Musiques dites religieuses

Des messes, des requiems, des Stabat Mater, de Salve Regina, des cantates, des passions…

Je ne m’intéresse pas ici aux textes, mais à ces musiques et leurs alliages sonores, ces mélanges particuliers de solistes, de choeurs et d’instruments. Beaucoup d’émotions même pour des écoutes purement profanes.

Déambulations dans quelques œuvres et interprétations, une invitation à écouter et partager ces versions ou d’autres que vous ne manquerez pas de signaler…

Pergolesi : Stabat Mater

Une version avec une soprano Rachel Harnisch et une contralto Sara Mingardo. Les voix se répondent, se complètent dans l’environnement musical assuré par le chef d’orchestre. J’aime ces combinaisons de timbres qui donnent aussi à cette œuvre un caractère théâtral.

Pour celles et ceux qui préférerait la voix d’un contre-ténor, je rappelle la très belle version de Christophe Rousset avec Les Talents Lyriques, Andreas Scholl (contre-ténor) et Barbara Bonney (soprano), comportant aussi un Salve Regina. Cd Decca, enregistré en février 1999.

J’écoute toujours aussi avec une grande émotion, la version dirigée et chantée par René Jacobs (haute-contre) avec le Concerto Vocale et le sublime Sebastian Henning (soprano enfant) doit la voix transforme la portée même de cette musique. J’ai découvert l’oeuvre dans cette version parfois déchirante. (Cd Harmonia Mundi – musique d’abord)

En complément sur ce Cd, un concerto pour violon interprété par Guiliano Carmignola et un Salve Regina avec Julia Kleiter (soprano)

Cd Pergolesi, orchestra Mozart, direction Claudio Abbado, enregistré en novembre 2007, Archiv Produktion


Francis Poulenc : Stabat Mater et Sept Répons de Ténèbres

Carolyn Sampson (soprano), Capella Amsterdam, Estonian Philharmonic Chamber Choir, Estonian National Symphony Orchestra, direction Daniel Reuss. Une musique principalement pour choeur. La force du collectif.

Si l’inspiration dans les Sept Répons renoue avec les grands motets du baroque français, il s’agit bien d’une musique inscrite dans le XXème siècle. Il en est de même du Stabat Mater intégrant à la fois des formes polyphoniques « anciennes », des tonalités crues héritées d’Igor Stravinsky ou des phases plus classiques. Une dramaturgie saisissante.

Cd Francis Poulenc, enregistré en 2012, Harmonia Mundi 2014


Ludwig van Beethoven : Missa Solemnis

Nikolaus Harnoncourt avait déjà enregistré cette messe durant le festival de Salzburg en juillet 1992 avec The Chamber Orchestra of Europe et avec le même choeur qu’ici – Arnold Schoenberg Chor. Les tempos y était souvent plus large que ceux d’aujourd’hui.

Outre des solistes différent·es – aujourd’hui : Laura Aikin (soprano), Bernarda Fink (contralto), Johannes Chum (ténor), Ruben Drole (basse) – c’est à mes yeux, l’orchestre qui permet une intériorité plus grande. Le Concentus Musicus Wien et ses instruments d’époque confère une plastique et une réactivité que même l’excellent Chamber Orchestra of Europe ne possède pas.

Pour entendre ce qui est presque invisible…

Cd Ludwig van Beethoven : Missa Solemnis, enregistrée en juillet 2015, Sony 2016


Il y a un grand mystère pour moi qui n’ai ni penchant mystique ni religieux. Cette musique me semble si familière, si humaine dans l’utilisation des voix et des choeurs. J’ai découvert cette œuvre avec la version antérieure de Nikolaus Harnoncourt, puis je suis resté fidèle à cette interprétation du Tölzer Knabenchoret la Petite Bande dirigés par Gustav Leonhardt. Les solistes sont Christoph Prégardien (ténor), Max van Egmond (basse), René Jacobs (alto), David Cordier (alto), Marcus Schäfer (ténor), John Elwes (ténor), Klaus Mertens (basse), Peter Lika (basse), Christian Fliegner (soprano), Maximilian Kiener (soprano).

Un monde musical toujours à explorer…

Triple Cd : Jean Sébastien Bach : Passion selon St Mathieu, enregistré en 1989, Deutsche harmonia mundi 1990


Un hymne puissant interprété par le Musica Antiqua Köln dirigé par Reinhard Goebel et le Gabrieli consort & players dirigé par Paul McCreesh.

Une orchestration impressionnante, des moyens vocaux peu communs, une reconstitution d’un « monstre musical » et de multiples interrogations subsistant sur ce qui reste de cette partition…

Cd Heinrich Ignaz Franz Biber : Missa salisburgensis, Archiv 1998


Du coté du drame et des expressions profanes et populaires, cette messe reste pour moi une énigme. La forte présence de l’orgue – Jaroslav Vodrážka, les choeurs – Czech Singer’s Chorus, les solistes – Libuše Domanĭnská, Vĕra Souskupová, Beno Blachut, Eduard Haken, le rythme soutenu par le Czech Philharmonic Orchestra conduit par Karel Ančerl, tout concoure à me plonger dans un univers bien peu spirituel…

Il y a ici une force bien terrestre pour ne pas dire humaine…

Cd Leos Janácek : Glagolitic Mass, Supraphon / Fidelio


Il existe aujourd’hui de nombreux enregistrement du requiem de Wolfgang Amadeus Mozart. Les versions diffèrent par l’instrumentation et les écritures complémentaires au manuscrit. Plusieurs autres caractéristiques peuvent être aussi soulignées, le choix des instruments, la place des solistes, la vitesse d’exécution, etc…

Il s’agir ici de la version mise en forme par Franz Beyer.

Les solistes sont Ingrid Schmithüsen (soprano), Catherine Patriasz (alto), Neil Mackie (ténor), Matthias Hölle (basse). Le Nederlands Kamerkoor et l’orchestre de La Petite Bande sont dirigés par Sigiswald Kuijken.

J’aime beaucoup cette version pour sa tension dramaturgique, ses rythmes relativement contenus, l’équilibre entre les voix et les instruments.

L’écoute de plusieurs versions, me semble utile, pour apprécier toutes les facettes de cet ouvrage. Il s’agit donc d’une simple proposition, dans les versions que je connais, en attendant d’autres préconisations éclairées…

Cd Wolfgang Amadeus Mozart : Requiem KV 626, enregistré en octobre 1986, Accent


L’alchimie mystérieuse et puissante des voix en choeurs sans autre instrument.

Des pièces de John Browne, William Cornysh, John Taverner, Christpher Tye. Des musiques écrites au début de la période historique nommée Renaissance.

Je ne sais quelle ferveur religieuse inspirait ces compositeurs. Ce qui nous atteint aujourd’hui est pour moi un éblouissement sonore…

Double cd The Tallis Scholars sing Tudor Church Music. Volume 1, Gimell

Didier Epsztajn

 

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