Je ne suis pas à vendre !

Réponse à la Dépêche du Midi du 17 mai 2020

Nous, Marche Mondiale des Femmes Occitanie, Collectif Midi-Pyrénées pour les Droits des femmes et association Le Cri, membres d’ABOLITION 2012, considérons que l’achat d’actes sexuels est une extrême violence subie par les femmes prostituées. Grâce à nos actions et à nos luttes, une loi interdisant l’achat d’actes sexuels a été votée en 2016. Cette loi pénalise le client-prostitueur et a permis l’annulation de la pénalisation pour racolage.

L’article de la Dépêche, du dimanche 17 mai, sur la crise du coronavirus, n’est en fait que l’apologie de l’exploitation des personnes prostituées, banalisant les violences qu’elles subissent par l’appellation « travail du sexe ». C’est une supercherie mise en place par ceux qui exploitent ce commerce, qu’ils soient proxénètes, maffieux, ou clients.

L’article de la Dépêche, semble ignorer que la loi interdit l’achat de tout acte sexuel.

Face à la situation de précarité accrue pour ces femmes, dans le contexte de crise sanitaire grave engendrée par le Covid 19, que faut-il faire en urgence ? Faut-il les maintenir dans une situation de dépendance vis-à-vis de certains hommes et accepter ce type de violence sexuelle, ou faut-il, comme le prévoit la loi française, développer les mesures d’accompagnement permettant à ces femmes et leurs enfants, démunis parmi les plus démunis, de sortir de ce système de marchandisation et d’exploitation sexuelle des corps humains.

Abordons le problème de la précarité et des droits des femmes sans ressources par une revendication de solution universelle alliant revalorisation du droit commun et dispositifs d’urgence. Toutes les personnes prostituées – et leurs enfants à charge – présentes sur le territoire français, quelle que soit leur nationalité, doivent avoir accès à un logement, à des ressources, à une autorisation de séjour régulier sur notre territoire et, comme l’a prévu le législateur, à un accompagnement pour sortir de la prostitution.

La protection en urgence des personnes prostituées en détresse doit être inscrite sur la liste des priorités de chaque préfet-e à travers le pilotage renforcé du réseau des associations et services institutionnalisés des droits des femmes. Nous demandons que les appels dénonçant les violences prostitutionnelles soient intégrés dans les numéros d’écoute et d’urgence.

En France, la grande majorité des personnes prostituées, sont des femmes migrantes ; à Toulouse, la majorité sont nigérianes, victimes de la traite des êtres humains.

La prostitution est reconnue par le législateur et le gouvernement, comme une forme de violence sexuelle, un obstacle à l’égalité femmes/hommes, une violation du principe constitutionnel de non marchandisation des corps humains.

Pour nous, Marche Mondiale des Femmes Occitanie, Collectif Midi-Pyrénées pour les Droits des femmes, et Le Cri, associations féministes membres d’abolition 2012, le corps des femmes n’est pas une marchandise, il n’est ni à prendre ni à vendre.

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