Mises en examen pour « viol, proxénétisme aggravé et traite d’être humain aggravé » (communiqués d’Osez le féminisme et des Effronté·es)

Quatre pornocriminels sont mis en examen pour « viol, proxénétisme aggravé et traite d’être humain aggravé ».

Nous espérons qu’il s’agit là du point de départ de la fin de l’impunité des violences misogynes, pédocriminelles, lesbophobes et racistes du système pornocriminel.

Nous apprenons dans 20 minutes que quatre pornocriminels, dont Mathieu Lauret, alias Mat Hadix, et Pascal Aullitraut, alias Pascal OP, ont été mis en examen pour viols, proxénétisme aggravé et traite d’être humain aggravé. Deux sont aujourd’hui en détention provisoire, deux sont sous contrôle judiciaire. Pascal Aullitraut est également poursuivi pour « blanchiment de proxénétisme aggravé et blanchiment de fraude fiscale » ainsi que pour « travail dissimulé »

Ceci intervient seulement un mois après l’ouverture d’une enquête à l’encontre de « Jacquie et Michel » pour proxénétisme aggravé et viols par le parquet de Paris suite à nos signalements. Nous nous félicitons du fait que la justice commence à écouter, enfin, les très nombreuses victimes de l’industrie pornographique et à condamner les violences inhérentes à celle-ci.

Dans cette deuxième affaire, tous les individus mis en examen travaillent pour l’entreprise « Jacquie et Michel » et/ou l’entreprise Dorcel, qui sont les deux leaders dans l’« industrie pornographique » française, avec des dizaines – voire des centaines – de millions de vues. En particulier, Mathieu Lauret, dit Mat Hadix, est décrit par le milieu comme « le parrain », principal producteur de « Jacquie et Michel », qui va même jusqu’à représenter l’entreprise à la place de Michel Piron, le PDG de « Jacquie et Michel », dans les médias. Il produit également trois vidéos par mois pour Dorcel, et multiplie les labels, alimentant toutes les plateformes pornographiques. 

Nous sommes à un tournant dans la lutte contre les violences faites contre les filles et les femmes. Il ne s’agit pas là de cas particuliers, mais de la révélation d’un système criminel construit sur l’érotisation des violences misogynes, de la pédocriminalité, de la lesbophobie et du racisme, un système de viols filmés. La pornographie est l’expression concrète et institutionnalisée de la haine et de la destruction des femmes.

Si l’impunité des agresseurs et des violeurs demeure la règle dans notre société avec moins d’1% des violeurs condamnés, l’impunité des agresseurs et des violeurs dans l’industrie pornographique est totale, ou du moins elle l’était jusqu’à maintenant.

Jusqu’à maintenant, sous prétexte de « sexualité filmée », des viols, des actes de torture et de barbarie, des propos faisant l’apologie de la pédocriminalité ou de la haine raciale demeuraient impunis.

Jusqu’à maintenant, les pornocriminels se vantaient des viols et tortures qu’ils commettaient avec un sadisme assumé, ils tiraient profit de la souffrance des femmes et s’en congratulaient.

Nous exigeons la fin de l’impunité des violeurs, proxénètes et tortionnaires pornocriminels et nous réclamons justice pour les victimes. Nous exigeons la fermeture immédiate des sites qui diffusent les viols filmés des ces quatre pornocriminels, en premier lieu Jacquie et Michel et Dorcel, ainsi que la fermeture de la chaîne de « Jacquie et Michel » dans le bouquet de Canal plus.

« Toute violation du corps d’une femme peut devenir du sexe pour les hommes : c’est la vérité essentielle de la pornographie » Andrea Dworkin


Communiqué de presse des Effronté-es – 19 octobre 2020

APRÈS JACQUIE & MICHEL, PASCAL OP ET MAT HADIX :
LE PORNO, UNE INDUSTRIE CRIMINELLE EN BANDE ORGANISÉE

Le 10 septembre dernier, nous communiquions avec Osez le féminisme ! et le Mouvement du Nid à propos de l’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris contre la plateforme pornographique Jacquie & Michel, pour viol et proxénétisme. Cette enquête fait suite à notre signalement commun, en février dernier, pour des faits relevant selon nous non seulement de viols, mais aussi de torture et d’actes de barbarie : voir la vidéo de Konbini qui dévoilait les témoignages effroyables de deux femmes, contraintes à des actes sexuels qu’elles avaient pourtant explicitement refusés. Depuis, de nombreuses autres femmes victimes de Jacquie & Michel nous ont contactées pour témoigner ou porter plainte.

Aujourd’hui lundi 19 octobre, nous apprenons la détention provisoire de Pascal Aullitrault dit Pascal OP, producteur, réalisateur et acteur spécialisé dans le porno dit « trash » et gérant de la plateforme « French Bukkake », pour des faits de viols, proxénétisme aggravé, traite des êtres humains aggravée et travail dissimulé, mais aussi pour blanchiment de proxénétisme aggravé et blanchiment de fraude fiscale.

Mathieu Lauret, dit Mat Hadix, autre producteur et proche de la plateforme Jacquie & Michel, est lui placé sous contrôle judiciaire pour des faits similaires, avec interdiction de poursuivre son activité. Au total, quatre personnes sont mises en examen.

Ces deux affaires, qui concernent toutes deux des « grands noms » du milieu du porno, démontrent une réalité que la société ne peut plus refuser de voir : dans sa globalité, la pornographie est un système criminel et les actes qu’on y voit relèvent majoritairement du viol et de la torture. Les femmes courageuses qui déposent plainte doivent être soutenues par la société, qui n’a plus le droit de les ignorer et d’invisibiliser leurs souffrances. Car, à l’heure actuelle, le porno est presque toujours abordé avec légèreté, le plus souvent comme un sujet de plaisanterie. Pourtant les conséquences de cette industrie sont terribles, que ce soit sur les esprits (jeunes ou moins jeunes) qu’il imprègne de sa culture du viol 88% des scènes de pornographie contiennent de la violence explicite –, ou sur les femmes qu’il meurtrit et détruit à petit feu, avec un consentement réduit à rien.

Aujourd’hui, il n’est plus possible de continuer de se voiler la face. La société se doit de reconnaître les violences vécues par ces femmes que le porno a violées, torturées, brisées ou poussées au suicide. Elle se doit de faire son autocritique quant à la tolérance incroyable dont elle fait preuve à l’égard de cette violence systémique, tolérance qu’on observe autant au regard du traitement moral et social qu’elle fait du porno, qu’au niveau du droit. Le porno ne doit plus être une zone de non-droit où la violence, la barbarie et le viol peuvent s’exercer impunément, où des propos sexistes, mais aussi racistes ou même transphobes s’étalent sur la toile, autant dans les synopsis des films à disposition sur internet que dans les tweets de Pascal OP, entre autres (voir captures d’écran ci-après).

Il est urgent pour toutes et tous de faire face à la réalité du système pornocriminel, car nous le devons aux victimes, nous le devons aux femmes, et nous nous le devons à nous-mêmes si nous nous pensons, nous voulons, une société où les droits humains sont garantis pour toutes et tous. Il est temps d’avoir de l’empathie pour les femmes, et ne plus rechercher leur avilissement. Une société qui fantasme sur la haine et la violence est une société malade et souffrante qui porte en elle tous les maux que sont le sexisme, le racisme, l’oppression, et qui ne protège que la liberté du fort.

Contact presse :

Claire Charlès : 07 60 36 38 29

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