Un système dans lequel chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins

« Tout oublier ? ». Dans son éditorial, Sabine Panet revient sur l’année 2020, « pour beaucoup un cauchemar. Pandémie, maladie, deuil, épuisement, incertitude, angoisse, précarisation », sur les vertus de l’oubli, « L’oubli fait le tri dans les tiroirs de notre cerveau : il hiérarchise, sélectionne les événements passés, retient ceux qui nous aident à comprendre le présent ». L’enfouissement peut aussi signifier occultation de réalités qui peuvent ressurgir et entrainer des souffrances, « Mais lorsque l’oubli est impossible, c’est parfois que l’épisode fut douloureux ou traumatique, la mémoire ne parvient pas à s’enclencher, la douleur envahit notre présent, se répète comme un disque rayé, nous paralyse ». 2020 c’est aussi de la solidarité, des entraides, des conversations et des récits, « Ce sont des récits de colère, de rage, de tristesse et aussi de générosité, de liens, mille vaillantes petites stratégie de résistance. Ces récits, comme des mailles, tissent une mémoire à hauteur d’humanité »…

Dossier : Mieux que le père Noël : la sécurité sociale

Je ne connais pas les différences entre les institutions françaises et belges en matière de sécurité sociale. Manon Legrand indique que « la sécurité sociale est censée apporter une protection contre les risques de la vie », qu’elle mériterait d’être améliorée « pour tenir compte des réalités de vie des femmes et des personnes vulnérables », que la pandémie du Covid-19 a mis en lumière des fragilités et des manques.

« La sécurité sociale, moyen solidaire de protection des citoyen·nes contre les aléas de la vie, est menacée depuis une trentaine d’années par les politiques d’austérité et des orientations néolibérales : diminution des cotisations patronales, réduction du degré de couverture, entre autres mesures ». L’autrice souligne que la pandémie a montré que la sécurité sociale ne protège pas tout le monde de la même façon, « parfois pas assez, ou pas du tout », que les règles sont pensées sans les femmes. Elle discute du statut injuste de cohabitant·e, de non individualisation es droits sociaux. Elle ajoute que l’« aide sociale » ou la « protection sociale » ne sont pas la sécurité sociale, que l’allocation universelle ne fait pas partie de la sécurité sociale…

Fanny Dubois, secrétaire générale de la Fédération des maisons médicales parle, entre autres, de ces « centres de santé autogérés et pluridisciplinaires », de la responsabilité de la société en matière de risques et d’injustice, des droits des individus « dans une logique de solidarité, de pot commun », des métiers invisibles et socialement peu valorisés, de mutualisation des ressources, de droit universel à la santé, « la sécurité sociale est un système dans lequel chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins », de l’importance des maisons médicales, de la prise en considération de tous les déterminants de la santé…

Un article est consacré à l’analyse critique du programme du gouvernement Vivaldi formé le 30 septembre 2020.

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • 41ème anniversaire de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Qu’en est-il en Belgique ?

  • La roumaine et l’avortement, « un droit en voie de disparition », les praticien·nes qui refusent de pratiquer des IVG au nom de « l’objection de conscience » ou de la « clause religieuse », les impacts de la crise sanitaire…

  • Quand les animaux aident à dépister les violences domestiques, « la violence sur les animaux sont des marqueurs de violence sur les humains », la domination des êtres vulnérables, « Il s’agit en fait d’un être vivant qui en prend d’autres pour objet », l’installation de la terreur, les liens entre violences domestiques et maltraitance animale, « un sujet méconnu dans les pays francophones », des initiatives et des pistes, « Autant un enfant aura énormément de mal à dénoncer les violences commises par un parent, autant il pourra dire facilement que l’animal de la famille est maltraité. Pour les professionnels qui l’écoutent, ce sera un signal »…

  • Hommes entre eux et en choeur de femmes. Un entretien avec Martine Delvaux autrice de « Le boys club », le théâtre des hommes ensemble, les mouvements orchestrés au nom du pouvoir. Pour l’autrice il s’agit « d’essayer de sortir les hommes de nos têtes, de cesser de vouloir exister dans leurs yeux à eux, et pour eux », de cesser de penser un épisode de violence sexuelle comme une expérience exceptionnelle ou singulière mais bien comme un « élément » de la culture du viol… (En complément possible, ma note de lecture : privilege-et-impunite-arrogance-et-haine-debridee-misogynie-et-racisme-rivalite-et-solidarite/)

  • Politique étrangère féministe : un concept qui n’a pas fini de faire parler de lui.

  • Les douze plaintes journalières pour viol, la pointe de l’iceberg des viols.

  • No-Body is Wrong et la dénonciation des injonctions sur le corps des femmes et les violences qui leur sont faites à l’aide de la danse, de groupes de parole et de webinaires.

  • Le soutien des Ligues Ouvrières féminines Chrétiennes aux ouvrières de la Fabrique Nationale d’armes d’Herstal, « à travail égal, salaire égal ».

  • et toujours de riches rubriques : actualités révoltante, culture et informations internationales

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axelle 234, décembre 2020, http://www.axellemag.be

Autres numéros : /revue/axelle/

Didier Epsztajn

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