Sourire face à l’histoire, face au désastre qui nous unit

Dans son éditorial, « Quand la police muselle les soignantes », Camille Wernaers parle de manifestations, de revendications, de soignantes, de violences, de double discours. « A quoi servait ce coûteux dispositif policier ? Après avoir félicité le personnel de santé pour son travail, est-ce que nos politiques préféreraient qu’il se taise ? Des questions qui nous concernent toutes et tous »

Si le néolibéralisme dans la santé est incompatible avec les revendications du personnel soignant, les droits des malades et le financement pérenne des soins de santé, il est plus que compatible avec les violences policières. Dans le royaume belge, dans l’état français, comme ailleurs… (En complément possible, Gilles Grégoire : Les soins de santé en Belgique : De la privatisation à la socialisation ?, pour-un-financement-juste-et-perenne-des-soins-de-sante-pour-toustes/)

Dossier : Autisme au féminin : la grande inconnue

Les femmes autistes sous-diagnostiquées, les stratégies de camouflage dans une société sexiste, les effets de la non-prise en compte du sexe en médecine et en soins, les idées reçues, l’invisibilisation des femmes, les autismes et les autistes, les souffrances, « Mon incapacité à m’exprimer était comme une plaie abyssale, en permanence à vif », le pouvoir de tout apprendre, mettre des mots sur « ce que je vivais »…

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Biélorussie, une révolution au féminin. Et une invitation à (re)lire les ouvrages de Svetlana Alexievitch aujourd’hui menacée par le pouvoir.

  • Pour un plan d’action interfédéral de lutte contre le racisme, un système « de pensée, de croyances, un imaginaire, produit d’une histoire violente d’esclavagisme, de colonisation, exploitation et d’oppressions », la dimension de genre dans la lutte contre la racisme, la « Fabrique des solidarités », la lutte collective contre le racisme et contre les préjugés…

  • La vie de Latifa, la nécessaire régularisation des personnes considérées comme sans papier – c’est-à-dire dont les papiers sont jugés insuffisants par choix politiques -, la radiation, « le mot « radiée » me dégoûte, on me le balance partout, à chaque administration »…

  • Cyberviolences conjugales : la violence hors de contrôle. « Certaines formes de cyberviolences conjugales peuvent être banalisées. Pourtant, ces cyberviolences, dans le cadre du couple ou après la séparation, sont rarement un phénomène isolé », le cybercontrôle des femmes, les moyens de surveillance – utilisation de logiciels de maison connectée -, les cyberviolences administratives, la géolocalisation des femmes par l’intermédiaire des tablettes offertes aux enfants, le classement sans suite des plaintes déposées par des femmes…

  • Le féminisme rom, les images-préjugées, les violences sexuelles, le manque d’accès à l’éducation formelle, les mariages précoces, les maladies chroniques, la stérilisation forcée, la pauvreté, les injonctions communautaires, des mouvements de lutte transnationaux, « Nous sommes joyeuses, créatives, enragées, ambitieuses, cultivées et complexes »…

  • Maternelle, naturellement ?, des femmes coincées « entre pressions, isolement ou monstruosité », les injonctions concernant la maternité, la figure de la « bonne mère » et l’image de la « mère monstrueuse », la réduction des femmes à la maternité, l’absence des pères dans les récits d’infanticide, la des-historisation de phénomènes sociaux… (en complément possible, CHILDFREE : le droit à la non-maternité. Interview de Bettina Zourli par Francine Sporenda : childfree-le-droit-a-la-non-maternite/)

  • J’ai particulièrement apprécié l’article d’Irène Kaufer sur les « Inquiétatntes, « élites » », la stupéfiante impunité et l’arrogance, les séances de « baptême » et le silence des institutions…

  • La charge sexuelle : pourquoi la sexualité est l’autre charge mentale des femmes

  • Un syndicalisme féminin, chrétien et autonome au début du 20e siècle, la naissance des Ligues Ouvrières Féminines Chrétiennes…

  • et toujours de riches rubriques : culture et informations internationales

Le titre de cette note est empruntée à Laetitia Bica, photographe.

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axelle 232, octobre 2020, http://www.axellemag.be

Autres numéros : /revue/axelle/

Didier Epsztajn

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