Pandémie Covid-19 : Palestine, Pologne, Tunisie, Algérie, Maroc, Asie, Haïti

La Palestine au temps du Covid-19

Le peuple palestinien souffre de la pandémie de Covid-19 comme tous les autres peuples, mais avec des spécificités. Il souffre comme les autres populations appauvries, d’une maladie onéreuse à éviter et à guérir. Mais il souffre aussi en tant que peuple colonisé, d’être fortement discriminé, à l’intérieur des frontières d’Israël, en Cisjordanie occupée militairement, et encore plus dans la bande de Gaza sous blocus.

Comme dans la plupart des pays en dehors de la région d’Asie initialement touchée, les Palestinien.nes n’ont commencé à s’inquiéter du coronavirus qu’au début de mars 2020. Les premiers récits arrivant de Palestine étaient humoristiques : ils venaient de Gaza et prétendaient que c’était « l’endroit le plus sûr du monde », puisque le blocus les protégerait de l’infection. Assez vite, cependant, d’éminents universitaires ont souligné que, si jamais le virus finissait par y pénétrer, une tragédie serait difficile à éviter. Gaza est effectivement privée de tous les moyens de le guérir, tels que du matériel ou des fournitures médicales de base, peu de masques ou de kits de test, en plus d’avoir des problèmes de pénurie de carburant et de qualité de l’eau, entre autres. Ces conditions ne sont pas dues au sous-développement, ni au blocus, mais principalement à la destruction planifiée des infrastructures palestiniennes par l’armée israélienne lors de ses nombreuses guerres sur Gaza, comme par exemple le bombardement de 17 hôpitaux pendant la guerre de 2014…

À l’intérieur des frontières d’Israël de 1948, la situation n’a pas beaucoup changé pour les Palestinien.nes. Ils et elles sont toujours traité.es comme des citoyen.nes de seconde zone et, dans une telle crise, leur santé sera prise en compte après celle des personnes vivant dans les quartiers juifs, principalement parce que les bons hôpitaux y sont situés. La nouvelle loi sur l’État-nation impose que tous les textes officiels, y compris les instructions d’urgence pendant la pandémie (dont les fameux gestes barrières), soient écrits en hébreu uniquement. Pour les Palestinien.nes dont la langue est l’arabe, il n’y a pas de plan d’urgence. De plus, force est de constater que le racisme quotidien, qui existe en Israël depuis 70 ans, ne disparaît pas. Pour prendre un exemple, même pendant la crise sanitaire, la destruction de maisons et de champs dans les régions bédouines du désert du Néguev se poursuit (1).

La conséquence la plus débattue de l’épidémie de Covid-19 en Israël fut la mise en place d’une surveillance des personnes, par le biais de leurs téléphones portables, sans que les services de sécurité du gouvernement aient besoin de l’autorisation d’un tribunal (2). Signalons que d’autres gouvernements ont suivi cette « stratégie du choc », décrite par Naomi Klein (3), qui consiste à profiter de la crise pour lancer des programmes de surveillance massive de leurs citoyens. Souvent ces gouvernements utilisent d’ailleurs des logiciels israéliens développés au départ pour espionner illégalement des Palestinien.nes. Le Premier ministre israélien Netanyahou en a aussi profité pour accroître ses pouvoirs autoritaires et militaires. Alors que les citoyen.nes israélien.nes d’origine juive se plaignent que la démocratie est en déclin aujourd’hui, et que leurs libertés civiles sont érodées, cela n’avait jamais été débattu lorsque les libertés des Palestinien.nes étaient en jeu.

À l’intérieur des frontières d’Israël, comme partout ailleurs malheureusement, le pire endroit où vivre est la prison, en particulier là où les prisonnier.es palestinien.nes sont enfermé.es. Dans des cellules surpeuplées, le risque de transmission de maladies y est très élevé. Plusieurs événements récents incitent les prisonnier.es à s’interroger sur des négligences médicales délibérées et répétées de la part des autorités israéliennes (4). Par exemple, alors que les visites des familles et des avocats sont interdites, les premiers prisonniers infectés dans les prisons d’Ashkelon, de Ramleh et de Moscobiya, l’ont été par des médecins ou des gardiens de prison israéliens. Le manque de produits d’hygiène, de masques ou de gants pose également la question d’un plan délibéré de propagation de la maladie en prison qui, combiné à d’autres problèmes de santé et à un traitement médical notoirement mauvais, entraînera un pourcentage élevé de décès.

De nombreu.ses.x Palestinien.es vivant en Cisjordanie viennent chaque jour travailler en Israël, après un long et complexe voyage à travers les checkpoints militarisés, principalement pour des emplois très mal payés. Mi-mars, lorsque le gouvernement israélien a décidé de restreindre les mouvements de la population, il a demandé que 25 000 travailleu.ses.rs palestinien.nes restent à l’intérieur des frontières de 1948 pendant la durée du confinement, loin de chez eux. Bien sûr, ces travailleu.ses.rs n’ont jamais reçu d’équipement de protection et rarement bénéficié des logements qui leur avaient été promis. En outre, chaque fois que l’un.e de ces travailleu.ses.rs est soupçonné.e d’être infecté.e par le coronavirus (même une simple fièvre), il ou elle est ramené.e au checkpoint dans un véhicule militaire, et jeté.e au sol du côté palestinien, sans aucun traitement médical, et sans être considéré.e comme un être humain (5). Là encore, on peut se demander si la stratégie d’Israël, en plus de vouloir éviter toute nouvelle contagion à l’intérieur de ses frontières et de refuser de traiter les Palestinien.nes, n’est pas de propager volontairement le virus en Cisjordanie, sachant que cela entraînerait le chaos et la mort.

En Cisjordanie, l’horreur quotidienne que subissent les Palestinien.nes est encore plus difficile à supporter alors que les gens essayent d’abord de se soucier de leur santé et de celle de leurs voisin.es. Mais comment une communauté peut-elle prendre soin de sa santé alors que l’armée d’occupation continue de faire des descentes dans ses maisons, ou confisque des paquets de nourriture destinés aux familles en quarantaine (6) ? L’armée israélienne a même attaqué et endommagé la maison du ministre palestinien de Jérusalem, Fadi al-Hadmi, avant de l’emmener en prison, de le battre et de le forcer à porter un masque sale sur lequel se trouvaient des traces de sang séché (7). A quel point cette armée peut-elle être cynique lorsque, en plus de détruire des maisons, elle détruit… une clinique ? Cela s’est produit le 26 mars à Khirbet Ibziq, où un bulldozer, deux camions et une jeep militaire israélienne ont confisqué une cabane, un générateur électrique, des poteaux, des bâches, des palettes de parpaings et des sacs de sable et de ciment destinés à construire une clinique de campagne (8).

Les terres palestiniennes en Cisjordanie sont souvent situées à proximité de colonies juives illégales. Suite à la focalisation générale sur la maladie, et aux restrictions de mouvement des Palestinien.nes, les colons israéliens ont profité de la stratégie du choc pour déraciner des centaines d’oliviers palestiniens, voler des animaux, détruire des maisons et des granges, attaquer des personnes, et annexer encore plus de terres palestiniennes… (9)

Début avril, on comptabilisait environ 8 000 cas de Covid-19 en Israël, 200 en Cisjordanie et 12 à Gaza. Dans les faits, la Cisjordanie et Gaza appliquent des règles de confinement plus strictes qu’en Israël. Avec toujours ce même humour palestinien, les Gazaoui.es ont demandé aux Européens : « Alors, qu’est-ce que ça fait d’être enfermé ? Nous sommes enfermés depuis 13 ans… ». En effet, même si la comparaison ne tient pas très longtemps, le confinement fait obligatoirement penser à Gaza, comme à toute autre prison dans le monde. Les Gazaoui.es ont également déclaré aux Israélien.nes : « nous rêverions de conditions de confinement comme les vôtres ». L’inégalité dans la région est en effet incommensurable. Non seulement Israël refuse de laisser des fournitures médicales atteindre Gaza, mais le 28 mars dernier, l’armée israélienne a tiré plusieurs missiles sur cette bande de terre de 365 km², où sont enfermées deux millions de personnes, qui vivent dans une grande précarité, et attendent avec angoisse l’arrivée du virus… (10).

(1) www.middleeasteye.net/fr/reportages/les-autorites-israeliennes-detruisent-les-cultures-bedouines-malgre-le-coronavirus
(2) www.haaretz.com/israel-news/.premium-to-stop-coronavirus-spread-shin-bet-can-track-cellphones-without-court-order-1.8677696
(3) https://naomiklein.org/the-shock-doctrine/
(4) www.middleeasteye.net/fr/actualites/coronavirus-les-detenus-palestiniens-en-israel-craignent-pour-leur-vie-dans-des-prisons
(5) https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/03/30/le-pchr-condamne-le-traitement-discriminatoire-des-autorites-israeliennes-envers-les-travailleurs-palestiniens-soupconnes-de-coronavirus/
(6) https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/04/02/israel-attaque-les-palestiniens-alors-quils-se-battent-contre-le-covid-19/
(7) https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/04/05/le-ministre-de-jerusalem-on-ma-force-a-porter-un-masque-sale-avec-des-traces-de-sang-seche/
(8) https://www.aurdip.org/pendant-la-crise-du-coronavirus.html
(9) https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/04/06/des-colons-israeliens-deracinent-des-centaines-doliviers-pres-de-bethleem/ https://www.palestinechronicle.com/jewish-settlers-increase-attacks-on-palestinian-farmers-in-jordan-valley/ https://www.middleeasteye.net/fr/infographics/en-cisjordanie-les-colons-profitent-du-confinement-lie-au-coronavirus-pour-annexer-des
(10) https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/04/06/des-soldats-israeliens-lancent-des-missiles-sur-gaza/

http://www.laboursolidarity.org/La-Palestine-au-temps-du-Covid-19

En anglais : Palestine in the Time of Covid-19

http://www.laboursolidarity.org/IMG/pdf/2020_-_4_-_6_-_palestine_in_the_time_of_covid-19_-_engl-2.pdf


Rappel :

Palestine : contre le Coronavirus, l’UAWC met ses équipes et ses locaux à la disposition du gouvernement et des paysan·ne·s :

Akram Al-Waara : Les Palestiniens détenus en Israël en péril : 

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/03/20/palestine-contre-le-coronavirus-luawc-met-ses-equipes-et-ses-locaux-a-la-disposition-du-gouvernement-et-des-paysan·ne·s-et-akram-al-waara-les-palestiniens-detenus-e/ 

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Arrêtez de jouer avec nos vies ! Nous ne serons pas un bouclier humain dans la crise du Corona virus !

Déclaration du Comité national de IP – Syndicat d’Initiative des Travailleurs (OZZ Inicjatywa Pracownicza) en réponse aux mesures d’urgence du gouvernement polonais à la lumière de la crise du Corona virus. Ogólnopolski Związek Zawodowy Inicjatywa Pracownicza est membre du Réseau syndical international de solidarité et de luttes.

En réponse à la crise provoquée par la pandémie du Corona virus, le gouvernement polonais a adopté un ensemble de mesures d’urgence qu’il appelle le « bouclier anticrise ». Tant le montant des fonds alloués par le « bouclier » aux secours que les remèdes qu’il propose sont soit totalement insuffisants, soit carrément inadaptés. De nombreuses mesures du « bouclier » entraîneront une baisse des salaires, affaibliront les syndicats et rendront les travailleurs encore plus subordonnés à leurs patrons qu’ils nous ne le sont déjà. Nous nous opposons catégoriquement à toute baisse de salaire : les travailleurs ne supporteront pas les coûts d’une nouvelle crise. Nous mettons en lumière ci-dessous les pires idées et négligences du gouvernement. Nous présentons ensuite une liste de 10 revendications qui devraient être satisfaites et mises en œuvre immédiatement.

Les pires idées et omissions du « bouclier anticrise » du gouvernement :

1. Une grande partie de la population active en Pologne n’a aucune sécurité de l’emploi. Il s’agit d’employés occasionnels, embauchés par des agences de sous-traitance ou de travail temporaire, ou encore d’indépendants. Ce sont ces travailleurs qui souffriront le plus de la crise. Pour l’instant, ils sont menacés de perdre leurs revenus et leurs avantages. En réponse, le « bouclier » du gouvernement prévoit un versement unique de 2 000 Zlotys avant impôts (environ 435 euros avant impôts) aux travailleurs occasionnels dans le besoin. Compte tenu des prévisions selon lesquelles la crise durera encore de nombreux mois, cette aide ne constitue pas un véritable soutien.

2. En Pologne, 2,5 millions de travailleurs occasionnels sont sous-assurés ou n’ont pas du tout accès à l’assurance maladie. En effet, ils n’ont aucunement droits à des arrêts maladies rémunérés. Ceux qui ont accès aux soins de santé publics de base doivent payer les frais de consultation du spécialiste ainsi que les frais d’hospitalisation. L’épidémie du Corona virus montre que le droit universel d’accès aux soins de santé est dans l’intérêt de tous. Mais le « bouclier » du gouvernement ne prévoit aucun changement significatif en la matière.

3. Le gouvernement tente d’attirer l’attention du public sur la sauvegarde de l’emploi. Mais cet argument sert à justifier le transfert d’énormes sommes d’argent aux chefs d’entreprise. Avec le plan de sauvetage du « bouclier », les entreprises obtiendront des subventions gouvernementales concernant les salaires pendant les périodes d’arrêt avec la possibilité légale de réduire les salaires de moitié ! Les entreprises deviennent ainsi les véritables bénéficiaires du plan du gouvernement, qui, en fin de compte, nous fait porter le fardeau des coûts, à nous, les travailleurs.

4. Les modifications que le « bouclier » envisage d’apporter au droit du travail donnent aux employeurs une grande liberté pour réorganiser le travail comme ils le souhaitent (surtout en ce qui concerne le temps de travail ou les périodes d’arrêt économique). Dans un pays où les syndicats et toutes les formes de contrôle des travailleurs ont été systématiquement combattus, cela signifie qu’aucun contrôle social n’est exercé sur l’utilisation des fonds que les entreprises recevront du budget de l’État. En outre, cela signifie que les travailleurs auront du mal à résister aux tentatives de leurs patrons d’imposer des « mesures anticrise » sur le lieu de travail, même si ces mesures ne sont aucunement nécessaires.

5. Le gouvernement ne fait aucunement mention des allocations de chômage. Lors des différentes périodes de chômage élevé qui ont eu lieu par le passé, les syndicats ont indiqué à plusieurs reprises que les allocations de chômage étaient trop faibles et que la période durant laquelle elles étaient versées était trop courte. Par exemple, en décembre 2019, seuls 16,4% des chômeurs inscrits avaient droit à des allocations d’un montant de seulement 741,87 Zlotys après impôts (environ 163 euros) pour les 3 premiers mois. Nous sommes confrontés à une crise grave. Le gouvernement doit réaliser qu’il y aura une augmentation significative du nombre de chômeurs qui auront besoin de revenus pour survivre.

6. Une vague massive de licenciements a touché les travailleurs qui n’ont aucune sécurité au niveau de leur d’emploi (les travailleurs occasionnels, les intérimaires, les employés à contrat à durée déterminée et les indépendants). Les licenciements ont touché les travailleurs occasionnels dans des secteurs tels que la restauration, le tourisme, les loisirs et les services publics sous-traités. La crise n’a fait que mettre en évidence la nature profondément antisociale des formes d’emploi temporaire. En attendant, le message du gouvernement à ces travailleurs est le suivant : « vous auriez dû vous assurer ». Comme si cela était réellement possible pour les travailleurs sans aucune sécurité au niveau de leur emploi !

7. Nous disons « non » à toute modification visant à rendre le travail plus flexible (par exemple en prolongeant le temps de travail de référence). Au cours des trois dernières décennies, la réponse typique du gouvernement à la crise (réelle et présumée) a été de rendre le travail plus flexible. Cette pratique a eu des effets désastreux sur la sécurité de l’emploi. Aujourd’hui, le gouvernement confirme qu’il ne peut agir que dans le cadre du canon de la politique économique néolibérale, qui cherche toujours en fin de compte à affaiblir la position des travailleurs sur le marché du travail.

8. Le « bouclier » n’aborde pas le problème croissant des faibles pensions de retraite. Il n’offre pas non plus de protection aux travailleurs âgés contre les effets de la crise.

9. Le « bouclier » accorde peu d’attention à la protection du budget des ménages contre l’augmentation du coût de la vie, comme la hausse des prix des denrées alimentaires et des loyers. De même, le gouvernement ne tient pas compte des effets de la perte de revenus, tels que : la quittance du loyer, la dette bancaire, le montant des factures des services de base comme le gaz, l’électricité et le chauffage, ou la menace d’expulsion ou de saisie.

10. Le projet du gouvernement intervient à un moment où les procédures de décision démocratiques sont suspendues. En effet, nous n’avons pas notre mot à dire sur ces questions très importantes. Nous craignons que l’aide ne soit principalement destinée au secteur bancaire, le plus grand acteur du monde politique actuel. Déjà, une grande partie de l’aide de 212 milliards de PLN (environ 46 milliards d’euros) va au secteur financier. Lors de la précédente crise économique (2007-2008), ce même secteur bancaire a consommé non pas des milliards, mais littéralement des billions de dollars et d’euros. Dans l’effondrement actuel, le secteur financier ne contribue en rien à sauver l’économie, mais plutôt à l’entraîner vers le fond. Il est scandaleux que la classe dirigeante n’ait pas tiré les conclusions de la crise précédente, et qu’aujourd’hui elle cède à nouveau au chantage de la finance. Le problème se résume au fait que les banques (privées et commerciales) possèdent de fait nos salaires, ce qui nous place face à leur pression et à leur chantage. C’est pourquoi, en concertation avec le gouvernement, la Banque nationale de Pologne a décidé d’augmenter les liquidités des banques en les libérant de l’obligation de constituer des réserves (40 milliards de zlotys).

11. Les gouvernements néolibéraux successifs (dont le PiS, parti au pouvoir à deux reprises) ont systématiquement ignoré les besoins du système de santé publique, des services sociaux et des autres services de soins aux personnes âgées et dépendantes. Suite à des années de réduction des dépenses publiques, ces secteurs clés ne sont aujourd’hui pas préparés à la bataille qui les attend. Le système de santé polonais s’effondre sous le poids de plusieurs centaines de personnes supplémentaires nécessitant une hospitalisation ! La négligence ainsi que les effets à long terme des politiques d’austérité dans le secteur public pourraient maintenant conduire à un effondrement épidémiologique et économique à grande échelle.

12. Le « bouclier » n’apporte aucun soutien aux tuteurs et à ceux qui sont en charge de garde (d’enfants, de personnes âgées et de personnes handicapées) et qui doivent aujourd’hui faire face à des difficultés d’accès aux médicaments, aux traitements et à la réadaptation.

Au lieu du « bouclier anticrise » du gouvernement, nous présentons nos revendications :

1. La fermeture temporaire des grands lieux de travail qui ne sont pas essentiels pendant l’épidémie, et qui constituent une menace pour la santé publique en raison de leur organisation du travail (entrepôts et usines qui ne fournissent ni ne produisent des produits critiques comme les fournitures médicales ou les aliments). Les travailleurs doivent recevoir l’intégralité de leur salaire pendant cette période. De leur côté, les pouvoirs publics devraient s’assurer que les employeurs ne forcent pas les travailleurs à prendre des « vacances obligatoires ».

2. Un système de prestations sociales qui garantira un revenu à tous ceux qui sont incapables de travailler. Ce système devrait également permettre un accès universel aux soins de santé, quelles que soient les circonstances. La crise actuelle devrait être mise à profit pour réorganiser l’ensemble du système de protection sociale afin que l’accès aux soins de santé devienne un droit fondamental et universel qui ne soit pas lié à la situation de travail. En outre, un système nouvellement organisé devrait garantir un revenu et le droit au logement pour tous.

3. Le contrôle des travailleurs sur le lieu de travail doit être établi et renforcé. Tout secours doit être dirigé vers les travailleurs directement.

4. Les allocations chômage doivent être augmentées et versées sur des périodes plus longues. Toutes les personnes en âge de travailler et qui n’ont pas d’emploi doivent avoir le droit de recevoir cette prestation.

5. Éliminer toutes les formes d’emploi occasionnel. Les contrats à la carte, les contrats à durée déterminée, le travail indépendant, les agences d’intérim et le travail temporaire en général transfèrent les risques liés à la crise (crise économique, environnementale ou sanitaire) sur les épaules des travailleurs. Cela ne fait que rendre l’exploitation plus intense. Cette épidémie prouve que la seule forme d’emploi acceptable devrait être un contrat de travail à durée indéterminée (précédé, au maximum, d’une période probatoire).

6. Sauvegarder le système de retraite solidaire et relever le taux minimal. L’objectif devrait être un système de pension qui permette aux personnes âgées de couvrir le coût de la vie, de sorte qu’il ne soit pas nécessaire de « travailler à côté parce que la pension est trop faible ».

7. Un gel des loyers et des remboursements des prêts bancaires. Suspendre les expulsions et assurer à tous le libre accès aux services de base (électricité, gaz, eau courante et chauffage). Fournir une aide immédiate aux dizaines de milliers de personnes qui sont confrontées à la crise des sans-abris.

8. Nationaliser les secteurs bancaire et financier, ainsi que les industries critiques en période d’épidémie comme la santé et les transports, ou les soumettre à d’autres formes restrictives de contrôle social.

9. Donner la priorité au financement du système public de soins et de santé dans le budget de l’État.

10. Mettre en place un programme de soutien financier pour le secteur des soins afin qu’il réponde aux besoins des personnes dépendantes et de leurs aidants.

Les coûts supplémentaires de ces programmes ne peuvent pas être couverts par les salaires des travailleurs. Au cours des 30 dernières années, les employeurs ont saisi plus de la moitié de la richesse générée par l’économie sous forme de profits. Aujourd’hui, lorsque l’argent est nécessaire pour les allocations de chômage ou le système de santé, nous devrions le chercher dans les poches des patrons, des millionnaires, des PDG et des banquiers. Seuls les dividendes versés aux actionnaires l’année dernière par les 13 plus grandes sociétés cotées à la bourse polonaise se sont élevés à 12,3 milliards de Zlotys (2,7 milliards d’euros). C’est dix fois plus que le financement alloué au Fonds de Garantie des Prestations aux Employés, qui garantit les salaires des travailleurs en cas de faillite de l’employeur.

http://www.laboursolidarity.org/Pologne-Arretez-de-jouer-avec-nos

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Pour des mesures d’urgence de protection des migrants.es et des réfugiés.ées contre le covid-19

Dans le cadre des efforts de prévention et de riposte efficace à cette pandémie, le gouvernement tunisien a pris des mesures courageuses pour lutter contre ce fléau en décidant le confinement dans tout le pays et en mettant en place des aides sociales d’urgence à destination des plus démunis qui subissent de manière violente les conséquences de la crise sanitaire, sociale et économique.

Les ministres de l’Intérieur, des Affaires Sociales etdes droits de l’Homme et des relations avec les instances constitutionnelles et la société civile, ont lors d’une réunion le 7 avril pris des mesures positives en faveur des étrangers résidents en Tunisie. Les dates de fin de visas et les implications financières sont suspendues, il a été décidé que des aides financières et en nature seront spécifiquement octroyées et les bailleurs ont formellement été invités à reporter les loyers des mois de mars et avril 2020. Ce sont des mesures positives que nous encourageons et qui doivent être suivies par d’autres mesures pour répondre d’une manière durable aux enjeux qui se posent.

Nous, organisations de la société civile tunisienne, continuons à exprimer notre profonde préoccupation face à l’extrême précarisation des plus vulnérables et en particulier ceux dont le statut les prive du droit à la santé : les migrants.es, les réfugiés.es et les demandeurs d’asiles présents sur le territoire tunisien.

La directrice générale d’UNICEF a déclaré le 1er avril 2020 : « La pandémie de COVID-19 pourrait dévaster les populations de réfugiés, de migrants et de personnes déplacées à l’intérieur du pays sans une action internationale urgente » (1).

Nous insistons sur la double vulnérabilité de ces populations, souvent en situation d’exclusion sociale, vivant dans des conditions de promiscuité et privées aujourd’hui de toute source de revenu, pour faire face à l’épidémie et aux conséquences du confinement. Leur situation administrative amplifie fortement les risques et confronte les individus et leur famille à des obstacles insurmontables sans une intervention courageuse du gouvernement. 

A ce jour, malgré des initiatives de différents acteurs de la société civile, il n’existe en Tunisie aucun plan national pour informer spécifiquement ces communautés et les orienter vers les permanences d’accès aux soins de santé et autres services de prévention, indispensables pour endiguer la pandémie sur l’ensemble du territoire tunisien.

Nous demandons donc au gouvernement de porter une initiative nationale afin d’instaurer un climat de confiance, rassurer ces populations et formaliser leur prise en charge, afin que leur droit à la santé, au même titre que les Tunisiennes et Tunisiens, soit garanti. Conformément aux appels internationaux des militants des droits humains, nous demandons au gouvernement d’étudier les alternatives à la détention des réfugiés et des migrants vulnérables à la maladie bloqués dans les centres d’El Ouardia et de Ben Gardanne, et ce, eu égard à un risque élevé d’être gravement malade ou de mourir en cas de contamination (2).

Nous alertons sur la lourde responsabilité que constitue l’exclusion des migrants.es, des réfugiés.es et des demandeurs d’asiles présents sur le territoire tunisien du système de santé national et des aides économiques exceptionnelles mises en place, et sur toutes éventuelles pratiques discriminatoires qui seraient une atteinte à leurs droits fondamentaux et en contradiction avec les efforts déployés pour réduire les contagions et éradiquer la pandémie dans notre pays.

Nous demandons au gouvernement d’assumer cette responsabilité historique et de réunir les conditions pour une opération exceptionnelle de régularisation de migrants présents sur le territoire tunisien. Cette responsabilité répond aux différents appels des organisations tunisiennes de droits humains et aux préoccupations exprimées depuis plusieurs années et à plusieurs reprises par les partenaires sociaux face à la précarité et à l’exploitation des travailleurs irréguliers en Tunisie. 

Les personnes réfugiées et migrantes vivent et travaillent à nos côtés et au sein de nos familles, elles ne peuvent être abandonnées. Elles sont venues en très grande majorité de l’Afrique, continent que nous partageons et avec lequel la Tunisie a fait le choix d’accroitre le développement et la coopération mutuellement bénéfique. La solidarité nationale envers les plus vulnérables ne peut faire abstraction des circonstances extrêmes auxquelles sont confrontées les populations migrantes présentes sur notre territoire. 

Nous, organisations de la société civile, faisons cet appel pour le droit à la santé pour TOUS.

 

Première Signatures :

1. L’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT)

2. Le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES)

3. L’association Citoyenneté, Développement, Cultures et migrations des deux Rives (CDCMIR)

4. La Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LTDH)

5. Avocat Sans Frontières (ASF)

6. Union des Leaders Africains – association pour le Leadership et le Développement en Afrique (ALDA)

7. Association des Etudiants et Stagiaires Africains en Tunisie (ASEAT)

8. Cellule Solidarité Africaine COVID19 Tunisie

9. Association Tunisienne des femmes démocrates (ATFD)

10. L’Union des Diplômés Chômeurs (UDC)

11. Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture (REMCC) 

12. Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)

13. Le Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie – Belgique (CVDTB)

14. Association tunisienne de défense des droits de l’enfant (ATDDE)

15. Association Bylhwem

16. Ligue des Électrices Tunisiennes (LET)

17. Association Nachaz – Dissonances 

18. NOMAD08

19. Association Tunisienne de Défense du Droit à la Santé (ATDDS)

20. Association Tunisienne pour la Justice et Légalité (DAMJ)

21. ATL MST sida Tunis

22. ATSR TATAOUINE

23. Association Amal d’Environnement Métlaoui

24. Association Développement Sans Frontières Moularès

25. Association Tunisienne de Défense des Libertés Individuelles

26. L’association Tunisienne de prévention positive (ATP+MAJDI)

27. Tunisie Pôle Mondial de la Bonne Santé et du Bien-être de Tous (TPM BEST)

28. Association Maghrébine de Sécurité Sanitaire des Aliments (AMSSA)

29. Associations Arts et Cultures des deux Rives (ACDR)

30. Association L’association Création et Créativité pour le Développement et l’Embauche (CCDE)

31. Association des Tunisiens en France (ATF)

32. Médecin du Monde Belgique

33. Free Sight Association

34. Centre de Tunis pour la Migration et l’Asile

35. Association Scientifique des études sur la Population, la Migration et la Société 

36. Association Tunisienne de Défense du Droit à la Santé

37. Association Tunisienne de Soutien des Minorités

38. Association Femmes pour la Citoyenneté et le Développement (AFPCD) Babouche Aïn Draham

39. Coalition pour les femmes de Tunisie

40. Agir pour le Changement et la Démocratie en Algérie (ACDA)

41. Not4Trade Association

42. EuroMed Droits

43. Institut du Développement Humain (IDH)

44. Association Entraide et Avenirs

45. Radio Libre Francophone (RLF)

46. Association populaire des Tunisiens de Corse et Ami-e-s(APTCA)

47. Association El Karama « la voix des victimes »

48. Centre Tunisien Méditerranéen

49. Mourakiboun

 

Députés :

1. Majdi Karbai

2. Jamila Ksiksi Dabbech

3. Zied Ghanney

4. Mohamed Ammar

5. Hichem Ajbouni

6. Amal Saidi

7. Anouar Ben Chahed

8. Lazher Chamli

9. Hatem Karoui

10. Ridha Zaghmi

11. Salem Khetata

12. Samia Hammouda Abbou

13. Sofiene Makhloufi

14. Salma Maalej

15. Farhat Rajhi

16. Lassaad Hajlaoui

17. Mohamed Bounanni

18. Mounira Ayari

19. Nabil Hajji

20. Nizar Makhloufi

21. Noemen Euch

22. Najmeddine Ben Salem

23. Mohamed Dhia Eddine Ben Amor

 

Personnalités :

Dr Raoudha Turki, Hechmi Ben Frej, Dr Hedi Achouri, Dr Fethi Mansouri, Dr Béchir Boussalmi, Sami Aouadi, Dr Mohamed Salah Ben Ammar, Hassène Kassar, Anware Mnasri, Dr Zahra Marrakchi, Youssouf Amadou, Dr Mouna Sakly, Mohamed Limem, Bedel Gnabli, Abdeljelil Bédoui, Hassen Boubakri, Dorra Mahfoudh Draoui, Romdhane Ben Amor, Tarek Ben Hiba, Moncef Guedouar, Leith Ben Becher, Pr Mouez Soussi, Seïfallah Tarchouni, Mohamed Lakhdar Ellala, Ridah Gouia, Farouk Belkedar, Mokhtar Trifi, Lassaad Jamoussi, Emna Jeblaoui, Mohamed Smida, Rima Rahmani, Mahdi Ghomed, Dhahbi Taoufik, Deur Mohsen Dkhili, Abdelhamid Jarmouni, Ahmed Guerfel, Saloua Ghrissa, Mohamed Challouf, Dekhil Hamadi, Mohamed Khenissi, Hichem Abdessamad, Rabeb Aloui, Islam Khoufi, Houcine Rhili, Sofien Jaballah, Zouhour Balhoudi, Alaa Khemiri, Wafa Baba, Hedia Belhaj Youssef, Mohamed Labidi, Adel Ben Youssef, Neïla Chaabane, Sahim Jaafar, Chiraz Ben Mrad, Belgacem Belgacem, Boughanmi Med Ridha, Adnen Yahyaoui, Mouna Trabelsi, Henda Gafsi, Mzid Monged, Dalenda Largueche, Mme Romdhane Ben Amor, Amel Karray, Hayet Nsib, Samia Ammour, Abdelkrim Rajah, Jean-Pierre Cassarino, Taoufil Chamari, Christine Dardalhon, Claudette Ferjani, Chérif Ferjani, Mustapha Ben Letaief, Hatem Kotrane, Sophie Bessis, Mohamed Jouablia, Mokhtar Metoui, Nabil Ben Salah, Dr Iheb Ghariani, Dominique Balmand, Anne Emmanuèle Hassairi, Pr Aziz El Matri, Catherine Krcmar, Imen Zahwani, Neïla Ben Hiba

+ les signatures sur directes le site du FTDES

Pour signer envoyer un mail à tarek.b.hiba@gmail.com

Ou cliquez sur ce lien 

https://ftdes.net/ar/pour-des-mesures-durgence-de-protection-des-migrants-es-et-des-refugies-ees-contre-le-covid-19/?

(1) https://www.unicef.fr/article/covid-19-les-populations-de-refugies-de-migrants-et-de-personnes-deplacees-pourraient-etre-0

(2) https://www.ohchr.org/AR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?

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Halte à la politique répressive du pouvoir algérien.

Libération inconditionnelle et sans délai de tou·te·s les détenu·e·s du Hirak

Profitant d’une situation exceptionnelle d’incertitudes et d’angoisse pour les Algériennes et des Algériens face à la catastrophe sanitaire qui frappe le pays comme le reste du monde, et de la décision responsable du Hirak de suspendre toutes les marches publiques qui se déroulaient depuis le 22 février 2019, le pouvoir autoritaire algérien, faisant preuve d’un cynisme rare, poursuit sa politique répressive envers les éléments du Hirak. 

La machine judiciaire, aux ordres de la police politique, n’hésite pas à maintenir en prison des « hirakistes » emblématiques et à en condamner d’autres. Ces derniers jours, ce fut le cas de Karim Tabbou, de Khaled Drareni, d’Ibrahim Daoudji, de Slimane Hamitouche, de Samir Belarbi, de Sofiane Merakchi et, aujourd’hui, c’est au tour de Abdelouahab Fersaoui, président de l’association RAJ et membre de la dynamique du Forum social maghrébin, d’être condamné à un an de prison ferme pour « atteinte à l’intégrité du territoire national » et « incitation à la violence », après avoir été arrêté le 10 octobre dernier – et détenu depuis –, alors qu’il manifestait pacifiquement son soutien aux détenus du Hirak.

Nous, organisations, militant·e·s, citoyen·ne·s maghrébin·e·s et internationales solidaires, et ami·e·s du peuple algérien, signataires de cet appel :

– condamnons cette détention arbitraire de notre camarade Abdelouahab Fersaoui, ainsi que toutes celles qui frappent aujourd’hui journalistes, étudiants et militants, ou simples citoyens ;

– dénonçons l’attitude irresponsable du pouvoir alors que les Algériennes et les Algériens font face à une pandémie planétaire dans des conditions sanitaires des plus précaires ;

– appelons toutes les consciences libres dans le monde, tou·te·s les ami·e·s du peuple algérien, à manifester leur solidarité sous toutes les formes jugées utiles ;

– alertons les différentes instances européennes et internationales des droits de l’Homme ;

– exigeons la libération immédiate et sans condition de tous les détenu·e·s d’opinion et politiques. 

Premières organisations signataires : 

Action Citoyenne et Ecologique Maroc

Action Jeunesse Maroc 

Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA)

Alliance des démocrates de la diaspora algérienne (ADDA)

APEL-Egalité

Asbl Na’aaoura, Belgique  

Assemblée des citoyens originaires de Turquie (ACORT)

Association ASTICUDE, Maroc

Association Beity, Tunisie 

Association Citoyenneté, Développement, Cultures et Migrations des deux Rives (CDCMIR)  

Association d’aide des migrants en situation vulnérable Maroc (AMSV)  

Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF)

Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) 

Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA)

Association marocaine des droits humains (AMDH)

Association des Marocains en France (AMF) 

Association Nachaz-Dissonances 

Association de parents et amis de disparus au Maroc (APADAM)

Association Perspectives El Amel Ettounsi

Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)

Association des Tunisiens en France (ATF)  

Association des Tunisiens du nord de la France (ATNF)

Association tunisienne de défense des libertés individuelles

Association tunisienne de défense des valeurs universitaires (ATDVU)

Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) 

Azetta amazigh Réseau Amazigh pour la Citoyenneté

CEDETIM, France 

Centre de Tunis pour la liberté de la presse

Coalition marocaine pour la justice climatique 

Collectif associatif pour l’observation des élections, Maroc

Collectif des Algérien(ne)s des Alpes-Maritimes

Collectif des Algériennes et des Algériens en Tunisie

Collectif « Debout l’Algérie » 

Collectif « Debout l’Algérie »-Angoulême

Collectif « Debout l’Algérie »-Lorraine 

Collectif 3 C, France

Comité pour le respect de libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)  

Comité de vigilance pour la démocratie en Tunisie, Belgique

Confédération générale des travailleurs algériens (CGTA) 

Confédération Générale des Travailleurs Mauritaniens (CGTM)

Coordination maghrébine des organisations de droits humains (CMODH) 

Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM)

Djazaïrouna

Droit devant, France 

Dzayer 2.0

DZ-Unite San Franscisco

E-Joussour, portail Maghreb-Machrek 

Ensemble, France 

Fédération euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées (FEMED)

Fédération nationale des Maisons des potes, France 

Fédération Nationale des Associations Amazigh FNAA

Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR)

Femmes plurielles

Forum Alternatives Maroc (FMAS)

Forum marocain Vérité et justice (FMVJ)

Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES)

Front des forces socialistes (FFS)-France Nord

Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP)

Immigration Développement Démocratie (IDD) 

Initiative franco-égyptienne pour les droits et les libertés  

Instance Marocaine des Droits Humains

Institut du Caire pour les études des des droits de l’Homme 

La Voix de la Femme Amazigh

Ligue des droits de l’Homme (LDH), France 

Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH)

Manos Solidar (Mains Solidaires)

Mouvement Ibtykar

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)

Nouveaux Echanges culturels franco-algériens (NEFCA)

Observatoire maghrébin des migrations  

Observatoire national pour la défense du caractère civil de l’Etat, Tunisie 

Observatoire marocain des libertés publiques

Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT)

Parti communiste français (PCF)

Plateforme euro-marocaine Migration Développement Citoyenneté Démocratie (EMMDCD)
Pour une Algérie nouvelle (PUNA) 

Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), Algérie  

Réseau Doustourna, Tunisie

Réseau euro-maghrébin Citoyenneté et culture (REMCC)

Réseau Euromed des ONG, Maroc

Révolution du sourire : du rejet au projet

SOS Migrants Asbl, Belgique 

SOS Racisme

Syndicat des enseignants du supérieur (SES), Algérie

Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP)  

Tharwa N’Fadhma N’Soumer

Union syndicale Solidaire, France 

Union des Tunisiens pour l’action citoyenne (UTAC)

Vigilance pour la démocratie et l’Etat civil Yakadha, Tunisie

 

Avec le soutien de :

Héla Abdeljaoued, médecin, militante des droits de l’Homme.

Adel Abderrezak, universitaire, enseignant 

Mohamed Abdallahi BELLIL Membre de la dynamique mauritanienne du Forum Social Maghrébin

Abdelhamid Abouhamid, Président d’union des initiatives de développement à Bouanane Figuig 

Hichem Abdessamad, historien

Soukeina Abdessamad, journaliste

Kacem Afaya, syndicaliste et militant de la société civile

Hafedh Affes militant des droits humains   

Samira Aggoun, avocate, Algérie

Noureddine Ahmine, avocat, Algérie

Nadia Leïla Aïssaoui, militante féministe

Faïza Aït-Kaci, informaticienne

Sanhadja Akrouf, militante féministe et associative

Hala Alabdala, cinéaste syrienne

Zineb Ali-Benali, professeur des universités émérite

Idir Alilèche, militant du PT

Mourad Allal, militant associatif

Abdeslam Amakhtari, militant associatif

Jean-Claude Amara, porte-parole de Droit Devant

Linda Amiri, historienne

Jean-Loup Amselle, anthropologue 

Pierre Audin, ethno-historien

Malika Bakhti, ingénieure d’études

Etienne Balibar, philosophe

Brigitte Bardet-Allal, professeure de lettres

Adda Bekkouche, universitaire

Ahmed Bedouhene, militant des droits humains

Farouk Belkeddar, militant associatif

Ahlem Belhaj, féministe et syndicaliste

Fathi Bel Haj Yahia, écrivain

Souhayr Belhassen, présidente d’honneur de la FIDH 

Jean Bellenger, militant syndicaliste (CGT) et politique (PCF) 

Raymond Benaïm, Cedetim

Lotfi Benaïssa, militant politique, conseiller municipale de la Ville de Tunis 

Abdel Ileh Benabdessalem, coordinateur des Instanaces des droits de l’homme au Maroc

Samia Benarab, chirurgien dentiste

Malika Benarab Attou, militante associative, ex-eurodéputée 

Abdessalem Benbrahim, militant associatif et des droits de l’Homme, membre du FSMagh 

Madjid Benchikh, professeur émérite de la Faculté de droit d’Alger

Lyes Bendiaf, avocat au barreau d’Alger, Belgique

Hechmi Ben Frej, militant des droits humains

Saïda Ben Guerrache, avocate, Tunisie

Tarek Ben Hiba, militant associatif, ancien conseiller régional IDF

Zaïneb Ben Lagha, universitaire, Paris

Ali Bensaad, géographe

Mohammed Bensaïd, militant des droits humains 

Mohamed Ben yacoub  Association Mains Solidaires (Manos Solidar) Maroc 

Sophie Bessis, historienne

Boussaâd Bouaïch, documentaliste multimedia

Saïd Bouamama, sociologue

Hajer Bouden, traductrice 

Ahmed Bedouhène, militant des droits de l’Homme

Mohammed Bougherfa, étudiant, militant, Algérie

Larbi Bouguerra, Beït al-Hikma, Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts

Ahmed Bouider, militant de RAJ

Alima Boumédiène-Théry, avocate

Ali Brahimi, juriste, militant démocrate

Thierry Bresillon, journaliste 

Jean Paul Brukert, militant politique 

Nadia Chaabane, ancienne députée, Tunisie

Khemaïes Chammari, ancien ambassadeur, militant des droits humains 

Mounir Charfi, journaliste

Kacem Chebab, syndicaliste (CDT), militant des droits humains

Hédi Chenchabi, militant associatif

Mouhieddine Cherbib, militant associatif, France

Khadija Chérif, militante féministe 

Alya Chérif Chammari, avocate à la Cour de cassation

Larbi Chouikha, universitaire, militant des droits humains

Ahmed Dahmani, universitaire

Jocelyne Dakhlia, historienne EHESS

Mohammed Dekkiche, citoyen algérien

Yahhia Djafri, enseignant, Algérie

Djafer Djenoun, militant du FFS

Bernard Dréano, président du Cédetim 

Mohsen Dridi, militant associatif

Bernard Dumont, militant des droits humains  

Latifa Elbouhsini, militante féministe – Maroc

Driss Elkherchi, ancien président de l’ATMF

Mohammed-Lakhdhar Ellala, président de l’ATF

Rachid Elmanouzi, militant des droits humains, Maroc

Khélili Ezzaouia, président du parti Ettakattola

Zeyneb Farhat, activiste culturelle

Claudette Ferjani, retraitée

Mohammed-Chérif Ferjani, universitaire 

Yahia Fersaoui, citoyen algérien

Mohamed Saleh Fliss, militant des droits humains

Yossra Frawes, présidente de l’ATFD 

Ayoub Ghadamsi, avocat, Tunisie

Naïla Gharbi, chercheuse

Fathi Hadjali, militant des droits humains, Belgique

Bachir Hadji, artiste sculpteur

Saddek Hadjou, premier secrétaire de la section FFS-France Nord

Tewfik Hakim, journaliste

Maher Hanin, enseignant, militant associatif

Mohammed Harbi, historien

Bahey Eddine Hassan, directeur du Centre du Caire des droits de l’Homme 

Abderrahman Hédhili, président du FTDES 

Ghazi Hidouci, ancien ministre algérien de l’économie  

Hedi Houaichia, militant des doits humains 

Kaci Imaten, citoyen algérien

Kamel Jendoubi, militant des droits humains

Mohamed Kacimi, écrivain

Aïssa Kadri, sociologue 

Chérifa Kheddar, présidente de Djazaïrouna

Islam Kheniche, étudiant algérien

Mohammed Khenissi, ancien prisonnier politique, directeur de « Nachaz »

Samira Kinani, militante des droits humains, Maroc

Abdellatif Laabi, poète 

Kamel Lahbib, militant des Droits de l’Homme 

Annie Lahmer, conseillère régionale IDF

Michèle Leclerc-Olive, sociologue EHESS

Olivier Le Cour Grandmaison, historien 

Gilles Lemaire, militant écologiste 

Jean-Paul Le Marek, militant associatif 

Edith Lomel Jendoubi, militante des droits humains

Patrice Loraux, philosophe

Rachid Maalaoui, syndicaliste, porte-Parole du SNAPAP

Larbi Maaninou, militant des droits humains

Gérard Maarek, urbaniste

Ziad Majed, enseignant universitaire

Tine Hinane Makaci, Tharwa N’Fadhma N’Soumer

Gilles Manceron, historien

Marc Mangenot, économiste, militant associatif

Gustavo Massiah, président d’honneur du CRID 

Roland Mérieux, équipe animation d’Ensemble

Henri Mermé, commission internationale d’Ensemble 

Umit Metin, président de ACORT 

Anware Mnasri, juriste -Tunisie

Rosa Moussaoui, journaliste reporter à « l’Humanité »

Bachir Moutik, militant associatif

Jamel Msallem, président de la LTDH

Kamel Nemmiche, membre du bureau de RAJ

Mamadou Niang, syndicaliste CGTM

Brahim Ouchelh, militant des droits humains, Maroc

Salah Oudahar, directeur du Festival Strasbourg-Méditerranée 

Méziane Ourad, journaliste 

Mark-Shade Poulsen, militant des droits humains 

Lilia Rebai, directrice d’Euromed droit

Kahina Redjala, militante associative

Rahim Rezigat, militant associatif

Messaoud Romdhani, militant des droits de l’Homme, Tunisie

Khadija Ryadi, lauréate 2013 du prix des Droits de l’homme de l’ONU 

Rami Salhi, militant des droits humains, Euromed-droit Tunisie

Saïd Salhi, vice-président de la LADDH

Lydia Samarbakhsh, responsable à l’International (PCF)

Noureddine Senoussi, militant associatif 

Brahim Snoussi, écrivain

Hassen Slama, universitaire, Italie

Dominique Sopo, président SOS Racisme 

Philippe Sultan, Fondation Copernic

Taoufiq Tahani, universitaire

Samir Taïeb, responsable politique, Tunisie 

Khaoula Talb-Ibrahimi, linguiste, universitaire

Ramdane Youcef Tazbit, cadre politique du Parti des travailleurs (PT)

Nadia Tazi, philosophe

Emmanuel Terray, anthropologue

Samuel Thomas, président de la Maison des Potes-Maison de l’Egalité

Leila Toubel, femme de théâtre, militante 

Tarek Toukabri, président de ADTF 

Bassem Trifi, militant des droits de l’Homme

Mokhtar Trifi, président d’honneur de la LTDH

Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH 

Françoise Valensi, médecin retraitée

Marie-Christine Vergiat, militante des droits humains et ancienne députée européenne  

Pedro Viana, poète, homme de théâtre

Mohammed Idir Yacoub, architecte, militant politique (FFS)

Hèla Yousfi, maître de conférence, Université Paris-Dauphine

Abdallah Zaâza, activiste, militant associatif de quartier, Maroc 

Claude Zatan, militant associatif 

Omar Zidi, militant écologiste

Abdallah Zniber, militant associatif, France 

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Non à l’utilisation de la pandémie de Coronavirus, pour plus de dette et d’austérité

Pour la suspension du paiement de la dette publique et l’allocation de des ressources à la santé publique

Le gouvernement des riches du Maroc s’emploie à accélérer l’adoption d’un projet de loi autorisant le ministre des Finances à dépasser le plafond d’emprunt extérieur qui était précédemment fixé par la loi de finances pour 2020 à 31 milliards de dirhams. Ce projet autorise également le ministère à prendre des mesures d’austérité pour absorber les effets négatifs de la pandémie de Coronavirus.

Dans un communiqué conjoint, le ministère des finances et Bank Al-Maghrib (banque centrale) annoncent, le 08 avril 2020, la décision d’utiliser l’accord sur la ligne de précaution et de liquidité signé avec le Fonds monétaire international pour retirer 3 milliards de dollars (environ 30,8 milliards de dirhams), pour contrer les effets de la récession économique mondiale exacerbée par la pandémie de Coronavirus, qui devrait être plus profonde que la récession de 2009. La Banque mondiale avait précédemment annoncé, au début de ce mois, qu’elle avait accordé au Maroc un prêt de 275 millions de dollars (2,82 milliards de dirhams) pour le même but.

Ainsi, les gouvernants au Maroc décident à nouveau de recourir à la solution de la dette et faire dépendre notre avenir et l’avenir des générations futures des intérêts des institutions financières internationales qui ont une grande responsabilité dans la destruction de nos services publics, en particulier le service de la santé, à travers les conditions qui accompagnent leurs prêts. En plus de la réduction des budgets des secteurs sociaux, ces institutions internationales, avec la complicité des classes dominantes locales, ont imposé un retrait progressif de l’État de ces secteurs, et imposé leur privatisation au profit des entreprises étrangères et locales à travers ce qu’on appelle gestion déléguée et partenariat public-privé.

Ils recourent à cette solution qui aggrave l’endettement de notre pays à un moment où de nombreuses voix s’élèvent dans le monde demandant la suspension du paiement de la dette publique comme moyen pour fournir la liquidité immédiate nécessaire pour gérer l’état d’urgence liée au coronavirus. Les ministres africains des finances ont appelé à une exonération des paiements d’intérêts sur la dette publique et les obligations souveraines pour l’année 2020. Le président du Sénégal a également appelé à l’annulation de la dette publique du continent africain. Au niveau latino-américain, dix anciens chefs d’État ont lancé un appel identique. En Équateur, l’Assemblée nationale a adopté une résolution appelant le gouvernement du pays à suspendre le paiement de la dette extérieure et à utiliser cet argent pour lutter contre la pandémie du virus Corona. À cela s’ajoutent les appels de centaines d’organisations et de réseaux internationaux qui demandent l’annulation de la dette publique, la promulgation de politiques publiques qui répondent aux besoins de la population, l’augmentation des budgets de santé et le maintien de la protection sociale, etc (1).

Ces politiques imposées par les dirigeants du Maroc il y a des décennies, en particulier la politique d’emprunt, sont responsables de l’approfondissement de notre dépendance économique, sapant notre souveraineté alimentaire (aujourd’hui, nous importons environ la moitié de nos besoins en blé !) et du maintien de toutes les formes de colonialisme et de la domination étrangère sur notre pays.

Ils persistent à imposer des politiques économiques dont l’histoire a prouvé les effets catastrophiques pour le peuple marocain, ce qui dément leurs prétentions à rechercher une alternative de développement. Cela est principalement dû au fait qu’ils bénéficient directement de ces politiques.

Nous, à ATTAC CADTM Maroc, nous confirmons notre opposition à ces orientations économiques, qui ont eu des conséquences désastreuses sur les plans social et environnemental, et sur la vie quotidienne de la grande majorité de notre population. Le budget moyen alloué à la santé dans les lois de finances au cours des six dernières années n’a pas dépassé 14 milliards de dirhams par an, alors que le total des dépenses de la dette publique (service de la dette) a atteint plus de 140 milliards de dirhams par an, soit plus de 10 fois le budget de la santé.

Par conséquent, nous demandons à l’État, compte tenu des circonstances exceptionnelles imposées par la pandémie de Coronavirus, d’annoncer la suspension du paiement de la dette publique, constituée pour les deux tiers de la dette intérieure, et d’allouer directement ces ressources financières :

  • aux secteurs sociaux, en particulier la santé publique, en fournissant des infrastructures, du matériel et des médicaments, ainsi que des incitations matérielles et morales aux salarié.e.s du secteur et en leur fournissant les moyens appropriés de protection et d’emploi.

  • Verser des compensations exceptionnelles et urgentes aux travailleurs-euses qui ont perdu leur emploi et à toutes les familles marocaines, en particulier les pauvres, pour couvrir les dépenses de leurs besoins de base pendant toute la période du confinement. En l’absence de cette aide, la décision de généraliser le confinement reste injuste pour de larges couches de notre population.

  • Mettre immédiatement à la disposition du secteur public les cliniques privées, avec leurs dispositifs médicaux, leurs bâtiments et leur personnel, pour en faire des centres d’accueil et d’examen des patients.

  • Mettre les hôtels et les logements vides à disposition afin de réaliser les opérations d’isolement médical.

  • Suspendre immédiatement tout remboursement de tous les prêts bancaires des ménages marocains (prêts au logement et à la consommation) ainsi que les microcrédits avec exonération de touts intérêts.

Nous demandons également :

L’adoption d’un impôt progressif sur la richesse, qui fournirait des revenus stables au trésor public.

Mettre le secteur bancaire à la disposition du secteur public pour éviter la spéculation, la fuite des capitaux, et adopter une politique de prêt public sans intérêt.

Enfin, ATTAC CADTM Maroc lance un appel à toutes les organisations de lutte pour se mobiliser contre les tentatives de l’État à exploiter la pandémie de Coronavirus pour généraliser la répression, approfondir les orientations libérales au niveau économique, et faire assumer les coûts de la crise aux pauvres.

Le Secrétariat National

Rabat, le 09 avril 2020

http://cadtm.org/Non-a-l-utilisation-de-la-pandemie-de-Coronavirus-pour-plus-de-dette-et-d

(1) https://jubileedebt.org.uk/wp-content/uploads/2020/04/International-statement_Arabic_04.20-1.pdf Le CADTM international a accepté de signer cet appel, mais avec une réserve : https://cadtm.org/Un-jubile-de-la-dette-pour-lutter-contre-la-crise-sanitaire-et-economique-du

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Asie : les travailleurs en lutte

Les travailleurs d’Asie du Sud et du Sud-Est sont confrontés à des défis liés au coronavirus et aux réponses de leurs gouvernements à la crise, comme la perte d’emplois, le vol des salaires et le manque de contrôle sur quand et comment ils travaillent en période de distanciation sociale. Voici un tour d’horizon.

Des dizaines de milliers de travailleurs des plantations de thé dans les districts de Syllhet et Habiganj, dans le nord-est du Bangladesh, ont unilatéralement déclaré un jour férié fin mars par peur d’attraper COVID-19. Les travailleurs du thé, dont la plupart gagnent moins de 1 $ par jour, sont invités par la direction à poursuivre leur travail physiquement exténuant malgré le risque d’exposition. Le reste du pays est en fête nationale de dix jours déclarée par le gouvernement. « Les travailleurs du thé gagnent trop peu et vivent dans des maisons insalubres et surpeuplées. Si le virus infecte les travailleurs du thé, ce sera désastreux pour la communauté », a déclaré Pankaj Kanda, vice-président d’un syndicat des travailleurs du thé.

Toujours au Bangladesh, un million de travailleurs de l’habillement ont été licenciés ou licenciés parce que des marques nord-américaines et européennes ont invoqué des clauses dans leurs contrats pour annuler des commandes et refusent d’en passer de nouvelles. L’industrie du vêtement est le principal moteur de l’économie et des millions de personnes dépendent des salaires des travailleurs de l’habillement. En moyenne, les travailleuses du vêtement bangladaises, principalement des femmes, gagnent moins de 100  dollars par mois. Les travailleurs qui sont encore employés travaillent dans la crainte de contracter COVID-19 dans des conditions de travail et de transport qui ne permettent pas la distanciation sociale. Certains organes de presse ont signalé que le Bangladesh pourrait voir jusqu’à deux millions de personnes mourir de la maladie en cas d’épidémie majeure.

Les perturbations dans l’industrie mondiale du vêtement et la volonté de la direction de répercuter les coûts sur les travailleurs sont également évidentes dans le secteur de l’habillement au Cambodge , où près de 1 000 travailleurs ont déclenché une grève illimitée à l’extérieur d’une usine de Phnom Penh. Les travailleurs protestaient contre le non-paiement des salaires par la direction, ce que la direction dit qu’elle ne peut pas faire parce que l’argent n’est pas entré. Au 1er avril, au moins 91 usines de confection ont été fermées, le gouvernement s’engageant à payer les salaires des 61 500 travailleurs touchés. .

Au Myanmar, 500 000 travailleurs de l’habillement ont déjà été licenciés et les usines devraient être fermées temporairement dans tout le pays. Les travailleurs des usines du Myanmar sont confrontés à une double menace dans des conditions de travail dangereuses et à des difficultés financières imminentes une fois les lieux de travail fermés. Ces travailleurs du vêtement qui travaillent encore sont confrontés à des conditions très dangereuses, avec un EPI inadéquat et sans distanciation sociale. Les demandes antérieures des syndicats du vêtement de fermer les usines pour des raisons de sécurité n’ont pas entraîné d’action immédiate de la part des propriétaires d’usine et du gouvernement. Plusieurs propriétaires ont également saisi l’occasion pour attaquer les syndicats des travailleurs de l’habillement, licenciant tous les travailleurs syndiqués tout en conservant les syndicats non syndiqués. De nombreux syndicats craignent que les propriétaires tentent de rejeter davantage de syndicats lors de la réouverture future des usines. – Andrew Tillett-Saks

En Inde, le gouvernement de droite a laissé des centaines de milliers de travailleurs migrants bloqués sans travail ni transport dans leurs villages et villes d’origine. Les médecins et les infirmières qui traitent les patients atteints de COVID-19 sont devenus la cible de châtiments sociaux comme le crachement et les expulsions. Comme dans d’autres pays, les lignes de fracture préexistantes de la société ont été mises à nu par la pandémie et la réponse du gouvernement. Les Dalit (anciennement connus sous le nom d’« intouchables ») à Mumbai sont invités à nettoyer les poubelles des maisons où vivent les patients atteints de coronavirus. Ils ont reçu de l’EPI, mais disent qu’ils n’ont pas été formés sur la façon d’utiliser correctement l’équipement et qu’on leur a dit de réutiliser des combinaisons, des masques et des gants jetables. Lorsque les travailleurs ont demandé au gouvernement de la ville pourquoi ils devaient réutiliser l’équipement, on leur a dit que de nouvelles combinaisons,

Le verrouillage partiel de Bangkok et l’ordre du ministère thaïlandais de l’Intérieur de fermer 18 postes frontières le 23 mars ont déclenché un exode massif de travailleurs migrants du Myanmar, du Cambodge et du Laos, avec des estimations variant entre 60 000 et 200 000 personnes ayant quitté le pays. Peu étaient capables de pratiquer la distance sociale dans les gares routières bondées et les zones frontalières, ce qui faisait craindre une infection. Les ambassades du Myanmar et du Cambodge en Thaïlande exhortent les travailleurs migrants à ne pas rentrer chez eux afin d’éviter de propager le virus. Le gouvernement thaïlandais a déclaré l’état d’urgence en vigueur du 26 mars au 30 avril et la plupart des types d’entreprises ont été fermés, à l’exception des banques, des hôtels, des établissements de santé, des usines et des services postaux. – Kim Rogovin, Forum international des droits des travailleurs

Aux Philippines, le gouvernement a déclaré un verrouillage le 17 mars, interrompant les transports publics et fermant la plupart des industries, à l’exception de celles jugées essentielles. Mais l’industrie des centres d’appels du pays – la plus importante au monde – a été autorisée à rester ouverte. Le réseau des employés de l’industrie BPO (BIEN) a rapporté fin mars que de nombreux travailleurs des centres d’appels étaient contraints de venir travailler, continuant à partager des casques et incapables de pratiquer la distanciation sociale. Plus de la moitié ont déclaré qu’ils n’avaient pas la possibilité de travailler à domicile. Une pétition de l’organisation pour suspendre le travail sur place et mettre en place des arrangements de travail à domicile, garantir les revenus des travailleurs et fournir des tests de masse gratuits a atteint près de 10 000 signatures. Le Financial Times a rapporté la semaine dernière que les employés de l’entrepreneur Teleperformance qui traitent les appels concernant les caméras de sécurité Ring d’Amazon dorment sur les sols des bureaux et les tapis roulants dans des conditions exiguës, face au choix de le faire ou de renoncer à leurs revenus. Aux Philippines également, environ 17 000 personnes parmi les citadins pauvres ont été arrêtées alors qu’elles violaient le verrouillage pour trouver de la nourriture.

Saurav Sarkar, Labour Notes, 9 avril 2020

http://alter.quebec/asie-les-travailleurs-en-lutte-l/

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Coronavirus : les ouvriers du textile au Bangladesh manifestent pour exiger le paiement de leurs salaires

https://www.francetvinfo.fr/monde/bangladesh/coronavirus-les-ouvriers-du-textile-au-bangladesh-manifestent-pour-exiger-le-paiement-de-leurs-salaires_3913461.html

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Haïti : Le confinement, prétexte de répression

Dès la confirmation de personnes infectées au covid-19 en Haïti, le gouvernement de Jovenel Moise déclare, dans un excès de zèle, le couvre-feu, la fermeture des écoles, des ateliers de textile, etc. Comme si d’un coup, le président Moise se rend compte de la dangerosité d’une maladie contagieuse, alors que depuis les temps immémoriaux le pays patauge dans toutes sortes d’épidémies : malaria, paludisme, typhoïde, tuberculose, choléra. Sans parler, bien entendu, de la malnutrition qui déshumanise et rend méconnaissable des milliers d’enfants. Si dans ce contexte d’urgence sanitaire, il est nécessaire d’adopter des mesures de protection collective, dans le cas d’Haïti, la bourgeoisie et le pouvoir qui n’ont jamais considéré le peuple digne de respect, encore moins de santé, utilisent le confinement comme prétexte de répression.

D’ailleurs, dans notre histoire, particulièrement durant ces dix dernières années, chaque événement tragique (tremblement de terre, cyclones, épidémie de choléra etc.) n’est-il pas prétexte de s’enrichir, de renforcer son pouvoir, d’élargir ses réseaux d’influence, de consolider ses acquis ? C’est une pratique sociale et politique connue, marquante et nul ne devrait s’étonner de voir le sieur Moise s’y adonner. Et nul ne s’étonne, car l’objectif, malgré les apparences bouffonnes d’une présidence conçue sur mesure, reste fondamentalement le même : masquer l’instauration d’une autocratie sanguinaire, complètement sous l’obédience de l’impérialisme et à la solde d’une bourgeoisie mafieuse.

Aussi n’est-il pas étonnant de voir notre « président » prendre des mesures les plus radicales pour enrayer l’épidémie : couvre-feu, ordre de porter des masques, de se laver les mains, de fermer les industries de la sous-traitance, etc. Comme si, dans une apparente psychose, le président ne réalise pas que le peuple n’a aucun moyen de survie sans sortir, que sa nourriture quotidienne dépend de son travail dans ces ateliers de misère, de petits boulots qu’il fait par-ci par-là. Contre l’épidémie, le président veut protéger la vie en s’attaquant directement aux conditions de vie déjà précaires des travailleur.ses sans la moindre compensation. Suprême paradoxe !

Dans le cas des ateliers de la sous-traitance, aucune disposition n’est prise pour assurer le paiement des ouvrier.es pendant la période de confinement alors que plusieurs dizaines d’ouvrier.es surexploité.es sont obligés de rester chez eux sans avoir le moyen de répondre quotidiennement à leurs besoins de subsistance. Et là encore, comment peut-on s’étonner lorsqu’on sait que l’impérialisme, la bourgeoisie et l’État subalterne ont toujours été contre toute augmentation de salaires des ouvriers, contre toutes améliorations des conditions de travail, bref contre toute possibilité de créer une vie descente à la vaste majorité de la population.

Les enseignant.es et autres membres du personnel administratif des écoles privées qui représentent plus de 82% du système éducatif sont dans la même situation. Aucune mesure n’a été prise même sur papier pour assurer leur salaire. Moise, en simple bouffon, imite les paroles et gestes de ses tuteurs : il se contente de reproduire aveuglement les mesures de confinement adoptées dans les pays occidentaux.

Le secteur informel qui représente plus de 70% des activités économiques du pays, particulièrement frappé par la crise, est également interdit de fonctionnement. Complètement déconnecté de la réalité de vie de la population, le gouvernement interdit tout rassemblement alors que la survie de plusieurs millions de personnes dépend des activités économiques dans les marchés publics. Il n’envisage aucun accompagnement social pour assurer la subsistance de ces millions de gens. Parallèlement, avec la complicité de l’État, les grands commerçants profitent de la crise pour augmenter à plus 400% le prix des produits alimentaires et des médicaments. 

La crise liée à la propagation du virus ne change donc rien dans la politique traditionnelle de l’État haïtien à l’égard du peuple ni de l’attitude de la bourgeoisie vis-à-vis des travailleurs. Au contraire, elle met à nu leur férocité. 

Faut-il rappeler que c’est ce même État qui a perpétré plus d’une dizaine de massacres dans les quartiers populaires, y a incendié des centaines de maisons, poussant des milliers de familles dans les rues ou à vivre dans des taudis ? Et maintenant avec un cynisme doublé d’un certain sadisme, Moise demande au peuple de se confiner chez lui. Comment des gens dormant à la belle étoile peuvent-ils se confiner chez eux ? Et pour ceux qui vivent dans des masures insalubres, peut-on véritablement leur demander de se confiner avec le ventre vide ?

Les problèmes sociaux de la population haïtienne n’ont jamais été le souci de cet État capitaliste subalterne. Et aujourd’hui, allié à la bourgeoisie compradore, cet État capitaliste subalterne constitue une plus grande menace que celle de l’épidémie en Haïti : sa politique de paupérisation systématique des classes opprimées, l’exploitation à outrance, la malnutrition et le chômage massif qui en résultent ne permet de concrétiser aucune mesure au niveau national pour lutter contre le coronavirus. Aujourd’hui, il est difficile de prévoir le nombre de victimes que causerait le virus, mais il est évident que nous ferrions face à un véritable carnage s’il pénètre dans les quartiers populaires. Et cette hécatombe serait le résultat d’un système social mortifère, qui entretient et reproduit la mort. Dans cette situation, même les soi-disant mesures pour lutter contre la propagation de la maladie ne sont en réalité qu’une autre façon d’oppresser le peuple. Il en serait ainsi aussi longtemps que ce système d’oppression existera. 

C’est pourquoi, tout en prenant les précautions avec les moyens disponibles, nous encourageons les classes opprimées et exploitées à poursuivre la lutte pour la transformation sociale en Haïti. La nécessité de construire un État, sous le leadership des travailleur.ses, demeure la seule voie de salut pour améliorer les conditions de vie, doter le pays d’infrastructures sanitaires, éradiquer la corruption, etc. Avec la solidarité des peuples exploités de la région des caraïbes et de l’Amérique latine, cette lutte acharnée permettra à cette génération de travailleurs surexploités, des masses de jeunes exclus des centres urbains et des paysan.nes sans terre d’achever l’œuvre de 1804 et de continuer à soutenir les luttes émancipatrices partout ailleurs.

Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’occupation d’Haïti (Rehmonco)

https://www.pressegauche.org/Haiti-Le-confinement-pretexte-de-repression

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Rappel :

Marcos Costa Lima : Quand la nature répond

Barbara Godoy :Chili. Le virus est aussi le modèle privatisé

Euskal Herria : Movilizaciones en los centros de trabajo en defensa de la salud, el empleo y las condiciones laborales

Afrique du Sud : la crise imminente

Des associations tunisiennes appellent à la libération des prisonniers d’opinion arabes et mettent en garde contre le danger de la transformation des prisons arabes en foyers de propagation du coronavirus

Moira Welsh : ALERTE : L’Ontario suspend les règles protégeant les résidentes vulnérables des établissements de soins de longue durée

Yorgos Mitralias : États-Unis : La pandémie accélère la crise et dessine les contours de l’affrontement de classe qui se prépare

Broederlijk Delen : Gaza : un peuple enfermé depuis 14 ans

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/04/02/covid-19-bresil-chili-euskal-herria-afrique-du-sud-palestine-antilles-monde-arabe-chine-argentine-italie-ontario-usa/ 

Coronavirus : le colonialisme aussi aggrave la situation

Covid-19 : Un soutien urgent est nécessaire pour les agriculteurs, les paysans, les travailleurs ruraux pauvres, les migrants et les travailleurs urbains au Pakistan

Quand Alger profite du Coronavirus pour régler ses comptes avec le journalisme indépendant

Le Brésil : Sauver des vies et défendre la classe ouvrière

De « la guerre contre le virus » à la guerre aux exilé·e·s : les réponses sécuritaires au Covid-19 exacerbent les violences aux frontières 

Amérique latine et Caraïbe : Appel des peuples indigènes, des afro-descendants et des organisations populaires d’Amérique latine : 

Dr Nihaya Daoud : Le refus d’Israël de tester sa population arabe pour le Covid-19. L’apartheid sanitaire

Déclaration du groupe Vikalp Sangam Core sur la nécessité d’alternatives créatives et à long terme suite au Covid-19 :

Vicky Skoumbi : Chronique d’un désastre annoncé : l’enfermement criminel des réfugiés en Grèce

Évacuez immédiatement les centres des réception dans les îles – louez des logements touristiques vides et des maisons pour les réfugiés et les migrants !

Chine : Lettre de Wuhan

Contribution de la première ligne de santé à la continuité des services et à la lutte contre l’épidémie de Covid-19 (Tunisie)

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/04/07/civid-19-pays-colonises-pakistan-algerie-bresil-guerre-aux-exile·e·s-amerique-du-sud-et-caraibes-israel-et-lapartheid-sanitaire-inde-camps-de-refugie·es-gr/ 

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Une réponse à “Pandémie Covid-19 : Palestine, Pologne, Tunisie, Algérie, Maroc, Asie, Haïti

  1. Info-Lettre Spéciale Covid-19 : Face à l’irresponsabilité du président brésilien, les initiatives populaires prennent le relais

    Depuis cinq semaines, la France comme le Brésil voient comment la pandémie de Covid-19, et les réponses des pouvoirs publics, exacerbent les inégalités et augmentent la vulnérabilité d’une grande partie de la population. Au Brésil, cependant, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro multiplie les appels à la reprise des activités alors que la quasi-totalité des gouverneurs des différents États maintiennent les mesures de confinement et d’isolement. Lorsqu’elle est appliquée, la quarantaine est cependant source d’inquiétudes comme le montre l’augmentation significative des cas de violences domestiques. Même certaines victoires, comme les aides économiques aux plus démunis, tardent à arriver tandis que le président brésilien ne signe pas les projets approuvés par le Parlement pour protéger la population. À l’inverse, son stylo reste une arme de destruction quand il cherche à approuver des lois favorisant la déforestation et l’orpaillage.

    L’heure est désormais à l’organisation et à l’information. C’est le pari des initiatives populaires qui mettent en place différents outils pour affronter solidairement la pandémie et ses impacts sur une société brésilienne fragilisée par le démantèlement de politiques publiques et sociales. L’absence de moyens est encore plus frappante dans les périphéries des centres urbains, les territoires autochtones et quilombolas. Les communautés sont activement mobilisées. Elles se préparent et s’entraident à travers un large panel d’appels à soutiens rivalisant d’originalité et des manifestes contre l’absence d’actions du gouvernement

    https://www.autresbresils.net/Info-Lettre-Speciale-Covid-19-Face-a-l-irresponsabilite-du-president-bresilien

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