Communication du ministère des Solidarités et de la Vérité

République française

Liberté, Égalité, Fraternité

Paris, le 12 mai 2020

Madame, monsieur,

   Dans le cadre de la lutte nationale contre la pandémie du covid-19, et dans une volonté de complète transparence et de solidarité nationale, nous vous informons que, au terme de la loi n° 2020-293 du 10 mai 2020, complétant la loi d’urgence sanitaire n° 2020-290 du 23 mars 2020, le ministère des Solidarités et de la Santé a réquisitionné, auprès des fournisseurs d’accès à Internet, les fichiers d’abonnés, avec leur profil et leur adresse courriel.

   Vous recevrez ainsi régulièrement, par voie numérique, une information adaptée à vos besoins, et qui tiendra compte de votre âge, de votre sexe, de la situation géographique de votre domicile, et du métier que vous avez déclaré lorsque que vous avez souscrit votre abonnement. Grâce à ces courriels personnalisés, vous n’aurez plus à vous perdre dans le foisonnement d’informations, parfois fausses et confuses, qu’offre la presse quotidienne. Et si vous souhaitez des compléments, nous vous suggérons de vous rendre sur le site d’informations du gouvernement, qui dénonce les fausses nouvelles.

   En dépit de tous nos efforts, nous sommes au regret de vous informer que nous ne serons pas en mesure d’effectuer les 700 000 tests par semaine, dont la promotion a été largement assurée par le Premier Ministre, le ministre des Solidarités et de la Santé, et le directeur de la Santé publique. En l’état actuel, et en dépit des recommandations de l’OMS depuis plus de deux mois, nous ne pourrons tester les populations les plus fragiles, ou susceptibles d’avoir été en contact avec le virus, ou suspectées d’avoir été contaminées. De toute manière, nous ignorons le nombre exact de tests effectués journellement sur notre territoire.

   De plus, les nombreux essais de traitement que nous avons programmés n’aboutissent pas, et dans certains cas ne parviennent même pas à démarrer à cause de difficultés réglementaires. Quant au vaccin, comme le Conseil scientifique l’a maintes et maintes fois répété, il faut attendre plusieurs mois avant d’obtenir des résultats probants. Reste donc, pour sortir de cette crise sanitaire sans précédent, l’immunité de troupeau, dite « de groupe ». Mais, comme le révèlent les indications vertes sur les cartes que nous avons élaborées pour le déconfinement, la circulation du virus est très atone sur une grande partie du territoire national, et aujourd’hui encore, le coronavirus n’a pas touché une quantité suffisamment grande de nos concitoyens pour que l’ensemble de la population soit protégée. Plus encore : selon de récentes études, nous devrons attendre, tout comme pour le vaccin, de nombreux mois avant que cette immunité se mette en place.

   Et cependant, nous sommes de plus en plus pressés par les impératifs économiques : nous savons que les profits n’attendront encore pas bien longtemps sur notre sol, et que si nous ne nous décidons pas à agir, ils s’en iront ailleurs…

   Aussi avons-nous décidé de pousser le seul curseur à notre disposition, celui de l’immunité de troupeau et, pour cette guerre si particulière que la nation rassemblée mène, de substituer à l’impôt du sang, l’impôt du virus. Toutefois, si les balles et les mines antipersonnel frappent aveuglément, nous pouvons, dans la solidarité, rendre plus consciente, plus efficace, et peut-être moins dure économiquement, la propagation du virus.

   Cette nouvelle doctrine, que nous assumons totalement, nous la déclinerons sur deux axes.

   D’abord, nous appelons tous nos citoyens à participer à l’effort national, dans ce grand élan de fraternité dont nous les savons capables, en sacrifiant quelques personnes de leur entourage, notamment des improductifs et des personnes âgées qui ne résident pas en EHPAD, et dont la contamination permettra d’atteindre plus rapidement ce libérateur seuil des 70% de covidés dans la population. Dès maintenant, nous devons, ensemble, faire la part du feu : sur le site Santé publique France, nous vous invitons à communiquer, de manière anonyme si vous le souhaitez, le nom des personnes qui vous semblent susceptibles d’être sacrifiées au bien national, ainsi que les raisons de vos choix honorifiques, car il est beau de mourir, même sans le savoir, pour la préservation de la nation. Afin que des motifs personnels ne viennent entacher la désignation, que seul le bien collectif doit légitimer, une enquête sera, pour chaque cas, diligentée et, sitôt avérée l’exactitude des déclarations, des équipes spécialisées procéderont à la contamination.

   Nous attirons votre attention sur le point suivant : contamination ne veut pas dire décès. Même si, dans la situation où nous les avons mis depuis des années, les services hospitaliers, par l’action sur la variable humaine et vivante, seront vite débordés et dans l’incapacité absolue de prendre en charge le grand nombre de patients qui se présenteront, il n’en demeure pas moins que quelques-uns survivront. Nous les célébrerons.

 Le second axe sur lequel nous déclinerons notre nouvelle doctrine se construira à partir des équipes spécialisées, tenues au secret professionnel.

   Le ministère des Solidarités et de la Santé recrutera des agents de diffusion du coronavirus qui seront pourvus d’une très forte charge virale. Il leur sera proposé :

  – des emplois de voyageurs dans les transports en commun. Munis d’un masque à trous ou d’un masque chinois de piètre qualité, ces agents devront emprunter les différents transports en commun aux heures de pointe, et de préférence tôt le matin, lorsque les populations titulaires des emplois les moins qualifiés et les moins rémunérés se déplacent. Un véritable effet d’aubaine ne tardera pas à se manifester : non seulement le nombre de contaminations augmentera considérablement et rapprochera la population de l’immunité de troupeau, mais aussi de nombreux postes de travail, qui exercent un grand attrait sur les populations des banlieues, deviendront ainsi peu à peu vacants ; leur pourvoi diminuera le chômage et relancera la machine économique ;

  – des emplois de facteurs fictifs ou d’employés fictifs de gaz et d’électricité qui, munis eux aussi d’un masque à trous ou d’un masque chinois, se rendront chez des personnes âgées : mis en confiance par le déguisement, les Anciens n’hésiteront pas à ouvrir leur domicile à ces agents qui pourront alors en toute quiétude diffuser le virus.

   Les masques seront fournis à ces différents employés pour qu’ils accomplissent au mieux leur mission. Ainsi nous valoriserons les grandes quantités de masques inutilisables et défectueux que nous avons dû commander dans l’urgence, faute de stocks stratégiques suffisants, bien conservés et pas rongés par l’humidité.

   La désignation des personnes à contaminer, bien qu’elle procure un fort sentiment d’utilité publique et de solidarité nationale qui est déjà, en soi, une récompense, ouvrira droit, si elle n’a pas été effectuée anonymement, à des allègements d’impôt sur le revenu qui seront inscrits au prochain exercice budgétaire, sur proposition du ministre de l’Action et des Comptes publics. Ils seront donc effectifs sur l’avis d’imposition des revenus de 2021.

   D’ores et déjà, nous pouvons vous annoncer que ces allégements seront conséquents, eu égard au caractère double du bien national qui peut s’ensuivre par ces désignations : non seulement par rapport à l’immunité de troupeau, mais aussi par rapport aux économies réalisées sur le versement des retraites, surtout s’il s’agit de la contamination de jeunes retraités ou de vieux salariés, ce qui nous permettra demain, de ne pas réformer dans ce domaine, très sensible pour la plupart de nos concitoyens.

   Le traitement des différents emplois d’agents de diffusion du virus sera fixé par décret. Sans négliger le fort sentiment d’utilité publique et de solidarité nationale dont il vient d’être question, il tiendra compte de la nature tout à fait temporaire et des risques de la mission à ce jour connus, et pour lesquels ces agents auront été dûment informés par les institutions représentatives du personnel ; une prime de repas ainsi qu’une prime dite « de panier » leur seront également attribuées. Cette dernière sera calculée en temps réel : l’application numérique bloquée sur le feu vert dont ils seront dotés, remontera au service intéressé les chaînes de contamination que ces agents auront forgées.

   Pour leur bravoure et leur propre sacrifice, il leur sera également remis une distinction, et une rente sera servie au bénéficiaire qu’ils désigneront librement ; s’ils guérissent, ils auront le choix, ou bien de reprendre leur emploi et de capitaliser la rente auprès d’un organisme agréé (BlackRock), ou bien de renoncer à leur emploi. Ils pourront alors bénéficier de la rente sur laquelle sera toutefois pratiquée une retenue pour abandon de poste.

   Nous sommes intimement convaincus qu’ainsi, et ainsi seulement, nous retrouverons demain la splendeur du monde d’hier, et d’avant-hier.

Tous ensemble, nous vaincrons le virus !
Donnons-nous en les moyens.

Vive la République ! Et vive la France !

P/O Le ministre des Solidarités et de la Santé

P/O Le ministre de l’Intérieur

P/O Le ministre de l’Économie et des Finances

P/O Le ministre de l’Action et des Comptes publics

P/O La ministre du Travail

P/O Au clavier, Jean Pierre Lecercle

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