territoires, les changements dans les lois foncières au Brésil ainsi que dans la législation environnementale et la marchandisation de la nature (Zonage économique écologique – ZEE, Registre environnemental rural – CAR et Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation – REDD), l’allocation des terres à la monoculture, l’exploitation minière. Ces mesures sont toutes liées à l’augmentation de la violence dans les campagnes.

Nous dénonçons les pratiques sexistes et patriarcales perpétuées par les entreprises et par l’État, qui cherchent à nous exterminer et à mettre fin à nos histoires, en nous expulsant de nos territoires. Mais nous clamons que nous avons des racines profondes et que ce ne sera pas facile, nous germerons toujours, plus fortes et bien vivantes !

Nous dénonçons également le gouvernement fédéral génocidaire, irresponsable, sexiste et raciste. Gouvernement qui a sur les mains le sang de plus de 260 mille morts causés par la Covid-19. Un gouvernement qui tue et néglige, au lieu de s’occuper des gens et de l’un des plus grands systèmes de santé publique, le Système universel de santé (SUS). Le SUS sauve, le gouvernement non ! Un gouvernement qui nie la pandémie et le vaccin et laisse le virus se propager parmi les populations les plus pauvres et les plus vulnérables… Nous hurlons : Dehors Bolsonaro !

Pour toutes ces raisons, nous continuons à résister et à chercher des moyens de nous protéger. Nous créons nous-mêmes des barrières sanitaires, nous continuons à prendre nos tisanes de plantes, de racines et de graines plantées dans nos territoires, nous renforçons nos pratiques de production pour la sécurité et la souveraineté alimentaires et nous poursuivons nos articulations. Nous avons organisé notre IIe Rencontre des femmes du Cerrado, qui a rassemblé plus de 100 personnes, originaires de différents États et municipalités. C’était magnifique d’expérimenter tant de force, de courage et de sagesse.

Nous continuerons à tenir bon, à abattre les barrières et les murs, à affronter le machisme, le racisme et le patriarcat. Nous continuerons à planter des graines, à récolter des fruits, des fleurs, à arroser les racines qui sont les veines de la terre, ce qui relie l’intérieur à l’extérieur, arrosées par les eaux abondantes du Cerrado, qui ruissèlent des montagnes et font germer des vies et des rêves, renforçant nos liens avec la Terre Mère.

Articulation des femmes du Cerrado

https://observatoiredemocratiebresil.org/Construire-des-Re-Ex-sistances

Voir en ligne : Manifesto das Mulheres do Cerrado : Construindo (Re)Existências

[1] NdT : Assentadas e acampadas ; vazanteiras ; salariées rurales, de fundo e fecho de pasto ; raizeiras ; geraizeiras ; ribeirinhas : ce sont des identités concernant un vaste ensemble de situations régionales et culturelles brésiliennes.

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