Les coupables sont les agresseurs non les victimes agressées

Le coronavirus fait cette grève générale dont nous avions rêvé…

Si le confinement met à l’arrêt momentané un système économique absurde et destructeur que nous ne cessons de critiquer, il devient aussi un terrain d’expérimentation idéal de la privation des libertés. Le covid-19 est un symptôme du saccage écologique de la planète. Cette crise accentue encore la précarité des plus fragiles. Que deviennent les migrants, ceux qui sont à la rue, les chômeurs privés d’Internet qui se heurtent à des administrations fermées, les taulard·es interdit·es de relations sociales et survivant dans des cellules surpeuplées ? Pensons aussi aux personnes prostituées, sans res- sources, certaines expulsées de leur domicile et complètement démunies. Heureusement, des associations, comme le Mouvement du Nid, Osez le féminisme et d’autres sont actives en ce moment pour leur venir en aide.

… mais entre se laver les mains et changer le monde, il reste beaucoup d’étapes !

Cette crise a aussi des effets positifs : un effet écologique certain de ce ralentissement de l’activité, l’abandon « temporaire » de la réforme des retraites et de l’assurance chômage. Mais nous devons rester vigilant·es pour que l’état d’urgence ne finisse pas dans le droit commun, que les dispositifs de géolocalisation et les traçages qui menacent nos libertés ne deviennent pas la norme, pour que les inégalités des conditions sociales mises à mal pendant la crise ne se creusent pas davantage.

En allant voir le film L’An 01 en 1973, on rêvait à l’abandon consensuel et festif du productivisme. « Après un temps d’arrêt total ne seront ranimés avec réticence que les services et la production dont le manque sera intolérable, probablement l’eau pour boire, l’électricité pour lire le soir et la TSF, pour dire “ce n’est pas la fin du monde, c’est l’an 01”. »

Cependant, le dossier Pornographie-Prostitution, sujet sensible pour tout le monde, féministes compris, garde toute sa pertinence comme les textes et réactions que nous vous proposons autour de l’affaire Polanski et de la pédocriminalité. Les agressions qu’ont subies les femmes « abolitionnistes », lors des cortèges du 8 mars (Journée internationale des femmes) dans différentes villes, de France et d’ailleurs, sont bien la manifestation la plus récente et la plus triste de l’aliénation qui touche toute la société. Le collectif Casse-rôles revendique aussi cette position « abolitionniste  , notre dossier explique pourquoi.

Quelques éléments sur les différents articles

Les autrices abordent, entre autres, le « J’accuse de Polanski », la soi-disante séparation de l’auteur et de son œuvre, « Il n’empêche qu’on a le droit, face à une œuvre, de se rappeler qui en est l’auteur », le viol et le consentement, « Le viol concerne la violence pas le sexe. Si tu te prends un coup de pelle, t’appelles pas ça : du jardinage », la liberté sexuelle, les enfants et la pédocriminalité, les désirs et les rapports de force, le consentement expliqué aux enfants (et aussi aux grands) avec une bd d’Elise Gravel (le-consentement-explique-aux-enfants-et-aussi-aux-grands/), la prise de conscience et la lutte contre la violence sexiste en Espagne, le secret médical, « les femmes e sont pas des mineures, on ne peut pas balayer leur avis comme s’il ne comptait pas et laisser quelqu’un, même bien intentionné, décider à leur place »…

Je souligne notamment « L’emprise de l’imaginaire patriarcal », la pornographie et la prostitution comme continuum de cet imaginaire et leurs effets sociaux, une présentation synthétique des législations (prohibitionnisme, réglementarisme, abolitionnisme)…

« Le sexe est ainsi réduit – ce qui n’est pas rien – à l’activité sexuelle, elle-même expurgée de l’encombrante variabilité du corps sensitif, le corps lui-même étant limité à son objectivité extérieure et à la façon dont il peut être utilisé et non à ses attributs organiques, sensoriels, sensibles ». La pornographie et la prostitution sont abordées du point de vue de l’inégalité sexuelle, des normes de comportement de l’individu néolibéral (par exemple, les mutilations génitales – « épilations, nymphoplasties, blanchissement des muqueuses, greffe de nichons et orgie de botox sont la norme -). L’autrice parle de l’envahissement du sexe publicitaire, de l’injonction à jouir, « l’injonction à jouir sans entraves s’adresse plutôt aux hommes, et l’injonction au devoir sexuel illimité aux femmes », de la dépossession sexuelle industrielle et de l’argent…

Les limites de loi de 2016 (en particulier des moyens financiers déployés) sont étudiées, l’accompagnement des personnes prostituées, les stages de sensibilisation, le vocabulaire de certain·es qui masquent à la fois les clients et les proxénètes et l’exploitation des femmes…

Sont aussi discutés, l’amour et homosexualité en situation de handicap, la prostitution déguisée sous le nom de l’« assistanat sexuel », les violences le 8 mars contre des femmes abolitionnistes (en complément possible, des-femmes-des-survivantes-de-la-prostitution-agressees-lors-des-manifestations-du-8-mars/), le refus d’être prostitueur ou client, la place des femmes dans les arts plastiques, le travail des femmes, les violences exercées par des hommes dans les couples, les personnes exilées…

Des articles écrits simplement et ne restant pas à la superficie des rapports sociaux, des analyses ne flattant pas les égo narcissiques de certain·es…

Casse-rôles : Dossier Pornographie et prostitution

N°12 mai-juillet 2020

contact : casse-roles@outlook.fr

http://casse-roles.revolublog.com

44 pages, prix libre

Didier Epsztajn


De nombreux articles ont été publiés sur le blog sur ces sujets, paroles de femmes et notes de lecture, n’hésitez pas à les faire circuler et à les reproduire…

Une réponse à “Les coupables sont les agresseurs non les victimes agressées

  1. Marlène Tuininga

    Super, cette initiative ! D’accord à 100 %.
    Didier, je te signale une évolution, ou plutôt une dérive du féminisme dans le monde anglo-saxon qui me semble très inquiétante : la prise de pouvoir (grassement financée) des « trans ». Avec des valeurs carrément masculinistes.
    J’ai une vieille amie universitaire australienne qui se bat depuis longtemps sur ce plan. Honnie par l’opinion majoritaire. Si cela t’intéresse je te donne ses coordonnées.
    bises
    Marlène

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