Editions Syllepse : Le journal de demain n°10

DÉFIS MAROCAINS

Mouvements sociaux contre capitalisme prédateur

Chawqui Lotfi

Le Maroc pourra-t-il éviter des contestations majeures, plus profondes et plus radicales, que celle amorcée en 2011 par le Mouvement du 20 février dans le sillage des processus révolutionnaires qu’a connu la région?

Les résistances populaires dans le Rif, la multiplication des mouvements sociaux, les nouvelles formes d’organisation et d’action attestent de l’ébullition sociale qui couve au Maroc.

La monarchie en place voit, au-delà des apparences, son mode de domination ébranlé et atteindre ses limites. Son modèle de développement basé sur un capitalisme patrimonial, distribuant prébendes et entretenant un clientélisme élargi, adossé à un régime policier, connaît une crise majeure renforcée par son insertion dans la mondialisation actuelle.

Ce capitalisme de copinage, en grande partie prédateur, déstabilise les rapports de l’État marocain au corps social, sape les fondements de sa légitimité.

Analyser et comprendre ces particularités marocaines dans ses différentes facettes, c’est ce que cet ouvrage propose dans un premier temps.

Pour autant, malgré l’émergence de la question sociale comme question politique fondatrice ouvrant de nouvelles possibilités politiques, aucune alternative ne semble se dessiner tant les forces candidates à la transformation du système restent enfermées dans des schémas qui relèvent d’une autre réalité historique, celle du siècle passé.

La société marocaine contemporaine offre une nouvelle complexité sociale que l’auteur se propose de déchiffrer et propose d’en tirer des éléments de réflexion nécessaires à un projet d’émancipation du 21e siècle en partant des défis actuels et de ce que nous apprennent les mouvements sociaux.

https://www.syllepse.net/defis-marocains-_r_76_i_810.html

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BALAYONS LES ABUS

Expérience d’organisation syndicale dans le nettoyage

Marielle Benchehboune

« Bon, les filles, on n’a rien à perdre. Notre fiche de paie est déjà vide. Moi toute seule, ils vont me virer. Toi toute seule, ils vont te virer. Mais si on est toutes ensemble, ils ne pourront rien faire. »

Lorsque Aissatou, femme de chambre d’un hôtel, décide de rejoindre le syndicat, elle ne pensait pas se retrouver avec ses collègues, à préparer la lutte.

Rencontres, tête-à-tête, réunions, élections de porte-parole, formations, actions collectives, entraînement à la négociation…

Marielle Benchehboune décrit comment ces femmes salariées ont trouvé les capacités individuelles et collectives d’agir face aux injustices dont elles sont victimes.

L’histoire des femmes de ménage d’un des plus grands centres commerciaux d’Europe, celle des femmes de chambre de sept hôtels ou encore celles des femmes agents de service hospitalier d’une clinique de l’ouest lyonnais racontent comment il est possible de s’organiser et de gagner.

https://www.syllepse.net/balayons-les-abus-_r_64_i_813.html

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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET RECHERCHE EN LUTTE

De Mai 68 à l’actuelle LPPR

Depuis la fin de l’année 2019, le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) se mobilise contre un énième projet de réforme néolibérale : la LPPR, ou loi de programmation pluriannuelle de la recherche. Après avoir ignoré les revendications de la communauté scientifique, essuyé les avis défavorables de différents comités consultatifs, et profité de la désorganisation générée par l’épidémie de Covid-19 dans les établissements d’enseignement supérieur, la ministre Frédérique Vidal opte pour le choix du passage en force. Le projet de loi est donc finalement discuté et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale au mois de septembre 2020, agissant avec un violent et profond mépris adressé, une fois de plus, à un secteur du service public qui refuse les réformes néolibérales qui lui sont imposées. Or, ce projet a ceci d’inquiétant qu’il menace sérieusement les libertés académiques en assujettissant davantage les personnels et les structures aux intérêts privés, tout en aggravant la précarité des conditions de travail, sous prétexte, bien sûr, d’une meilleure « compétitivité » sur la scène internationale.

Tout en éclairant les enjeux politiques de ce projet de réforme, le dossier de ce numéro entend inscrire les récentes mobilisations dans le prolongement historique des luttes de l’ESR depuis Mai 68. À partir de témoignages et de textes plus théoriques, le dossier rend compte des débats, des expériences et des réflexions qui ont marqué la période considérée. Il apparaît que les sciences ne sont plus présentées comme des « être magiques », sûrs d’eux mêmes, évoluant hors de la société. Elles sont ici le produit d’une activité simplement humaine, traversée par des relations de pouvoir, de domination et d’exploitation à l’intérieur d’une économie capitaliste dont les structures et les modes de gouvernance évoluent. Si les contributions réunies se veulent peu optimistes quant à l’avenir de l’ESR en France, elles laissent pourtant entrevoir des pistes de réflexion qui, peut-être, permettront de préparer les résistances et les victoires futures. 

En assumant leur dimension fragile et vulnérable, et donc en abandonnant une bonne fois pour toutes leurs prétentions scientistes dont les échecs ne sont plus à démontrer, les sciences et leurs travailleurs peuvent en effet trouver les conditions pratiques et théoriques pour lutter avec et aux côtésdes luttes sociales dans leur ensemble, des quartiers populaires aux luttes écologiques et environnementales.

Pour autant, il n’est pas ici question d’en finir avec la science en tant qu’idéal démocratique d’émancipation. Il convient plutôt de reconsidérer la façon dont elle compose le monde avec ceux et celles qui y habitent. Comme l’écrit la philosophe féministe Donna Haraway : « La science a été utopique et visionnaire depuis le début ; c’est une des raisons pour lesquelles « nous » en avons besoin ». 

https://www.syllepse.net/enseignement-superieur-et-recherche-en-lutte-_r_21_i_840.html

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LE ROND-POINT DE SAINT-AVOLD

Nous, Gilets jaunes, nos premiers 600 jours

« Qui aurait pu imaginer que nous tiendrions si longtemps ? Une ténacité pareille face à ces faiseurs de misère ? Sommes-nous des héros de BD ? Astérix et Obélix ? Non ! Nous ne sommes que des personnes ordinaires prises dans un rude combat pour la justice ».

Tel est le témoignage de l’une des dizaines de personnes qui ont pris le stylo pour se livrer, partager leur combat et les moments forts de la vie sur les ronds-points, laisser une trace dans l’histoire.

Pas de leçons de morale, pas d’héroïsme, simplement la vie de centaines d’anonymes qui n’auraient jamais pensé auparavant faire la une mais qui ont trouvé la force et le courage de se rebeller d’abord, et de tenir, ensuite, contre vents et marées.

Car le rond-point de Saint-Avold, qui est le héros de ce récit, a tenu plus d’un an et demi et, bien que la dernière cabane ait été démantelée le 27 mai 2020, beaucoup de Gilets jaunes y croient encore et continuent la lutte.

Ce livre est exceptionnel car il est écrit à une centaine de mains, fait de bouts de papier et de souvenirs rassemblés ici ou là. Les écrivains en herbe sont anonymes ou cités par leurs prénoms.

Dans l’esprit Gilet jaune, personne ne se met en avant, c’est le « nous » qui parle. Des points forts comme des points faibles, des défauts comme des qualités. Avec un langage accessible à tou·tes, résonnant immédiatement avec l’expérience de tout·e un chacun·e.

Malgré le très grand nombre d’auteurs et d’autrices, le récit se lit d’une traite, comme un roman dont on voudrait suivre chacun des épisodes et connaître la fin. Même si l’on sait, dès le début, que ça ne se termine pas par la révolution, on vit les espoirs et déconvenues des un·es et des autres, on sympathise, on apprend et on comprend. On rigole aussi parfois. Et on se met à imaginer : et si…

Il y a un message politique fort dans cet ouvrage, mais le·la lecteur·trice reste libre d’en tirer ses propres conclusions.

Le sens politique de ce mouvement, avec ses exigences, reste une interrogation. Écrit ensemble par les acteurs et les actrices mêmes de ce mouvement, ce livre est une analyse de la société d’aujourd’hui.

Les nombreuses photographies, qui ponctuent le livre, donnent un visage au récit des femmes et des hommes du rond-point de Saint-Avold.

Une chose est sûre : l’humanité est l’encre de ce récit, celle qui devrait nous guider pour penser le monde.

https://www.syllepse.net/le-rond-point-de-saint-avold-_r_21_i_837.html

« Introductions » : Le Rond-Point de Saint-Avold. Nous, gilets jaunes, nos 600 premiers jours :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/28/introductions-le-rond-point-de-saint-avold-nous-gilets-jaunes-nos-600-premiers-jours/ 

Note de lecture :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/11/09/jveux-du-soleil/

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LE TUNNEL.
L’histoire vraie d’une évasion de prison

SOYEZ COMPLICES

Le 9 juillet 1990, Víctor Polay Campos et 47 membres du Mouvement révolutionnaire Túpac Amaru (MRTA) s’évadent d’une prison de haute sécurité à travers un tunnel long de plus de 300 mètres.

Ce tunnel, creusé depuis l’extérieur de la prison, a mobilisé des dizaines de « taupes » qui, dans le plus grand secret, ont vécu dans les entrailles de la terre pendant des mois et des mois.

Peu après l’évasion, le MRTA fait appel au journaliste et écrivain péruvien Guillermo Thorndike pour raconter cette histoire. Journaliste respecté, auteur de récits historiques sur les mouvements révolutionnaires, d’enquêtes, écrivain au style très affirmé, l’auteur va livrer un récit puissant de cette aventure.

À la fois roman vrai de la préparation minutieuse de cette évasion, des efforts hors du commun nécessaires à son aboutissement, mais aussi évocation puissante du Pérou de ces années de conflit et de guérilla, de tortures et de prison, Le Tunnel s’inscrit dans la tradition de la crónica latino-américaine mais aussi dans celle, plus large, de la non-fiction littéraire et du nouveau journalisme.

Des maquis de la guérilla aux sommets andins, en passant par les rues de Lima et les murs de la prison de Canto Grande, Le Tunnel se veut fidèle à la réalité. Le récit rend hommage à ces hommes et à ces femmes en invitant à une exploration littéraire teintée de réalisme magique de cette histoire de terre, de larmes, de sang, mais aussi d’espoir, de courage et d’amour.

Le récit est accompagné 14 illustrations à l’encre de Chine d’Aurélien Gomez

ÉVADEZ-VOUS

« Pour écrire ce livre, son auteur n’a pas eu besoin de recourir à la fiction. Les éléments qui font la matière du Tunnel procèdent du bouillonnement des années 1990 au Pérou, faites de conflit armé et de luttes sociales.

On lira l’histoire de la poignée de militants qui, trois ans durant, arrachèrent leurs secrets aux entrailles de la terre et creusèrent ce long tunnel de la liberté.

Dans le plus grand secret, Guillermo Thorndike, journaliste de renom et écrivain prolifique, fut contacté et accepta d’écrire le livre.

Un jour, il disparut. À l’exception de son épouse, personne ne sut qu’il avait été absorbé par l’écosystème clandestin du MRTA.

L’écrivain et son personnage furent installés dans une pièce suffisamment grande pour permettre à deux personnes d’y cohabiter convenablement sans devoir sortir. Ils demeurèrent cloîtrés sept jours, sept jours hallucinants. »

https://www.syllepse.net/le-tunnel-_r_21_i_816.html

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Bonne lecture après un détour chez votre libraire habituel

Editions Syllepse

69, rue des Rigoles – 75020 Paris


O1 44 62 08 89


Diffusion : Sofédis / Distribution : Sodis

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