Sous le masque, l’inégalité et le prix fort payé par les femmes

Un bilan

La pandémie et la crise liée ont souvent pris ces dernières mois la première place dans l’information et les préoccupations de certains gouvernements, pas tous. Pour beaucoup d’autres, mensonges, rodomontades, absence d’empathie, ego sur gonflé, comportements mafieux, sidèrent.

Les urgences ont plu et pleuvent, certes. Il faut un peu de recul pour évaluer, ici ou là, la gestion de la crise. Mais sous cette vague de préoccupations mondiales, la violence sous toutes ses formes et la soif de pouvoir de quelques-uns se poursuivent sur fond de dérèglement climatique qui pousse à l’exode, tue et détruit.

Les dessous et les ressorts du système de marchandisation généralisée ont comme jamais été mis en évidence, chaines de valeurs de production éparpillées dans le monde selon le principe de la maximisation du profit, dépendances dangereuses, perte des biens communs et destruction de services publics, exploitation des plus faibles, des moins formé·es, des plus racisé·es… et des femmes, difficile solidarité au niveau européen etc. La crise des relations internationales et des anciennes hégémonies était déjà présente.

Certains gouvernements ont mis la main à la poche (une poche qui est la nôtre), pour venir en aide, pour éviter le pire et la colère, surtout pour soutenir l’économie, rompant ainsi tout d’un coup avec le sacro-saint principe libéral érigé ces dernières années en un credo néo libéral délétère, violent, et créant des inégalités injustifiables et insupportables, creuset de populismes dangereux.

Le soleil a tout de même brillé, trop !, les familles se sont réunies, les jeunes ont déversé leur trop plein d’énergie dans des fêtes… la vie continue, le virus, ragaillardi par un tel accueil, poursuit sa route. Et nous risquons un automne et un hiver qui mettront à nouveau à genoux notre système de santé, les femmes, les familles, l’éducation nationale si fondamentale pour les défis qui nous attendent.

Cocasseries, coups durs politiques, tristesses, inquiétudes, pertes mais aussi plaisirs des petites choses et des quelques marges de liberté arrachées aux contraintes sanitaires, ont rempli ces derniers mois sur fond d’espoir d’en sortir un jour et de construire un monde pas comme avant… sous les pavés la plage ?

Des constats

Nous avons fait le constat, depuis le confinement, de la plus grande précarité des personnes en situation de prostitution (une écrasante majorité de femmes) qui ont perdu une grande partie de leur revenu, n’ont pu trouver l’aide des parcours de sortie (commissions suspendues, droit au séjour refusé, dossiers difficiles à réaliser) et ont souvent été soumises à plus de violences encore, pressées de rapporter de l’argent aux proxénètes en prenant tous les risques. J’ai développé cette question dans un autre blog. Dans les associations en général, il y a eu une attention redoublée vers les plus exposé·es, les plus vulnérables et une grande mobilisation des acteurs·rices comme dans le système sanitaire soumis·es à une charge à la limite du supportable tant sur le plan physique que psychique.

Aura-t-on compris comme Cynthia Fleury l’écrit dans « Le soin est un humanisme » l’importance de l’attention aux autres, l’importance des actes qui transmettent (enseignant·es), qui soignent (infirmières et aides-soignantes), qui accompagnent, de tous ces métiers mal considérés et mal payés d’aide à domicile, de garde des enfants, de caissières, pris en charge par des femmes (très souvent venues du continent africain en tout cas en région parisienne) et de tous ces autres métiers qui permettent de vivre dans la propreté, éboueurs (surtout au masculin encore), agent·es d’entretien aux horaires éparpillés et instables. 90% des caissières sont des femmes, c’est aussi vrai pour 87,7% des infirmièr·es, 90% des aides-soignants et 70,5% des agents d’entretien1.

Vivant de livraisons pendant cette période, j’ai observé que les livreurs de la région parisienne étaient très souvent d’origine africaine. Ailleurs, un salarié d’une entreprise de ramassage des ordures d’une métropole française me disait qu’au début de la pandémie, leur directeur leur avait déclaré qu’ils étaient habitués à travailler dans les ordures et qu’ils étaient donc immunisés… ce qui rendait le masque inutile… sous l’irresponsabilité, le mensonge et le politique !

Et ce témoignage m’a fait penser à cette citation d’Annah Arendt : « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple vous pouvez faire ce que vous voulez. » Heureusement des résistances s’organisent mais…

Voilà ce que nous aura fait voir cette foutue période : la place immense de celles et ceux que l’on voit comme tout petit·es, que l’on ne voit pas du tout souvent ou même que l’on rejette ou que l’on pense corvéables du seul fait de leur couleur de peau et de leur origine, dans un réflexe colonial, raciste et dominateur. Certes des emplois nécessaires à l’organisation et à la vie sociales doivent être pourvus et, dans le système actuel, ils peuvent être un tremplin pour des personnes nouvellement arrivées et/ou qui n’ont pas pu avoir une scolarité longue… mais à condition que leurs conditions de travail respectent leur dignité, que de réelles opportunités pour en sortir leur soient données et que les salaires soient plus élevés et conformes à la valeur sociale de leur travail. Sous le travail censé intégrer et autonomiser, l’exploitation et des inégalités indécentes !

Un féminisme toujours actif et plus que jamais nécessaire !

Voilà ce que nous aurons particulièrement vu dans cette période difficile – qui nous fait avoir peur des autres parce que potentiellement infecté·es -: la place des femmes dans les actes qui préservent la vie, qui accompagnent et qui permettent à d’autres femmes de travailler pour gagner plus qu’elles et être plus autonomes. Au boulot ! pour l’émancipation, la solidarité et l’égalité. Au boulot ! pour la mixité de tous les emplois, la valorisation des plus essentiels à l’humanité et aux équilibres écologiques. De l’égalité, pas du marketing !

Ce n’est pas tout ! Nous avons vu (mais nous le savions) pendant cette période, combien la reproduction sociale, enfants, tâches d’éducation, tâches ménagères et d’organisation de la vie familiale revenait aux femmes. Combien le partage des tâches dans les couples et les familles était encore rare, insuffisant, assignant ainsi les femmes au travail gratuit et à des journées trop lourdes. En trente ans, les chiffres en matière d’inégalités domestiques ne bougent pas. Les femmes réalisent toujours 72% des tâches domestiques et 65% des tâches parentales2.

Il n’y aura pas d’avancées dans l’égalité entre les femmes et les hommes sans cette répartition égalitaire des activités de la vie familiale et matérielle, sans la suppression radicale du formatage des femmes vers des fonctions maternelles et de soins et du formatage des hommes… moi tarzan ! Attention au télé travail qui va conduire les femmes, définitivement enfermées dans leur maison, à tout faire à la fois, toutes les formes de travail, payé et gratuit, et leur rôle affectif ! Sous les mesures sanitaires, le télétravail, sous le télétravail, le reconfinement des femmes ! Déjà le gouvernement pense aux aides à distribuer en cas de fermetures des écoles aux parents qui resteraient à la maison pour garder les enfants et qui cesseraient pour cela de travailler (cas de non télétravail possible). Les syndicats veillent mais…

Il est urgent de construire un monde où ce qui constitue notre vulnérabilité humaine universellement partagée, à savoir les besoins essentiels à satisfaire, la dépendance aux autres matérielle, affective, sociale, la santé etc., soit des soucis communs, des obligations communes, des activités partagées, co-produites, co-organisées dans le respect et la régénération de notre environnement. La marchandisation de ce qui fait notre être et nos vulnérabilités, avilit et tue.

Plus éprouvant encore, a été de constater très rapidement l’augmentation des violences conjugales avec le confinement. Frustration et enfermement dans des espaces réduits, aggravés pour beaucoup par des difficultés économiques, ont décuplé la violence de la domination masculine et de l’appropriation des femmes par les hommes. Les féministes ont pointé cette augmentation, les associations spécialisées sont intervenues et ont rappelé le manque encore criant de moyens et d’hébergements pour protéger et accompagner les victimes, de places sécurisées… le gouvernement était occupé à autre chose. Sous le confinement, les féminicides !

Les interruptions de grossesses ont été rendues difficiles, parfois impossibles par la situation sanitaire, situations catastrophiques pour un certain nombre de femmes. Les associations féministes sont montées au créneau, le bilan est en cours.

* Les femmes ont été humiliées, oui humiliées par l’arrivée de deux nouveaux ministres Darmanin et Dupond-Moretti lors du remaniement ministériel.

Voici la phrase de Simone de Beauvoir qui passe en boucle depuis quelques mois : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. »

Et ça arrive ! Ils ont osé, oui !

Les féministes, OLF en tête, ont réagi immédiatement, une pétition a circulé exigeant la démission de ces ministres et rappelant leurs actes et comportements ::

« Eric Dupond-Moretti est nommé ministre de la Justice. Affaire d’Outreau, affaire du Carlton, affaire Tron… celui que l’on surnommé « acquittator » est de tous les procès pour obtenir l’acquittement des hommes accusés de viol, des pédocriminels et des proxénètes. La culture du viol alimente sa plaidoirie, il accuse les victimes d’être consentantes. Niant les stratégies des violeurs, les mécanismes d’emprise et les rapports de pouvoir, il affirme « à 30 ans, on n’est plus une potiche incapable de dire non ». Contre la création du délit d’outrage sexiste, il déclare que « les femmes regrettent de ne plus être sifflées ». Pour lui, des hommes accusés de proxénétisme aggravé dans l’affaire Carlton sont « des copains qui s’offrent du bon temps ». Loin de reconnaître le vécu traumatique des violences sexistes et sexuelles, il vocifère à l’encontre des plaignantes de l’affaire Tron « moi, je vous sauterais à la gorge » ».

Pour Gérard Darmanin : « Soyez accusé de viol, vous serez 1er flic de France ! Le parquet a annoncé le 1  juin, souhaiter poursuivre les investigations ! L’affaire est en cours et l’accusé se retrouve en position d’avoir à orchestrer l’amélioration de l’accueil et l’accompagnement des femmes victimes de violences par les professionnel.les de police ».

« Si les femmes ne peuvent avoir confiance ni en la police, ni en la justice, la société les renvoie au silence et les condamne à subir les violences masculines ! Cette société organise alors l’impunité des agresseurs. Les nominations des ministres de la Justice et de l’Intérieur démasquent le masculinisme de la classe politique dirigeante et le mépris envers la parole des victimes et les droits des femmes. La grande cause du quinquennat n’a jamais été plus insultée, méprisée et moquée ».

Dans un retournement à la fois espiègle et fort judicieux des féministes, militantes de plusieurs pays, – souvent des pays où les droits des femmes ne sont pas respectés et que les occidentaux voient comme très en retard…-, ont signé un texte de protestation titré : « Les nominations de Darmanin et Dupond-Moretti discréditent les ambitions françaises de promotion des droits des femmes ».

« Nous, militantes, intellectuelles, femmes politiques féministes, issues de plus de trente-cinq pays du monde, avons appris avec sidération, le 6 juillet, les nominations en France au poste de ministre de l’intérieur de M. Gérald Darmanin et à celui de ministre de la justice de M. Eric Dupond-Moretti. Ce remaniement du gouvernement français représente un virage politique antiféministe, dont la portée dépasse largement les frontières de la France. Il vient renforcer le backlash [« retour de bâton »] contre les femmes, dont nous sommes victimes sur tous les continents, en violation de nos droits fondamentaux » …

Dans l’affaire Darmanin, il y a un fait que l’on ne signale pas suffisamment. Certes pour la qualification de viol il y a encore présomption d’innocence, mais l’acte sexuel a eu lieu et c’est reconnu par le ministre qui à l’époque des faits a rendu, dans sa commune, un service à une femme, celle qui l’accuse aujourd’hui de viol, contre une relation sexuelle… ça ne vous dit rien ? C’est la définition de la prostitution ! profiter de la vulnérabilité d’une personne pour obtenir un acte sexuel. Bonjour pour l’application de la loi abolitionniste de 2016 !

En même temps que ce scandale nous avons hérité d’une ministre, Elisabeth Moreno, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, bien silencieuse jusqu’à présent mais les coups arrivent. Le numéro d’appel pour les femmes victimes de violences (particulièrement pour les violences dans le couple), le 3919, créé, géré depuis longtemps avec efficacité, malgré le manque de moyens chroniques, par la Fédération Nationale Solidarité Femmes en lien avec d’autres associations, va être soumis à appel d’offre dans le cadre d’un marché public. Cette manœuvre pourrait permettre à certaines grosses associations ou à des entreprises, de présenter un projet moins disant, sans garantie de la connaissance du problème et d’une pratique féministe incontournable dans ce domaine comme pour la prostitution. De nombreuses associations sont vent debout face à ce nouveau risque de régression majeure pour les droits des femmes.

L’ancienne secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes suit comme son ombre le ministre de l’intérieur et a envoyé une invitation pour le début septembre aux responsables d’association libellée ainsi… « À l’occasion de l’anniversaire du lancement du Grenelle des violences conjugales, Marlène Schiappa, Ministre déléguée auprès du Ministre de l’Intérieur, chargée de la citoyenneté, vous invite à la cérémonie de valorisation de l’action des forces de sécurité intérieur  » … J’ai pensé à un gag. Je n’ai pas encore compris le sens de cette rencontre. Sous la communication le vide ?

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes vient d’envoyer un tacle au gouvernement et au ministère de la Recherche, sous le titre « L’égalité entre les femmes et les hommes : un impensé du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche ? ». Le Haut Conseil est-il encore écouté ?

Les carences, les mauvaises volontés et les attaques ne manquent pas quand il s’agit d’égalité entre les femmes et les hommes, en particulier dans une période où le gouvernement peut plus facilement mettre en avant qu’il y a d’autres priorités. Simone de Beauvoir avait raison.

* Les féministes sont en deuil, nous sommes en deuil, Gisèle Halimi nous a quitté·es le 28 juillet à 93 ans.

Nous lirons son dernier livre écrit avec Annick Cojean, une farouche liberté. Le dernier message de Gisèle Halimi aux femmes est « Organisez-vous, mobilisez-vous, soyez solidaires ». Nous lui devons des combats essentiels, ceux pour le droit à l’interruption volontaire de grossesse en complicité et en amitié avec Simone Veil – malgré leurs divergences d’engagement politique -, pour la criminalisation du viol, pour la parité en politique etc.

Adolescente près de Tunis elle avait commencé une grève de la faim, d’abord pour avoir le droit de lire puis parce que sa mère l’obligeait à faire le ménage de la chambre de son frère qui, lui, ne faisait rien. Ses parents ont cédé. Elle était faite de soif de liberté, de volonté d’égalité et d’une détermination et d’un talent étonnants. Elle a très tôt fait le nécessaire pour s’affranchir de plusieurs dominations celle de sa famille, de la religion, des hommes.

À partir de l’année 1960, elle assure, en prenant de grands risques, la défense de l’activiste et militante Djamila Boupacha, accusée de tentative d’assassinat puis torturée et violée par des soldats français alors qu’elle était en détention. Aux côtés de Simone de Beauvoir, elle médiatise ce procès afin de mettre en lumière les méthodes de l’Armée française au moment de la guerre d’Algérie.

Pour elle, le féminisme est incompatible avec l’acceptation du port du voile, – imposition d’une contrainte et d’un marquage sexuée par une religion -, avec la défense de la prostitution et de la gestation pour autrui.

Elle avait fortement tancé son filleul républicain Nicolas Bedos qui avait trouvé drôle et normal de signer, au moment des débats autour de la loi de 2016 une déclaration de clients de la prostitution et fiers de l’être, avec le mauvais goût et la misogynie d’imiter le Manifeste des 343 pour le droit à l’avortement publié le 5 avril 1971… Il s’est alors cru obligé de faire des excuses publiques…

Il y aurait tant à dire encore…

Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas ! Andrea Dworkin

Geneviève Duché, féministe, septembre 2020


De l’autrice :

Une saison masquée, les personnes prostituées en grande difficulté, Une-saison-masquee-les-personnes-prostituees-en-grande-difficulte/

Système prostitutionnel, l’évaluation de la loi abolitionniste du 13 avril 2016, systeme-prostitutionnel-levaluation-de-la-loi-abolitionniste-du-13-avril-2016/

La prostitution ce n’est pas un choix, aidons-les à en sortirla-prostitution-ce-nest-pas-un-choix-aidons-les-a-en-sortir/

Culture ou culture du viol ?culture-ou-culture-du-viol/

Une grande victoire pour les victimes du système prostitutionnelune-grande-victoire-pour-les-victimes-du-systeme-prostitutionnel/

N’oublions pas la lutte contre le système prostitutionnel, exigeons l’application de la loi !noublions-pas-la-lutte-contre-le-systeme-prostitutionnel-exigeons-lapplication-de-la-loi/

Abolition de la GPA et de la prostitution, même combat contre le patriarcatabolition-de-la-gpa-et-de-la-prostitution-meme-combat-contre-le-patriarcat/

Extrait du livre : Non au système prostitutionnel, une analyse féministe et abolitionniste du système prostitutionnel, extrait-du-livre-de-genevieve-duche-non-au-systeme-prostitutionnel-une-analyse-feministe-et-abolitionniste-du-systeme-prostitutionnel/


1 Christine Dalloway, Après la pandémie, l’heure des comptes pour les femmes, Blog entre les lignes, entre les mots et blog de de Christine Delphy.

2 Pourquoi les hommes ne s’occupent-ils toujours pas des tâches ménagères ? Egalitaria, Blog de Christine Delphy, 27 juillet 2020.

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