Des solidarités comme rempart contre la violence épidémique et sociale

La pandémie de coronavirus, la destruction des systèmes de santé publique – « la crise épidémique pose aujourd’hui crûment la question de l’appropriation sociale et autogestionnaire de l’ensemble de ce secteur et des industries qui lui sont liées » – le confinement, la violence sociale et sanitaire, les répressions quotidiennes…

« « Leurs violences, nos ripostes », c’est justement ce que nous avions décidé de titrer pour ce numéro. Vous lirez un contenu dédié à la solidarité du mouvement social face aux répressions : à la Poste, au ministère du Travail, dans l’Education nationale et chez les journalistes. Mais aussi dans les quartiers populaires et avec les Gilets jaunes, au sein du mouvement antifasciste, ces solidarités existent, elles sont bien vivantes »

Je n’aborde que certains articles et certaines analyses. Je laisse de coté les orientations syndicales spécifiques, les choix d’intervention concrète ou de structuration particulière.

La répression des salarié·es et des militant·es syndicalistes doit être analysée en lien avec l’organisation des entreprises et pour le cas des anciens services publics avec la volonté d’imposer des contre-réformes. Le cas de la Poste est emblématique (les dégâts humains de la gestion managériale à France Telecom ne doivent pas être oubliés). L’activité syndicale dans et contre les processus de privatisation n’est pas légitime aux yeux des directions…

Didier Gelot présente l’Observatoire de la discrimination et de la répression syndicale.  (https://observatoire-repression-syndicale.org) L’auteur parle, entre autres, d’une représentation « minimaliste » de l’anti-syndicalisme patronal, de discrimination et de répression syndicales, « La question de la reconnaissance du fait syndical relève de l’exécution des droits démocratiques. Le droit d’appartenance au syndicat de son choix est une garantie de liberté et de confrontation au sein des entreprises dans lesquelles ces formes de démocraties sont absente », des discours sur la nécessité de « promouvoir le dialogue social », des carences de l’institution judiciaire, des actions menées par l’observatoire, de la criminalisation du mouvement syndical par les pouvoirs publics, des contre-réformes des instances représentatives du personnel, des attaques contre le droit de grève, de « mise à l’écart « à bas bruit » de syndicalistes actifs et actives »…

Des Gilets jaunes emprisonné·es. Une nouvelle forme de « prisonniers politiques », plus de 2·200 peines de prison prononcées, les conditions d’incarcération, le coût de la « cantine » (pour améliorer l’ordinaire, les détenu·es doivent « cantiner », c’est à dire acheter le « surplus »), les conséquences post-traumatiques de l’incarcération…

La revue reprends l’appel Laissez-nous respirer ! (laissez-nous-respirer/) et de la rencontre Ripostons à l’autoritarisme.

Je souligne aussi l’article de Gérard Le Corre, Quand le ministère du travail s’attaque au syndicalisme interprofessionnel.

J’ai particulièrement été intéressé par les retours critiques de Verveine Angeli et Christian Mahieux sur le mouvement sur les retraites. Ces deux textes me semblent bien aborder les aspects contradictoires de la situation, les phénomènes d’auto-organisation et les difficultés de mobilisation, la gestion néolibérale autoritaire, la division public-privé, la dégradation des capacités collectives, « Dans ce contexte, nombre de salarié·es ne se pensent pas représenté·es par les syndicats et ne le sont effectivement pas » (V.A.), la grève et les outils aptes à mobiliser, les décalages de temporalités, l’ancrage local et l’enjeu européen des retraites, le défi de l’organisation de l’auto-organisation, les actions de blocage « à condition qu’il s’agisse de décision venant des travailleurs et travailleuses qui sont sur place » (C.M.), la non-concrétisation de la grève générale, l’inventivité collective, l’importance du syndicalisme interprofessionnel, la non limitation du syndicalisme à la représentation institutionnelle, la violence policière et la haine des éditocrates, le refus de la notion de « partenaires sociaux »… Les questions que pose Christian Mahieux à la fin de son article me semblent décisives, « Mieux vaut reprendre l’affaire à la base, collectif syndical par collectif syndical : que faire dans sa boîte ? Que faire pour soutenir les autres boîtes ? Que faire pour avoir des assemblées générales avec un maximum de grévistes présent·es, y discutant et décidant ? Que faire pour coordonner les efforts des équipes syndicales combatives de différentes organisations ? Que faire pour que les travailleurs et travailleuses décident de la grève et se l’approprient ?»

En complément d’un précédent article, Construisons une sécurité sociale du XXIe siècle, construisons-une-securite-sociale-du-xxie-siecle/, Gérard Gourguechon discute des Réformes des retraites et lutte des classe, du retournement du sens des mots, des rapports de force entre travail et capital, de l’extension du salariat, de la réduction néolibérale de la liberté, « en réduisant l’aspiration fondamentale des êtres humains à la liberté en une seule liberté de faire des affaires, de commercer, de déplacer des capitaux sans entraves, limites ni contrôles sur l’ensemble de la planète », de déréglementation et de privatisation, de libre échange et de concurrence « libre et non faussée », du renforcement du droit de propriété au détriment des « enjeux sociaux, humains et environnementaux », de criminalisation des citoyen·nes au nom du « secret des affaires », d’évitement de l’impôt, d’étatisation de la Sécurité sociale, des contre-réformes des retraites et de la capitalisation, de l’usage de la dette et des déficits, de la nécessité de « tracer nos propres pistes », de viser à l’universalité, de contester la hiérarchie des salaires…

Alain Véronèse évoque la Retraite en chantant, c’est tous les jours dimanche ! (lire un version antérieure de ce texte, la-retraite-en-chantant-cest-tous-les-jours-dimanche/)…

Et d’autres articles…

Les utopiques (http://www.lesutopiques.org) : Leurs violences, nos ripostes

N°13 Printemps 2020

Editions Syllepse, Paris 2020, 192 pages, 8 euros

https://www.syllepse.net/leurs-violences-nos-ripostes-_r_64_i_811.html

Didier Epsztajn

Anciens n° : revue/les-utopiques/

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