Communiqués de Solidaires et de la CGT : Face au covid et à ce pouvoir / Pour le président de la République, c’est l’économie d’abord quoi qu’il en coûte en vies humaines

Face au covid et à ce pouvoir

Le covid se répand à nouveau d’une façon exponentielle. La crise sanitaire est grave. La première des priorités doit être la lutte pour limiter la contagion. Il faut faire en sorte que le maximum de vies soient épargnées et faciliter le travail du personnel de santé. La pauvreté explose depuis le début de l’année en France. Nous savons que ce sont les plus précaires, les plus démuni∙es, les « sans » qui vont encore subir le plus la situation.

Des mesures immédiates

Dans cette situation le gouvernement ne prend pas les mesures d’urgences nécessaires et réclamées depuis des mois.

Pour lutter contre le COVID : gratuité des masques, renforcement massif des moyens pour les hôpitaux dont la réquisition des cliniques privées, mises en place de protocoles sérieux avec les moyens humains et matériels dans les établissements scolaires, multiplication des moyens de transport publics permettant une réelle distanciation physique…

Pour lutter contre la crise économique et sociale : augmentation des minimas sociaux et du smic, abrogation de la réforme de l’assurance chômage, accès au RSA dès 18 ans, chômage partiel indemnisé à 100%, interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices, conditionnement social et écologique des aides et subventions aux entreprises…

Pour financer tout cela, allons chercher l’argent là où il se trouve, à commencer par les plus riches, en recréant par exemple un Impôt Sur la Fortune (ISF) qui inclut les revenus mobiliers et les dividendes.

Les travailleuses et travailleurs doivent décider

On nous dit qu’il faut que les décisions viennent d’en haut pour qu’elles soient efficaces. Dans la réalité on voit au contraire l’inefficacité de protocoles décidés par en haut, loin du concret et du réel. Les employeurs ont la responsabilité de protéger les salarié∙es. Mais ce sont les personnes qui travaillent, à partir des informations claires sur la situation, qui sont aptes à déterminer les bons protocoles et le fonctionnement à avoir. C’est à la base, avec les syndicats, que les choses doivent se décider, par des instances comme les CSSCT ou CHSCT ou par des mobilisations si nécessaire.

Santé ou économie ?

L’activité économique est une des composantes essentielles à la vie en société. Mais le gouvernement, en lien avec le Medef, cherche avant tout à préserver les grandes entreprises capitalistes. Il y a d’autres choix possibles. Au lieu de garantir les dividendes et d’accorder des aides sans conditions ni contrepartie (garantie sur l’emploi), la priorité doit être dans la période de préserver les personnes, et, pour stopper la contagion, de distinguer ce qui relève des activités essentielles et utiles et de ce qui ne l’est pas.

Le capitalisme et les gouvernements successifs sont responsables

N’oublions pas qu’une partie des mesures qui doivent être prises aujourd’hui est liée aux manques de lits de réanimation, aux manques de moyens et de personnels du service public de santé. La dégradation continue des services publics au nom de la « rentabilité », en particulier dans la santé et le social, a des conséquences bien réelles. Ces politiques du court terme tuent sur le moyen terme.

Et après, comment on s’en sort ?

Au delà de l’urgence de l’automne, il faut commencer à poser les jalons pour la suite. La crise économique et sociale va s’aggraver, tout comme la crise sanitaire qui perdurera même si la pandémie s’arrête demain. Ce ne sont pas leurs vieilles solutions qui nous ont mené dans le mur qui marcheront et qui ont été ré-appliquées dès le déconfinement de mai dernier. Nous avons des mesures alternatives fortes, travaillées dans le cadre unitaire « Plus jamais ça » avec le plan de sortie de crise élaboré au printemps, totalement d’actualité. Il va falloir construire un rapport de force en notre faveur, pour imposer par exemple les 32 heures hebdomadaires sans perte de salaire ni flexibilité, embaucher massivement dans les services publics, vraies solutions à la lutte contre le chômage. Il faudra imposer une transition sociale et écologique urgente, pour avoir une production et une consommation basées sur l’utilité sociale et non sur le gâchis.

Nous allons faire face à une situation très difficile. C’est par l’organisation de la solidarité que nous nous en sortirons. Mais que le pouvoir soit prévenu : nous ne confinerons pas nos colères ni nos libertés !

Source : https://solidaires.org/Face-au-Covid-et-a-ce-pouvoir


Pour le président de la République,
c’est l’économie d’abord quoi qu’il en coûte en vies humaines

Au vu de la situation sanitaire alarmante, le président de la République vient d’annoncer un nouveau confinement à partir du vendredi 30 octobre.

La CGT fait de la santé des citoyens sa priorité mais comprend et partage leur lassitude et leur ras-le-bol de se retrouver, une nouvelle fois, privés de libertés et de vie sociale.

Ceci d’autant plus que cette situation est la conséquence de l’incurie et de la malhonnêteté du Président et de son gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire, s’agissant notamment des moyens alloués au secteur de la santé et du médico-social.

Il est scandaleux d’affirmer que la situation sanitaire est plus grave qu’au printemps et, en même temps, prévoir une protection plus faible, en décidant de maintenir une activité économique plus importante, quoi qu’il en coûte en vies humaines.

Le coronavirus circule activement mais le Président décide que les enfants comme les salarié.es viennent augmenter le nombre de citoyens en deuxième ligne exposés à un risque plus élevé d’être contaminé.

Si la situation devait encore se dégrader, le Président en portera toute la responsabilité et il devra rendre des comptes.

La CGT restera vigilante.

Malgré les difficultés de déployer une activité syndicale normale dans cette période inédite et imprévisible, la CGT va continuer d’être présente auprès des salarié.es, des privé.es d’emplois, des retraité.es et de la jeunesse, pour défendre leur santé ainsi que leurs droits sociaux.

Montreuil, le 29 octobre 2020

Source : http://cd91.reference-syndicale.fr/2020/10/pour-le-president-de-la-republique-cest-leconomie-dabord-quoi-quil-en-coute-en-vies-humaines/


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Des mesures sanitaires, sociales et écologiques
plutôt que la restriction des libertés

Tribune. L’urgence sanitaire et la nécessité de freiner autant que possible les contagions sont des enjeux majeurs. Les hôpitaux publics, les soignant·es, sont déjà sous une grande pression. Nous dénonçons les défaillances graves du gouvernement, qui nous ont menés à une telle situation. L’instauration d’un couvre-feu depuis le 17 octobre dans certaines villes de France, et étendu ensuite, pose grandement la question quant à la capacité du gouvernement à gérer la crise sanitaire.

En outre, celle-ci a des conséquences particulièrement nocives pour les plus précaires, a engendré une explosion de la pauvreté, creusé les inégalités. C’est pourquoi nous lançons un appel pour des mesures d’urgence sur les plans sanitaire et social.

Pour une baisse des loyers, une hausse des APL

Nous réclamons en premier lieu : la gratuité des masques, l’ouverture de nombreux lits en réanimation dans les hôpitaux publics, la création des 400 000 emplois pérennes supplémentaires nécessaires y compris dans le médico-social et l’action sociale, et une hausse bien plus conséquente des salaires des soignant·e·s et de ces personnels, une revalorisation massive de l’ensemble des minimas sociaux et des aides sociales pour sortir de la pauvreté les millions de personnes qui sont par ailleurs les plus touchées par le virus, la multiplication des moyens de transport permettant une réelle distanciation physique, l’allocation des moyens nécessaires aux écoles et universités pour qu’elles puissent assurer la protection sanitaire et l’accès de tou·te·s les élèves aux connaissances, la revalorisation salariale pour toutes et tous, et des moyens pour renforcer et étendre les services publics de manière pérenne au-delà des situations de crises, l’abandon définitif de la réforme de l’assurance chômage, pour les sans-abri et les mal-logés la réquisition des logements habitables à la place des hébergements et logements surpeuplés et parfois contaminés par le Covid-19, le retrait des amendements anti-squat de logements vacants, et pour les locataires la baisse des loyers, la hausse des APL, un moratoire sur les impayés et les expulsions.

Le choix de ce gouvernement, relayé par le Medef et qui est imposé, c’est celui d’une primauté à faire « tourner » l’économie : l’ensemble de la population doit donc travailler, consommer, aller dans les transports communs… sans que soient réellement interrogés les impacts sur la santé des millions de travailleur·euses et de leurs familles.

Or les cas de contamination sont légion dans la sphère professionnelle, dans les universités et dans les écoles, et les transports, particulièrement en Ile-de-France, souvent bondés sont très probablement eux aussi des vecteurs importants du virus. Comment expliquer alors cette mesure de couvre-feu de 21 heures à 6 heures du matin autrement que comme une limitation des temps et des espaces où faire société ?

Ce couvre-feu renvoie au vocable de guerre et au contrôle de la population. Il s’ajoute à la remise en place de l’état d’urgence, pourtant critiqué par la Défenseure des Droits, et qui donne des pouvoirs exorbitants aux préfets et à l’Etat, hors contrôle démocratique.

Par ce couvre-feu, lui aussi décidé sans débat démocratique réel, sans les acteurs·trices du mouvement social, on sacrifie notamment les travailleur·euses de la culture déjà souvent précaires, des bars et des restaurants, les travailleur·euses sans papiers et probablement sans autorisations de travailler pendant le couvre-feu. Les jeunes qui financent leurs études par le baby-sitting, ou les emplois de restauration de nuit sont aussi laissé·e·s pour compte, alors que les aides financières pour les jeunes restent très ciblées et que le RSA n’est toujours pas alloué aux moins de 25 ans… Les sans-abri, et squatteur·euse·s, les personnes migrantes sont encore une fois de plus «criminalisé·e·s» tandis qu’aucune réquisition de logements habitables n’est décidée.

La crise doit être un moment de « rupture »

D’autant que les choix économiques sont faits non pas pour l’ensemble des travailleur·euses, mais davantage pour le maintien de taux de profits des grandes entreprises qui continuent à supprimer des dizaines de milliers d’emplois en France et à l’étranger et à distribuer des dividendes.

D’autres choix de société sont possibles et même nécessaires afin de limiter la multiplication et la diffusion de telles pandémies. Les directions imposées, notamment sur le modèle agricole et alimentaire, toujours plus industrialisé, mondialisé et nocif à la biodiversité, ne sont pas pour rien dans cette zoonose et dans ses effets sur les populations de la planète entière.

Cette crise sanitaire doit, dans la lignée des mesures portées par nos organisations, être un moment de « rupture », non pas pour nos libertés, mais pour engager une transformation sociale et écologique profonde en France et à travers la planète. Elle doit être aussi l’occasion d’une information large et précise sur la situation, d’un débat public et d’une participation étroite des différentes sphères de la société, dont les syndicats et associations, aux décisions. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Ensemble, nous nous mobiliserons pour dénoncer la gestion désastreuse de la crise par le gouvernement et imposer d’autres choix de société.

Signataires : la CGT, la FSU, l’Union syndicale solidaires, l’Unef, l’UNL, Attac, Action Aid France, la Confédération paysanne, la Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics, Fondation Copernic, le DAL, Emmaüs France. 

https://www.liberation.fr/debats/2020/10/28/des-mesures-sanitaires-sociales-et-ecologiques-plutot-que-la-restriction-des-libertes_1803633

Une réponse à “Communiqués de Solidaires et de la CGT : Face au covid et à ce pouvoir / Pour le président de la République, c’est l’économie d’abord quoi qu’il en coûte en vies humaines

  1. daniella bettenfeld

    les syndicats devraient le savoir depuis longtemps que les gouvernements qu’ils soient de droite ou de gauche non rien à foutre du peuple ? Puisque les syndicats eux-mêmes ne sont jamais d’accord entre eux, ils enfoncent encore plus les travailleurs dans la misère… je comprends mieux aujourd’hui pourquoi les travailleurs rejettent on masse ce système qui n’est pas là pour les défendre. A quand un syndicat qui défendra les intérêts des travailleurs !!! et pas du capitalisme ?? cela ne plaira pas à tout le monde, ce n’est pas grave. je ne suis pas là pour plaire mais pour dénoncer toutes ces dérives, qui font souffrir encore plus les travailleurs après tout les sacrifices fait depuis plus de 30 ans. une chaine est faite de maillons alors il est temps de nous serrer les coudes et de défendre les travailleurs par ce que leurs avenirs en dépend !!
    la faute aux riches de plus en plus riches, au covid 19 qui a bon dos ? et après la faute à qui !!!!!!

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