Attention tromperie

Une agression d’une extrême violence s’est déroulée à Paris. Un malheureux adolescent en a été la victime. L’information tourne en boucle sur BFM. Nous sommes tous émus, pauvre môme, et si ça avait été notre enfant, notre petit enfant ! Nous ne pouvons vivre dans la peur.

Nous avons peur, et c’est légitime, mais cette peur nous fragilise et certains en profitent. Chaque fois les ressors de ces violences sont cachés. Chaque fois les agresseurs sont décrits en incarnation moyenâgeuse du diable, des barbares à éliminer. Chaque fois remonte dans ces moments sordides les vieux relents d’un pouvoir réglant les problèmes à coups de prison, avant les coups de fusil. Les mots de colère ne règlent rien et année après année la situation se dégrade. Les lois répressives et la police « karcher » ne règlent rien et année après année la violence s’étend prenant des formes exacerbées. Mais BFM, et Cnews, et les syndicats policiers, et le gouvernement, et LR, et le RN ressortent invariablement leur petite musique   il faut cogner, il faut faire peur « à la racaille ». 20 ans que cela ne marche pas. Pire, 20 ans que cela marche dans le mauvais sens. Accepter que cette tromperie diffuse c’est se condamner à des événements toujours plus douloureux.

Il faut comprendre, il faut expliquer. J’entends ces rugissements « comprendre, expliquer c’est pardonner » ! NON, non comprendre, expliquer c’est réfléchir avant d’agir, c’est ne pas rentrer dedans en gros bourin et produire des effets contraires à sa volonté. Comprendre, c’est à cela que devrait aider les professionnels de l’information, mais aujourd’hui asservis ils préfèrent porter la musique des gens du pouvoir. 

Il faut tout dire très vite dans ce moment de grande lassitude et le sujet est bien vaste. Pour les courageux qui vont me lire je vais faire un rapide résumé.

1/ la violence existe de tout temps. Il y a 10 ans c’était l’histoire du « karcher » de Sarkosy. Il y a 20 ans c’était l’histoire du « sauvageon » de Chevenement. Il y a 50 ans c’était l’histoire des « blousons noirs ». Il y a 100 ans c’était l’histoire des « Apaches de Paris ». Et avant celle des « Misérables » exprimée par Victor Hugo. De tout temps la violence existe et pose un problème à nos société. Le passé finit par être romancé mais il comportait ses souffrances, son sang. La violence, les bandes juvéniles…

2/ face à ce défit de la violence sociale c’est la réponse qui change avec le temps. De la torture en place publique jusqu’au bagne pour faire peur, pour éliminer… Des historiens vont même jusqu’à proposer l’hypothèse des croisades motivées par le besoin d’éloigner une jeunesse trop intempestive. Rien de ces méthodes primaires n’est venu à bout de ce terrible problème. Et puis d’autres regards plus fins sont venus, tout d’abord l’humanisme Chrétien de Victor Hugo (le moment magnifique entre le voleur et le Prêtre !). Puis le fondateur de notre sociologie Française : Durkheim, dont on efface aujourd’hui la leçon sur les services publiques : c’est le bien commun, les services publics qui transmettent à la jeunesse le sentiment d’appartenance à la communauté. Et puis (quel époustouflant raccourci !) les travaux très actuels de François de Singly appelant à une politique de « l’autonomie de l’adolescent », Guillaume Macher montrant que cet âge est une « adonaissance » où l’enfant passe à un stade de construction du lien social. Le réseau social d’un enfant de 6e 5e est constitué de sa classe, en 4e 3e il s’étend au quartier. Il faut accompagner ces évolutions naturelles et salutaires de nos enfants. Il faut une réponse collective, bien veillante et guidante à ces étapes de la vie. Il faut de la présence humaine apportant intelligence à ces expériences construisant l’adulte. Une présence qui ne correspond pas à une mission de police. Dans notre société actuelle une présence est un coût, que nous préférons économiser. Alors nous édictons des lois, alors nous construisons des prisons, alors nous le payons de nos souffrances.

Les médias, en n’abordant pas les possibilités offertes pour sortir de ces violences nous trompent. Les médias sont les bouches du pouvoir. 

Yuriy qui souffre à l’hôpital, bel ado footballeur, j’espère que tu ne vas pas payer trop cher un malheur dont les adultes sont responsables. Avec toi et par toi c’est notre monde qui souffre. 

Serge Grossvak

avec une pensée pour Nadia ma soeur de coeur Algérienne qui affronte des malheurs similaires dans sa banlieue d’Alger.

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