A l’heure des brasiers, se focaliser sur la lumière ne suffit pas

« « Cuba », « La  Havane », « Martí ». « Guevara », « Fidel ». Autant de noms qui résonnent, aujourd’hui encore, avec un son particulier dans l’imaginaire politique. Autant de noms qui, dans les Amériques, dans la Caraïbe et au-delà, continuent à être synonymes des mots « indépendance » et « révolution » ». Les mobilisations des populations, le renversement d’un dictateur, l’expropriation des grandes propriétés cubaines et étrangères… et des interrogations sur des ruptures possiblement émancipatrices…

Je fais un pas de coté. Si le socialisme peut être construit dans une ile ou dans un pays, si le socialisme peut être autoritaire ou de caserne ; si Cuba est socialiste ou la Chine communiste ; si le socialisme est compatible avec un parti unique, l’absence d’institutions élues au suffrage universel, le déni de l’auto-organisation ou de la libre syndicalisation ; si le socialisme ne remet pas radicalement en cause les rapports de travail, les rapports sociaux de sexe ou les processus de racisation… Alors, nous devrions affirmer que nous nous sommes trompé de combat !

Si notre combat pour l’émancipation de toustes et de chacun·e continue d’alimenter nos espoirs, alors nous nous devons d’analyser, sans préjugés, les contradictions qui traversent les sociétés, nous poser des questions sur les outils d’analyse ou les conceptualisations utilisées, sans oublier les expressions pouvant être comprises par le plus grand nombre.

Il est relativement facile de constater un phénomène révolutionnaire. Mais qu’en est-il des appréciations sur la nature d’un nouveau régime, la combinaison de ruptures et de continuités, les difficultés et les contradictions, la part entre les idées projetées et l’appropriation sociale réelle des mécanismes sociaux par les populations ? Tout cela relève de nécessaires débats politiques. C’est bien toujours après un certain temps qu’il est possible, non sans erreurs ou difficultés, de préciser les caractéristiques d’une société et des rapports sociaux qui la structurent.

En prologue du livre, prologue-du-livre-de-thomas-posado-jean-baptiste-thomas-revolutions-a-cuba-de-1868-a-nos-jours/, publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Thomas Posado et Jean Baptiste Thomas parlent de cette société, à quelques encablures de la première puissance économique et militaire, de passions et de polémiques, de conquêtes et d’acquis, de la nature autoritaire du régime politique cubain, d’un « Système qu’il faudrait à son tour révolutionner de fond en comble de façon à ce que le monde du travail, les classes populaires et la jeunesse soient réellement en capacité de décider de façon auto-organisée de la conduite de leurs propres affaires, condition élémentaire de l’existence d’un socialisme réellement démocratique et émancipateur », de l’ensemble des révolutions qui ont secoué l’ile depuis 1868, des « subalternes… acteurs et actrices du récit émancipateur qui s’est construit dans les affrontements et dans les luttes »…

Thomas Posado et Jean Baptiste Thomas reviennent, dans un premier temps, sur l’économie sucrière et esclavagiste, le processus de libération du joug colonial, l’intervention directe des Etats-Unis sur le sol cubain. Ils détaillent les violences de la colonisation, le génocide amérindien, « La brutalité est telle qu’au milieu du 16e siècle, l’ensemble de la population autochtone a pratiquement disparu », la mise en place d’une société esclavagiste et raciste, la place de Cuba dans le « système de flotte » mis en place par la couronne espagnole, La Havane et le reste de l’ile, la production dominicaine de sucre, « Cuba va devenir, sur le tard, une île sucrière et, par conséquent, une île où la traite et l’esclavage vont jouer un rôle central, tout en restant l’une des dernières colonies de Madrid à l’époque où les Indes espagnoles vont s’émanciper de la tutelle péninsulaire », le négoce « de chair humaine, de sucre et de mélasse », la grande peur des blancs et le « péril noir ». Cuba va devenir le principal producteur de sucre au monde, le défrichage débouchera sur la constitution de grandes plantations.

Les auteurs analysent « pourquoi la bourgeoisie créole cubaine ne suit-elle pas la vague indépendantiste du début du 19e siècle », le courant annexionniste, « Pour la fraction annexionniste des planteurs, enfin et ce malgré les contradictions qu’ils entretiennent avec les producteurs sudistes, l’absorption par les Etats-Unis semble être la meilleure des solutions pour défendre la cause esclavagiste face aux pressions britanniques, Londres ayant aboli l’esclavage dans ses colonies antillaises, à commencer par la Jamaïque en 1833 », la préférence de la bourgeoisie créole pour la « tutelle étrangère », la guerre des dix ans, le rôle de Cuba pour les « grands fortunes madrilènes, barcelonaises et pour la Couronne », le recours aux travailleurs « engagés »…

Thomas Posado et Jean Baptiste Thomas soulignent des expériences d’« insoumission collective », les créations de communautés de marrons, les palenques, les révoltes noyées dans le sang, l’émergence « d’une nouvelle radicalité au sein de certaines fractions de la bourgeoisie créole », des groupes de « conspirateurs indépendantistes », des troupes insurgées, la proclamation de l’indépendance, « Le premier acte politique de celui qui est, pendant une première période, le chef naturel des insurgés, Carlos Manuel de Céspedes, consiste à proclamer l’indépendance, bien entendu, mais aussi la liberté pour les esclaves : les siens, tout d’abord, et ceux de l’ensemble de l’île, une décision confirmée par le gouvernement en armes, le 27 décembre 1868 ». Ils discutent des doctrines contre-insurrectionnelles, de la politique de terre brulée, de José Marti, de nationalisme, « Sont ainsi considérés comme pleinement Cubains toutes celles et ceux qui combattent pour l’indépendance, au-delà de leurs origines et de leur couleur de peau », de l’idée d’« hispanité raciste », de l’abolition partielle par les Cortes espagnoles de l’esclavage en 1880 puis du décret d’abrogation définitif six ans plus tard, du suffrage censitaire à Cuba, du blog social espagnoliste, des dernières années sous domination espagnole, de la rébellion, de l’« entrée en jeu d’un troisième acteur : les Etats-Unis »…

Le chapitre deux est consacré à « La république sous tutelle-nord américaine », un néo-protectorat, une forte pénétration des capitaux étasuniens et le contrôle des secteurs économiques clés, les débarquements de troupes, la répression des mouvements sociaux, la période de boom sucrier, la « Danse des millions », la construction de cercles étudiants et de syndicats de salariés dans le tabac, les loges ouvrières, la Confédération nationale ouvrière de Cuba, l’unification de groupes se réclamant du communisme au sein du Parti communiste de Cuba (PCC), les exils, l’emprise stalinienne, le gouvernement de Gerardo Machado, la corruption et la violence, la révolution de 1933, la grève générale et le mouvement insurrectionnel…

Il m’a semblé important de m’attarder sur l’histoire d’avant la dictature de Fulgencio Batista. L’analyse du temps long fournit des éclairages et permet de mieux saisir des éléments structurant du contexte politico-social de la période plus récente.

Je ne vais pas détailler le régime de Fulgencio Batista, les différents éléments du processus révolutionnaire, les politiques développées, l’embargo des Etats-Unis, le rapprochement avec l’Urss, les difficultés et les contradictions d’hier et d’aujourd’hui. Le récit des auteurs me semble bien documenté. J’en soulignerai quelques éléments, je signalerai aussi quelques appréciations divergentes, tout en revenant sur des problèmes de conceptualisation en lien avec mon précédent pas de coté (Je précise n’avoir pas réponses satisfaisantes sur bien de ces sujets).

Fulgencio Batista, les méandres de la politique du parti communiste, la vie institutionnelle de la fin des années 1930 au coup d’Etat de 1952, le clientélisme et la corruption, les voies légales et électorales fermées, celles et ceux qui font le choix des armes, Fidel Castro et ses camarades, l’assaut contre la Moncada, une défaite militaire mais une présence politique, la sierra et les liens avec la population paysanne, l’insubordination sociale urbaine, la mise en application d’un programme de réforme agraire, les conditions permettant une grève générale, La Havane investie, « la révolution, en réalité, ne fait que commencer »…

Au delà des formes de mobilisation dans le monde du travail, dans la paysannerie, dans la jeunesse, Thomas Posado et Jean Baptiste Thomas soulignent « l’absence de structures d’autoreprésentation indépendantes », l’extension de la rébellion et ses répercutions internationales. Ils interrogent : « Comment expliquer, donc, que ce qui commence comme une révolution démocratique contre un régime dictatorial, corrompu et détesté, instaurant un gouvernement honnête, assurant le puissant voisin que ses intentions sont avant tout réformistes, se transforme en un processus de transformation radicale d’un point de vue systémique, économique, social et politique, à travers l’expropriation du capital états-unien et étranger ainsi que de la bourgeoise cubaine ? ». Pour ma part je ne ferai pas une délimitation nette entre éléments démocratiques et socio-politiques. Les mobilisations visent à l’amélioration des conditions d’existence et leurs dynamiques dépendent à la fois des expériences et des « réponses » des dominants.

Les auteurs poursuivent avec l’opposition frontale du gouvernement des Etats-Unis, la poursuite et l’approfondissement des mobilisations, la « radicalisation » des exigences, « sans parvenir à mettre en place des organises propres d’auto-organisation », la « transcroissance d’une révolution démocratique et nationaliste en un processus de transformation anti-impérialiste et tendanciellement anticapitaliste » (ce schéma de transcroissance ne me paraît pas adéquat, il s’agit d’une modélisation qui n’aide pas à saisir les dynamiques et les contradictions en œuvre dans les processus révolutionnaires concrets), la déstructuration des institutions et du monopole de la violence. L’effondrement de la dictature participe de la désintégration d’un pilier central de l’appareil de l’Etat. Si le programme proposé par les forces autour de Fidel Castro peut paraître modéré, l’enchaînement des événements (dont les actions de sabotage) entrainent des expropriations sans compensation, à commencer par les sociétés pétrolières étasuniennes. Il y a donc une accélération et une radicalisation des réformes, non par débats et décisions démocratiques mais sous contrainte des forces de la réaction. Le calendrier imposé par les agressions est un problème auquel de nombreux processus révolutionnaires sont confrontés. La non maitrise collective des décisions ne peut que favoriser l’autonomisation des forces qui gouvernent. Le processus peut-être aggravé lorsque les bases matérielles d’une autre gestion ne sont pas présentes à un horizon maîtrisable.

Il convient avec les auteurs de dénoncer l’embargo commercial décidé par le gouvernement étasunien, « asphyxier l’économie cubaine pour favoriser le mécontentent et chasser les castristes du pouvoir ». Les processus révolutionnaires sont toujours attaqués par les puissances impérialistes (embargo, interventions armées). Il y a ici un défi à préparer, une solidarité internationale à opposer. L’épisode de la Baie des Cochons montre comment les grandes puissances foulent aux pieds le droit international qu’elles instrumentalisent habituellement pour la bonne marche des affaires…

Que Fidel Castro proclame le caractère socialiste de la révolution en dit plus sur sa conception du socialisme que sur les réalités socio-économiques. Comme le soulignent les auteurs, « le pouvoir politique à Cuba, dès le début de la révolution, n’est pas aux mains du mouvement ouvrier, de la petite paysannerie, des masses populaires et de la jeunesse, par le biais de leurs propres organismes d’autoreprésentation ». Les mobilisations cependant se poursuivent en particulier parmi les paysan nes et dans le prolétariat rural. L’Etat procède à des « expropriations pures et simples » ; ce qui conduira à un contrôle de la majorité des entreprises et de la terre. Une étatisation et une confiscation centralisée des décisions, un contrôle des principales orientations par une minorité autoproclamée parti révolutionnaire.

Il ne faudrait pas cependant sous-estimer les politiques conduisant à des améliorations significatives pour la population. Les auteurs citent l’accès à « la culture, à l’éducation, à la santé et à la prévention », la dépénalisation de l’avortement. La campagne contre analphabétisme est un succès. Les modifications agraires et la baisse du chômage sont aussi à souligner.

Thomas Posado et Jean Baptiste Thomas discutent de nouvelles institutions et organisations, la Milice nationale révolutionnaire, la Fédération des femmes cubaines, les Comités de défense de la révolution, l’Institut de la réforme agraire, du mouvement syndicale et de la CTC, des Unités militaires d’appui à la production.

Ils abordent l’internement de celles et ceux jugées « asociaux », des prêtres et des pasteurs, des opposant·es réels ou non, sans oublier les « déviant·es » de toutes sortes dont les personnes homosexuelles. Les mesures et structures d’exception se consolident de même que la monolithisme de la « direction politique ».

Les auteurs traitent, entre autres, des différences entre les différentes périodes, de certains débats, de la place d’Ernesto Che Guevara (mon appréciation diffère de celle des auteurs, lire par exemple, Samuel Farber : Che Guevara. Ombres et lumières d’un révolutionnaire, qui-decide-de-qui-est-dans-la-revolution/), de la consolidation d’« une économie planifiée « par en haut » » (la nommer « nouveau système de type socialiste » ou « socialisme à tendance autoritaire » est pour moi très abusif), de l’alignement sur l’Urss, de l’institutionnalisation des organisations, du PCC et de son élargissement, des évolutions du niveau de vie, de la main d’oeuvre hautement qualifiée, de la dette extérieure, du front des pays non-alignés, des « missions civiles, médicales et militaires » dans nombre de pays, des rapports avec le grand voisin USA, de l’émigration (un droit humain international), de la rhétorique nationaliste…

Un chapitre est consacré à « Cuba en crise » (1986-2004), réactions cubaines aux évolutions en Urss, période dite de « rectification », épurations, dégradation du niveau de vie et mécontentement, développement des industries pharmaceutiques ou du tourisme pour obtenir des devises, (il me semble discutable de parler de tendances pro-capitalistes à propos de l’ouverture de certains circuits commerciaux. Sur le marché après une révolution sociale, je renvoie aux travaux de Catherine Samary et en particulier à ses analyses sur la Yougoslavie), durcissement et les offensives étasuniennes…

Thomas Posado et Jean Baptiste Thomas étudient particulièrement les relations entre Cuba et les gouvernements du « virage à gauche » du sous-continent, la fin de l’isolement, la « transition générationnelle », la nouvelle constitution sans assemblée constituante élue, les sources de revenus plus diversifiées qu’au temps de la dépendance à la mono-production de sucre, l’augmentation des inégalités « sociales et spatiales », les « zones spéciales de développement économique », la dépendance aux importations alimentaires, l’enjeu géopolitique « suscité par l’exploitation des hydrocarbures »›› (dans le mépris des enjeux environnementaux et climatiques), l’ouverture aux capitaux étrangers sans possibilité de contrôle démocratique, la place des cubain·es exilé·es en Floride, les politiques de Trump (classer cependant Daniel Ortega dans les gouvernements « progressistes » est pour le moins désastreux)…

« Si le « socialisme dans un seul pays » n’a jamais été qu’une chimère, le « socialisme dans une seule île », qui plus est sous embargo, est encore plus illusoire ». Quelles conséquences, en termes d’orientation ou de temporalité, en termes de solidarité à construire, pourraient être déduites de cette juste affirmation des auteurs ? Thomas Posado et Jean Baptiste Thomas ne semblent pas aller au delà du constat, sans prendre en compte les effets sur les possibles dans un espace géographique si limité.

Ils nous rappellent, entre autres, la place singulière de la Caraïbe dans l’histoire du capitalisme, l’importance de l’intervention directe « sur le terrain de la propriété des moyens de production » (entre l’autogestion et l’étatisation, il y a cependant plus qu’une simple différence), le rôle de l’auto-représentation et de l’auto-organisation…

L’effort de conceptualisation de Leon Trotski et de l’internationale qu’il a essayé de construire visait à comprendre et à expliciter les dynamiques et les contradictions en URSS d’abord et dans d’autres pays ensuite.

Le concept même d’Etat ouvrier me semble inadéquat, pour ne rien dire de la notion d’Etat ouvrier déformé ou dégénéré. Mais au delà de la terminologie, se cache des problématiques plus insidieuses dont l’idée d’une révolution politique, de bases de l’économie planifiée, de remise en route des processus sur les rails du socialisme. S’il convient de défendre les acquis (encore faudrait-il les définir en terme de choix démocratiques et de satisfaction des besoins de la majorité des populations), penser que l’ennemi principal est la restauration du capitalisme c’est de fait donner un brevet immérité de progressisme aux bureaucraties étatiques et partidaires qui ont accaparé les pouvoirs et les privilèges. Les appareils d’Etat réellement existants sont l’un des piliers de l’expropriation des travailleurs et des travailleuses. Sans leur destruction et le remodelage complet des institutions, l’avenir ne peut-être pensé comme émancipateur. Ce qui nécessite une révolution sociale avec toutes les dimensions que cela implique. Que celle-ci prenne des formes particulières, en fonction des contextes, des histoires, des rapports de force est une chose ; que nous ne connaissons pas à l’avance les processus concrets, les temporalités longues de la transition entre le capitalisme et un nouveau monde en est une autre.

Des débats importants ont traversé des forces d’émancipation radicale, comme par exemple : chambres de représentation multiples, pluripartisme, droits des êtres humains, système de délégation et de représentation, citoyenneté de résidence, organisations spécifiques des femmes, etc.

Nous pouvons mettre en avant une série de grands principes qui doivent cependant être revalidés ou redéfinis en permanence – comme la révolution du même nom !. Les auteurs en soulignent certains. J’ajoute, au moins, la volonté de transformer les relations de travail et le temps de travail contraint, la remise en cause du système de genre (ce qui nécessité une mobilisation et des organisations spécifiques des femmes), les relations à nos environnements, la construction de coopération et de solidarité qui vont au-delà de la socialisation rabougrie du système capitaliste…

Quoiqu’il en soit sur ce sujet, il me semble nécessaire de reprendre l’ensemble des débats, de rompre avec l’expérience talmudiste (lecture littérale de textes politiques anciens), de contextualiser les débats à l’aune des expériences…

« C’est l’heure des brasiers et il ne faut voir que la lumière » (José Marti). Le titre de cette note est une invitation à penser l’histoire et les contradictions des soulèvements émancipateurs…

Thomas Posado, Jean Baptiste Thomas : Révolutions à Cuba de 1868 à nos jours

Émancipation, transformation, restauration

Editions Syllepse, Paris 2020, 176 pages, 18 euros

https://www.syllepse.net/revolutions-a-cuba-_r_22_i_785.html

Didier Epsztajn

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