L’autre gauche : une radicalité sans perspectives ? (Chapitre 10 du livre de Chawqui Lotfi à son livre : Défis marocains)

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

L’autre gauche, celle qui se réclame des marxismes, n’est pas pour autant, dans la phase actuelle, en mesure de répondre aux défis de la situation. Composée essentiellement des courants issus de la tradition « marxiste léniniste » des années 1970, c’est le cas de la Voie démocratique ou plus récemment des traditions « trotskistes », elle n’a pu construire ou maintenir une visibilité publique dans des conditions difficiles. Pour autant, tout en affirmant leur soutien aux luttes populaires, y participant quand c’est possible, ces courants restent largement extérieurs aux dynamiques sociales existantes et ne constituent pas un début d’alternative crédible. Présentes dans les organisations établies syndicales ou associatives, leurs capacités d’action sont très limitées quand il s’agit des mouvements sociaux actuels. Elles ne pèsent pas d’une manière significative sur les événements sociaux et politiques. Leurs corpus idéologiques et politiques retardent sur les évolutions du réel. Plus qu’un retard, le risque est grand que les changements des conditions d’un combat pour l’émancipation ne peuvent être saisis, ni même entrevues.

Une gauche climatosceptique ?

La question écologique en est une des illustrations la plus frappante. On trouve bien des résolutions de congrès, des articles, des brochures sur l’écologie, mais cela ne change rien sur le terrain des tâches politiques. La crise climatique est pourtant la ligne de front à partir de laquelle il est possible et nécessaire de réélaborer un projet d’émancipation anticapitaliste crédible. Cette question inédite porte la possibilité d’une reconfiguration profonde des engagements collectifs et de nouvelles alliances, de nouvelles définitions de la portée et significations des luttes de classes. Il n’est pas possible de comprendre aujourd’hui les dynamiques sociales montantes sur une série de terrains sans voir les liens posés directement avec les questions socio-écologiques. Ni de déterminer les revendications immédiates relatives à l’emploi, à la santé, aux transports, à l’agriculture, au mode d’habitat, à l’exploitation des ressources naturelles, la production industrielle, au mode de consommation, et plus largement au mode de développement, sans définir leurs implications à court ou moyen terme sur les conditions écologiques de l’existence sociale.

Ce qui apparaît en filigrane lorsque l’écologie est abordée est soit une ignorance de la question, soit son usage, sans conséquence, de démonstration supplémentaire des méfaits du capitalisme. Mais sur le fond, cela n’a aucune conséquence pratique : ni en termes de construction d’un mouvement pour la justice climatique, ni dans les modalités de la critique des politiques mises en place, ni dans la mise en perspective d’une alternative antiproductiviste en lien avec des exigences anticapitalistes, ni dans la manière d’articuler les revendications dans un programme d’urgence sociale et démocratique1. Sans doute, prédomine encore une vision scientiste et quasi théologique, où une fois débarrassé du capitalisme, l’humanité résoudra ce problème comme les autres, même si d’ici là les effets majeurs de la crise climatique risquent de modifier qualitativement les possibilités et conditions d’une société juste et égalitaire.

La gauche radicale est en réalité climatosceptique ou « écologiste en surface », ignorant que les transformations actuelles du régime climatique sont en train d’avancer inexorablement vers le seuil d’irréversibilité, engageant les conditions même de reproduction de la vie humaine (et non humaine) sur la planète, et que même sans ce seuil, nous sommes déjà engagés dans un changement de grande ampleur, dont les conséquences seront majeures dans les décennies à venir2. Elle n’intègre pas, en cela elle est héritière d’un certain marxisme classique, ou des versions productivistes qui ont accompagné le mouvement ouvrier, la notion de « seuil » et de « limites ». La question des dégâts infligés à la biodiversité, à l’écosystème, de l’épuisement des ressources non renouvelables, des équilibres climatiques et le caractère d’irréversibilité et de changement d’échelle, n’est pas intégrée à une perspective de lutte, ni de changement.3

La tentation du campisme

On sent également une grande difficulté à repenser le (dés)ordre mondial dans sa réalité contemporaine. L’impérialisme aujourd’hui n’est pas celui analysé par Lénine, ni même celui de la Guerre froide et du monde de l’après-Yalta. Les analyses en termes de centre/périphérie ne permettent plus de saisir les reconfigurations majeures des places et fonctions dans les hiérarchies mondiales. En Amérique latine, si évidemment l’impérialisme américain est toujours une force principale, il y a également la constitution de sous-impérialismes régionaux dont le poids politique et économique va grandissant, c’est le cas en particulier du Brésil. À un autre niveau, la Chine est en train de devenir, au-delà de sa sphère immédiate d’influence, le vecteur d’une domination globale vis-à-vis de nombreux pays d’Afrique, de certains pays d’Amérique latine et cherche à se doter des attributs d’une puissance globale. Dans notre région même, les alliés historiques des États-Unis (Arabie saoudite, Turquie, Qatar) peuvent non seulement affirmer des intérêts distincts et cherchent à se poser comme des puissances régionales et pas seulement comme marionnettes dociles, au-delà des connivences stratégiques réelles avec les États-Unis et l’État d’Israël. Ces évolutions sont à la fois le produit direct ou indirect de l’affaiblissement relatif de l’hégémonie américaine, mais aussi le produit contradictoire de l’insertion dans la mondialisation capitaliste qui a ouvert l’espace à la consolidation spécifique de capitaux dépendants gagnant une autonomie relative, notamment dans leurs formes financières. Tout cela, certes ouvre la voie à la constitution d’un monde multipolaire.

Mais là où le bât blesse, c’est que ces évolutions et leurs contradictions sont pensées à travers une analyse « néocampiste » aux conséquences politiques problématiques. Une grande partie de la gauche radicale, au nom de la lutte contre l’impérialisme principal états-unien, en arrive à un positionnement acritique vis-à-vis d’États qui apparaissent comme des pays résistants à l’hégémonie états-unienne, voire à soutenir implicitement d’autres impérialismes. Le cas de la Syrie est emblématique. La critique des ingérences étrangères est sélective. Le régime d’Assad est parfois paré de vertus « nationales », « antisioniste  ». S’ajoute un refus de voir que les intérêts convergents des différents impérialismes, au-delà de leurs conflits interposés, est l’écrasement non seulement du processus révolutionnaire qui a émergé, mais de la possibilité même qu’il renaisse un jour des ruines actuelles. Si l’on revient à la séquence des processus révolutionnaires dans la région, ce qui apparaît de prime abord est la sortie du panarabisme. Bien sûr des solidarités se sont exprimées mais plutôt sur un terrain logistique : on s’entraide sur le savoir-faire, sur l’usage des réseaux sociaux, sur l’expérience de luttes, souvent d’une manière informelle, on accueille des réfugiés libyens ou syriens, on porte les drapeaux des peuples révolutionnaires, mais il n’y a pas eu de manifestations de masse ou de mobilisations spécifiques ni pour la Libye, ni pour la Syrie, ni pour le Yémen, ni aujourd’hui pour le Soudan et l’Algérie. Il y a plusieurs facteurs qui jouent : d’abord la conviction que les peuples doivent se débarrasser de leurs propres tyrans sans attendre que les peuples frères viennent les libérer, la Palestine est passée par là, mais aussi une perception différente du monde. On s’adresse bien sûr aux peuples des États historiquement alliés des dictatures, mais aussi plus largement aux peuples sur la base de valeurs universelles qui sont tout simplement celle du respect du droit, de la justice, de la liberté et la dignité, du droit à l’autodétermination sociale et politique qui sont, point par point, contraires à l’ordre mondial « réellement existant ». Cette dimension universelle s’oppose à la prégnance du campisme et soulève une question majeure : quel sera l’avenir des révolutions sur la durée et des possibilités de dépassement de la crise de la perspective d’émancipation, si au cœur des processus réels, les impérialismes et les états réactionnaires apparaissent comme les seules forces belligérantes ?

En Amérique latine et centrale, le soutien à Madero, Ortega (ou Lula) rappelle les positions de la « vieille époque ». Critiquer ces pouvoirs, dont les politiques réelles sont antipopulaires, revient soit à se placer comme allié objectif de la droite et de l’impérialisme américain, soit à affaiblir le camp de la résistance4. Même si dans aucun de ces pays, il n’y a eu de ruptures réelles avec les États-Unis et que leurs multinationales ont tissé des liens étroits avec leurs couches dirigeantes. Madero n’est pas la continuité du chavisme d’origine, pas plus que le PT n’est une force ayant gardé un ancrage de gauche ou Ortega l’héritier du sandinisme militant. Il ne s’agit pas évidemment de nier que les droites réactionnaires cherchent à être à l’offensive, mais réduire les mouvements populaires et les contestations sociales à des stratégies de déstabilisation menées par l’impérialisme et ses relais est faux et réducteur5.

On se retrouve dans une perspective politique sans option alternative. Le choix binaire est simple : être avec les régimes qualifiés trop rapidement de « progressistes » ou « indépendants » ou bien avec l’impérialisme. La géopolitique efface la lutte des classes. Dès lors la lutte contre l’ennemi principal autorise le soutien à des États qui sont des adversaires parfois meurtriers de leurs propres peuples ou on s’enferme dans une neutralité ambiguë. Ce sont les termes d’un raisonnement en termes de « camps » même si tous ces États sont liés à des impérialismes différents. Et la théorie du complot n’est jamais loin. Plus inquiétant, ce type de positionnement est révélateur d’une démarche d’ensemble où le bilan réel des « expériences progressiste » du 20e siècle n’est pas réellement tiré, malgré la « chute du mur de Berlin ». Ce choix campiste s’interdit, dans la complexité du chaos géopolitique, de penser les formes politiques possibles des combats internationaux en termes de solidarité concrète, en toute indépendance des États.

Une lecture inachevée et sélective des contradictions sociales

Les courants marxistes marocains restent, au-delà de leurs formulations propres, attachés à une conception restrictive de la lutte des classes qui n’évite pas une lecture parfois schématique des contradictions sociales. Les classes pourtant n’existent pas préalablement et indépendamment de leurs luttes, comme des objets ou de simples produits de structures économiques. La notion de « moteur de l’histoire » doit être dissociée d’une conception scientiste qui verrait la lutte des classes, comme une sorte de « loi naturelle », s’imposant de l’extérieur comme un mécanisme objectif des rapports de production. Ce moteur ne prédit aucun résultat de la lutte, ni même ses configurations concrètes, et encore moins ses dynamiques internes. Par ailleurs, la notion de lutte de classe doit intégrer comme élément constitutif, non pas seulement ce qui relèverait en apparence des processus économiques (le rapport aux moyens de production), mais articuler les facteurs sociaux, culturels, symboliques qui rentrent dans l’existence et la trame concrète des rapports sociaux réels. Notre approche récuse, par ailleurs, les distinctions rigides comme des niveaux et étages séparés, entre le « bas » et le « haut », l’« infrastructure » et la « superstructure », liés par une dialectique sommaire de simples influences réciproques.

Les approches dominantes sont dans l’incapacité de saisir, ni même d’envisager que les moteurs, et non pas le moteur, de la transformation sociale, sont multiples et combinés. Ou si l’on veut, que la lutte des classes a elle-même plusieurs moteurs. Ce qui détermine, dans une conjoncture spécifique, son essor renvoie à des structures complexes de contradictions et à l’émergence d’une configuration où les terrains qui la cristallisent ne sont pas fixés a priori. Ainsi, on a pu voir comment aujourd’hui au Chili, c’est l’essor sans précèdent d’un mouvement de masse féministe qui active toute la chaîne des contradictions et pose d’emblée les enjeux, défis et forces potentielles d’une nouvelle représentation de lutte et modifie les coordonnées générales de la situation.6

Analyser les dynamiques sociales réelles impose aussi une prise de distance avec les catégories qui cherchent à les décrire à partir d’une lecture en termes de contradictions fondamentales, principales et secondaires. Non pas qu’il ne soit pas utile de penser les fondements sociaux et matériels d’une politique hégémonique, ni de cerner les axes qui permettent de cibler les enjeux principaux dans une conjoncture concrète et de concentrer les forces sur un objectif déterminé. Ces catégories, en effet, se construisent à partir d’une compréhension étroite de la « contradiction fondamentale », celle qui oppose, dans le cadre des rapports de production capitaliste, la « bourgeoisie » et la « classe ouvrière ». Or, il ne faut pas ignorer le fondement réel de cette contradiction et son espace de déploiement. Une contradiction fondamentale ne peut être saisie que dans le procès d’ensemble de la reproduction sociale, politique et économique du capital. Elle concerne les modalités d’expansion de l’accumulation du capital dans le travail et hors du travail, dans l’ensemble du champ social. Elle concerne à la fois le terrain de production de la plus-value et de sa réalisation, en même temps que les conditions systémiques qui permettent la reproduction d’ensemble de la force de travail et de l’ordre social de la propriété. De sorte que les questions structurantes des conditions de vie, en termes de santé, de logement, de transport, de loisirs, de pollution, d’éducation, d’accès à l’emploi et aux services publics, de division sexuelle de travail, ne sont pas extérieures à la contradiction fondamentale.

Les catégories utilisées, en termes de « contradictions principales ou secondaires » ne permettent pas de saisir le potentiel et la signification politique des mouvements sociaux actuels. Ces derniers sont perçus et considérés seulement comme des formes de résistances ou perçues comme des bases sociales potentielles d’un front populaire. Elles ne permettent pas de penser autrement les rapports entre mouvements sociaux et luttes de classes. La question n’est pas de ramener la marge à un supposé centre, ni de chercher ce que pourrait être une alliance des populations marginalisées ou d’autres secteurs sociaux avec le combat de la classe ouvrière, mais en quoi ces mouvements sont en train de dessiner le possible renouveau, la genèse d’un nouveau mouvement ouvrier (au sens politique et non sociologique étroit) et populaire sous des formes inédites. En somme d’être un des pivots stratégiques de la reconstruction politique d’un mouvement de contestation et d’émancipation globale.

Dans l’analyse des contradictions faite par une partie de la gauche marxiste, du moins de ses composantes majoritaires, avec les conclusions qu’elle en déduit sur le terrain politique, on ne peut dénouer deux contradictions en même temps et chacune nécessite une voie de résolution et des tâches spécifiques. La résolution de la contradiction principale est le préalable logique et historique de la résolution de la contradiction fondamentale. Derrière cette théorisation sont pensées ainsi les étapes d’un processus historique d’ensemble dans une logique formelle qui hiérarchise et fixe comme des lois ce qui est supposé être fondamental, principal et secondaire. Elle réduit le mouvement réel à de simples expressions générales de caractéristiques prétendues objectives. Cette approche ne permet pas de comprendre les connexions internes, les rapports de différenciations et de réciprocité, les formes d’entrelacement et de combinaison des contradictions dans une totalité ouverte. Elle remplace une logique dynamique de la multiplicité des déterminations et de leurs articulations par une logique classificatoire.

Loin de permettre une analyse concrète de la situation, elle saisit d’une manière statique les ressorts et les formes d’expression de la contradiction fondamentale. Sans être en capacité d’intégrer, si ce n’est d’une manière périphérique, les autres dimensions systémiques de la conflictualité sociale. Plutôt que la distinction « principale/secondaire », il est peut-être plus approprié de noter qu’une série de contradictions existent, qui ne relèvent pas de la même temporalité, de la même échelle historique, mais qui, tout en ayant leurs spécificités et efficacités propres, sont étroitement imbriquées ou surdéterminées pour reprendre l’expression d’Althusser, par la logique dominante du capital. Et que d’autre part, les formes d’expressions politiques des contradictions sociales ne peuvent être saisies indépendamment du mouvement réel qui les exprime et façonne. Une telle approche offrirait la possibilité de penser une politique hégémonique où le rassemblement des figures sociales de l’antagonisme nécessaire répond à une politique de combinaison et d’articulation. La dialectique de la totalité plutôt que celle des cases et des cages. Plus largement, ces catégories freinent la possibilité d’appréhender la nature des défis qui se posent, y compris sur les questions concrètes des alliances, des fronts, des forces sociales motrices, des modalités de reconstruction d’une alternative d’émancipation. Elles ne permettent pas de saisir la transformation des questions sociales et démocratiques, les changements même du contenu et des perspectives d’une révolution démocratique et sociale.

 

Chawqui Lotfi : Défis marocains

Mouvements sociaux contre capitalisme prédateur

Editions Syllepse, Paris 2020, 264 pages, 20 euros

https://www.syllepse.net/defis-marocains-_r_22_i_810.html


Pour rappel :

Introduction : introduction-de-chawqui-lotfi-a-son-livre-defis-marocains/ 


1. Ainsi un des exemples de la non-assimilation de la critique écologiste radicale se révèle sur le positionnement concernant la Samir (Société anonyme marocaine de l’industrie du raffinage) objet d’une cessation d’activité. Au nom de la défense de l’emploi ou/et de l’indépendance énergétique est revendiquée la nationalisation de la Samir ou le maintien de son activité. Or la question qui se pose est comment lier la défense légitime de l’emploi et le refus d’une politique énergétique basé sur l’usage des combustibles fossiles. Cette question concerne bien au-delà de la Samir, une série d’entreprises du secteur industriel, l’OCP (Office chérifien des phosphates) en étant un autre cas de figure important. Il n’y a pas de réponses simples sur la manière de lier maintien des emplois, transition énergétique, reconversion technologique et productive, c’est le type de contradictions concrètes et questions nouvelles sur lesquelles il y a un angle mort au sein de la gauche.

2. Il est intéressant de noter que la pensée stratégique militaire habituée à intégrer une prospective à quatre ou cinq décennies est en train d’élaborer les nouvelles configurations des conflits suite aux effets à venir du changement climatique. L’adversaire a toujours un terrain d’avance.

3. Sur cette problématique, voir Michael Lowy, L’éco-socialisme, Paris, Mille et une nuits, 2011. Également sur la densité et l’actualité des luttes écologiques dans la région arabe, voir Luiza Toscane : https://blogs.mediapart.fr/edition/revolutions-dans-le-monde-arabe

4. Voir Frédéric Thomas, « Anatomie d’un discours : l’allié objectif », www.cetri.be

5. Lire, par exemple, Emiliano Teran Mantovani, « Révolution bolivarienne 2014-2018 : le grand tournant », www.contretemps.eu/venezuela-evolution-neoliberale/

6. Carolina Olmedo et Luis Thiellemann, « Chili. Un féminisme venant du Sud », www.contretemps.eu/chili-revolution-feministe/

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