Du coté du jazz (janvier 2021)

Simon Moullier, vibraphoniste mêle toutes ses influences pour signer son premier album « Spirit Song »

Percussionniste au départ, le vibraphoniste, mais aussi adepte du balafon et de l’électronique, a fait ses classes à la Berklee – la référence – où il a rencontré la crème du jazz. Il a fréquenté Herbie Hancock, Quincy Jones et a voyagé tout autour du monde pour s’imprégner de toutes les musiques entendues. Il réussit à marier des contraires. La musique « planante », apanage souvent de la Californie, et le rythme, élément vital pour donner à ses compositions le nécessaire allant pour éviter de sombrer dans une musique d’ascenseur. La fusion des contraires se réalise dans un jeu d’une telle fluidité qu’il submerge l’audition. Deux dates d’enregistrement sont mêlées, 2017 et 2020 et deux groupes marqués par deux pianistes, Simon Chivallon, Isaac Wilson et deux saxophonistes, Dayna Stephens, Morgan Guerin – des noms à retenir. Bassiste et batteur, Luca Alemanno, Jongkuk Kim, forment un trio soudé avec Moullier.

Le seul standard de l’album, « I’ll remember April » – une scie du milieu des années 1950 – montre la manière, de faire du vibraphoniste. Jeu avec les échos pour laisser entendre des notes « fantômes », une des grandes réalisations du jazz, pour laisser la mélodie pénétrer l’espace sans la jouer. L’influence de Gary Burton est plus perceptible dans la séance de 2017 que pour celle de 2020. Le compositeur s’envole, largue les amarres. « Spirit Song », le premier thème, éponyme de l’album, affirme un nouveau talent.

Simon Moullier : Spirit Song, Outside In Music


Pierre Marcus voudrait suivre la bonne voie comme l’indique le titre de son dernier album, « Following the Right Way », en compagnie de sa contrebasse et de son chien Django.

Comme la plupart des musiciens contemporains, il cherche à trouver sa place à la fois dans le jazz et dans d’autres cultures. Pour cet album, il propose un voyage qui passe par la Grèce, le Congo, le Cameroun, la Bulgarie, Charles Mingus, Thelonious Monk sans compter les évocations de la Baronne Nica – mélangée à une autre, niçoise – et François Chassagnite, trompettiste superbe et professeur du contrebassiste. Pour réaliser ces collages, il a construit un quintet : Baptiste Herbin au saxophone alto qui continue d’étonner par sa fougue, Irving Acao au ténor qui ne s’en laisse pas conter, Simon Chivallon, pianiste très sollicité ces temps-ci et Thomas Delor à la batterie donnent ce qu’il faut à l’ensemble pour le faire swinguer. Des invités viennent compléter l’ensemble pour étoffer les compositions du contrebassiste.

Un album qui fait la preuve que le jazz est une musique actuelle mais sait aussi intégrer d’autres références pour, une fois encore, faire bouger le monde. Surtout lorsque le contrebassiste sait, à l’instar de Mingus, pousser le groupe pour faire ressortir un sentiment collectif de joie. En ces temps de pandémie, une musique nécessaire.

Pierre Marcus : Following the Right Way, Jazz Family/Socadisc

Nicolas Béniès

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