Contre leurs pitreries réactionnaires, le parti d’en-rire ?

Hugues Lethierry et ses amis écrivent un livre salutaire.

Leur colère devant la politique de Gérard Collomb aurait pu rester moins visible. Beaucoup d’entre eux l’ont soutenu, dans le passé, contre la droite. Ils ont tu leurs critiques, à diverses reprises, au nom d’un minimum de réalisme, pour ne pas nuire à leurs représentants pris par les tâches de gestion. Aujourd’hui, ils font un livre.

C’est l’art de s’attirer des ennuis : les politiciens de profession détestent le débat et veulent souvent détruire l’infâme, celles et ceux qui mettent au jour leurs contradictions. Ce livre est fait sous la forme d’un pamphlet, parce que l’ironie, le rire comme Rabelais nous l’a enseigné, permet de se comporter en êtres humains quand les histrions, Dieu, César, Tribuns prétendent penser à la place des « gens de la moyenne ».

A un moment, le ras-le-bol déborde. Ils ont jugé inexpiable le choix de Gérard Collomb, avec Emmanuel Macron, d’engager un combat contre les arrivées d’étrangers. Voilà qui nous rassemble. Et Hugues Lethierry, un lecteur et continuateur des travaux d’Henri Lefebvre, m’a invité à en écrire quelques lignes.

Un résumé dresse le tableau des questions posées.

La loi sur l’asile n’a cessé de jouer de l’opposition principe d’humanité et principe de réalité. Cette conception, écrit-il, ne peut que reléguer l’humanité au rang d’idéal chimérique et moral que le (real) politique devrait balayer d’un revers de main.

On sait les « arguments » gouvernementaux :

La France (par le biais de ses représentants politiques) comme d’autres pays membres de l’Union européenne applique des politiques qui, disent-ils, « visent à freiner la pression migratoire forte » ou comme le dit le ministre Gérard Collomb « Certaines régions sont en train de se déconstruire parce qu’elles sont submergées par les flux de demandeurs d’asile » voilà les explications de la « loi asile immigration ». C’est étrange…

Les mystifications sont critiquées avec précision, avec des analyses concrètes.

Cette rupture des auteurs du Pamphlet ne peut passer pour un simple détail : la ligne sombre de Sarkozy-Hortefeux, puis de Hollande-Valls se poursuit avec Macron-Collomb. Quand on songe à la campagne de 2017 et à ses torrents verbaux de bons sentiments…

On se souvient de la pitrerie « plus aucun SDF ne sera dans la rue l’hiver prochain ! ». On se souvient aussi de « la priorité pour des mesures en faveur des handicapé.e.s » ; et on sait maintenant que leur ‘allocation spécifique d’handicapé adulte’ restera encore à la fin de quinquennat, après des augmentations progressives, au-dessous du seuil de pauvreté1; on sait aussi que les normes d’« accessibilité » dans les logements sociaux ne seront obligatoires que pour 10% des constructions… Nous avons devant nous un pitre de la condescendance et du mensonge dominateur, avec ce tweet : « On met un pognon dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas » (Emmanuel Macron Twitter, 13/06/2018). Le porte drapeau de ceux qui se croient « l’élite » !

Un peu d’écœurement, et même beaucoup devant cette machine à tromper !

Les « étrangers », nos semblables.

Cette certitude des militant.e.s de gauche, un engagement contre les injustices, pour l’égalité et les droits, est directement frappée par la politique migratoire et sécuritaire de Gérard Collomb au service de son ami, Prince des très riches et médaille de tous les diplômés arrivistes.

Cette discussion est décisive en France comme en Europe et pour toutes les prochaines « échéances électorales ». Il nous faut donc nous arrêter sur un fait : elle a tout de même des racines et ne vient pas nous confronter à une surprise totale. Pourquoi le gouvernement cherche-t-il à ménager la droite, alors que les mouvements réels de solidarité sont importants. Pourquoi est-elle écoutée, dans toutes ses composantes, classique, chauvine ou nationaliste et plus ou moins raciste ?

Mon hypothèse, que le sérieux des réflexions contre la politique de Collomb encourage à présenter et discuter, vise à prendre un peu de recul, à permettre un détour constructif. Situons deux ou trois repères, arguments soumis aux auteurs de ce livre comme à leurs lecteurs.

Le premier est un texte de droit positif, vieux maintenant de plus d’un demi-siècle : La Charte des droits humains universels, adoptée à l’ONU en 1948. On lit quelques lignes.

Le droit de quitter son pays et d’y revenir à tout moment est inscrit dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. L’ouverture des frontières reconnaît la légitimité de toute migration, et le droit à la mobilité de chacun.e. « Le droit de mobilité est un bien public mondial », comme l’écrit la LDH.

En bref : il s’agit tout d’abord de définitions en réaction aux barbaries nazies et aux persécutions antisémites aussi en URSS, plus largement à tous les actes des xénophobies qui ont marqué l’histoire des états et des peuples depuis le début du 20e siècle.

Le droit de circuler et donc le droit de trouver un accueil…

Une question simple : pourquoi des forces qui se veulent de gauche, ou même ‘humanistes’ pourraient-elles s’en abstenir ? Voient-elles que refuser cela est faire le jeu des guerres d’extermination, à tout le moins de massacres et de répressions ? Faut-il le souligner à ces « belles âmes » élyséennes, la majorité des êtres humains peut comprendre les problèmes de leurs semblables et il y a même des dirigeants qui se disent et sont de droite mais veulent mettre en œuvre ces principes, chèrement acquis.

Plus profondément, à la place de toutes les vaticinations plus ou moins à la mode autour du « populisme », nous sommes confrontés à la définition que nous donnons de la citoyenneté commune pour notre propre pays, qui se réclame du « droit du sol » et non pas du « droit du sang ». Un individu né en France d’un père non français est français dès lors qu’il vit ici. Résumons donc cette question, tout d’abord de principe, de philosophie et de culture politique commune. Nous avons une tradition nationale acquise par la Révolution de 1789, et défendue… Elle concerne la racine de la définition de la démocratie : des règles de vie commune qui permettent, sur le même territoire, de faire vivre pour le bien commun des familles et des histoires différentes2.

Elle concerne directement les exilé.e.s et les migrant.e.s, les réfugié.e.s…

Une nation, un peuple uni dans la démocratie.

Pourquoi cette réalité d’une vie en commun n’a-t-elle pas été précisée d’une façon limpide en 1981 ? Limpide : tout individu résident en France a tous les droits civiques et politiques (au bout d’une ou de trois années de résidence, par exemple !). Il ne doit pour cela faire aucune démarche en vue d’une demande de ‘naturalisation’, car le plus souvent cela pose des problèmes compliqués d’ordre psychologique et aussi juridique avec les pays d’origine qui dans le cas de naturalisation française peuvent juger que leurs nationaux abjurent ainsi leur nationalité.

Cela aurait été un bon moment pour réaffirmer et préciser un principe, et ainsi montrer comment la gauche de gouvernement prenait acte de la fin des guerres coloniales et de la présence d’immigré.e.s en France. Le traitement infligé à ceux qui venaient travailler en France et repartaient dans leurs pays devait être corrigé ; en particulier, il se posait la question des effets des décrets et des lois imposant le regroupement familial. En 1978, l’« arrêt Gisti » avait annulé des dispositions limitant les droits des immigrés à se regrouper en famille. Mais, du fait du reste de la politique du gouvernement, « cet arrêt du Conseil d’État a été l’acte fondateur de la transformation de l’immigration de travail en immigration de colonisation », selon la formule du sociologue Abdelmalek Sayad3.

Dès lors, en plus des foyers d’immigrés, des quartiers pour familles d’ouvriers immigrés se développent. Avec très vite des phénomènes de cohabitation, de racisme, de relégation. On les traite en « main d’œuvre » résidente et non en citoyen-nes. Des coloniaux en « métropole » !

Peut-on oublier des actes politiques, vieux de trente ans ? Sans aucun doute non. Puisque la gauche au pouvoir ne leur reconnaissait pas les droits politiques et civiques, leur sort fut fixé, ils étaient « d’ailleurs ». Une chose étrange est de voir qu’il leur est maintenant reproché de développer des comportements « communautaires ». Un tel jugement est une honte, au vu des « principes républicains » ; un scandale, d’autant plus insupportable qu’il dure sans corrections réelles.

Pourquoi la gauche mitterrandienne, avec ses héritiers, Hollande, Jospin, Valls, Collomb… a-t-elle refusé une égalité de droits politiques ?

Cette question est rendu plus vive par les réponses de Wauquiez lancé dans la compétition avec Marine Le Pen : « ils ne sont pas comme nous ! »

Qui a creusé le sillon des politiques racistes ? Qui a renoncé à dire simplement « ils vivent ici, ils sont d’ici et doivent avoir les mêmes lois que celles et ceux d’ici »4 ? Pour ne pas subir la dérive de Collomb, ce livre salutaire donne l’occasion d’une option commune ; regroupons-nous sur une clarification indispensable : les pleins droits politiques pour les résident.e.s, en France et en Europe.

Les politiciens cruels qui traitent mal les migrant.e.s sont, malheureusement, dans la continuité d’un vieux pays colonial qui n’a pas opéré une rupture à l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Ainsi ont été fabriqués sous nos yeux, en trente ans, des phénomènes sociaux dont il faut prendre la mesure : une question arabe et une question noire… A celles et ceux qui sortent de leurs gonds et veulent rejeter Macron et son Collomb et leur monde, avec ses faux semblants, son mépris et sa répression … une option à débattre se dessine.

Nous devons reconstruire une Europe solidaire, accueillant dignement ceux qui fuient les guerres et la misère, ainsi que toutes formes de violences. Elle suppose un accueil inconditionnel, la liberté de circulation et d’installation. Pour sortir dans un premier temps de la dramatisation des migrations, mettons en avant ce qu’elles apportent de positif. Dans cette perspective, demandons qu’un débat soit lancée par le nouveau Parlement sur l’accueil des exilés dans l’Union Européenne afin de mettre en œuvre des mesures positives et pas seulement défensives comme c’est le cas aujourd’hui. Nous devons sortir des procédures européennes dites ‘de Dublin’ et mettre en place une véritable politique d’accueil et une réflexion sur la régularisation de tous les sans-papiers. Nous pouvons imaginer un droit d’asile européen harmonisé, une ouverture à la citoyenneté à toute personne résidant sur le territoire de l’UE et un statut international des migrant.e.s, pas seulement des réfugié.e.s.

La France doit cesser d’être parmi les pays d’Europe qui accueillent le moins de réfugiés et arrêter sa politique de harcèlement des migrants dénoncée par des rapports internationaux.

Rejeter Collomb, oui ! Il fait honte à plus d’un et plus d’une. Reprenons le fil d’une autre culture, de liberté, d’émancipation. Retrouvons un cap pour panser les plaies, se guérir les oreilles ; écoutons Colette Magny, qui chantait « Comment ça va, les gens de la moyenne ? Vous savez, sans vous on ne peut rien du tout ».

Pierre Cours-Salies (27 juin 2018)

Postface au livre coordonné par Hugues Lethierry : Le « camarade » Collomb, la Loi asile et Saint Augustin


Sommaire

Préface

« Ironie vraie liberté […] Viens souveraine »

Captatio benevolentiae

Perdons pas notre latin

Chapitre 1 : Saint Augustin n’est pas un petit saint…

Le maire et le maître

« J’ai dit et j’ai sauvé mon âme »

Anglomanie et latinisme

Trois libidos, trois ordres

L’esprit et la charité

J’aimais l’amour : saint Collomb réécrit les Confessions

Le premier saint Augustin

Libr’Aire

Chapitre 2 : Monsieur Collomb non plus !

La pose et le falbala

Réponse présumée

« Intimor intimo meo »

« En même temps »

« Lyon-Paris » vaut bien une messe

Prendre le train en marche

La plume à travers le corps

Réactions anticipées de la presse

Saint Collomb et Augustin

Christophe et Gérard

Collomb de la paix ! Droit à la ville !

Chapitre 3 : Lettre à Gérard

Gérard l’impuissant

Adieu Gérard

Chapitre 4 : Saint Collomb à la Une, saint Collomb a la haine !

Ce que la loi Collomb veut dire

Collomb : un contre humanitaire

De la dublinisation à l’underwoodisation des esprits

Perverse liste à la Prévert

La loi Collomb : radeau cynique de la méduse

La morale, la colombe, le cynique et la politique

Chapitre 5 : Eux-mêmes comme eux-mêmes

Adieu Collomb !


Préface

« Ironie vraie liberté […] Viens souveraine »

« Ironie vraie liberté, c’est toi qui me délivre de l’ambition du pouvoir, de la servitude des faits, du respect de la routine, du pédantisme de la science, de l’admiration des grands personnages, des mystifications de la politique, du fanatisme des réformateurs, de la superstition de ce grand univers et de l’adoration de moi-même… Tu consolas le Juste expirant quand il pria sur la croix pour ses bourreaux […] Douce ironie, toi seule est pure, chaste et discrète. Tu donnes la grâce à la beauté et l’assaisonnement à l’amour, tu inspires la charité par la tolérance, tu dissipes le préjugé homicide, tu procures la guérison au fanatique et au sectaire et la vertu, ô déesse, c’est encore toi. Viens souveraine… »5.

Captatio benevolentiae

Dans la rhétorique classique on appelait ainsi la partie initiale du discours destiné à attirer l’attention, la curiosité, l’amitié du lecteur ou de l’auditeur. C’est notre but dans cette page.

L’ouvrage qui suit contient d’abord nos deux textes, comme un moteur à deux temps : « Saint Augustin n’est pas un petit saint… Monsieur Collomb non plus ».

Puis, après la lettre, la loi « Asile » est étudiée et des positions affirmées concernant différents aspects de la « pensée » et de la politique de Collomb.

Il va de soi que (contrairement à d’autres qui le citent en latin !) nous ne nous prétendons pas spécialistes, encore moins propriétaires du philosophe berbère. Et que, d’autre part, des aspects importants du « collombisme » ne sont pas ici traités dans ce court pamphlet.

Comme on disait naguère, nous étions petits à l’époque, « ce n’est qu’un début ».

(Actualité oblige : lorsque paraîtra ce libelle, d’autres événements auront peut-être eu lieu qui rendront caduc tel ou tel passage).

Perdons pas notre latin (la plume et l’épée)

À partir de 1830 la plume de fer se substitue à la plume d’oie. A. Compagnon6 y voit le symbole de l’alliance de l’épée et de l’écriture-pamphlet, conçue comme « sport de combat » (pour employer l’expression de Bourdieu à propos de la sociologie).

P.-L. Courier, sous la Restauration, fut l’inventeur du pamphlet, le premier soldat des lettres. Il mourra assassiné.

A. Carel mourra aussi de mort violente, en duel ! Espérons qu’une telle aventure ne nous arrivera pas à cause de ce modeste libelle !

A. Compagnon cite les « fielleux », ces « teigneux » de la littérature, dans son « tableau d’honneur » des combattants des lettres, portraiturés par Sainte Beuve dans « l’Arsenal de vengeance » que sont ses Cahiers, (véritable poison, délayé à longueur de pages par ce grognard grognon avec son « philosophique éloignement des hauts grades »).

Le présent pamphlet n’est animé par aucun ressentiment. Mais il tente, à son niveau, de redonner de l’entrain et de la joie à la défense d’une cause. Il défend un philosophe du IVeVe siècle contre la récupération / appropriation / déformation qui en est faite aujourd’hui par un politicien du XXIe siècle.

Interpellés, interloqués par cette grossière manipulation d’un penseur, nous réagissons.

Les deux premiers chapitres se situent donc sur le « front » philosophique.

Les développements suivants parlent de la loi Asile proposée à l’Assemblée nationale par le ministre de l’Intérieur, ancien maire d’une grande ville de France.

Il nous a paru, en effet, qu’on ne pouvait utiliser des textes passés à des fins partisanes qui n’ont rien à voir avec les intentions initiales de l’auteur. Sauf à remuer dans sa tombe, le penseur berbère n’en peut mais. Que ce modeste livre soit voué au respect de notre héritage, c’est ce dont le lecteur nous saura gré, espérons-le.

Comme le disait jadis Brassens « […] Perdons pas notre latin / Au profit des pantins / Chantons pas la langue des dieux / Pour les balourds, les fesse-mathieux / Les paltoquets, ni les bobèches / Les foutriquets, ni les pimbêches […] ».


– On calcule le ‘seuil de pauvreté’ en fonction du ‘salaire médian’. Précisons, puisque le Prince des très riches a jugé que l’argent des pauvres faisait un sacré paquet, que 50% des salariés sont au-dessous d’un salaire de 1700€, (aujourd’hui de 1692€ par personne). Pour le seuil de pauvreté, il existe une évaluation différente si on le compte à 50% ou 60% du salaire médian. Dans le premier cas, nous avons 5 millions de personnes au seuil de pauvreté de 846€ ; à 60% du salaire médian, nous avons un salaire mensuel de 1015 et 9 millions de personnes.

Ce calcul est aussi précisé en fonction des ‘parts’ selon la taille des familles. Voir la publication de l’Observatoire des inégalités, Comprendre les inégalités, juin 2018.

2 – Gérard Bras, Les voies du peuple, éd. Amsterdam, 2018. La réflexion sur les rapports entre le genos, l’ethos (cultures communes) et le démos (qui vivent sur le même territoire) date de Clisthène, huit siècles avant J-C.

3 – Abdelmalek Sayad, sociologue né en Algérie en 1933 et décédé en 1998, a travaillé longtemps avec Pierre Bourdieu. De nombreux articles ont été rassemblés dans son livre La Double Absence, qui a été publié à titre posthume et dont la préface a été écrite par Pierre Bourdieu. L’ouvrage montre que l’émigration-immigration est une véritable déchirure spirituelle, une souffrance individuelle qui peut avoir des incidences sur la conception collective de l’émigration qui, à son tour, a une influence considérable sur les rapports « pouvoir – État – émigration ». C’est pourquoi Abdelmalek Sayad dira qu’« exister, c’est exister politiquement »

4 – Cela fut le thème de combien de tracts, de mobilisations et de surdité des socialistes de gouvernement ?

5 – Proudhon, “Confession d’un révolutionnaire pour servir à l’histoire de la révolution de février”, Œuvres, éd. D. Halevy, 1929, p. 341-342.

6 – Dans son cours au Collège de France du 9 janvier 2018.

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