Les festivals de jazz pointent leur programme dans un environnement singulier

Le printemps de l’automne.

Les festivals essaient de reprendre vie. Difficile dans l’atmosphère actuelle. Les angoisses se mêlent aux peurs transformées en autant de masques et de tests. Comment entendre, voir, participer surtout ? Comment retrouver le chemin des sensations collectives en communiant dans un concert ?

Les organisateurs de festival ne répondent pas directement à ces questions posées à la fois par la pandémie mais aussi par la crise profonde que traversent les secteurs de la culture soumis aux diktats souvent du marché.

Aller aux spectacles est une manière de réponse. Pour encourager le retour de ces structures, pour encourager les intermittent-e-s et réfléchir à la « réinvention » de la diffusion de la culture.

Deux festivals du printemps. Jazz sous les Pommiers et Europa Djazz, festival de jazz du Mans, s’essaient à retrouver des couleurs en cet automne gros de périls. Les mutations climatiques sont de la partie et jouent un rôle non négligeable pour donner l’impression que le printemps est encore là sinon même l’été. Curieuse rentrée qui voit tourner la terre à l’envers et conduit le calendrier aux oubliettes d’une histoire perdue dans tous les sens, surtout celui interdit.

Ces bouleversements ne peuvent faire oublier la musique, les rencontres pour s’aérer l’esprit faute de pouvoir enlever son masque.

Jazz sous les Pommiers a choisi de se produire un week-end, celui du 18 au 20 septembre, avec un programme aussi chargé qu’à l’habitude. Il ne faut pas rompre toutes les amarres ! Pour en juger, un aperçu du programme du vendredi. Il débutera avec Jacky Terrasson et son trio – configuration avec laquelle il est déjà venu à Coutances – à 18h45 et se terminera à 23 heures avec Michelle David et son gospel session. Entre-temps, il ne faudra pas manquer le rendez vous avec le trompettiste Simon Deslandes, son groupe « Ne dîtes pas non, vous avez souri » et la mise en scène de la musique – vous avez encore une chance de le découvrir le samedi -, pour suivre le Léon Phal quintet, à découvrir, et la musique africaine de Sona Jabouteh. Si, avec ce chargement, vous pouvez encore marcher, ce sera une chance. Le samedi, découverte aussi d’un autre trompettiste, Vincent Leyrelou et son quintet Play Own Play, d’un guitariste Paul Jarretqui a invité le batteur Jim Black pour un duo, la dernière création de Anne Paceo, « Chamanes », le fado de Ana Moura, Vincent Peirani, le duo « No Sax No Clar » constitué de Julien Stello qui se joue de toutes les clarinettes et de Bastien Weeger qui lui se mesure à tous les saxophones et même aux clarinettes pour une musique ouverte sans frontières qui emprunte à toutes les musiques, cultures de notre temps. Ce duo se retrouvera au Mans le mercredi 30 septembre

Le Mans, justement, fidèle à ses conceptions fortement perturbées par l’environnement, s’étale sur la semaine, en fait du 10 septembre au samedi 26, réduisant lui aussi fortement la voilure. Il n’est plus présent sur l’ensemble de ses lieux habituels. Il conserve l’idée d’ateliers avec cette invitation : FAISONS DE LA MUSIQUE ! Le Samedi 19 septembre, pour découvrir les musiques pour les enfants notamment faute de pouvoir faire découvrir cette musique aux élèves masqués dans les établissements scolaires. L’atelier sera suivi d’un concert.

Vendredi – eh oui en même temps que Coutances, mais où est passé l’Ascension ? – ce sera un HOMMAGE À MARVIN GAYE pour le 50e anniversaire de l’album mythique « What’s going on » par un duo, Sly Johnson et Laurent Coulondre aux claviers. Le dimanche, comme à Coutances, on danse avec le groupe « ça part en swing » et des vidéos pour s’initier à toutes les danses du jazz et faire bouger son corps.

Jazz sous les Pommiers a prévu lui aussi la venue d’un Big Band, « Umlaüt » pour faire se rencontrer le public. Même au temps de la COVID19, le besoin est grand de partager des moments d’euphorie.

Pour continuer dans cette voie, la Jam Session, le jeudi, qui prendra pour base l’univers singulier et poétique du guitariste Jim Hall. Le trio de base sera constitué de Nicolas Rousserie, guitare, Frédéric Chiffoleau, contrebasse et Arnaud Lechantre, batterie.

Pour finir en apothéose, le samedi, le duo fine lames, du vibraphoniste Renaud Détruit – qui joue aussi du marimba – et de l’accordéoniste Florent Sepchat pour une promenade autour des compositions de Dave Brubeck dont il faut fêter le 100e anniversaire, comme pour Charlie Parker, Art Blakey et Boris Vian. Une bonne année pour le jazz que cette année 1920.

Europa dzaz ne s’arrête pas là. Il annonce une suite, pour ne pas rompre tous les fils. « So Blues » fêtera sa 10e édition du 3 au 6 décembre avec Angélique Kidjo, Sean Taylor, Kaz Hawkins, JJ Milteau… qui se terminera par une jam, de quoi là encore pouvoir surmonter tous les tracas d’une vie qui doit se transcender.

Nicolas Béniès

Rens. www.jazzsouslespommiers.com et www.lemansjazz.com

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