Les hommes blancs veulent restaurer le monde d’avant ; démonstration par le sport

Depuis que le président de la République a annoncé un « déconfinement » pour le 11 mai 2020, chacun y va de ses exigences, recommandations, supputations, envies et réflexions sur « le monde d’après ». Il y a ceux qui souhaitent penser un « autre monde », celui de la transition écologique et de la décroissance (même si ce terme est soigneusement évité) ; et il y a ceux qui ne rêvent que de restaurer leurs privilèges (de mâles blancs hétérosexistes), rivalisant de solutions prétendument prophylactiques pour que la machine libérale reparte de plus belle, au péril des populations et de la planète.

Les tenants de la restauration ont le monopole de la parole médiatique, de l’appareil économique et de la décision politique ; ils sont donc bien partis pour gagner le match, organisant le déconfinement à leur seul profit, considérant que leur objectif sanitaire se réduit à limiter la programmation du virus qui a la bonté de tuer les plus fragiles d’entre nous, donc les moins productifs, et les moins consommateurs de produits et services à forte valeur ajoutée.

L’exemple du sport est, dans ce contexte, particulièrement probant. Une fois acquis que l’activité physique était indispensable à la coercition volontaire des confinés au point d’en autoriser de manière très contrôlée la pratique individuelle, il n’est plus question que de compétitions, d’entraînement des athlètes, de droits télé, de saisons sportives, de championnats, etc. Les dirigeants des fédérations se crêpent la calvitie avec les dirigeants des clubs professionnels usant d’arguments qui réduisent le sport à un spectacle qui rapporte gros, proposant au final des plans de déconfinement dont sont exclus les pratiquants amateurs.

Le confinement a fait la démonstration que le sport est utile à chacun autant qu’à la collectivité ; le covid-19 décèle qu’une société du toujours plus haut, toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus loin est une société délétère pour elle-même. Cy Jung, écrivaine et judoka, considère que l’on peut penser et pratiquer le sport autrement que dans un culte de la performance et des supériorités nationales. Les difficultés sanitaires que nous devons surmonter pour que chacun puisse pratiquer en liberté le sport qu’il aime sont l’occasion de faire table rase des pratiques professionnelles et de substituer le plaisir de l’engagement physique à la performance, pour construire ensemble une société où la loi du plus fort ne sera jamais la meilleure.

Post scriptum, à l’attention des judokas confinés.

Prenez une porte, un balai-brosse, un tee-shirt, fourrez-y un oreiller que vous serrez en bas avec un pantalon de kimono en passant la jambe intérieure dans le manche du balai, posez la veste sur la brosse, passez un élastique (ou une ceinture) dans la manche de travail jusqu’au revers opposé, nouez-lui une ceinture autour de la taille et Uke-Confiné est né !

Faites alors glisser le manche du balai dans la poignée d’une porte (qui s’ouvre à droite pour les droitiers, à gauche pour les gauchers) à la hauteur souhaitée et servez-vous du battant pour simuler les déplacements. Allez-y mollo quand même !

Et amusez-vous !

Cy Jung, 5 mai 2020 ®

http://www.cyjung.com/spip.php?article3537

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