Editions Syllepse : Le journal de demain n°6

AUTOMNE SHOW CHEZ SYLLEPSE

L’URGENCE ÉCOLOGIQUE VUE DU SUD

L’ampleur du désastre écologique, chiffrée à l’envi, sidère. Scientifiques et militants auront mis cinquante ans à agiter les consciences, avant que l’évidence s’impose. Ses causes sont connues, enfin admises. Ou presque. Principaux responsables du gâchis environnemental, le productivisme et le consumérisme des grands producteurs et des gros consommateurs. Un mode d’exploitation séculaire de la nature, irresponsable, sans limites, mû par l’appât du gain et la logique de l’accumulation. Dont les effets délétères s’accélèrent et réactualisent la sentence de Hugo – « c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches » –, la vulnérabilité des premiers étant sans commune mesure avec celle des seconds.

Les pollueurs majeurs tardent à passer à la caisse, tandis que les secteurs populaires et les pays non industrialisés en font les frais. Comment les États du Sud, « émergents » ou « moins avancés », se positionnent-ils dans les négociations climatiques internationales ?

Quelles politiques mener en vertu du principe des « responsabilités communes mais différenciées » ? Green Deal velléitaire ou System Change assumé ? Les concepts d’éco-impérialisme, de justice verte, d’écologie décoloniale convoqués par les mouvements qui, en Afrique, en Amérique latine et en Asie, à rebours des opinions publiques, se mobilisent sur des enjeux environnementaux, apportent des réponses.

https://www.syllepse.net/l-urgence-ecologique-vue-du-sud-_r_37_i_827.html

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DÉMOCRATIE ET CITOYENNETÉS ÉTUDIANTES APRÈS 1968

Démocratie et pouvoir étudiant : la période « charnière », voire « refondatrice », des « années 1968 » est passée au crible. La citoyenneté étudiante d’aujourd’hui est examinée dans cet ouvrage, non seulement en France mais aussi dans d’autres pays.
Les auteur·es explorent divers aspects de la citoyenneté institutionnelle (les élu·es dans divers conseils) et de la citoyenneté en mouvements (assemblées générales, coordinations). Question sans cesse renouvelée, que ce soit avant 1968 ou après, les réformes accordant, ou restreignant, la participation étudiante : la démocratie représentative et la démocratie directe sont-elles concurrentes, opposées ou complémentaires ?

Plusieurs thématiques font l’objet d’une attention particulière, avec, en France, la gestion et la cogestion étudiantes, les élections universitaires, le pouvoir étudiant en Sorbonne, à Vincennes autour de 1968, le mouvement contre le CPE. On y questionne aussi la différence de statut des universités entre les sociétés démocratiques et les sociétés autoritaires.

Ce livre est l’aboutissement d’un programme de recherche mené par la Cité des mémoires étudiantes et le Centre d’histoire sociale du 20e siècle (Université Paris 1), avec le concours du Groupe d’études et de recherche sur les mouvements étudiants (Germe) et le soutien de la région Île-de-France.

https://www.syllepse.net/democratie-et-citoyennetes-etudiantes-apres-1968-_r_37_i_835.html

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LE ROND-POINT DE SAINT-AVOLD

Nous, Gilets jaunes, nos premiers 600 jours

« Qui aurait pu imaginer que nous tiendrions si longtemps ? Une ténacité pareille face à ces faiseurs de misère ? Sommes-nous des héros de BD ? Astérix et Obélix ? Non ! Nous ne sommes que des personnes ordinaires prises dans un rude combat pour la justice ».

Tel est le témoignage de l’une des dizaines de personnes qui ont pris le stylo pour se livrer, partager leur combat et les moments forts de la vie sur les ronds-points, laisser une trace dans l’histoire.

Pas de leçons de morale, pas d’héroïsme, simplement la vie de centaines d’anonymes qui n’auraient jamais pensé auparavant faire la une mais qui ont trouvé la force et le courage de se rebeller d’abord, et de tenir, ensuite, contre vents et marées.

Car le rond-point de Saint-Avold, qui est le héros de ce récit, a tenu plus d’un an et demi et, bien que la dernière cabane ait été démantelée le 27 mai 2020, beaucoup de Gilets jaunes y croient encore et continuent la lutte.

Ce livre est exceptionnel car il est écrit à une centaine de mains, fait de bouts de papier et de souvenirs rassemblés ici ou là. Les écrivains en herbe sont anonymes ou cités par leurs prénoms.

Dans l’esprit Gilet jaune, personne ne se met en avant, c’est le « nous » qui parle. Des points forts comme des points faibles, des défauts comme des qualités. Avec un langage accessible à tou·tes, résonnant immédiatement avec l’expérience de tout·e un chacun·e.

Malgré le très grand nombre d’auteurs et d’autrices, le récit se lit d’une traite, comme un roman dont on voudrait suivre chacun des épisodes et connaître la fin. Même si l’on sait, dès le début, que ça ne se termine pas par la révolution, on vit les espoirs et déconvenues des un·es et des autres, on sympathise, on apprend et on comprend. On rigole aussi parfois. Et on se met à imaginer : et si…

Il y a un message politique fort dans cet ouvrage, mais le·la lecteur·trice reste libre d’en tirer ses propres conclusions.

Le sens politique de ce mouvement, avec ses exigences, reste une interrogation. Écrit ensemble par les acteurs et les actrices mêmes de ce mouvement, ce livre est une analyse de la société d’aujourd’hui.

Les nombreuses photographies, qui ponctuent le livre, donnent un visage au récit des femmes et des hommes du rond-point de Saint-Avold.

Une chose est sûre : l’humanité est l’encre de ce récit, celle qui devrait nous guider pour penser le monde.

https://www.syllepse.net/le-rond-point-de-saint-avold-_r_21_i_837.html

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THOMAS PIKETTY : UNE CRITIQUE ILLUSOIRE DU CAPITAL

Dans le premier chapitre du Capital, Marx caractérise l’économie vulgaire en ces termes : elle « se contente des apparences […] et se borne à élever pédantesquement en système et à proclamer comme vérités éternelles les illusions dont le bourgeois aime à peupler son monde à lui, le meilleur des mondes possibles ». Et ce tout simplement parce qu’elle ne parvient pas ou renonce même à « pénétrer l’ensemble réel et intime des rapports de production dans la société bourgeoise ».

Or, de même qu’il existe ainsi une apologie vulgaire du capitalisme, il en existe une critique non moins illusoire. Même ignorance radicale des rapports capitalistes de production, même fascination exercée par leurs apparences fétichistes (la marchandise, l’argent, la comptabilité nationale et ses instruments statistiques, etc.), même volonté d’en rendre compte en termes de pseudo-lois transhistoriques, même enfermement dans le cadre d’une idéologie sacralisant la propriété privée, la liberté d’entreprendre et l’égalité réduite à sa dimension juridique, qui limite du même coup ses propositions de réforme à des mesures de redistribution des revenus et de la propriété.

C’est à démontrer que Thomas Piketty en reste au niveau de cette critique illusoire que cet ouvrage s’emploie, tout en développant en contrepoint les éléments d’une critique radicale.

https://www.syllepse.net/thomas-piketty-une-critique-illusoire-du-capital-_r_25_i_817.html

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ASSIÉGÉES

Citadelles des résistances / Utopies

Que pourrait être un monde où l’air est respirable pour quelqu’un comme Adama Traoré, où la Méditerranée est une mer plutôt que le tombeau des espoirs en exil des harragas comme l’appelle de ses vœux la bande dessinée de Thiziri qui clôture ce numéro. Les violences policières sont une manifestation visible de politiques dont la logique consiste à étouffer, asphyxier, écraser et effacer les familles issues de l’immigration postcoloniale, en nous affectant directement ou indirectement.

L’idée de consacrer un numéro aux utopies a été décidée bien avant que la pandémie ne nous confine, et la promesse présidentielle d’un « monde d’après », qui fait peur plus qu’il ne fait rêver, à partir du moment où nous avons vu des drones se mettre à parler. Nous ne sommes pas tous égaux/égales face à la tâche d’imaginer quel serait ce monde, dans un contexte d’état d’urgence sanitaire qui a affecté de façon différenciée les individus selon leur race, leur classe et leur genre. Comment imaginer d’autres mondes quand nous sommes sous l’emprise de « nécessités pressantes » comme celle d’assurer la continuité de la vie de la nation, endossée principalement par des femmes et/ou racisé·es et/ou prolétaires.

2020 signe les cinq ans de la revue AssiégéEs qui met au centre les réflexions et les enjeux des personnes racisées appartenant aux minorités sexuelles et de genre, comme une opportunité de produire des savoirs, et de créer, avec nos façons de faire. Penser nos expériences n’est pas une finalité lorsque nous produisons des connaissances, parfois sous la forme d’auto-histoires : il s’agit toujours de nous relier à des histoires collectives ; de penser les rapports sociaux, les structures oppressives, à partir de la condition minoritaire ; de confronter fructueusement les multiples expériences de racialisation et de sexualisation.

Avec la revue AssiégéEs, nous faisons l’effort de traduire « nos propres peurs », « nos propres insécurités » comme l’espérait Donna Kate Rushin, car notre parole politique ne peut être réduite à traduire et faire des ponts entre les un·es et les autres, car nos corps et nos dos ne sont pas des ponts à piétiner.

https://www.syllepse.net/assiegees-_r_37_i_834.html

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LE SEXE DE LA VILLE

Identité, genre et sexualités dans la ville états-unienne

Dans un pays, les États-Unis, où les relations de genre sont fortement liées à l’histoire de son territoire urbain, sexe, genre et sexualités imprègnent l’espace des villes.

Cet ouvrage se propose de nous en révéler les liens.

Dans une première partie historique, il nous fait découvrir comment les espaces genrés et ségrégués se sont construits dans l’histoire des États-Unis et de ses villes.

Il explore comment le partage de l’espace public entre les sexes s’est organisé.

La ville d’aujourd’hui a-t-elle toujours « mauvais genre » comme le croyaient les progressistes du 19e siècle (homosexualité, queerness, prostitution…) ?

Ou, au contraire, les municipalités jouent-elles désormais de la diversité de la ville pour mieux la « vendre », notamment aux femmes, à qui la ville est censée « faire peur » ?

Existe-t-il aujourd’hui un droit à la ville « genré », c’est-à-dire déterminé par le genre ?

Fondé sur de nombreux entretiens menés dans la ville de Chicago et s’appuyant sur les théories des géographes féministes anglo-saxonnes, trop ignorées en France, cet ouvrage s’interroge sur la co-constitution d’identité de genre et de l’espace urbain aux États-Unis, et plus généralement sur la relation entre sexe et ville.

Chemin faisant, l’autrice nous dévoile les nouvelles divisions genrées qui se déploient au détour de nos rues. Elles ont des effets sur la propriété foncière, sur l’architecture, sur les magasins, le mobilier urbain, les cafés, etc., ainsi que les stratégies de résistance des intéressé·es pour occuper la ville.

Un ouvrage sur une question qui interpelle autant le féminisme que la sociologie urbaine.

https://www.syllepse.net/le-sexe-de-la-ville-_r_37_i_814.html

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SYNDICALISME ET FÉMINISME

Les utopiques n°14

Avec ce numéro, nous ne prétendons pas explorer tout le champ féministe du syndicalisme, tout le champ syndical du féminisme. En plus de vingt ans, les journées intersyndicales femmes y ont largement contribué. Cécile Gondard y revient.

Les femmes ont toujours travaillé, toujours lutté, toujours activement participé aux mouvements sociaux, politiques et syndicaux ; et les femmes ont régulièrement disparu des histoires retraçant tous ces moments. Sous des angles différents, Annick Coupé, Nara Cladera, Elisabeth Claude, Nicole Savey et Fanny Galot reviennent sur la dette du mouvement ouvrier vis-à-vis des femmes. La crise sanitaire et sociale liée au Covid-19 est l’occasion pour Corinne Mélis de dénoncer, et expliquer, cette invisibilité, organisée et à combattre. Elle montre également la nécessité de penser le croisement des oppressions et les débats, souvent difficiles, que cela sous-tend.

Le récent mouvement sur les retraites n’a-t-il pas démontré la nécessité de genrer nos cahiers revendicatifs, interroge Verveine Angeli.  Murielle Guilbert traite de la mixité des listes électorales, tandis qu’Anne Bennot-Millant démontre que les statistiques à propos des violences conjugales fassent disparaître les femmes de plus de 70 ans.

L’auto-organisation est une priorité. Celle des femmes s’impose. Manel Ben Boubaker, Julie Ferrua, rappellent les premières concernées doivent pouvoir prendre toute leur place.

Le syndicalisme comme le féminisme ne connaissent pas de frontières. D’où les contributions de Cybèle David sur les femmes zapatistes, Leire Txakartegi sur une grève de femmes au Pays basque, Claude Lambrechts à propos du 8 mars en Belgique, Cybèle David et Camille Saugon sur un collectif de femmes à Rome. Gaëlle Differ et Lazritia Zenevitch rappellent que le droit à l’avortement, libre et gratuit, demeure un combat, ici et ailleurs. De même, pour l’action syndicale contre les violences sexuelles et sexistes, dont nous parlent Cécile Gondard, Murielle Guilbert, Corinne Mélis et Odile Binet.

Enfin, à travers le film Ni les femmes Ni la terre, Lucie Assemat aborde l’écoféminisme, tandis qu’avec Cantomos sin medio, Mylène Colombani nous invite à réfléchir sur un syndicalisme qui doit être culturel.

Vingt et une femmes, dont dix-huit syndicalistes, ont contribué à ce numéro. Le féminisme n’est pas l’affaire que des femmes, loin de là. Notamment, il doit interpeller l’ensemble des syndicalistes. Mais qui peut mieux en parler que des femmes syndicalistes ?

https://www.syllepse.net/syndicalisme-et-feminisme-_r_37_i_819.html

Note de lecture :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/08/11/les-femmes-ont-toujours-travaille-les-femmes-ont-toujours-lutte/ 

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Notes de lecture sur
quelques autres ouvrages récemment publiés

Guide du Bordeaux colonial et de la métropole bordelaise :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/08/27/ni-sincliner-ni-regarder-ailleurs-interroger/ 

Thomas Posado, Jean Baptiste Thomas : Révolutions à Cuba de 1868 à nos jours. Émancipation, transformation, restauration 

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/08/17/a-lheure-des-brasiers-se-focaliser-sur-la-lumiere-ne-suffit-pas/ 

Alternatives Sud : Le Brésil de Bolsonaro : le grand bond en arrière 

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/08/10/un-agenda-ultraliberal-et-autoritaire/ 

Fania Noël-Thomassaint : Afro-Communautaire. Appartenir à nous-mêmes :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/07/28/nous-ne-sommes-pas-des-sujets-parles-nous-parlons-pour-nous-memes/

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Bonne lecture après un détour chez votre libraire habituel

Editions Syllepse

69, rue des Rigoles – 75020 Paris


O1 44 62 08 89


Diffusion : Sofédis / Distribution : Sodis

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