Musiques de nos temps, entre toutes les cultures et générations

Le jazz sonne comme… la musique de sauvages qu’il est aussi.

Emmanuel Bex a construit un nouveau « Bex’tet », un trio qui se veut au carrefour de ses mémoires et de ses influences pour transmettre l’héritage à la génération d’aujourd’hui. « Round Rock » fait penser à Bill Haley pour une génération précédente à celle d’Emmanuel et signe la volonté de faire bouger les corps pour faire monter le sang de la révolte à la tête. L’organiste se fait ici un peu accordéoniste, un appel à d’autres souvenirs, d’autres liens qui se manifestent pour une « Marseillaise » de clôture de cet album qui s’est ouvert avec une autre « Marseillaise » pour évoquer les mannes de Django et de Stéphane Grappelli pour leurs retrouvailles après la deuxième guerre mondiale.

D’autres références biographiques sont présentes dans les compositions à commencer par Jacques Brel ou la chanson « J’irai revoir ma Normandie », le pays de naissance d’Emmanuel qui lui a donné « le blues » comme il le reprend souvent dans ses concerts.

Les deux jeunes musiciens, Antonin Fresson aux guitares et Tristan Bex à la batterie, ne s’en laissent pas conter et tiennent la dragée haute au chef, obligé de compter avec eux quelque fois contre eux pour construire une musique qui tient du blues, de tous les jazz et d’une teinte propre à ce trio, une musique sauvage qui n’exclut pas la tendresse comme la fraternité.

Faites l’expérience…

Le Bex’tet : Round Rock, Le Triton/L’autre distribution


Promenade dans les musiques de notre présent

Michael Olatuja, bassiste, est né à Lagos, a vécu à Londres pour arriver jusqu’à New York et se situe au croisement de ces trois métropoles, cultures dont il veut tirer la substantifique moelle. Il propose un album qui démultiplie les sons, les musiques comme autant d’échos des rythmes de notre présent. « Lagos Pepper Soup », une soupe propre à la capitale du Nigeria, fait appel autant à Fela Kuti – il a invité Joe Lovano – qu’au jazz, qu’aux musiques du monde. Lionel Loueke, guitariste, un de ses amis, fait partie de cette fête dansante proche quelque fois de la transe pour faire bouger nos corps. Elle évoque la pop, le rock – sous toutes ses formes -, le jazz, la musique des Yorubas – chantée par Dianne Reeves – ou le Mali ou encore… Angélique Kidjo, invité du thème éponyme de l’album…

Il colle toutes ses influences pour construire un monde qui pourrait transformer la donne en intégrant toutes les cultures. Il veut réaliser une musique universelle mais il lui faut transcender toutes les références qui s’accumulent. Lagos est une capitale qui, à elle seule, pourrait réaliser la fusion nécessaire.

Le CD garde une spontanéité, une volonté de briser les chaînes, de casser les montagnes, de bousculer les habitudes qui donnent un goût de sauvagerie trop souvent laissé de côté. L’énergie, la joie de jouer est communicative. Oubliez vos préjugés, jetez-vous dans la soupe au poivre de Lagos.

Michael Olatuja : Lagos Pepper Soup, Whirlwind Records.

Nicolas Béniès

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