Argumenter contre l’industrie de la prostitution : Au-delà de l’opposition abolitionnistes contre « travailleuses du sexe »

Introduction

La prostitution est depuis longtemps un sujet de controverse au sein du Mouvement de libération des femmes, divisant les individues et les groupes féministes. Cela s’explique en grande partie par le fait que le débat est souvent réduit à une opposition entre ce que l’on appelle la « réduction des méfaits » (harm reduction) dans une « industrie du sexe » qui serait légale – c’est l’argument pro-légalisation – et, d’autre part, les arguments en faveur de l’abolition de la prostitution. Celles qui tendent vers ce dernier point de vue sont souvent accusées de moralisme, de conservatisme et, pire encore, de mépris pour la sécurité des femmes. Il est donc peut-être opportun de revoir la vision féministe de la prostitution en tant que cause et conséquence de l’inégalité, et le présent billet tentera d’aborder certains des défis contemporains adressés à cette position politique.

Quelle est la position abolitionniste ?

Les abolitionnistes sont celles et ceux qui croient en une criminalisation de la demande de prostitution, en vue de réduire la prostitution, ou peut-être d’y mettre fin à l’avenir. Ce n’est pas seulement un argument féministe, de nombreux socialistes et anticapitalistes souscrivent également à ce point de vue et envisagent un avenir sans l’industrie de la prostitution. Les abolitionnistes considèrent généralement la prostitution comme une cause et une conséquence de l’inégalité, y compris l’inégalité entre les sexes ; ils et elles ne la considèrent pas comme un travail comme un autre [1]. Il s’agit d’une position politique, et non d’une position religieuse, moraliste ou conservatrice.

Qu’est-ce que la criminalisation de la demande ?

De nombreuses féministes, y compris des abolitionnistes, préconisent ce que l’on appelle l’approche nordique (ou modèle suédois), en appelant à la dépénalisation complète de toutes les personnes exploitées dans la prostitution et plutôt à la pénalisation de la demande. En 1999, la Suède a interdit l’achat d’actes sexuels dans le cadre de la prostitution, ce qui a eu pour effet de criminaliser les prostitueurs, tout en décriminalisant toutes les personnes vendant des « services sexuels ». En clair, les femmes ne sont pas criminalisées, mais les hommes le sont. Cette mesure est conforme à la conception suédoise de la prostitution comme une forme de violence antifemmes et un symptôme d’inégalité, et s’inscrit dans le cadre de l’engagement de la Suède à lutter contre le trafic sexuel mondial [2]. Toute mesure juridique de ce type doit s’accompagner d’un investissement financier important ciblé sur la réduction des méfaits et sur des services d’aide à la sortie du milieu, et ce n’est rien de moins que ce que méritent les personnes exploitées et lésées dans la prostitution, dont beaucoup ont été constamment laissées pour compte par les services publics qui auraient dû les protéger.

Quelle est la position pro-légalisation ?

C’est l’argument qui veut que la prostitution soit considérée comme une activité légitime et que l’ensemble de l’« industrie du sexe » puisse fonctionner légalement, par exemple dans des bordels légaux. C’est une position généralement avancée par des groupes appelés groupes de pression des travailleurs du sexe, groupes de défense des droits des travailleurs du sexe ou groupes « sexe-positifs ». Ces groupes considèrent généralement la prostitution comme un travail comme un autre. Ces groupes sont généralement opposés aux groupes abolitionnistes. Ils affirment souvent que seule la légalisation complète de l’ensemble de l’« industrie du sexe » peut apporter plus de sécurité aux femmes – et à toutes les personnes – impliquées dans la prostitution.

Le terme « légalisation » est malheureusement trompeur, car la prostitution n’est de toute façon pas illégale au Royaume-Uni à l’heure actuelle, de sorte que plaider en faveur de la « légalisation » sème la confusion. Il est peut-être préférable de parler de « bordelisation », c’est-à-dire de préconiser la création de bordels fonctionnant comme des entreprises. Mais si la prostitution n’est pas illégale, la publicité pour la prostitution l’est : le racolage ou le vagabondage, la sollicitation de femmes à partir d’un véhicule (kerb-crawling), la gestion d’un bordel ou le fait de vivre des revenus d’un bordel sont également illégaux. Mais l’échange d’actes sexuels contre de l’argent, des biens ou tout autre type de rétribution – y compris l’échange d’un logement, de nourriture ou de drogue, sur une base individuelle, n’est pas techniquement illégal.

L’argument selon lequel la prostitution est un travail comme un autre est généralement suivi de l’affirmation selon laquelle la décision d’entrer dans cette industrie est une question de choix individuel, avec lequel l’État ou toute autre personne ne devrait pas interférer, mais devrait seulement faciliter ce choix pour qu’il soit mis en œuvre de la manière la plus sûre possible. Des groupes comme le Collectif anglais des prostituées (ECP) (qui fait partie de la campagne Wages for Housework) réclament ce que l’on appelle la « bordelisation », c’est-à-dire la légalisation des maisons closes par l’État, comme en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ils décrivent la prostitution comme du « sexe consensuel », qui « ne devrait pas relever du droit pénal » [3].

Des groupes comme l’Union internationale des travailleurs du sexe (UITS) défendent également le modèle néo-zélandais et promeuvent la prostitution comme une activité légitime.

Qu’est-ce que la « réduction des méfaits » ?

Les groupes de pression de l’industrie du sexe ne voient pas la nécessité de réduire ou de mettre fin à la prostitution, et pensent qu’elle devrait être une activité légitime – simplement rendue plus sûre qu’elle ne l’est actuellement. C’est là qu’intervient ce que l’on appelle la réduction des méfaits. Cette expression désigne des interventions pratiques, telles que la vidéosurveillance et d’autres mesures de sécurité, de meilleures réponses policières aux crimes contre les personnes se prostituant, la contraception gratuite, des soins de santé sexuelle spécialisés, etc.

Les féministes soutiennent-elles les approches de réduction des méfaits ?

Oui. Il existe probablement un consensus, quelle que soit la position politique des gens, sur le fait que les personnes qui se prostituent ont droit à une protection et à un soutien. Les personnes dans ce pays ont droit à leurs droits de citoyens en général, et à leurs droits humains quel que soit leur statut d’immigration, quelle que soit la façon dont elles gagnent leur vie. C’est là que ce que l’on appelle la réduction des méfaits peut jouer un rôle. Aucune féministe ne s’oppose à une telle réduction – par exemple, personne ne s’oppose à l’installation de caméras de surveillance dans les zones où l’on sait que la prostitution est courante. Les féministes ne s’opposent pas non plus à une meilleure réponse de la police lorsque les femmes prostituées signalent des crimes, y compris des viols. Toutes les femmes méritent une meilleure réponse de la police lorsqu’elles signalent un viol. Tout le monde a droit à un soutien après un viol, y compris un soutien à des poursuites si elles le souhaitent. Les féministes ne s’opposent pas à des services tels que la contraception gratuite, le counselling en matière de drogue et d’alcool, l’accès à un avortement légal et sûr, des conseils en matière d’allocations sociales, du logement, des lavoirs, des refuges, des services d’échange de seringues, etc.

Tous ces exemples de services de réduction des méfaits sont malheureusement essentiels tant que la prostitution continue d’exister. Mais surtout, l’argument féministe souligne que nous devons aussi et toujours nous pencher également sur la suppression des méfaits, parallèlement à leur réduction. La société ne peut pas, et ne doit pas, se contenter de placer de minuscules sparadraps sur les énormes blessures que la prostitution laisse sur notre société et sur les corps de celles qui y sont broyées : les femmes assassinées, disparues, violées, battues, marquées [4]. Ce faisant, on ne fait que maintenir toute une classe de personnes au service sexuel de l’autre moitié de la population et on entretient ainsi cette injustice fondamentale ; une injustice qui bafoue les revendications d’égalité dans notre pays [5]. Et pendant que ces débats se poursuivent, ce soir, dans nos rues, jusqu’à cinq mille jeunes seront exploité-e-s dans la prostitution [6], pour répondre à une demande qu’on nous dit d’accepter comme inévitable. Des enfants continuent d’être préparé-e-s à la prostitution et vendu-e-s par des et proxénètes, l’âge moyen d’entrée des jeunes dans la prostitution mondiale étant estimé à environ quatorze ans [7]. Les femmes, les enfants et les hommes de cette industrie continuent d’être touchés de manière disproportionnée par la violence, y compris la violence sexuelle, des études canadiennes suggérant que les femmes qui se prostituent sont confrontées à un risque d’homicide quarante fois plus élevé que la moyenne nationale [8].

Quel problème y a-t-il à définir la prostitution comme un travail comme un autre ?

Les féministes abolitionnistes considèrent l’industrie de la prostitution comme une cause et une conséquence de l’inégalité, et non comme un travail comme un autre [9]. Il y a bien sûr l’argument anticapitaliste bien connu selon lequel nous sommes tous et toutes contraintes de travailler, quel que soit le travail que nous exerçons. Cet argument demande quel choix ou quel consentement chacun d’entre nous peut réellement avoir ou donner, dans un monde miné par l’inégalité, le sexisme, le racisme et l’homophobie. Notre monde est marqué par la masculinisation de la richesse et du pouvoir, où trop souvent les femmes et les enfants paient le prix le plus élevé. Dans un tel monde, il y a certainement une question sur l’étendue de notre agentivité, alors que la grande majorité d’entre nous doit travailler pour gagner sa vie au mieux et survivre au pire, que cela nous plaise ou non. Certains groupes de pression de l’industrie du sexe qui souscrivent à cette position anticapitaliste valable utilisent ensuite cet argument pour classer la prostitution comme un travail comme un autre. Ils affirment que toutes les travailleuses et travailleurs vendent leur travail, qu’elleux soient journalistes, serveur-ses, universitaires ou prostitué-e-s. Cet argument supprime toute analyse sexospécifique du débat sur la prostitution, ce qui est incorrect, car la prostitution est nettement sexospécifique. La grande majorité des personnes qui se prostituent sont des femmes, et la grande majorité des prostitueurs sont des hommes. Ce fait, ainsi que d’autres signes des symptômes d’inégalités structurelles, ne peut être négligé.

Quelle est la différence entre vendre son travail pour gagner de l’argent ou être en prostitution pour gagner de l’argent ?

Il est intéressant d’approfondir ce refrain courant selon lequel la prostitution est un travail comme un autre. Les arguments féministes contre l’industrie de la prostitution soutiennent qu’il y a une différence entre vendre son travail et vendre l’accès à son corps. Les survivant-e-s de la prostitution disent souvent la même chose [10]. Un-e charpentier-ère ou un-e plombier-ère travaille avec son corps, il ou elle vend son travail qui est un produit de sa capacité physique, y compris son esprit. Un-e journaliste ou un-e universitaire travaille aussi avec son corps, en réfléchissant, en écrivant, en donnant des conférences, en se déplaçant pour assister à des conférences, etc. Mais ce n’est pas la même chose que de vendre l’accès à son corps. Les biens sont produits par les travailleurs grâce au travail de leur corps – leur corps n’est pas le bien lui-même. D’aucuns ont alors tendance à désigner les danseuses et danseurs ou les autres artistes qui font usage de leur corps dans leur art. Mais le même argument peut s’appliquer, car si les danseurs et danseuses produisent de la danse et les artistes produisent de l’art avec leur corps, leur corps n’est pas le bien commercialisé. Les limites du corps sont inscrites dans la loi, notre intégrité corporelle est universellement comprise ; partout sauf dans les débats sur la prostitution, semble-t-il. La plupart d’entre nous comprendraient qu’il y a une différence entre être frappé-e au visage et être violé-e. Notre droit traite différemment ces deux agressions violentes, car la seconde est considérée comme une atteinte à l’intégrité corporelle, c’est une violation des limites du corps. C’est en partie pour cela que travailler avec son corps et faire de son corps un bien en soi, sont deux choses très différentes. Pour parler franchement, être constructeur n’implique pas de mettre son corps à la disposition de ses employeurs à des fins sexuelles ; il en va de même pour les journalistes, les universitaires, les serveurs, etc.

Les féministes disent-elles que les personnes qui se prostituent ne travaillent pas ?

Non. Les féministes ne disent pas que gagner sa vie en se prostituant n’implique pas un travail du corps et de l’esprit ; c’est certainement le cas. C’est probablement l’un des moyens les plus difficiles de gagner sa vie – et beaucoup de gens luttent même pour gagner leur vie dans cette « industrie », beaucoup la vivent comme une simple survie [11]. Mais le débat sur la prostitution ne peut et ne doit pas être repoussé par le refrain selon lequel tout travail est une forme de prostitution – parce que ce n’est manifestement pas le cas ; et la grande majorité des gens le comprennent. Je me souviens d’une survivante qui résumait bien cet argument, lorsqu’on lui a demandé si la prostitution n’était pas un travail comme les autres que personne n’aime particulièrement mais qu’elle fait pour l’argent, comme le nettoyage. Elle a répondu que la prostitution était peut-être un peu comme le nettoyage – si tous les nettoyeurs étaient obligés de faire leur travail de nettoyage avec seulement leur langue [12].

Les féministes stigmatisent-elles les personnes qui se prostituent ?

Non. La société patriarcale, obsédée comme elle l’est par la peur et la fascination de la sexualité des femmes, stigmatise les personnes qui se prostituent. Une forme de ce que Mary Daly appellerait une « inversion patriarcale » est le fait que ce stigmate ne soit pas également attaché à ceux qui achètent des services sexuels dans la prostitution – les prostitueurs, les hommes. Au sein du patriarcat, la sexualité des hommes n’est pas avilie par l’achat de services sexuels à d’autres personnes, alors que celle des femmes dans la prostitution est avilie. Le patriarcat a construit les femmes en général comme des objets de la subjectivité des hommes, et a associé les femmes à la nature, au corps et au sexe. Les femmes dans la prostitution sont contraintes de supporter le poids de ce dualisme. Ce n’est pas une construction des féministes. Les féministes s’opposent à de telles constructions patriarcales. Les féministes ne soutiennent pas les campagnes qui stigmatisent ou tentent de faire honte aux femmes dans la prostitution. Les féministes ne pensent pas qu’il faille avoir honte d’être ou d’avoir été prostituée.

Les hommes qui choisissent d’acheter l’accès aux femmes dans la prostitution stigmatisent les personnes qui se prostituent en transformant un autre être humain en marchandise. En fait, beaucoup de prostitueurs déclarent eux-mêmes avoir honte d’acheter des services sexuels dans la prostitution [13].

Les féministes suggèrent-elles que les femmes qui sont en prostitution devraient être criminalisées ?

Non. Les féministes ne plaident aucunement en faveur d’une criminalisation des personnes qui se prostituent. Ce n’est qu’un des enjeux sur lequel je suis sûre qu’il y a consensus, quelle que soit nos positions politiques. Je suis certaine que nous sommes toutes d’accord sur le fait que les personnes impliquées/exploitées/travaillant dans ce secteur ne devraient pas être criminalisées. Les groupes féministes demandent la dépénalisation de la prostitution, la suppression des délits de vagabondage et de racolage et l’effacement de tous les dossiers relatifs à ces délits, car le fait d’avoir un tel dossier ne fait qu’empêcher davantage les femmes d’entrer sur le marché du travail, de suivre une formation ou une éducation et les qualifie injustement de criminelles. Les groupes féministes ne demandent pas que les femmes qui se prostituent soient criminalisées, et les groupes féministes ne sont pas favorables à ce que les femmes soient condamnées à des amendes ou à des peines d’emprisonnement, ni à ce qu’elles fassent l’objet d’ordonnances pour comportement antisocial.

Si les partisan-es de l’« industrie du sexe » se disent « sexe-positives » ou « pro-sexe », est-ce dire que les féministes sont anti-sexe ?

Non. Le féminisme n’a jamais été antisexe. En 1975, le Mouvement de libération des femmes du Royaume-Uni a adopté la revendication suivante lors de l’une de ses conférences nationales annuelles de libération des femmes : La fin de la discrimination contre les lesbiennes et le droit de toutes les femmes à définir leur propre sexualité.

Les féministes ont été à l’avant-plan de la campagne pour le droit de toutes les femmes à explorer, à exprimer et à jouir librement de leur sexualité sans craindre la violence, l’exploitation ou la stigmatisation. Dans les années 1970 et 1980, les féministes radicales de notre pays ont créé des communes lesbiennes, pratiqué la non-monogamie en tant qu’acte politique, critiqué la famille nucléaire, contesté l’hétérosexisme et analysé leur propre sexualité dans des groupes de conscientisation. Ces femmes n’étaient définitivement pas contre le sexe ! Les féministes sont celles qui contestent le double standard sexuel qui valorise les hommes pour leur activité sexuelle mais qui tente de faire honte aux femmes pour la même raison.

Les féministes abolitionnistes ne sont pas contre l’industrie de la prostitution pour des raisons moralistes, religieuses ou conservatrices. Nous n’avons pas de problème avec le sexe ; nous pensons que l’industrie de la prostitution n’est pas vraiment une affaire de sexe, mais de pouvoir, d’inégalité, de pauvreté, de survie et d’exploitation [14].

Les féministes essaient-elles de dire que toutes les personnes qui se prostituent ont été contraintes ou forcées à le faire ?

Non. Dans son billet de blog, Strinkovsky a souligné à juste titre qu’il serait absurde de suggérer que toutes ces personnes – femmes, jeunes, hommes – qui gagnent un revenu grâce à la prostitution sont forcées ou contraintes. Je me demande d’ailleurs qui soutient cela ? Certainement pas les féministes que je connais. Cela étant dit, le fait qu’il y ait probablement des personnes qui réussissent à naviguer dans « l’industrie du sexe », sans aucune expérience négative, tant pour l’amour que pour l’argent, ne doit pas faire oublier que les recherches suggèrent que c’est loin d’être l’expérience de la majorité [15].

Par exemple, il est possible d’être contre le travail dans les ateliers clandestins tout en reconnaissant que d’innombrables familles dépendent d’un revenu provenant de ce travail ; il en va de même pour le travail des enfants. Il est possible d’être contre le commerce illégal mondial d’organes corporels, mais il faut reconnaître que pour trop de gens, cette industrie illégale devient parfois un choix dans un environnement où les options sont extrêmement limitées. Je présume que personne ne soutiendrait sérieusement qu’un commerce illégal d’organes corporels serait acceptable, tant que les personnes sont opérées avec des instruments stériles. Le fait que les gens trouvent des moyens de gagner de l’argent quand ils en ont besoin dans notre monde imparfait, ne rend pas ces moyens incontestables – l’échange d’argent ne rend pas tout acceptable.

Qu’est-ce que la traite et la prostitution ont en commun ?

La demande. La traite continue d’exister, au pays comme à l’échelle internationale. La traite n’est pas seulement le fait de femmes amenées chez nous d’ailleurs et forcées à la prostitution. La traite décrit également le fait que des femmes ou des jeunes sont emmené-e-s d’une ville à l’autre et forcé-e-s à se prostituer. Il faut également souligner que c’est la même demande qui alimente à la fois la prostitution et la traite. Si les hommes en Grande-Bretagne ne tenaient pas acheter l’accès à des femmes, des enfants et des jeunes hommes, personne ne serait amené-e par la traite à l’« industrie du sexe » dans notre pays.

L’existence de bordels ne garantirait-elle pas plus de sûreté pour tout le monde ?

Il peut être instructif d’étudier les journaux locaux des pays où les bordels ont été légalisés, pour vérifier ce qui se passe sur le terrain. Dans l’État australien du Queensland, par exemple, les journaux locaux ont récemment fait état de plaintes des bordels légaux du fait des coupes sombres de prix pratiquées par le secteur illégal, ce qui a entraîné la fermeture de trois bordels légaux [16]. La traite des êtres humains et les liens avec le crime organisé suscitent également des inquiétudes, de même que la sécurité dans ces deux secteurs [17]. Le secteur légal n’est pas une panacée, il ne garantit pas la sécurité des femmes ; par exemple, il paraît qu’une femme poursuit un bordel légal dans l’État de Victoria, en Australie, après avoir été menacée avec une arme à feu pour avoir refusé d’avoir des relations sexuelles non protégées [18]. Une enquête menée en Australie a révélé que la sécurité physique reste la principale préoccupation des femmes prostituées dans les bordels légaux [19]. Les femmes demeurent violées, agressées et battues dans les bordels légaux et les zones de tolérance [20]. Et, dans les pays où l’accès à la prostitution est légal, cela se passe derrière les portes closes de bordels légaux à but lucratif qui paient une redevance à l’État, faisant ainsi de l’État un proxénète. Il a également été suggéré que le nombre de jeunes exploité-e-s dans la prostitution augmente avec la légalisation. L’organisation caritative ChildRight à Amsterdam a signalé une telle augmentation à la suite de la légalisation, et l’ECPAT a également documenté une augmentation dans les États australiens qui avaient mis en place des bordels légaux [21].

La légalisation de la prostitution en fait une entreprise, en fait une option de carrière et transforme du jour au lendemain les proxénètes et les trafiquants en hommes d’affaires légitimes. La légalisation de la prostitution supprime toute obligation de fournir des services de sortie de ce qui devient une profession comme une autre, elle peut donner le feu vert au crime organisé et elle définit formellement les femmes comme des marchandises, comme des objets d’échange pour ce qu’on présume être des besoins naturels masculins.

Que sont les services de sortie de l’industrie ?

Il est possible de mettre en œuvre à la fois la réduction des méfaits et les services de sortie de l’industrie, on n’a pas à choisir, même si la conjoncture est souvent réduite à cela par les partisans de l’industrie du sexe et par des groupes tels que l’UITS, qui ont été décrits comme un groupe de pression de l’industrie [22]. Il n’est pas nécessaire de légaliser et de normaliser l’ensemble de l’industrie du sexe pour fournir des services de sortie et de réduction des méfaits, et nous devons nous méfier des groupes qui limitent le débat de cette manière et nous servent de tels ultimatums. Les services de sortie sont des interventions visant à aider celles et ceux qui veulent sortir de l’« industrie du sexe » à s’en échapper. Les interventions peuvent fournir du soutien en matière de logement, d’éducation, de formation, d’allocations, de conseils, de médiation familiale, de soutien policier pour poursuivre les agresseurs, qu’ils soient des proxénètes ou des prostitueurs, etc.

Comme indiqué précédemment, les citoyennes et citoyens ont droit à des prestations sociales, à des soins de santé, à une réponse policière aux crimes commis contre elles, à une formation et à un emploi, à de l’instruction, à un soutien en matière de logement et de garde d’enfants, ainsi que de toxicomanie et d’alcoolisme. Les gens ont ces droits, indépendamment de ce qu’ils font pour gagner de quoi survivre et chaque personne devrait pouvoir accéder à ces droits et en bénéficier. Cela n’est actuellement pas facile pour personne, en particulier pour les personnes réfugiées et demandeuses d’asile, surtout dans le climat économique actuel, où nous assistons à des coupes idéologiques dévastatrices dans notre État-providence et dans les services essentiels qui sont vitaux pour les gens les plus démunis.

Les services de sortie sont importants et nécessaires parce que l’industrie dite « du sexe » est une industrie fondée sur l’inégalité des femmes, elle est fondée sur les profondes fissures de l’inégalité qui caractérisent en fait la société à tous les niveaux, sous forme d’inégalités de classe, de race et de richesse. Ce n’est pas une coïncidence si les données démontrent que la majorité des personnes prostituées dans le monde sont des femmes, des femmes pauvres, des femmes de couleur, des femmes migrantes, des jeunes femmes, des mères, des femmes sans abri, des femmes des Premières nations, et des femmes sans papiers. L’industrie du sexe est une industrie qui nuit à celles qui en font partie, qui leur cause des torts énormes, et il n’est donc pas surprenant que les recherches mondiales montrent qu’environ 90% de celles qui s’y trouvent la quitteraient si elles avaient la liberté économique de le faire [23]. Une étude réalisée en Allemagne en 2007 a également révélé que la plupart des participantes à l’industrie de la prostitution déclaraient que ce n’était qu’une solution temporaire à une situation financière difficile et qu’elles voulaient en sortir le plus vite possible [24]. Garantir cette liberté économique doit donc être un élément de toutes les campagnes féministes menées contre l’industrie de la prostitution.

Les féministes ne comprennent-elles pas que les gens doivent gagner leur vie ?

Oui, mais la réponse à la pauvreté et à la marginalisation n’est pas de nier nos responsabilités sociales et de céder ce pouvoir à une « industrie du sexe » riche de plusieurs milliards de dollars. Les bordels et les clubs de strip-tease de nos communautés ne sont pas des lieux de réhabilitation pour les toxicomanes, de counselling pour les victimes de viols, ou de logement. Les clubs de « danse-contact » de nos communautés ne dispensent pas d’enseignement supérieur et ne fournissent pas un service public en recrutant de jeunes étudiantes qui luttent pour payer les frais élevés et les dépenses désormais associés à l’obtention d’un diplôme universitaire. La réponse à cette dernière situation, par exemple, est de s’unir et de lutter pour le retour des bourses d’études et pour une éducation gratuite pour tous – et non de se tourner vers une « industrie du sexe » souvent criminelle, comme s’il s’agissait d’une sorte de filet de sécurité pour les femmes, alors que c’est généralement le contraire [25]. Beaucoup de féministes sont socialistes et beaucoup sont anticapitalistes; beaucoup de féministes abolitionnistes considèrent l’industrie de la prostitution comme la forme ultime de marchandisation et le point final naturel du capitalisme ; c’est une autre raison pour laquelle elles font campagne contre elle.

La prostitution n’est-elle pas le plus vieux métier du monde ?

Non. Apparemment, c’est l’agriculture qui est en fait le plus vieux métier humain. Les abolitionnistes considèrent la prostitution comme l’une des plus anciennes oppressions du monde. La durée d’existence d’une oppression n’est pas une raison pour qu’elle se poursuive ; c’est une raison de plus pour tenter d’y mettre fin.

S’il existait des bordels légaux, cela ne permettrait-il pas de mettre fin à la prostitution « clandestine » ?

Si le Royaume-Uni devait suivre l’exemple des bordels légalisés, comme en Nouvelle-Zélande, à Amsterdam et en Australie, que pouvons-nous prévoir de la part de cette soi-disant « industrie » ? N’est-il pas logique de supposer que lorsqu’une industrie est légalisée et promue, lorsqu’elle peut librement faire de la publicité et s’installer n’importe où dans nos villes, elle se développera, elle prendra de l’ampleur ? Et, si l’industrie se développe, qui va pourvoir les nouveaux « postes vacants » qui seront créés ? Plus de femmes, d’enfants et d’hommes dans la prostitution ; nous devons nous demander si c’est le genre de résultat que nous voulons.

Il y a aussi l’argument selon lequel partout où existe un secteur légal, il y aura toujours un secteur illégal, dit « souterrain », et c’est effectivement ce qu’on a constaté, partout où il y a eu légalisation [26]. Il y aura toujours des personnes qui ne voudront pas s’enregistrer comme travailleuses du sexe, des gens qui ne veulent pas ou ne peuvent pas payer d’impôts, qui travaillent illégalement sans papiers, et qui sont mineurs, immigrés ou victimes de la traite ou de proxénètes [27].

Alors que revendiquent les abolitionnistes dans leurs campagnes ?

Il est temps d’envisager une société, et un monde, sans prostitution. Cela peut sembler idéaliste, mais la théorie importe, la direction du voyage importe, l’aspiration importe ; car si nous ne pouvons pas envisager une telle société, alors nous ne pouvons même pas commencer à la construire.

Pour celles et ceux d’entre nous qui acceptent que la prostitution n’est pas une caractéristique positive de la société, celles et ceux qui conviennent qu’elle n’est pas une option de carrière positive pour les femmes, les enfants ou les jeunes hommes, nous devons attaquer et inverser les conditions sociales et économiques qui permettent à la prostitution de prospérer. Notre société a laissé tomber les personnes qui ont besoin d’un refuge, d’un logement sûr, de nourriture, de services de santé, d’argent pour survivre, de services de garde d’enfants, de justice pour les violeurs et les agresseurs. Nous avons élevé des filles qui pensent que leur valeur est basée sur leur attrait pour le sexe opposé, nous avons réduit les femmes à rien d’autre que des objets sexuels ; nous avons élevé des garçons à croire que les femmes sont des êtres de seconde classe. Ainsi, nous avons créé un environnement propice à la prostitution. Ce n’est pas naturel, ce n’est pas inévitable, et on peut la réduire, voire y mettre fin ; on peut à tout le moins la contester, plutôt que la glorifier, la normaliser et la justifier.

La véritable question de la prostitution est celle des droits des hommes ; et, si nous, en tant que société, croyons que les hommes ont ou non le droit d’acheter et de vendre le corps des femmes. Nous savons que les gens feront ce qu’ils doivent faire pour survivre et gagner de l’argent, ce n’est pas sorcier, ce n’est pas une caractéristique de la sexualité ou de l’identité sexuelle des gens. Des personnes font des choix désespérés pour subvenir aux besoins de leurs enfants, pour conserver un toit au-dessus de leur tête, pour nourrir leur famille ou simplement pour gagner de l’argent – et elles ne devraient pas être criminalisées pour avoir fait cela lorsque leur situation et/ou leur vulnérabilité est exploitée dans le cadre de la prostitution.

Mais pourquoi les hommes choisissent-ils d’acheter le corps des femmes, des hommes qui ont souvent un emploi à plein temps, des relations stables et une position de privilège relatif [28] ? Et pourquoi notre pays protège-t-il et tolère-t-il ce choix comme s’il était inévitable, comme si le fait que certaines d’entre nous soient nées avec un prix sur la tête et que d’autres aient le droit de nous acheter à la naissance était une caractéristique de notre biologie humaine ?

Imaginez que notre pays se lève et dise que ce n’est pas acceptable, comme l’a fait la Suède, qu’il se lève et dise que chaque femme vaut plus que ce qu’un homme paiera pour elle et que nous allons criminaliser plutôt que de tolérer les hommes qui s’arrogent le droit d’acheter le corps d’un autre être humain. Si nos lois sont des lignes tracées dans le sable, si elles définissent des aspirations collectives, alors les nôtres font clairement défaut sur cette question. Et ce, malgré les modifications apportées à la Loi sur la police et la criminalité de 2009 sous le dernier gouvernement, qui ont effectivement constitué un pas en avant ; pour la première fois, nous avons tourné les eux de la loi vers ceux qui alimentent la prostitution – les prostitueurs [29]. Cette victoire est le résultat d’une campagne inlassable menée par des groupes de femmes, sous l’égide de la campagne féministe et abolitionniste Demand Change (« Réclamons le changement ») [30]. Néanmoins, ces changements n’ont pas été suffisamment loin et les personnes exploitées dans « l’industrie du sexe » demeurent cataloguées et traitées comme des criminelles, avec toute la vulnérabilité accrue que cela entraîne.

Conclusion

Plutôt que de se contenter de jeter les mains en l’air et de légaliser l’ensemble de l’« industrie du sexe », il nous faut une véritable vision et de l’ambition. Il est temps de choisir notre camp, car l’« industrie du sexe », qui représente plusieurs milliards de dollars, se porte à merveille : elle n’a pas besoin de notre soutien, elle n’a certainement pas besoin de notre protection. Mais partout dans le monde, des femmes, des enfants et des hommes sont exploités dans la prostitution, et beaucoup d’entre elleux ne voient pas d’issue à leur situation ; nous devons donc le faire. Nous devons y arriver. Nous devons mettre fin à l’une des plus anciennes violations des droits de l’homme que notre monde ait connue et reléguer aux  poubelles de l’histoire cette tache sur notre humanité.

Finn Mackay

Cet article a d’abord été publié sur le blogue de la Feminist Women’s Studies Association (FWSA) et a été affiché sur Feminist Current, puis traduit par TRADFEM avec la permission de l’autrice. Finn Mackay explique l’avoir rédigé pour répondre à des questions de base que lui posaient ses auditoires lors de conférences publiques.

À l’époque de la rédaction de ce texte (2013), Finn Mackay était doctorante au Centre for Gender & Violence Research, Université de Bristol et membre du comité exécutif de la FWSA. Elle a depuis fondé le London Feminist Network. On peut la lire en anglais sur son site: https://finnmackay.wordpress.com/about/

Elle a également signé chez Palgrave, le manuel Radical Feminism – Feminist Activism in Movement

Version originale de cet article : Arguing against the industry of prostitution: Beyond the abolitionist versus sex worker binary, Feminist Current, 24 juin 2013.

Traduction : TRADFEM. Tous droits réservés à Finn Mackay.

https://tradfem.wordpress.com/2020/07/03/argumenter-contre-lindustrie-de-la-prostitution-au-dela-de-lopposition-abolitionnistes-contre-travailleuses-du-sexe/

Pour plus d’informations et pour participer aux campagnes, voir les sites

Demand Change

Coalition internationale contre la traite des femmes

Manifeste des survivantes de la CATW

« Nous, survivantes de la prostitution et de la traite des personnes, réunies aujourd’hui à l’occasion de cette conférence de presse, déclarons que la prostitution est une violence à l’égard des femmes. Les femmes qui se prostituent ne se réveillent pas un jour en « choisissant » la prostitution. Elle est choisie pour nous par la pauvreté, par les agressions sexuelles passées, par les proxénètes qui profitent de nos vulnérabilités, et par les hommes qui nous achètent pour le sexe de la prostitution. »

La prostitution est une exploitation sexuelle, l’une des pires formes d’inégalité des femmes, et une violation des droits humains de toute personne.

De nombreuses femmes qui se prostituent ont été gravement blessées, certaines sont mortes et d’autres ont été assassinées par leurs proxénètes et des clients.

La violence physique, le viol et l’avilissement nous sont souvent infligés par les clients, les proxénètes, les recruteurs, les policiers et d’autres personnes qui tirent profit de la prostitution. Le public nous juge comme des « putes » ou pense que nous gagnons beaucoup d’argent.

La condition des femmes dans la prostitution est aggravée par des lois et des politiques qui nous traitent comme des criminelles et des rebuts de la société, tandis que les clients, les proxénètes, les directeurs et les propriétaires d’entreprises du sexe ne sont pas tenus de rendre des comptes. Notre condition est également aggravée par l’octroi de licences aux entreprises de prostitution et d’une protection juridique des proxénètes, des clients et de l’industrie du sexe en général.

La plupart des femmes sont attirées dans la prostitution à un très jeune âge. L’âge moyen d’entrée dans la prostitution dans le monde est estimé à environ 14 ans.

Les victimes de la prostitution et de la traite n’ont pratiquement aucune ressource pour les aider à en sortir. Les programmes qui offrent des alternatives aux femmes dans la prostitution sont très peu nombreux.

Les femmes prostituées rêvent d’une vie sans oppression, d’une vie sûre, d’une vie où nous pouvons participer en tant que citoyennes et où nous pouvons exercer nos droits en tant qu’êtres humains et non en tant que « travailleuses du sexe ».

Nous, survivantes de Belgique, du Danemark, de Corée, du Royaume-Uni et des États-Unis, déclarons ce qui suit :

  1. La prostitution doit être éliminée. Ainsi, elle ne doit pas être légalisée ou encouragée.

  2. Les femmes victimes de la traite et les prostituées ont besoin de services pour les aider à se créer un avenir en dehors de la prostitution, notamment une amnistie juridique et fiscale, une aide financière, une formation professionnelle, un emploi, un logement, des services de santé, une défense juridique, des permis de séjour, ainsi que des médiateurs culturels et des formations linguistiques pour les victimes de la traite internationale.

  3. Les femmes en prostitution ont besoin que les gouvernements punissent les trafiquants, les proxénètes et les hommes qui achètent des femmes pour les prostituer et qu’ils assurent à ces femmes une sécurité face à ceux qui leur feraient du mal.

  4. Cessez d’arrêter les femmes et arrêtez plutôt les auteurs de la traite et de la prostitution.

  5. Mettez fin au harcèlement policier des femmes dans la prostitution et à l’expulsion des femmes victimes de la traite.

  6. La prostitution n’est pas un « travail du sexe » et le trafic sexuel n’est pas une « migration pour le travail du sexe ». Les gouvernements doivent cesser de légaliser et de dépénaliser l’industrie du sexe et de donner aux proxénètes et aux acheteurs la permission légale de violenter des femmes dans la prostitution.

En tant que survivantes de la prostitution et de la traite, nous continuerons à renforcer et à élargir notre unité, à aider toute femme à sortir de la prostitution et à travailler avec nos allié-e-s pour promouvoir les droits humains des victimes de la traite et de la prostitution.


NOTES

[1] http://www.endviolenceagainstwomen.org.uk/evaw-s-position-on-prostitution

[2] ‘Prostitution & Trafficking in Women’, Regeringskansliet, (Swedish) Ministry of Industry, Employment & Communications, July 2004

[3] http://www.prostitutescollective.net/opposing_further_criminalization.htm

[4] http://www.feminisminlondon.org.uk/feminism-in-london-2009/speeches/rebecca-motts-speech/

[5] https://passtheflamingsword.wordpress.com/2013/05/04/exited-women-prostitution-is-violent-and-unfree/

[6] Paying The Price, 2004

[7] M.H. Silbert and A.M. Pines, 1982, “Victimization of street prostitutes, Victimology: An International Journal, 7: 122-133; D.Kelly Weisberg, 1985, ‘Children of the Night: A Study of Adolescent Prostitution’, Lexington, Mass, Toronto

[8] COMITÉ SPÉCIAL SUR LA PORNOGRAPHIE ET LA PROSTITUTION, 1985, La pornographie et la prostitution au Canada, p. 350.

[9] http://www.endviolenceagainstwomen.org.uk/evaw-s-position-on-prostitution

[10] https://passtheflamingsword.wordpress.com/2013/05/04/exited-women-prostitution-is-violent-and-unfree/

[11] http://www.thefifthcolumn.co.uk/the-agitator/julie-bindel-on-why-paying-for-sex-is-wrong/

[12] http://rmott62.wordpress.com/

[13] http://www.guardian.co.uk/society/2010/jan/15/why-men-use-prostitutes

[14] http://www.guardian.co.uk/lifeandstyle/2008/feb/29/women.ukcrime

[15] http://www.youtube.com/watch?v=NTElswfYigA

[16]  http://www.couriermail.com.au/news/queensland/hard-times-for-brothel-proprietors/story-e6freoof-1226152278163

[17] http://www.stuff.co.nz/national/5225830/NZ-a-destination-for-illegal-prostitution-report

[18] http://www.theage.com.au/victoria/prostitute-to-sue-brothel-over-gun-20110712-1hc7n.html

[19] http://www.brisbanetimes.com.au/opinion/society-and-culture/brothel-safety-a-dangerous-myth-20110714-1hfwh.html

[20] http://www.prostitutionresearch.com/prostitution_research/000168.html

[21]http://www.prostitutionresearch.com/pdfs/Myths%20&%20Facts%20Legal%20&%20Illegal%20Prostitution%203-09.pdf

[22] http://toomuchtosayformyself.com/2009/01/09/the-great-iusw-con/ see also: Bindel Julie (2013) ‘An Unlikely Union’, Gaze – A Modern Review, Issue 1

[23] http://www.prostitutionresearch.com/prostitution_research/000020.html

[24] Report by the Federal Government on the Impact of the Act Regulating the Legal Situation of Prostitutes (Prostitution Act), by Bundesministerium für Familie, Senioren, Frauen und Jugend, 2007.

[25] http://www.object.org.uk/lapdancing-testimonies

[26] http://action.web.ca/home/catw/attach/AUSTRALIAlegislation20001.pdf

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2010/jul/02/prostitution-legalise-criminalise-swedish-law ;

http://www.catwa.org.au/files/images/Legalisation_-_a_failed_social_experiment.pdf 

http://www.couriermail.com.au/news/prostitution-laws-fail-to-rein-in-illegal-sex-trade/story-e6freon6-1225762300679 

http://www.nzherald.co.nz/nz/news/article.cfm?c_id=1&objectid=10726071

http://tvnz.co.nz/world-news/stricter-brothel-rules-sought-in-amsterdam-3335121

[27] http://www.nzherald.co.nz/prostitution/news/article.cfm?c_id=612&objectid=10381389

http://www.rnw.nl/english/article/legalised-prostitution-dying-trade

http://www.odt.co.nz/news/dunedin/150243/under-age-sex-worker-claims-spur-concern

[28] http://academic.research.microsoft.com/Paper/10151099

[29] http://www.demandchange.org.uk/index.php/component/content/article/19

[30] http://www.demandchange.org.uk/

Une réponse à “Argumenter contre l’industrie de la prostitution : Au-delà de l’opposition abolitionnistes contre « travailleuses du sexe »

  1. La prostitution (service sexuel monnayé) est un symptôme du système capitaliste tout comme les traitements inégalitaires basés sur le genre ou l’origine . Dans l’attente de ce changement, il est nécessaire, tout en protégeant la prostituée, d’un côté de criminaliser toutes monétarisations de services sexuels et de l’autre favoriser une humanité véritablement sensuelle qui se cultive en dehors de tous services monétisés telle qu’elle s’exprimait en son temps sur « les bancs publics », «  sous les lampions » et partout dans les lieux publiques qui s’y prêtent, … UN TANGO PERMANENT POUR TOUS …

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