Introduction « À la recherche des résistances populaires » du livre de Mélanie Duclos : Les braconniers des poubelles

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

« Je m’appelle Hakim1. Je suis SDF. Je suis un biffin2, comme on dit, “les biffins” : je ramasse dans les poubelles et je vends ce que les Parisiens ont jeté, pour subvenir à mes besoins parce que le RMI [revenu minimum d’insertion], ça me suffit pas… »

Dans le champ de vision de la caméra, le profil d’un homme, du sommet de la tête à la moitié du buste. Des cheveux noirs sur une barbe noire, le nez est droit, la peau brune, quelques rides marquent le visage. Le corps est couvert d’un vêtement chaud, on est en novembre, le mercredi 26 novembre 2008. À la mairie du 18arrondissement de Paris, dont on devine en arrière-plan les vitraux et les colonnades, c’est le jour du compte-rendu de mandat du maire de la capitale, Bertrand Delanoë. Hakim continue : « J’habite le long du périph’ dans un campement… On nous a promis un relogement et… on voit rien venir… »

Depuis l’estrade où il se tient, il fixe quelqu’un parmi l’auditoire, face à lui dans les premiers rangs, le maire probablement. « Y’a deux papis qui vont pas passer l’hiver. » Sa voix tremble. « Euh… Quoi d’autre ? J’ai pas mangé depuis cinq jours. Je tombe dans un alcoolisme chronique à cause de tous ces problèmes qui me tombent dessus. » Silence dans la salle. « Y’a une association des biffins : Sauve-Qui-Peut… » Il sourit, il répète : « Sauve-Qui-Peut », et puis recouvre son sérieux. « Faudrait traiter le problème là où il est, trouver une solution pour tous ces gens qui font de la récupération en revendant ce qu’ils ont trouvé dans les poubelles. » Les applaudissements commencent, se suspendent un instant… « S’il vous plaît… Merci. »

Au départ était leur combat

Ils sont des milliers à Paris. Toujours plus nombreux depuis la crise des années 1980, à mesure que celles des années 2000 ont laissé encore davantage de travailleurs sans travail et de retraités sans assez pour vivre. Toujours plus nombreux aussi depuis le durcissement des politiques migratoires, amorcé dans le cours des années 1970 et depuis toujours renforcé, laissant quant à lui nombre d’immigrés sans papiers et partant sans autres ressources que celles de l’économie informelle. Dans les poubelles de la capitale, ils récupèrent des objets qu’ils vendent, pour l’essentiel, à sa périphérie : aux portes de Paris où se situe la clientèle et dans le prolongement des marchés aux puces établis.

Au nord, Porte de Montmartre, à la lisière des Puces de Saint-Ouen et à la frontière de la ville du même nom, ils étaient environ un millier au mois de mai 2009 quand je suis arrivée. Sous le pont du boulevard périphérique et plus au sud, au pied des immeubles HLM sur les trottoirs de l’avenue qui descendait vers Paris, ils étaient là tous les samedis, dimanches et lundis, depuis tôt le matin jusqu’à tard dans l’après-midi, à vendre au sol sur des carrés de tissu : de la vaisselle et des jouets, des vêtements, des chaussures, du petit électronique et de l’électroménager… à des clients plus nombreux qu’eux. Chaque jour et plusieurs fois par jour, la police arrivait pour les déloger, parfois pour les verbaliser, souvent pour confisquer puis détruire leur marchandise dans la benne broyeuse louée à cet effet par la municipalité.

À en croire les témoignages, la répression s’était accrue ces dernières années, tant et si bien qu’avec le soutien d’un petit groupe de riverains, quelques-uns de ces marchands s’étaient montés en association pour s’opposer à l’interdit policier et demander à la mairie la légalisation de leur activité. À mon arrivée en mai 2009, l’association Sauve-Qui-Peut existait depuis trois ans, et depuis deux manifestait très régulièrement.

Comme je m’intéressais aux résistances populaires, j’avais eu vent de leur mouvement et m’étais rendue au marché pour les rencontrer. J’assistais aux réunions, participais aux manifestations. « Les biffins sont des gens courageux », s’époumonait Ben dans le mégaphone, « et loin des clichés qu’on leur attribue. Leur seul crime est d’être pauvre et dans le besoin ». Je discutais avec eux, Hakim m’expliquait : « Les biffins, on fait rien de mal. On vole pas, on demande même pas la charité. On essaye juste de travailler, de subvenir à nos besoins avec les moyens qu’on a, c’est tout. »

J’épluchais les comptes-rendus des réunions passées, les tracts et lettres aux maires et aux commissaires, j’écoutais les émissions radio, lisais les journaux, visionnais les vidéos qui, à l’image de celle décrite plus tôt, portaient les traces de leurs faits et de leurs paroles. J’étudiais leur parole.

Que disaient-ils ? Que voulaient-ils ? Ils disaient qu’ils n’étaient pas ceux qu’on croyait qu’ils étaient : ni voleurs comme le supposaient nombre de journalistes et de politiciens, ni miséreux comme leur pauvreté pouvait le laisser penser ; qu’ils étaient des travailleurs, et qui plus est des pauvres travailleurs, dont l’effort méritait d’être encouragé. Ils voulaient qu’on les légalise, pouvoir enfin faire leur métier sans plus être empêchés par les policiers. Ils demandaient à la fois à être reconnus et à être intégrés.

Mais encore, de quelle intégration parlaient-ils ? De quelle reconnaissance ? À l’heure où les discours de la reconnaissance fleurissent et prolifèrent, qui bien souvent se bornent à vanter les vertus d’une « diversité » qu’il faudrait célébrer, de quelle reconnaissance voulaient-ils, eux, parler ? De quelle intégration quand les exclusions, de partout – du travail et du logement, de la santé, de l’éducation, de l’accès, en général, aux droits, aux biens et aux services… – tendent à se renforcer et qu’au même moment, les politiques d’« insertion » plus que jamais trouvent leurs limites ? Eux, qu’espéraient-ils ? C’est d’abord à cette question que cette ethnographie veut répondre.

Ce livre est une ethnographie. De graphie, l’écriture, et d’ethno, l’ethnie, le peuple, par extension le groupe humain. C’est l’écriture de Ben, de Hakim et de Martine, du groupe des quelques biffins de l’association Sauve-Qui-Peut ; c’est aussi celle des autres biffins rencontrés au marché – une trentaine de personnes au total dont je peux dire que je les ai véritablement rencontrées ; c’est celle enfin du monde humain du marché des biffins. L’écriture du monde de ces hommes et de ces femmes qui, par le détail des vies, des mots, des faits et gestes, cherche à les comprendre. J’ai voulu les comprendre, comprendre les logiques, les histoires et les rêves qui les animaient. Il a fallu sept ans, et pour n’y arriver que partiellement bien sûr, sept années passées à chercher que cette ethnographie voudrait vous raconter : raconter la recherche en acte, avec ses doutes et ses virages, ses lacunes et ses marches arrière, en somme raconter le chemin parcouru qui donne sa teneur à la connaissance obtenue. C’est donc une histoire, un récit, une ethnographie narrative du petit monde des biffins du 18e arrondissement, mais d’un petit monde qui parle du grand. Le détail le plus infime est parfois le plus important et le cas le plus singulier peut aussi éclairer les plus grandes généralités. Tout dépend de la manière qu’on a de l’interroger, à commencer par la définition de l’objet qu’on se donne pour tâche d’étudier. Et partant du cas singulier des biffins, c’est ici, plus généralement, des résistances populaires dont je voudrais parler.

Résistances populaires. Garder l’objet ouvert

Populaire. Le mot veut-il encore seulement dire quelque chose aujourd’hui que s’est évanoui le sujet ouvrier qui par le passé l’incarnait ? À présent qu’après la fin de la société industrielle et la montée des précarités, l’ancienne classe populaire apparaît fragmentée, diluée…, disparue ? Ne faudrait-il pas lui préférer d’autres mots, moins totalisants, plus précis, à même de rendre compte de la pluralité des – dès lors mal nommées – classes populaires ? Pourquoi ne pas parler tout simplement des « biffins » ? « Biffin », ce vieux mot d’argot synonyme de « chiffonnier », c’est bien le mot dont eux-mêmes usent pour se désigner. C’est précis justement, descriptif, a priori sans incidence. Mais c’est peut-être précisément trop précis pour être sans incidence. Car en se bornant à ne les appréhender que d’après leur activité, le mot tend à laisser échapper tout ce qui par ailleurs les relie à d’autres mondes et à d’autres histoires : biffins les weekends au marché et biffins quand ils vont par les rues pour récupérer, ils sont aussi souvent immigrés ou enfants d’immigrés, du Maroc, de l’Algérie, du Cameroun ou du Mali, de la Chine ou de la Roumanie ; souvent fils et filles d’ouvriers ; elles ont été femmes de ménage ou aides à domicile ; eux chauffeurs ou mécaniciens, petits commerçants, peintres en bâtiment… Comment faire alors pour s’éviter de les réduire ? Pour rendre compte, en un mot, de la multiplicité de leurs mondes ?

C’est sans doute un atout majeur des concepts sociologiques que de faire justement se relier les mondes, en inscrivant les groupes et les individus dans le tout de la vie sociale et l’ensemble de ses rapports. Non seulement ils les relient, mieux encore, ils les expliquent. Ils expliquent leur existence en expliquant leur histoire et ce qui les fait tenir ensemble : ce qui les rapporte les uns aux autres. Peut-être alors devrait-on emprunter à Pierre Bourdieu son concept de « dominés » : le biffin, l’immigré, l’enfant d’ouvrier… seraient tous ensemble dominés là où à l’origine de leur condition, il y aurait des rapports inégaux de pouvoir qui joueraient en leur défaveur. Ou peut-être qu’à « dominés », il faudrait préférer « marginaux » (Becker, 1963 ; Élias et Scotson, 2001) et tous ensemble seraient alors jugés déviants de la norme et partant, marginalisés, exclus des centres, repoussés à leurs périphéries. Ou bien encore « désaffiliés » (Castel, 1995a) et leur situation résulterait d’abord de leur éviction du travail dans une société salariale où le salariat déclinerait. Autant de concepts et de théories – il y en aurait d’autres – qui constituent mon bagage et qui, de bout en bout, informent ce travail. Cependant là où ils puisent leurs forces, les concepts de la sociologie semblent aussi trouver leurs limites. Ils expliquent mais à vouloir ainsi tout expliquer, tout faire tenir ensemble en un seul système, ils tendent eux aussi à trop résumer les vies des êtres sociaux : à vouloir au mieux rendre compte des mécanismes à l’origine de leur situation, ils tendent à laisser impensées tant la pluralité de ces mêmes mécanismes que les résistances qui, continûment, leur sont opposées ; ces résistances qui, justement, sont celles-là qui font mon objet. Et la boucle est bouclée, on en revient au terme premier : populaire.

À la différence des concepts sociologiques, « populaire » a ce mérite étrange de se situer à cheval entre le concept et la notion. Du concept, il garde le pouvoir de relier les mondes – biffins, ouvriers, immigrés… – et de les mettre en rapport avec ces autres mondes qui forment, avec eux, le tout de la société. Cependant du concept il s’écarte, en lui abandonnant de sa puissance explicative et partant de sa rigidité. À la notion il emprunte un peu de flou et de souplesse, la possibilité de varier les définitions. C’est que depuis les années 1960, il a beaucoup voyagé : on le trouve aujourd’hui en sociologie comme en histoire, en philosophie ou en anthropologie ; on l’emploie volontiers dans le langage courant. Et bien que longtemps resté synonyme d’ouvrier, il peut maintenant désigner de multiples situations : il peut être une classe ou des classes au pluriel, un monde en particulier comme une multitude de mondes singuliers, et si l’on se réfère à son étymologie, il peut même recouvrir le peuple tout entier. Si on le garde ouvert comme il nous est donné, peut-être que « populaire » serait bien, finalement, ce terme à même de rendre compte et de la pluralité du peuple d’aujourd’hui et de ce qui, malgré tout, fait encore son unicité.

À la Porte de Montmartre, beaucoup sont immigrés, beaucoup enfants d’immigrés, mais il est aussi quelques fils et filles de nationaux. Et si la majorité sont des hommes, quelques-unes aussi sont des femmes. Peu d’entre elles – quel que soit l’âge – ont eu par le passé un emploi régulier tandis que nombreux sont les hommes avoisinant la cinquantaine qui eux, s’ils en ont eu, sont arrivés au marché après l’avoir perdu. Il y a ceux de la cinquantaine, ceux-là qui, passé 60 ans, ne peuvent se suffire de leur maigre retraite et puis ceux qui, plus jeunes, alternent entre les contrats courts et les mois de RSA (revenu de solidarité active)3. Une population indéniablement très diverse, mais qui n’en laisse pas pour autant de partager cette expérience dont on verra le détail : expérience de dénégation de reconnaissance et d’égalité, expérience de résistance à ces dénégations. Et c’est encore à ces questions que cette ethnographie se proposera de répondre : quelles formes, aujourd’hui, revêtent ces dénégations ? Et quelles résistances leur sont opposées ?

Résistance ? Là encore le concept est chargé de théories – on résiste à l’oppression ou à l’hégémonie, selon qu’on pense avec Karl Marx ou Antonio Gramsci, à la domination si l’on suit Pierre Bourdieu, Paul Willis ou James Scott – qui, là aussi, menacent d’étouffer, avant même d’avoir commencé, la réalité qu’on voudrait étudier. « Résistance », le terme ira en se précisant au fur et à mesure de la lecture. Pour le moment, gardons-le souple, allons d’abord au plus simple : résister, c’est opposer une force à une autre force. Un substantif « résistance », ouvert, et un adjectif, « populaire », ouvert, pour un objet lui-même ouvert et qui laisse à présent s’introduire la problématique générale de ce travail : à quoi donc s’opposent les résistances populaires ? Comment se font-elles ? Et pour quoi ?

De la lutte ouverte au combat quotidien

Pour tenter de répondre au mieux à ces questions, la mobilisation ne sera pas seule à retenir l’attention. Partant d’elle, nous plongerons dans le quotidien des biffins, dans leur combat de tous les jours pour, comme ils disent, « s’en sortir ». De la lutte ouverte au combat quotidien, c’est là l’un des virages de cette recherche et qui tient à la fois au hasard – à mon arrivée au marché, la mobilisation touchait à sa fin – et à cette intuition qui, balbutiante au départ, allait se confirmer, de ce que la mobilisation ne pouvait pas tout dire. Parce qu’elle avait ses temps (ses agendas municipaux, ses temps journalistiques…) et ses espaces définis (les rues, les places en manifestation, les salles municipales en conseil et en réunion…), son auditoire (un public qu’il fallait toucher, des élus qu’il fallait convaincre), son contexte en somme d’élocution qui orientait ses actes et ses paroles. Aussi parce qu’on ne dit pas tout à la face du pouvoir, parce qu’il y a des choses qu’on garde cachées de crainte d’être sanctionné ou pour que le pouvoir aille dans notre sens ? (Scott, 2009), et qu’il y a des choses que le pouvoir n’entend pas. Et parce que c’est souvent quand ils sont inaudibles – quand ils parlent un autre langage que celui dominant et qu’ils occupent d’autres places que celles où le pouvoir les attend (Rancière, 1995) – que les « petites gens », comme Ben les appellent, disent le plus important, nous irons les écouter, les regarder vivre et lutter, dans les dédales souterrains de l’ordinaire du quotidien, pour mieux comprendre le sens, les sens de leur combat.

Les soulèvements ne naissent jamais de nulle part. Jamais ils ne surgissent d’une rage soudaine ou d’un ventre trop vide qui d’un coup soulèveraient les corps. Les soulèvements ont leur histoire et leur vivier culturel (Thompson, 2012 ; 1971) : des « cultures de résistance » (Bourgois, 1995) d’où parfois naissent des révoltes ; dans les mots de James Scott (2009), des textes cachés qui parfois, partiellement, trouvent à s’exprimer sur la place publique. C’est à James Scott justement que nous empruntons le mot « braconnier » : le braconnage comme pratique de ce texte caché qui résiste au pouvoir et parfois éclate au grand jour (Scott, 2009 : 28). Les braconniers des poubelles, comme tous ceux qui pour gagner leur vie se voient contraints de braver l’interdit, résistent dans les faits comme dans les mots, les idées. Quand les moyens de l’existence dérangent l’ordre établi, on s’applique à les justifier, à leur trouver des raisons. Au-delà, quand l’existence elle-même pose problème, autrement dit quand on est soi-même un problème (Du Bois, 2007), c’est l’ordre établi tout entier qu’on en vient à interroger. On réfléchit, on critique ses fondations, ses valeurs, et on en bâtit d’autres à même de s’y opposer. D’autres ordres et d’autres idées, d’autres valeurs et d’autres actes, une autre culture en un mot, alternative et résistante.

C’est de cette culture de résistance dont je vais surtout vous parler : de ses pratiques de vente et de récupération, des valeurs et des sens qui viennent s’y arrimer (chapitres 2 et 3), et jusqu’à la constitution du monde du marché, avec ses logiques, ses codes et ses horizons partagés (chapitre 4). Je vous parlerai du -combat quotidien des biffins, de ses efforts et de ses rêves, aussi de ses limites et des tensions qui le traversent (chapitre 5). Ainsi, progressivement, l’ordinaire viendra éclairer l’apparent extra-ordinaire de la mobilisation qui fera le point de départ (chapitre 1) et le point d’arrivée (chapitre 6). Il éclairera la teneur des enjeux qu’elle a soulevés, la hauteur des espoirs qui l’ont animée et qui, à son issue, ont été pour beaucoup déçus.

Mélanie Duclos : Les braconniers des poubelles

À la rencontre des biffins

https://www.syllepse.net/les-braconniers-des-poubelles-_r_22_i_818.html


1. Par souci de confidentialité, la grande majorité des noms des personnes rencontrées ont été modifiés, exceptés ceux de celles devenues « personnes publiques » – comme Hakim, Ben, Martine et Mohammed – qui m’y ont autorisée – et des quelques élus qu’on verra plus tard apparaître.

2. Mot d’argot du 18e siècle, synonyme de chiffonnier.

3. Remplaçant depuis 2009 le RMI.

2 réponses à “Introduction « À la recherche des résistances populaires » du livre de Mélanie Duclos : Les braconniers des poubelles

  1. Pas un mot sur les syndicats, ils ont été jetés à la poubelle, ils pourraient encore servir

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.