Editions Syllepse : Le journal de demain n°14

LA RACE TUE DEUX FOIS

Une histoire des crimes racistes en France (1970-2000)

Rachida Brahim

« De telles listes sont dressées depuis les années 1970. Compilées par plusieurs générations de militants, elles sont enfouies dans les caves des archives associatives et présentent toutes le même format, à la fois sec et funeste. On y trouve la date du crime, le nom de la victime, suivis d’une ou deux phrases laconiques. Elles frappent par leur rudesse, leur longueur et leur nombre. Poser une liste conduit inexorablement à en trouver une autre quelques jours plus tard. Ces listes expriment l’idée d’une injustice. Elles dénoncent le racisme et l’impunité du racisme. Elles pointent du doigt les crimes, mais également la grande majorité des procès qui ont fini par des peines légères avec sursis ou des acquittements, quand ce n’est pas un non-lieu qui est venu clore l’affaire. 

Elles disent en substance que la racialisation, autrement dit le fait de placer des personnes dans une catégorie raciale afin d’asseoir un rapport de pouvoir et d’en tirer profit, tue deux fois. La première violence touche à l’intégrité physique de la personne. La seconde violence a lieu à l’échelle institutionnelle. Elle est une conséquence du traitement pénal qui ignore la nature raciste des crimes jugés. »

De la grande vague de violence de 1973 dans le sud de la France aux crimes policiers des années 1990 en passant par les crimes racistes jalonnant les années 1980, cet ouvrage, issu d’une base de données de plus de 700 cas, nous invite à prendre la mesure de cette histoire à l’heure où le racisme institutionnel et l’action de la police continuent chaque année à être à l’origine de nombreux morts.

https://www.syllepse.net/la-race-tue-deux-fois-_r_65_i_821.html

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NOUS N’OUBLIERONS PAS LES POINGS LEVÉS

Reporters, éditorialistes et commentateurs antifascistes pendant la guerre d’Espagne

Anne Mathieu

Grâce aux reportrices et reporters qui, dès l’été 1936, franchirent la frontière, grâce aux journalistes qui frémirent sous les bombes d’un coin à l’autre de l’Espagne, nous plongeons dans un monde ancien qui devient présent.

De l’enthousiasme mêlé d’inquiétude des débuts à l’horreur des bombardements, de la menace sur l’Europe recélée par cette guerre à l’arrivée des réfugié·es sur le sol français, chaque événement, chaque atmosphère, chaque détail est dépeint par leurs reportages.

Le livre s’attarde aussi dans les bureaux des rédactions, la parole étant donnée aux éditorialistes, aux commentateurs et commentatrices. Leurs interrogations et réflexions entrent en résonance avec les reportages, et nourrissent le chemin du lecteur et de la lectrice dans cette période.

Quelque deux cents figures de journalistes accompagnent cette route, dont la plupart sont aujourd’hui méconnues ou inconnues émergent.

Jamais un ouvrage ne leur avait donné la parole. Jamais on n’avait touché cette « histoire-en-train-de-se-faire » en se plongeant dans les articles de celles et de ceux qui se battirent par la plume pour la cause antifasciste.

Au croisement de l’histoire culturelle, de l’histoire de la presse et de celle des combats antifascistes, 90 ans après la proclamation de la Seconde République espagnole, une histoire toujours actuelle.

https://www.syllepse.net/nous-n-oublierons-pas-les-poings-leves-_r_65_i_839.html

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LE TUNNEL

L’histoire vraie d’une évasion de prison

Guillermo Thorndike

Le 9 juillet 1990, Víctor Polay Campos et 47 membres du Mouvement révolutionnaire Túpac Amaru (MRTA) s’évadent d’une prison de haute sécurité à travers un tunnel long de plus de 300 mètres.

Ce tunnel, creusé depuis l’extérieur de la prison, a mobilisé des dizaines de « taupes » qui, dans le plus grand secret, ont vécu dans les entrailles de la terre pendant des mois et des mois.

Peu après l’évasion, le MRTA fait appel au journaliste et écrivain péruvien Guillermo Thorndike pour raconter cette histoire. Journaliste respecté, auteur de récits historiques sur les mouvements révolutionnaires au Pérou, d’enquêtes, écrivain au style très affirmé, l’auteur va livrer un récit puissant de cette aventure.

À la fois roman vrai de la préparation minutieuse de cette évasion, des efforts hors du commun nécessaires à son aboutissement, mais aussi évocation puissante du Pérou de ces années de conflit et de guérilla, de tortures et de prison, Le Tunnel s’inscrit dans la tradition de la crónica latino-américaine mais aussi dans celle, plus large, de la non-fiction littéraire et du nouveau journalisme. Genre consacré dans les pays anglo-saxons, avec de grands noms comme ceux de Truman Capote, Gay Talese ou encore Tom Wolfe, mais aussi dans toute l’Amérique latine, il commence à s’installer dans le paysage littéraire français.

Des maquis de la guérilla aux sommets andins, en passant par les rues de Lima et les murs de la prison de Canto Grande, Le Tunnel se veut fidèle à la réalité. Le récit rend hommage à ces hommes et à ces femmes en invitant à une exploration littéraire teintée de réalisme magique de cette histoire de terre, de larmes, de sang, mais aussi d’espoir, de courage et d’amour.

Tous les chapitres de ce livre sont illustrés par des œuvres à l’encre de Chine de l’illustrateur Aurélien Gomez.

https://www.syllepse.net/le-tunnel-_r_29_i_816.html

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AUTOGESTION, L’ENCYCLOPÉDIE INTERNATIONALE

Coordinateurs : Patrick Le Tréhondat, Christian Mahieux

Ce neuvième tome continue de parcourir la planète autogestionnaire d’hier et d’aujourd’hui.

Dans la section : « L’autogestion en actes », une place importante est réservée aux conseils ouvriers en Alsace-Lorraine (1918), en Allemagne (1919) et en Italie (1920 et 1946).

Dans le prolongement du dossier consacré dans le volume 8 à la crise sanitaire mondiale provoquée par la Covid-19, la question de la santé est abordée dans l’Espagne révolutionnaire de 1936, et pour aujourd’hui en Argentine et dans les écoles françaises. Des extraits du contre-plan d’organisation du système de santé rédigé par le Collectif Inter hôpitaux (France) sont également présentés.

D’autres formes d’auto-organisation sont traitées : centres sociaux autogérés (Italie et France), cantines populaires (Chili et Uruguay).

Les coopératives ne sont pas absentes, que ce soit à Madagascar ou dans le Rojava d’aujourd’hui.

De nouvelles formes de coopératives sont abordées, comme Railcoop (France) qui entend développer des lignes de chemin de fer hors de la logique du profit.

Notons la coopérative des coursiers sans-patrons brésilienne qui propose une forme originale d’association alternative au système Deliveroo, ainsi que celle de Strike Bike, une usine allemande de vélos sans patron ni hiérarchies. La question du racisme dans les coopératives (USA) est également traitée dans deux contributions.

Enfin, la question de la stratégie autogestionnaire est discutée dans plusieurs contributions dans la section « Buts, chemins et moyens ».

https://www.syllepse.net/autogestion-l-encyclopedie-internationale-_r_76_i_848.html

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LES BRACONNIERS DES POUBELLES

À la rencontre des biffins

Mélanie Duclos

Ils récupèrent dans les poubelles des objets qu’ils revendent. On les appelle les biffins, de ce vieux mot d’argot synonyme de chiffonniers. Une exploration des marges de la société.

Ils sont des milliers à Paris. Toujours plus nombreux depuis les années 1980 avec les crises successives et le durcissement des politiques migratoires.

On les dit aussi « pauvres » ou même « survivants ». « Marchés aux pauvres », « de la survie », titrent bien des journaux. Et pourtant… Une économie informelle où d’anciens travailleurs, des retraités ou des chômeurs, trouvent un moyen de survie. Des étrangers qui trouvent là un moyen de s’arrimer sur un sol hostile. Des femmes à qui la vente offre le moyen de se libérer de leur ex-mari et de se découvrir capables de parler, de négocier, de s’affirmer.

Tandis que dans les rues, la récupération laisse place à la chance, dans la vente ils s’éprouvent comme des partenaires égalitaires. Le marché devient un lieu d’interconnaissance et espace par excellence des sociabilités. Ils s’efforcent ainsi de bâtir un monde, à contre-courant des dominants, où s’inclure positivement et à égalité.

C’est ce combat quotidien dont Mélanie Duclos rend compte dans ce livre, fruit de quelque quatre ans d’enquête de terrain au marché des biffins de la Porte de Montmartre.

Un récit qui plonge dans les vies des biffins et des biffines pour saisir leur histoire, leurs actes et leurs idées, leurs désirs et leurs souhaits si souvent contrariés, en un mot leur culture, alternative et résistante, et dont le braconnage nocturne des poubelles forme le socle matériel.

Un récit, enfin, qui restitue ce que peuvent mettre en pratique, en rêves et en mots, ceux-là qui les premiers souffrent de l’ordre établi.

https://www.syllepse.net/les-braconniers-des-poubelles-_r_25_i_818.html

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SOULÈVEMENTS POPULAIRES

De Haïti au Soudan, en passant par les rues d’Alger et de Hong Kong, une vague contestataire mondiale vue du Sud.

La simultanéité, l’ampleur et la radicalité des soulèvements populaires de l’automne 2019 au Chili, en Équateur et au Liban surprennent. Elles obligent à réévaluer d’autres mouvements, débutés plus tôt et toujours en cours – en Haïti, au Soudan, en Algérie, à Hong Kong… –, et à porter un regard plus attentif sur la conflictualité sociale dans le monde.

Au-delà des affinités relevées, la coïncidence dans le temps et la diffusion dans l’espace marquent-elles un nouveau « printemps des peuples » ?

Si les revendications et les modes d’action convergent jusqu’à un certain point, le développement des luttes demeure tributaire du mode de gestion étatique de la contestation et de la cohésion des élites au pouvoir. Et les soubassements politiques et moraux de ces mobilisations sont ancrés dans des histoires nationales, dont l’héritage est revendiqué.

Le visage des révoltes – celui d’une jeunesse urbaine précarisée au sein de laquelle les femmes jouent un rôle important –, ainsi que l’évidence médiatique de ressorts communs – l’utilisation des réseaux sociaux, le recours aux cultures populaires, la spontanéité et l’horizontalité des modes d’organisation – méritent d’être interrogés.

Ces soulèvements répondent à des contextes particuliers, mais traduisent aussi de nouvelles circulations internationales des luttes. Assiste-t-on dès lors à une mondialisation de la protestation sociale ?

https://www.syllepse.net/soulevements-populaires-_r_24_i_838.html

Editorial : Frédéric Thomas : Soulèvements populaires : « révoltes logiques » ? :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/12/28/
soulevements-populaires-revoltes-logiques/
 

Zahra Ali : Irak  : le civil et le populaire au cœur de la révolte : 

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/01/11/
irak-le-civil-et-le-populaire-au-coeur-de-la-revolte/

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Bonne lecture après un détour chez votre libraire habituel

Editions Syllepse

69, rue des Rigoles – 75020 Paris


O1 44 62 08 89


Diffusion : Sofédis / Distribution : Sodis

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