Exigences citoyennes et transition énergétique

« La résistance à la privatisation a donné naissance à un puissant moteur de changement : la (re)municipalisation, c’est-à-dire la reconquête de la propriété et de la gestion publique des services ainsi que la création de nouveaux services publics. Ces dernières années, le Transnational Institute et ses partenaires ont identifié plus de 1 400 cas de (re)municipalisations réussies impliquant plus de 2 400 villes dans 58 pays à travers le monde. »

Les privatisations sont toujours à l’agenda des institutions financières internationales et de nombreux gouvernements, les partenariats « public-privé » (PPP) et les « initiatives de financement privé » (IFP) se développent, le démantèlement du secteur public se poursuit [par externalisation de services, introduction de critères de gestion calqués sur les critère de rentabilité du secteur lucratif privé, flexibilisation des emplois, etc.]. Les chantres de idéologie néolibérale (et les actionnaires masqués derrière e soi-disant intérêt supérieur des entreprises) déclinent leurs mantras dogmatiques [concurrence libre et non faussée, efficacité du marché, libéralisation (à ne pas confondre avec la liberté des citoyen·nes de choisir démocratiquement leurs avenirs), individu égoïste entrepreneur de soi]…

Comme le soulignent les auteurs et autrices « il est d’autant plus remarquable que tant de services et d’équipements reviennent à la propriété et au contrôle publics ». Si les domaines de l’eau et de l’énergie sont les plus connus, d’autres secteurs sont concernés, comme les télécommunications (pour garantir l’accès à un service internet haut débit), l’éducation, les transports, la santé et les services sociaux, la gestion des déchets…

Les analyses sont illustrées par des petits graphiques concernant les différents secteurs municipalisés ou (re)municipalisés, les pays [Allemagne, Canada, Chili, Danemark, Espagne, Etats-Unis, France, Malaisie, Norvège, Philippines] et complétées par de petites études de cas.

Le rapport met en avant, les objectifs sociaux et environnementaux, la participation et la démocratie locale, le contrôle démocratique, la protection de l’avenir commun, « Nous devons fournir des alternatives publiques viables qui renforcent à la fois les communautés et le tissu démocratique de la société »…

Je souligne quelques éléments. Les auteurs et autrices abordent, entre autres, la redéfinition de la propriété publique, la baisse des coûts d’exploitation des services, les coûts de la privatisation, les choix d’investissements, l’amélioration des services et la garantie de leur durabilité (à l’inverse des faillites de sociétés privées ; sans oublier leurs fausses promesses), le traitement de tous les territoires (et non des seules zones habitées par les personnes les plus aisées), la promotion des droits humains et sociaux, les politiques de réduction du travail précaire, l’amélioration des conditions de travail et des salaires, la santé publique et la réduction des risques, la gestion démocratique, la représentation des usager·es, les coopératives, les associations à but non lucratif, l’implication des travailleurs et des travailleuses et ce que l’on peut apprendre d’elles et d’eux, l’inclusion des salarié·es « de manière permanente dans les processus politiques et décisionnels », la décarbonisation de la société, l’urgence climatique, l’approche écoféministe, la division sexuée et raciale du travail, la revitalisation des liens communautaires, le renforcement de l’économie locale, la coopération publique-publique…

En conclusion, iels insistent sur la priorité aux besoins des personnes les plus marginalisées, le partage des pouvoirs de décision, la redéfinition de la propriété publique, les investissements publics et la fiscalité progressive…

« Tandis que le racisme, le fascisme et l’extrême droite sont en hausse, offrir des solutions systémiques viables à la fois pour les êtres humains et la planète peut considérablement contribuer à reconstruire nos démocraties, nos sociétés et nos économies dans une optique de solidarité et de coopération, afin d’en faire profiter le plus grand nombre, et pas seulement une minorité. Notre avenir public est entre les mains des citoyens, non des entreprises »

Un autre monde est possible. Des exemples dans divers pays, de multiples secteurs concernés. Le travail d’élu·es, de salarié·es, de citoyen·nes. La réappropriation sociale de services publics.

Note de synthèse du livre L’avenir est public : vers la propriété démocratique des services publics, disponible sur le site de l’observatoire des multinationales, https://multinationales.org/L-avenir-est-public-Ces-1400-remunicipalisations-qui-dessinent-les-contours-des

Transnational institute, juin 2018, 32 pages

Didier Epsztajn

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