Israël-Palestine : faire enfin respecter le Droit international

L’État d’Israël a un nouveau gouvernement. L’accord conclu entre les adversaires d’hier devenus des partenaires va sans doute permettre à Benjamin Netanyahu, accusé de corruption, de malversation et d’abus de confiance dans trois affaires différentes, d’obtenir que son procès soit considérablement retardé. Ce point est une affaire intérieure israélienne.

Par contre, en tant qu’association juive, l’UPJB s’estime directement concernée par la décision de ce gouvernement, dit « d’union nationale», d’entériner la « loi fondamentale » votée en juillet 2018, qui instituait officiellement Israël (au territoire sans cesse illégalement agrandi) comme « État-nation du peuple juif », ce qui revient à consacrer officiellement à la fois le déni du droit à l’autodétermination du peuple palestinien et les discriminations graves visant, depuis la naissance de l’État d’Israël, les Palestiniens qui détiennent la citoyenneté israélienne. Comme nous le proclamions dans notre communiqué du 20 juillet 2018 : « En tant que Juifs attachés aux droits humains universels, il est hors de question pour nous de nous identifier à un État qui se dote d’une citoyenneté à base raciale, un État aux frontières en extension permanente, un État qui bafoue les droits fondamentaux de ses propres ressortissants et qui s’assied sur le droit international. »

Ce qui ne doit certainement pas être considéré comme une affaire intérieure israélienne est la décision, contenue dans le programme de ce gouvernement, d’annexer la vallée du Jourdain et les colonies juives de Cisjordanie, ce territoire occupé et colonisé par Israël depuis¿1967. Et de le faire avant la fin de l’actuel mandat présidentiel de Donald Trump pour ne pas courir le risque de devoir affronter un nouveau président et une nouvelle administration fédérale qui seraient opposés à ces annexions. Ce déni supplémentaire des droits du peuple palestinien, violant, une fois de plus gravement le droit international et les résolutions de l’O.N.U. concerne, partout dans le monde, ceux qui sont épris de paix et de justice et qui continuent à penser que les relations internationales doivent être régulées par le droit et non par la force.

L’Union européenne et les gouvernements nationaux des États qui la constituent avaient réagi pour le moins mollement à la publication, en janvier dernier, du « plan de paix » de Donald Trump qui, contrevenant à toutes les décisions antérieures de l’ONU concernant ce qu’il est convenu de nommer « conflit israélo-palestinien », ouvrait pourtant grand la porte à ces annexions, maintenant annoncées pour l’été prochain.

Face au déni continuel et sans cesse aggravé des droits des Palestiniens commis par l’État d’Israël, l’Union des Progressistes Juifs de Belgique attend de son gouvernement et de l’Union européenne, dès maintenant, une réaction enfin ferme, assortie de sanctions diplomatiques et économiques sévères. Celles-ci devraient être aggravées au cas où ce nouveau gouvernement commencerait à mettre en œuvre son projet d’annexions. Le Droit doit primer sur les rapports de force.

https://upjb.be/communique-israel-palestine-faire-enfin-respecter-le-droit-international/


En Israël, l’union nationale au service de l’annexion

Motivé par l’urgence du combat contre la pandémie de Covid-19, le ralliement de l’opposant Benny Gantz au Premier ministre Benjamin Netanyahou aura pour conséquence de hâter l’annexion de pans entiers de la Cisjordanie dès juillet 2020. La Belgique et l’Union européenne doivent se tenir prêtes à sanctionner lourdement cette atteinte aux droits inaliénables du peuple palestinien et aux fondements du droit international.

Il aura fallu 16 mois de blocage, trois élections et une pandémie pour permettre aux frères ennemis de la politique israélienne de concrétiser l’un de leurs rares points d’accord : l’annexion unilatérale de la Vallée du Jourdain et des colonies en Cisjordanie. Le pacte de gouvernement intervenu ce lundi 20 avril entre l’indéboulonnable Premier ministre Benjamin Netanyahou et son opposant, Benny Gantz, prévoit en effet de pouvoir y appliquer la souveraineté israélienne sur celles-ci, et ce dès juillet 2020.

Cette initiative est une violation flagrante du droit international qui proscrit l’acquisition de territoires par la force. Elle est le prolongement logique de la « vision pour la paix » du président états-unien Donald Trump, alignée sur les revendications de l’extrême droite israélienne. Elle consacre le refus israélien d’un État souverain et viable pour les Palestiniens, pour lesquels n’est envisagé un avenir national que sous la forme d’enclaves morcelées. Une copie quasi conforme des bantoustans du régime ségrégationniste sud-africain.

Si la politique israélienne d’apartheid est largement antérieure à ce projet d’annexion, ce dernier met à nu le suprématisme racial qui fonde le comportement d’Israël à l’égard des Palestiniens. Ceci concerne également les 18% d’Arabes israéliens, dont la citoyenneté au rabais est confortée par cet accord de gouvernement. Benny Gantz, qui n’est plus à une trahison près, a en effet renoncé à exiger l’abrogation de la loi « Etat-Nation » de 2018, qui réserve le droit à l’autodétermination au seul peuple juif.

Le fait qu’un gouvernement d’union nationale en principe dédié à la lutte contre le Covid-19 s’autorise pareille transgression en dit long sur le climat qui règne dans le pays. Pour l’écrasante majorité du spectre politique israélien, la question palestinienne est désormais une affaire strictement intérieure, à régler aux conditions de l’occupant. Cet état de fait n’est que la conséquence logique de l’impunité inouïe dont bénéficie Israël. Les réactions extrêmement timorées face à l’inique plan Trump constituent à cet égard le point d’orgue de la démission de la communauté internationale, désormais de plus en plus assimilable à une arène régie par les seuls rapports de force.

« Il serait incompréhensible que les autorités belges et européennes restent les bras croisés alors qu’une telle forfaiture se profile », estime Pierre Galand, président de l’Association belgo-palestinienne. « Au-delà des droits inaliénables du peuple palestinien, il en va de la crédibilité de la Belgique et de l’UE à défendre le droit international, dont singulièrement les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, organe dans lequel siège actuellement la Belgique ».

La Belgique doit convoquer séance tenante l’ambassadeur israélien à Bruxelles pour lui signifier le caractère inadmissible de ce projet d’annexion. Elle doit interdire tout échange avec les colonies bientôt annexées et mettre sur pied d’urgence, de concert avec ses partenaires européens, un arsenal de sanctions à la hauteur de cet attentat aux valeurs de paix et de justice, qui concerne l’ensemble des relations économiques, commerciales et culturelles avec Israël.

https://www.association-belgo-palestinienne.be/en-israel-lunion-nationale-au-service-de-lannexion/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.