Civid-19 : Pays colonisés, Pakistan, Algérie, Brésil, guerre aux exilé·e·s, Amérique du Sud et caraïbes, Israël et l’apartheid sanitaire, Inde, camps de réfugié·es (Grèce), Chine, Tunisie, Afrique du Nord

Coronavirus : le colonialisme aussi aggrave la situation

L’existence du virus n’est pas de la responsabilité du capitalisme ; sa propagation à l’échelle planétaire et l’incurie de nombre de mesures gouvernementales, en revanche, oui. Et, de même que la situation de crise a des conséquences plus dramatiques pour les femmes à cause du patriarcat ou pour les personnes migrantes à cause de la xénophobie, le colonialisme aggrave aussi les choses.

Les populations des pays encore colonisés subissent une peine supplémentaire. Dans ces régions du monde, toute l’économie est tournée vers les besoins des pays colonisateurs. Cela a des conséquences dramatiques dans la crise que nous connaissons : infrastructure, habitat, centres de soins, alimentation, structures sociales, etc., tout est largement en-dessous des besoins ! Se laver les mains souvent est difficile quand il n’y a pas de point d’eau. Une grande partie de la population de ces pays vit « ordinairement » dans des conditions effroyables ; l’état sanitaire de beaucoup accentuera les conséquences dramatiques de la pandémie.

Les gouvernements, les patrons et les riches des pays colonisateurs méprisent la population locale. Cela se traduit aussi en ces temps de crise sanitaire mondiale : le matériel de protection y est insuffisant (ou composé de matériel hors d’état), les consignes coloniales ne tiennent aucun compte des réalités locales. Alors que la population y est, globalement, en moins bonne santé, c’est là que sont affectés moins de moyens…

Et pourquoi faire appel à l’armée, à l’exemple de la France qui envoie deux navires porte-hélicoptères, un vers La Réunion, l’autre vers la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane ? Deux navires militaires mais non médicalisés…

Avec la pandémie, la situation est encore plus dramatique pour les populations où la situation est déjà insupportable en temps « normal », à l’exemple des territoires occupés comme la Palestine et de toutes les zones de guerre.

Le syndicalisme prône l’autodétermination des peuples, l’égalité sociale, l’antiracisme. Les systèmes coloniaux, sous quelques formes et noms que ce soit, sont à l’inverse de cela. C’est pourquoi, les organisations syndicales membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes réaffirment leur volonté de lutter contre le colonialisme, leur solidarité avec les peuples de ces pays, leur exigence de liberté pour ceux-ci et, dans l’immédiat, la mise à disposition de tous les moyens de protection nécessaires (masques, produits hydro-alcoolique, tests de dépistage, etc.) et des mesures d’urgence spécifiques liées à l’état sanitaire local.

http://www.laboursolidarity.org/Coronavirus-le-colonialisme-aussi

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Covid-19 : Un soutien urgent est nécessaire pour les agriculteurs, les paysans, les travailleurs ruraux pauvres, les migrants et les travailleurs urbains au Pakistan

Nous, les membres du Comité Kissan Rabita / Fondation Crofter du Pakistan, exprimons nos préoccupations concernant l’impact de la pandémie de COVID-19 sur nos systèmes alimentaires.

Représentant les petits agriculteurs, les femmes et les jeunes des zones rurales, les peuples autochtones, les travailleurs migrants et agricoles, nous pensons que le système alimentaire agro-industriel actuel et les économies néolibérales d’Asie du Sud sont mal équipés pour faire face à une telle crise.

Le Pakistan a une population très dense et le gouvernement n’a jamais été capable de procurer de logements adéquats à nos populations les plus vulnérables, cela signifie que ne pas agir maintenant entraînera des conséquences catastrophiques. Vivant dans des conditions de surpeuplement, souvent sans accès à l’eau courante, nos citoyens les plus pauvres ne pourront pas s’isoler, pratiquer la distanciation sociale et se laver fréquemment les mains.

De plus, les travailleurs pauvres ne pourront pas se nourrir pendant la fermeture d’usines et d’entreprises au Pakistan. Les cas augmentent quotidiennement dans tout le pays, au 30 mars 2020, 1625 cas et 18 décès officiellement déclarés dans tout le pays.

Les gouvernements de nombreux pays ont annoncé des mesures économiques et d’aides avant de procéder au confinement, mais le Pakistan reste derrière les autres pays pour annoncer tout plan important pour les petits agriculteurs, les travailleurs migrants, les propriétaires de petites entreprises, les travailleurs contractuels et journaliers. Les travailleurs vulnérables vivant dans des conditions économiques précaires qui ont déjà du mal à trouver un travail quotidien, ne sont pas seulement préoccupés par leur santé, ils essayent de trouver comment mettre le prochain repas sur la table pour eux-mêmes et leurs familles.

La structure de santé publique au Pakistan est déjà très vulnérable. Au fil des ans le gouvernement a considérablement réduit les dépenses de santé publique pour permettre la privatisation de ces services. La maladie se propage de villes en villages, ce qui signifie que les personnes à risque comprennent les travailleurs agricoles, les petits agriculteurs marginaux, les retraités, les veuves, les personnes handicapées, les habitants des bidonvilles, les éboueurs, les sans-abri et les autres communautés vulnérables. En plein confinement, les cas de violence domestique et de violence à l’égard des femmes ont également augmenté.

Le gouvernement devrait se concentrer sur les communautés vulnérables, mais il a de nouveau préférer annoncer davantage de mesures d’allègements pour les industries et les banques, sans même assurer un salaire minimum aux travailleurs qui ne sont pas en mesure de gagner leur salaire quotidien en raison du confinement.

Le confinement soudain et total du 16 mars, sans prendre en compte les effets sur les salariés journaliers, les paysans et les petits agriculteurs, a un impact négatif dévastateur sur ces secteurs de la société. Les légumes, les fruits, les fleurs : les producteurs et salariés journaliers des villages ont perdu presque tous leurs revenus. Le prix du lait a baissé, de 100 à 20-30 roupies le kilo, même chose pour le yaourt et autres produits laitiers.

Nous pouvons apprendre de cette crise du COVID-19 que le système alimentaire agro-industriel et privé, augmente la vulnérabilité de nos systèmes alimentaires face aux pandémies mondiales. La crise menace l’approvisionnement alimentaire dans le monde, mais ce sont ces approvisionnements alimentaires basés sur le commerce international longue distance qui sont les plus perturbés.

Les scientifiques ont documenté comment les dommages causés au sol par la pollution agricole et la production industrielle de viande ont accru le risque de nouvelles pandémies. Les agriculteurs du monde entier ont déjà souffert de l’abattage massif d’animaux en raison de grippes aviaire ou porcine et de la maladie de la vache folle.

Cette crise peut également être un signal d’alarme pour le monde entier et surtout pour le Pakistan qui dépend principalement de son agriculture et est en mesure de produire suffisamment de nourriture pour sa population. Il est temps de la remplacer par un système alimentaire centré sur l’agro-écologie paysanne.

Nous exigeons :

Immédiatement, des services de santé et la sensibilisation du public

* Tests :

Le gouvernement doit accroître le dépistage de l’épidémie de COVID-19. Des tests doivent être mis gratuitement à la disposition de tous.

* Quarantaine :

Des dispositions de quarantaine adéquates et sûres doivent être prises, y compris au niveau local dans les zones rurales.

* Approvisionnement :

Assurer une infrastructure médicale appropriée et du matériel gratuit dans chaque siège local. Une trousse comprenant du savon, du gel pour les mains, un désinfectant et des masques devrait être distribuée à chaque foyer pauvre. Augmenter immédiatement la production et la disponibilité du matériel nécessaire pour faire face à la crise (kits de tests, masques, respirateurs et médicaments).

* Protéger les médecins et les personnels de santé :

Les médecins doivent être soutenus avec la fourniture d’équipements de protection individuelle  EPI) certifiés dans tout le système de santé. Cet équipement est essentiel pour les médecins généralistes, qui sont souvent les premiers intervenants en matière de maladies infectieuses.

* Campagnes de sensibilisation :

Des campagnes de sensibilisation appropriées doivent être organisées dans les zones rurales et pour les pauvres des zones urbaines afin de leur fournir des informations sur le COVID 19 et les mesures à prendre pour se protéger et protéger les autres autour d’eux. Il faut souligner l’importance de la solidarité et condamner fermement les comportements discriminatoires.

* Arrêter la désinformation :

Prendre des mesures énergiques contre les groupes qui répandent des rumeurs fausses et non scientifiques.

* Avec la population :

Les mouvements populaires doivent être associés et appelés à soutenir ces efforts de sensibilisation du public.

* Rôle des médias :

Les médias ont la responsabilité sociale et morale de faire connaître la crise actuelle. Une partie de la couverture médiatique actuelle engendre la peur et aggrave l’anxiété du public. Les médias devraient adhérer à l’éthique journalistique et cesser d’engendrer la peur.

Lutter contre la vulnérabilité économique

* Soutien économique : 

Le gouvernement doit soutenir les petits agriculteurs, les paysans sans terre, les entreprises agricoles, les travailleurs et les chômeurs en fournissant des transferts monétaires directs et un soutien au revenu de base.

* Dépense publique :

Les gouvernements doivent augmenter les dépenses publiques consacrées aux mesures de sécurité : sociale, économique, de revenus et alimentaire, pour faire face aux conséquences d’une récession économique imminente et prolongée, en particulier dans le secteur de la santé.

* Travailleurs :

Les travailleurs informels de tous les secteurs, en particulier ceux qui ont un contrat ou un emploi oral, doivent être enregistrés immédiatement et bénéficier d’un soutien du revenu supérieur au salaire minimum.

* Transports :

Des trains spéciaux ou autres moyens de transport doivent être mis à disposition des travailleurs migrants pour retourner dans leurs villages en toute sécurité s’ils le souhaitent.

* Pensions :

Assurer le versement des pensions aux personnes âgées, aux veuves, aux personnes handicapées et autres groupes vulnérables en avance pendant au moins les trois mois à venir

* Dette :

Suspendre immédiatement les recouvrements des prêts et crédits auprès des agriculteurs, des travailleurs agricoles et des travailleurs migrants.

* Mesures de soutien :

Annoncer des plans de secours spéciaux pour les paysans sans terre, les petits agriculteurs et les agriculteurs marginalisés, les pêcheurs et les pasteurs.

* Opportunités de revenus pour les femmes :

Aidez les collectifs de femmes comme les groupes d’entraide à fabriquer des masques et des désinfectants.

* Paiements des services publics :

Nationalisation immédiate de tous les services publics par l’État – eau, électricité et services Internet – fournis dans le cadre d’un droit humain. Lorsque ces services ne sont pas universellement accessibles, nous demandons qu’ils soient fournis avec effet immédiat.

* Prisons :

Le surpeuplement des prisons au Pakistan doit cesser immédiatement. Le gouvernement doit libérer les prisonniers politiques, les prisonniers en cours de jugement et les prisonniers emprisonnés pour des crimes non menaçants. Les établissements de santé dans les prisons doivent être renforcés avant que l’épidémie de COVID ne les atteigne.

Accès à la nourriture

* Priorisation :

Les chaînes d’approvisionnement agricoles nationales et locales doivent être maintenues en priorité afin d’éviter une pénurie de produits alimentaires ou une perte de marché pour les agriculteurs.

* Services essentiels :

La production et le transport alimentaires doivent être déclarés services essentiels.

* Soutenir les agriculteurs : 

Les agriculteurs et les travailleurs agricoles doivent recevoir les équipements de sécurité, un soutien financier et des services de transport pour assurer la continuité des approvisionnements alimentaires.

* Ne pas restreindre la circulation alimentaire : 

La distribution alimentaire à l’intérieur des frontières nationales doit pouvoir circuler sans heurts, même pendant les couvre-feux. Les informations faisant état d’arrêts de camions transportant des produits agricoles en raison du couvre-feux sont inquiétantes.

* Rationnement alimentaire :

Assurer à l’avance la distribution de céréales alimentaires, d’huile de cuisson, de sucre et d’autres éléments nécessaires à tous les pauvres des zones rurales et urbaines.

* Nourrir les pauvres :

Mettre en place des cuisines de fortune dans les grandes villes et au siège des districts pour distribuer en toute sécurité des colis alimentaires aux travailleurs migrants et aux populations vulnérables.

* Arrêtez de faire du profit :

Il est nécessaire de sévir contre les grossistes et autres commerces d’alimentation qui accumulent et profitent en créant des pénuries alimentaires artificielles.

* Achats dictés par la panique :

Le gouvernement et les détaillants doivent mettre en place des restrictions sur les quantités d’aliments que les consommateurs peuvent acheter pour arrêter les achats dus à la panique.

Solidarité internationale et régionale

Coopération régionale :

Il est essentiel de renforcer la coopération régionale dans un certain nombre de secteurs clés, notamment l’information, l’équipement, la surveillance, les fournitures médicales et alimentaires.

* Vaccins et médicaments :

Les développements de médicaments et de vaccins doit être partagée dans la région de l’ASACR (Association sud-asiatique pour la coopération régionale) et dans le monde. Les arguments en faveur de l’arrêt du brevetage des médicaments sont devenus encore plus solides. La santé mondiale doit être réorganisée selon des principes d’attention et de solidarité, au lieu de maximiser les profits.

* Désendettement :

L’allégement de la dette internationale est essentiel pour permettre à nos pays de répondre à une pandémie mondiale. Les programmes d’ajustement structurel du FMI ont mis à mal les économies de pays comme le Pakistan, où les prix des denrées alimentaires ont monté en flèche en raison de la dévaluation de la monnaie et de la contraction économique.

Transformer nos systèmes alimentaires, sanitaires et économiques

La crise du COVID-19 est l’occasion de :

Rejeter le néolibéralisme, soutenir les populations vulnérables :

Le néolibéralisme a dégradé nos systèmes économiques, sanitaires et alimentaires. Nous avons besoin d’un système économique qui réponde aux besoins des populations les plus vulnérables et les plus pauvres grâce à des filets de sécurité, notamment un revenu de base universel, des soins de santé gratuits et des mesures de sécurité sociale.

Rejeter le système alimentaire agro-industriel, soutenir l’agro-écologie :

Nous savons que le système alimentaire agro-industriel mondial continuera de produire de nouveaux agents pathogènes, tels le COVID-19.

Notre système alimentaire doit être localisé, diversifié et en harmonie avec la nature. Nous avons besoin d’un système alimentaire fondé sur les principes de la souveraineté alimentaire et de l’agro-écologie paysanne.

Construire la solidarité dans des moments difficiles :

Face à une crise, la solidarité doit devenir le principe qui organise notre société, notre économie et nos relations internationales. Tel est l’esprit manifesté par nos personnels sanitaires, nos professionnels de la santé, nos agents d’assainissement et nos collaborateurs dans les chaînes d’approvisionnement alimentaire. Nous en sommes solidaires.

Saima Zia, Crofter Foundation

Farooq Tariq, Pakistan Kissan Rabita Committee

31 mars 2020

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article52738

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Marcos Costa Lima : Quand la nature répond :

Barbara Godoy : Chili. Le virus est aussi le modèle privatisé :

Euskal Herria : Movilizaciones en los centros de trabajo en defensa de la salud, el empleo y las condiciones laborales

Afrique du Sud : la crise imminente

Des associations tunisiennes appellent à la libération des prisonniers d’opinion arabes et mettent en garde contre le danger de la transformation des prisons arabes en foyers de propagation du coronavirus :

Moira Welsh : ALERTE : L’Ontario suspend les règles protégeant les résidentes vulnérables des établissements de soins de longue durée : 

Yorgos Mitralias : États-Unis : La pandémie accélère la crise et dessine les contours de l’affrontement de classe qui se prépare : 

Broederlijk Delen : Gaza : un peuple enfermé depuis 14 ans 

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/04/02/covid-19-bresil-chili-euskal-herria-afrique-du-sud-palestine-antilles-monde-arabe-chine-argentine-italie-ontario-usa/

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Quand Alger profite du Coronavirus pour régler ses comptes avec le journalisme indépendant

Khaled Drareni est un journaliste libre et indépendant, c’est ainsi qu’il aime à se présenter, et c’est avec cet idéal et ces valeurs qu’il pratique notre métier, dans son pays, l’Algérie, 141ème au Classement mondial de la liberté de la presse. A 39 ans, le correspondant de Reporters sans frontières (RSF) et de TV5 Monde en Algérie est l’une des incarnations de la liberté de l’esprit dans un environnement où cela suppose du courage.

Alors que l’épidémie de Coronavirus menace le monde en général et l’Algérie en particulier, la justice algérienne n’a eu rien de mieux à faire que d’incarcérer notre confrère, collègue et ami, le 29 mars, en application d’un mandat de dépôt délivré quelques jours plut tôt. Cette détention provisoire survient après sa mise en examen pour « incitation à attroupement non armé et atteinte à l’unité nationale », le 10 mars.

Le reporter s’est distingué par la qualité de sa couverture du soulèvement citoyen « Hirak » qui secoue l’Algérie depuis un peu plus d’une année. Il est cité comme une source d’information neutre et fiable par les principaux médias dans la région et au-delà. Il exerce son métier de journaliste dans le respect de la déontologie, en militant d’une presse libre, pluraliste et indépendante.

Interpellé à plusieurs reprises, harcelé par les services et insensible au chantage, Khaled est devenu la cible du régime. Il a d’abord préféré de ne pas communiquer sur ces intimidations et se mobiliser pour les confrères victimes du même traitement. Nous avons soutenu cette stratégie, mais le passage à l’acte du régime change la donne. Nous lançons aujourd’hui un appel solennel pour que le régime algérien ressente la pression internationale de l’indignation et de la protestation. 

Le Covid-19 semble être considéré par un régime autoritaire réticent au pluralisme comme une aubaine. Les autorités algériennes profitent de la vacuité des rues pour remplir les prisons, ce qui relève d’un cynisme étrange. Dans cette période de crise sanitaire, où le rôle des journalistes est primordial dans la lutte contre la désinformation, cette incarcération est une atteinte aux droits fondamentaux doublée d’une mise en danger. Nous craignons pour la sécurité physique de Khaled.

La révision de la Constitution algérienne adoptée en 2016 avait apporté des garanties nouvelles pour la liberté de la presse. L’article 50 prévoit qu’aucune peine privative de liberté ne saurait être infligée pour un délit de presse. Lors de son premier conseil des ministres le 5 janvier, le président Tebboune a appelé le gouvernement à consolider la liberté de la presse. Dans une lettre que nous lui avons adressée le 10 mars dernier, nous écrivions : « Nous nous adressons à vous en tant que garant du respect et de la mise en oeuvre de la Constitution et des obligations internationales de votre pays. Nous vous appelons à intervenir immédiatement pour qu’il soit mis fin à des poursuites abusives, attentatoires à la liberté de la presse. »

L’acharnement contre Khaled est une menace contre les derniers médias libres en Algérie. Les détenteurs du pouvoir à Alger, qui tirent les ficelles de la justice, ne se rendent manifestement pas compte que le monde et plus encore la société algérienne ont changé. Les autorités algériennes font preuve d’un mépris stupéfiant des libertés, en incarcérant un journaliste qui ne fait que son métier dans des conditions déplorables, et de surcroît, en pleine épidémie.

https://blogs.mediapart.fr/rsf/blog/010420/quand-alger-profite-du-coronavirus-pour-regler-ses-comptes-avec-le-journalisme-independant

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Le Brésil : Sauver des vies et défendre la classe ouvrière

Au milieu de la nuit, Jair Bolsonaro a publié une mesure provisoire (MP 927) qui permet aux entreprises de cesser de payer les salaires des travailleurs et travailleuses pendant quatre mois. Cette mesure affamerait des millions de personnes. Sans salaire, les travailleurs ne seraient pas en mesure d’acheter de la nourriture et du gaz pour cuisiner, ni de payer le loyer et les factures d’eau et d’électricité.

Quand nous finissions cet éditorial, Bolsonaro, face au rejet général de son geste, a annoncé sur Twitter qu’il avait ordonné l’abrogation de l’article 18 du MP 927 qui autorisait la suspension du contrat de travail pour quatre mois sans salaire. En tout cas, la publication de cette mesure provisoire démontre à elle seule l’objectif du gouvernement : déplacer le coût de cette crise dans le dos de la classe ouvrière pour sauver les profits des grands hommes d’affaires.

Les actions de Bolsonaro montrent également qu’avec l’avancée du nouveau coronavirus, toutes les personnes n’ont pas la même possibilité de se protéger. Alors que les familles de millionnaires sont confinées dans des demeures luxueuses aux provisions abondantes, les travailleurs et travailleuses, en particulier les plus pauvres et les plus précaires, se demandent : rester à la maison pour éviter de contracter le virus ou aller travailler pour éviter la famine ?

Ainsi se crée une cruelle division de classes : ceux et celles qui peuvent défendre leur vie et ceux et celles qui doivent risquer la leur pour avoir à manger. Cette déclaration se concrétise dans la vie réelle pour des professionnels de la santé, des femmes de ménage et des femmes de chambre, des travailleurs de l’entretien automobile, des travailleurs des centres d’appels , des transports publics et des applications, des travailleurs d’usine et de tant d’autres femmes et hommes, principalement des Noir-e-s et des habitants des périphéries urbaines et des favelas, qui se lèvent tôt pour travailler sans savoir comment ils seront le lendemain matin.

C’est la lutte élémentaire et cruciale du moment : pour la vie de la classe ouvrière et des plus pauvres, pour garantir le droit à la quarantaine pour tous. Il est nécessaire, immédiatement, d’arrêter tout travail non essentiel, au moyen de congés payés avec stabilité d’emploi pour les employé-e-s formels et d’une prestation extraordinaire (1,5 salaire minimum par mois) pour toutes les personnes qui vivent d’un travail informel et, précaires et pour les sans emploi.

Pour les travailleurs indispensables dans cette crise – comme les infirmières, les médecins, les ouvriers des usines alimentaires, entre autres – il est nécessaire d’assurer toutes les conditions de protection durant la prestation de travail. Le Parti socialiste et liberté a, à juste titre, présenté une série de propositions au Congrès pour protéger la population active, en particulier contre ses secteurs les plus vulnérables.

Existe-t-il des ressources pour garantir le droit des travailleurs et les travailleuses de rester chez eux ?

Les analystes de la presse grand public soutiennent que de nombreuses personnes ne peuvent pas arrêter de travailler car elles doivent survivre financièrement. D’autres disent que vous ne pouvez pas trop sacrifier l’économie en arrêtant tout travail non essentiel. Ces mêmes analystes, cependant, ne considèrent pas comme un problème pour le gouvernement de dépenser des milliards de reals pour aider les banquiers et les grands hommes d’affaires « en difficulté », au lieu de prioriser les investissements d’urgence dans la santé publique et les avantages sociaux.

Il existe des ressources et des moyens, oui, pour que tout le monde (à l’exception du travail essentiel) puisse rester à la maison. L’imposition immédiate des profits accumulés des banques et des grandes fortunes pourrait générer des dizaines de milliards de reals [1 dollar américain vaut 5,19 réal brésilien] pour l’achat massif de tests, de matériel hospitalier et de médicaments. Pour vous faire une idée : les bénéfices combinés d’Itaú, Bradesco et Santander en 2019 étaient de plus de 60 milliards de reals.

Une autre mesure consisterait à suspendre le paiement de la dette publique aux principaux créanciers, ce qui représenterait encore des dizaines de milliards de reals pour garantir le revenu de base de toutes les familles brésiliennes dans le besoin. Les banques publiques, à leur tour, pourraient mettre des ressources financières à la disposition de toutes les micro et petites entreprises menacées de faillite.

Il existe des alternatives, mais les gouvernements choisissent d’économiser les bénéfices des grandes entreprises. Bolsonaro et Guedes ont déjà mis en place des mesures pour sauver les grandes entreprises, l’agro-industrie et d’autres grandes entreprises. Pour les travailleurs pauvres, ils promettent une aide de 200 reals (35$US), ce qui ne suffit pas pour acheter même la moitié d’un panier de base – un panier de base complet coûte 784,16 reals (174,16 $US) à São Paulo en décembre, selon le DIEESE (Département intersyndical de statistique et d’études socio-économiques).

De manière irresponsable, les gouvernements fédéral et des États n’ont pas encore ordonné la suspension de tous les travaux non essentiels, mettant en danger des millions de personnes. Dans le cas de Bolsonaro, le comportement est encore plus grave, car le président néo-fasciste continue de mépriser la pandémie, par des actions qui mettent en danger la population et en annonçant des attaques contre les droits de la classe ouvrière, comme la réduction de la journée de travail avec baisse des salaires et son intention de réduire les salaires des fonctionnaires.

Heureusement, la répudiation de Bolsonaro augmente dans la population. Dans des milliers de fenêtres, chaque jour, le cri de « Fuera Bolsonaro » résonne.

Dans cette crise, le peuple doit prendre en main le destin du pays.

Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que les gouvernements et les grandes entreprises prennent les mesures nécessaires pour sauver nos vies. Avec le soutien des syndicats, les travailleurs et les travailleuses de diverses usines et entreprises ont déjà commencé à exiger la suspension immédiate du travail, comme cela s’est produit dans plusieurs unités de télémarketing. Dans de nombreux quartiers et favelas, les communautés s’organisent en comités pour prendre des mesures pour protéger la population.

Il est important de dire que la pandémie ne sera pas contrôlée avec des soldats et des chars dans les rues, mais avec des professionnels de la santé, des scientifiques et la solidarité et les actions collectives de notre peuple.

Partout au pays, des exemples passionnants d’individus et de groupes émergent qui sont prêts à aider ceux et celles qui en ont le plus besoin. Les organisations de gauche, les syndicats et les centrales, les mouvements sociaux et les associations de quartier doivent s’engager dans ces actions et s’unir immédiatement dans un grand front uni pour défendre la vie des travailleurs et des opprimés, en menant des actions concrètes de solidarité et de lutte et exigeant des gouvernements des mesures pour sauver le peuple, pas les profits.

Il appartient à tous les militant-e-s de gauche et aux mouvements sociaux et syndicaux de participer aux initiatives de solidarité et de lutte dans leur syndicat, dans leur quartier, sur leur lieu de travail, dans tous les espaces possibles, pour aider les plus démunis (comme les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques), et organiser les travailleurs pour exiger des congés payés et des mesures de protection, entre autres initiatives.

En donnant l’exemple dans cette lutte, la gauche socialiste jouera son rôle dans cette grave crise.

Tiré de Viento sur 

23-03-2020 https://esquerdaonline.com.br/

Traduction de la correspondance de presse https://correspondenciadeprensa.com/

https://www.pressegauche.org/Le-Bresil-Sauver-des-vies-et-defendre-la-classe-ouvriere

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De « la guerre contre le virus » à la guerre aux exilé·e·s : les réponses sécuritaires au Covid-19 exacerbent les violences aux frontières : http://www.migreurop.org/article2973.html

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Amérique latine et Caraïbe :
Appel des peuples indigènes, des afro-descendants et des organisations populaires d’Amérique latine

La crise que le COVID-19 a provoquée à l’échelle mondiale mène les peuples d’Abya Yala – Amérique latine à la croisée des chemins. Les organisations populaires sont la première ligne de résistance contre les pires expressions du système en décomposition :

Nous traversons une crise intégrale qui menace la vie sous toutes ses formes. La COVID-19 est devenue une pandémie à un moment où la crise capitaliste s’aggrave et où le pouvoir économique tente sans cesse de faire porter à la classe ouvrière le fardeau de la recomposition du taux de profit des entreprises, ce qui coïncide avec l’affaiblissement des systèmes de santé, la détérioration des conditions de vie et la démolition du secteur public résultant du virage néolibéral. L’asphyxie à laquelle nous soumettent la dette extérieure, les organisations internationales et l’oppression permanente de l’impérialisme contre notre souveraineté, débouche sur un scénario avec des conséquences très graves.

Dans une Amérique où nous refusons d’accepter les ajustements structurels et l’imposition de nouvelles politiques impérialistes, et où nos peuples ont vécu dans leur chair d’importants soulèvements populaires ces derniers mois, la pandémie est devenue un prétexte pour légitimer la présence des forces armées sur nos territoires et pour mettre en œuvre des mesures d’ajustement ainsi que la détérioration des conditions d’existence de la classe ouvrière. De même, cette crise a révélé une fois de plus la brutalité de la violence patriarcale à l’encontre des femmes et des dissidents sexuels, ainsi que l’exclusion historique des peuples indigènes et des personnes d’origine africaine qui sont amenés à affronter la pandémie dans des conditions d’extrême vulnérabilité.

Comme le veut la meilleure tradition de notre peuple, nous sommes les organisations du peuple, des travailleurs, des paysans, des peuples indigènes, des féministes, des Afro-descendants, des piqueteras/ros et des voisins/voisines, qui mettent leur corps, leur tête et leur cœur à élaborer des réponses immédiates, mais aussi à projeter une issue à cette crise qui ne soit pas un retour à la normalité capitaliste, mais un chemin vers une société meilleure. Cela sera possible si nous prenons le meilleur de nous en tant que peuples. Les liens communautaires et l’unité populaire, territoriale et régionale que nous entretenons au cours de cette bataille feront partie du tissu qui construira les horizons de transformation de notre Amérique Abya Yala.

Face au manque de logements, nous occupons des territoires et construisons des maisons ; face au manque de travail, nous organisons des coopératives, récupérons des usines et faisons face à des fermetures et des licenciements ; face à l’attaque des patrons, nous luttons pour de meilleures conditions de travail ; face au manque d’éducation, nous créons des écoles ; face à l’oppression des femmes et des dissidents, nous construisons des féminismes populaires ; face à l’exploitation, nous construisons des organisations syndicales de base et luttons contre la précarité et pour des salaires décents ; face à la crise climatique, nous développons l’agro-écologie ; face à la monoculture et aux monopoles alimentaires, nous construisons des territoires agro-alimentaires paysans pour garantir la souveraineté et l’autonomie alimentaires ; face à la militarisation, au paramilitarisme et au trafic de drogue, nous substituons les cultures et luttons pour la paix. Notre alternative est la vie contre ceux qui nous proposent la mort.

Face à la politique de fermeture des frontières et de fragmentation, et face à la xénophobie et au néofascisme proposés d’en haut, nous revenons à l’horizon de la solidarité continentale et de l’unité des peuples.

Face aux politiques des capitalistes, afin d’utiliser la crise comme une couverture pour l’ajustement, approfondissons et repensons nos luttes historiques pour la défense des territoires, de la vie et de la socialisation des richesses, construisons le pouvoir populaire et communautaire.

C’est pourquoi nous exigeons des gouvernements et faisons appel à la population pour :

1. Donner la priorité à la vie plutôt qu’à la dette. Non au paiement de la dette extérieure, enquête exhaustive (audit exhaustif) et annulation de celle-ci. Il est criminel de lésiner sur la santé et les droits pour rembourser le FMI et d’autres créanciers. Les systèmes de santé et de protection sociale pour faire face à la pandémie sont la priorité. Nous devons récupérer notre richesse stratégique et la gestion de nos banques et de notre commerce extérieur, source permanente de la fuite économique des pays d’Amérique latine. Seule une politique de souveraineté économique, issue de l’avancée du pouvoir populaire, peut atténuer la crise économique et la crise mondiale que nous commençons à connaître.

2. Combattre les inégalités. Impôt extraordinaire sur les riches, sur les bénéfices des banques et des grandes entreprises, sur ceux qui ont organisé la fuite des capitaux. Que les gouvernements assument le rôle d’éliminer les inégalités promues par le marché, que les investissements nécessaires dans les politiques d’urgence soient financés en affrontant la concentration des richesses, et non en diminuant les salaires des travailleurs. Réorienter les chaînes de production des grandes entreprises pour produire des intrants pour combattre le Coronavirus, ainsi que les maladies que nous endurons sans l’attention de l’État comme la malnutrition, la dengue, la maladie du sommeil (maladie de chagas) et la tuberculose.

3. Renforcer de manière urgente les systèmes de santé publique : investissement urgent et prioritaire dans le système de santé publique, nationalisation de la santé privée et renforcement des mesures d’endiguement de la pandémie par les États. La pandémie réaffirme la nécessité d’un système de santé universel pour tous, en renforçant la promotion publique de ces services. Que les États prennent le contrôle de la production et de l’administration de tous les biens nécessaires pour faire face à la crise avec la participation et le contrôle des travailleurs. Élimination du système des brevets sur les médicaments afin de développer pleinement la recherche et l’application scientifique pour résoudre les problèmes humains, et reconnaissance de la médecine originale et ancestrale.

4. Un travail avec tous les droits. Garantie d’un revenu universel pour tous, interdiction des licenciements et des suspensions. Il est essentiel de reconnaître les droits des travailleurs afin de vivre un confinement digne. Que cette urgence ne soit pas le prétexte pour continuer à avancer dans la précarisation du travail. Non à la fermeture des entreprises. L’État doit soutenir leur occupation et leur récupération par les travailleurs.

5. Le logement et l’habitat digne en tant que droit social, le confinement ne peut se faire que sous un toit, avec des services de base garantis et dans un quartier sain. Les expulsions, le paiement des loyers et des services doivent être suspendus ; les politiques de logement doivent être orientées vers une réforme urbaine globale qui garantisse l’accès au logement dans des quartiers décents pour toutes les familles de travailleurs. Accès universel à l’eau, à la lumière et au gaz et amélioration des quartiers populaires : il n’y a pas de lutte contre la pandémie sans que tous les habitants puissent avoir accès à l’eau potable, au gaz et à l’électricité à la maison, dans le quartier ou la communauté. Pas de maison sans personne, pas de personne sans maison. Réquisition de propriétés vides pour la population sans domicile fixe et pour les refuges populaires.

6. Lutter contre la faim et garantir une alimentation universelle, donner la priorité au financement et au rôle de l’agriculture coopérative, communautaire et agro-écologique familiale dans l’approvisionnement alimentaire des populations, des cantines, des aires de pique-nique et des cuisines communautaires : il est nécessaire d’avancer dans la promotion de l’accès à l’alimentation, comme moyen de relancer l’économie et de ne pas provoquer de crise d’approvisionnement. Garantir un panier de base avec des prix réglementés et exonérés de taxes. Exiger des sanctions contre la spéculation sur les prix et la monopolisation par les supermarchés et les intermédiaires. Annulation de la dette des paysans, redistribution des terres productives et mise en place de systèmes de protection et de colonies agro-écologiques financés par l’État.

7. Contre la marchandisation de la nature, nous devons récupérer la souveraineté sur nos biens communs tels que l’eau, le gaz, le pétrole, la terre, la richesse stratégique qui est usurpée par les vampires économiques avec la complicité des gouvernements et des entrepreneurs locaux. Respect total des territoires des peuples originels et repenser le modèle économique et extractif. L’exploitation des ressources naturelles doit respecter la terre mère ainsi que les peuples qui l’habitent.

8. Renforcement de la protection sanitaire et de l’aide humanitaire avec une garantie de souveraineté des territoires des peuples originels, des nationalités indigènes et africaines, en particulier ceux dont l’habitat se trouve dans des écosystèmes vitaux comme l’Amazonie, pour lesquels la menace épidémiologique pourrait signifier un ethnocide. Renforcement de l’autonomie gouvernementale et de ses systèmes pour la survie territoriale et culturelle de la vie des peuples indigènes et afros. Interdiction des expulsions et des actions qui violent la souveraineté des peuples indigènes.

9. De véritables politiques pour faire face à la violence masculine : avec les mesures d’isolement social, il est possible que va augmenter la violence domestique et d’autres formes de violence à l’égard des femmes. Que pour les femmes, cis et trans, l’utilisation des moyens informatiques n’est pas suffisante pour combattre la violence contre les femmes. Il faut la prévenir et l’éradiquer. Budget pour la prévention des féminicides et des trans-féminicides. Abris pour les personnes en situation de violence, octroi de subventions économiques spéciales aux survivants. Plans d’emploi et d’éducation destinés aux femmes et aux dissidents.

10. Plus de prévention, pas de répression : de nombreux gouvernements ont utilisé le contexte du coronavirus pour intensifier la logique de répression et de surveillance et pour augmenter l’emprisonnement des plus pauvres, des leaders communautaires, des défenseurs des droits de l’homme et de la terre mère. Il est temps de réduire la population carcérale en tant que problème de santé publique. Il est également nécessaire de revaloriser les autorités elles-mêmes et les gardes communautaires qui prennent soin des territoires ancestraux et sont un organe communautaire efficace pour prendre soin de la vie.

11. Non à l’intervention impérialiste politique, économique et militaire : nous rejetons catégoriquement l’utilisation de la crise comme excuse pour l’ingérence militaire au Venezuela par l’impérialisme yankee et ses partenaires, l’assassinat permanent de dirigeants indigènes et populaires en Colombie, la répression féroce du régime putschiste en Bolivie, au Honduras et du gouvernement antipopulaire de Piñera au Chili, l’expansion des projets d’extraction dans les territoires indigènes et paysans. Nous exigeons la levée des blocus contre Cuba et le Venezuela.

12. Aide humanitaire internationaliste : Nous demandons aux gouvernements de solliciter une aide humanitaire à Cuba et à d’autres pays qui ont acquis une expérience technique dans la lutte contre la pandémie et qui peuvent aider à contenir l’épidémie de Covid-19 dans les villes où la pandémie s’est le plus propagée, comme Guayaquil et São Paulo.

Contre la richesse de quelques-uns, pour la souveraineté du peuple.
Pour la vie ! Non au FMI !

Alors que les peuples d’Amérique latine luttent :

Solidarité internationaliste !

Liste des organisations signataires :

CONAIE Confederación de Nacionalidades Indígenas del Ecuador-Ecuador
Congreso de los Pueblos-Colombia
MTST Movimiento de Trabajadores Sin Techo-Brasil
CONFENIAE Confederación de Nacionalidades Indígenas de la Amazonía Ecuatoriana-Ecuador
FPDS Frente Popular Darío Santillán-Argentina
ONIC Organización Nacional Indígena de Colombia-Colombia
FOL Frente de Organizaciones en Lucha- Argentina
Ukamau-Chile
Comité por la Abolición de las deuda ilegítimas CADTM Abya Yala Nuestra América (Colombia, Haití, Uruguay, Argentina, Venezuela, Brasil y Puerto Rico)
CRBZ Corriente Revolucionaria Bolívar y Zamora-Venezuela
CNTE-SNTE Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación-México
AUTE sindicato electricista-Uruguay
Coordinación y Convergencia Nacional Maya Waqib’Kej- Guatemala
CNA Coordinador Nacional Agrario-Colombia
Movimiento de los Pueblos/por un socialismo feminista desde abajo.(Frente Popular Darío Santillán Corriente Nacional-Movimiento por la Unidad Latinoamericana y el Cambio Social -Izquierda Latinoamericana Socialista-Movimiento 8 de Abril)-Argentina
CLOC (ANAMURI, Ranquil, Conaproch, Red Apícola Nacional, ANMI)-Chile
FENASIBANCOL Federación Nacional de Sindicatos Bancarios Colombianos-Colombia
MPA Movimiento de Pequeños Agricultores -Brasil
CRIC Consejo Regional Indígena del Cauca-Colombia
UTT Union de Trabajadores de la Tierra-Argentina
PCN Proceso de Comunidades Negras-Colombia
CONAMURI Organización de Mujeres Campesinas e Indígenas – Paraguay
União Nacional de Trabaladoras(es) Camelôs, Feirantes e Ambulantes do Brasil-Brasil
MICC Movimiento Indigena y Campesino de Cotopaxi – Ecuador
PAPDA Plate-forme haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif-Haiti
Comisión Intereclesial de Justicia y Paz-Colombia
Feminismo Comunitario Antipatriarcal – Bolivia
Movimiento Insurgente – Bolivia.
MNCI Movimiento Nacional Campesino Indígena “Somos Tierra”- Argentina
CENPAZ Coordinación Nacional de Paz-Colombia
MBL Movimiento de Barrios en Lucha-Ecuador
Brigadas Populares-Brasil
Zona humanitaria de San pedro del Ingara Chocó Territorio de paz-Colombia
UNORCAC – Unión de Organizaciones Campesinas de Cotacachi – Ecuador
MTD Aníbal Verón-Argentina
FOB Autónoma-Argentina
FOB La Libertaria-Argentina
MTR por la democracia directa-Argentina
FAR Frente Arde Rojo/COPA-Argentina
Frente Popular – Ecuador
Coordinadora Simón Bolívar-Venezuela
Radio al Son del 23-Venezuela
Plataforma de Lucha Campesina- Venezuela
Colectivo Caminos Verdes-Venezuela
FNL Frente Nacional de Lutas -Brasil
Movimiento de Mujeres por la Vida de Cajibio y Popayán-Colombia
Red Emancipa de Educación Popular-Brasil
Feministas del Abya Yala
MPLT Movimiento Pueblo Lucha y Trabajo-Argentina
Pañuelos en Rebeldía-Argentina
Red de la Diversidad-Bolivia
Escuela Popular Permanente-Chile
Juntos ! – Juventud en Lucha-Brasil
Fabrika Zurda – Ecuador
FECAOL Movimiento Nacional Campesino – Ecuador
Asociación de Trabajadores y Trabajadoras del Transporte (ASOTRASET) – Ecuador
Corriente Sindical Carlos Chile-Argentina
Colectivo Whipala-Bolivia
Plataforma por la Auditoría Ciudadana de la Deuda de Colombia
OLP Resistir y Luchar-Argentina
Colectivo Alexis Vive-Venezuela
Venceremos Partido de Trabajadores-Argentina
Corriente Social y Política Marabunta-Argentina
Convergencia 2 de Abril-Chile
Democracia Socialista-Argentina
ASL Accion Socialista Libertaria-Argentina
La Junta-Peru.
Venceremos Abriendo Caminos-Argentina
ORG Organización Revolucionaria Guevaristas-Argentina
Organización Política Presentes por el Socialismo « PPS » – Colombia
CPI Corriente Política de Izquierda -Argentina
Secretaria Migrantes y Refugiados UTEP-Argentina
Asamblea Pachamama-Uruguay
Comunidad Mapuche Los Toldos-Argentina
Federación de Estudiantes Universitarios del Ecuador-Ecuador
Movimiento Mujeres Por la Vida-Venezuela
Unión Comunera-Venezuela
Voces Urgentes-Venezuela
Espacio Pedagógico Cultural Fenix-Argentina
Movimiento de Jóvenes por la Patria (JPP-PPT)-Venezuela
Amigos da Terra-Brasil
Centro de Derechos Económicos y Sociales CDES-Ecuador
Red Feminista Ecosocialista de Ecuador-Ecuador
Coordinadora de Pueblos y Organizaciones del Oriente del Estado de México en Defensa de la Tierra, el Agua y su Cultura (CPOOEM)-México
Red de Medios Digitales de comunicación comunitaria y alternativa del Ecuador Infórmate Pueblo-Ecuador
FURIA TRAVA colectiva de travestis feministas abolicionistas-Argentina
Sindicato Mexicano de Electricistas (SME)-Mexico
Nueva Central de Trabajadores (NCT)-Mexico
ANUEE (Asamblea Nacional de Usuarios de Energía Eléctrica)-Mexico
Confederación de Jubilados, Pensionados y Adultos Mayores-Mexico
Partido Revolucionario de los Trabajadores (PRT)-Mexico
Organización Política del Pueblo y los Trabajadores (OPT)-Mexico
Frente Socialista-Mexico
Confederación Unitaria de Comerciantes Minoristas y Trabajadores Autónomos del Ecuador CUCOMITAE-Ecuador
Fórum da Amazônia Oriental FAOR-Brasil
ICA Iglesia Cristiana Ágape-Honduras
Comité de Solidaridad Latinoamericana de Mendoza-Argentina
Asamblea Vecinal ( vecinos en lucha)-Argentina
Fuera la subestación Rigolleau ( contra la contaminación de los campos CEM)-Argentina
Red de barrios irradiados de la R. A.-Argentina
FUNDACIÓN AUDIOVISUAL INDÍGENA WAYAAKUA-Venezuela
MUESTRA INTERNACIONAL DE CINE INDÍGENA DE VENEZUELA MICIV-Venezuela
FUNDACIÓN PUEBLO INDIO DEL ECUADOR-Ecuador
Amigos da Terra America Latina e Caribe-ATALC
Conselho indigenista Milionário-CIMI-Brasil
UNIDAD POPULAR DE ECUADOR-Ecuador
Grupo Carta de Belém-Brasil
Jubileo Sur/Américas
Jubileu Sul Brasil
Asociación Colombiana de Educación al Consumidor-Colombia
Tatagua Colectiva Feminista Conurbano sur Bs.As- Argentina
Comité Oscar Romero de Cádiz-España
Espacio cultural, político y social La Casita en Marabunta-Argentina
Comité Oscar Romero-SICSAL-Chile.
Fundación Helmut Frenz de Educación en Derechos Humanos-Chile.
Observatorio por el Cierre de la Escuela de las Américas-Chile.
Colectivo de Geografía Crítica del Ecuador-Ecuador
TALLER DE « J »ORMACIÓN ESTUDIANTIL RAÍCES – TJER-Colombia
Coordinadora indígena Popular Autónoma (CINPA) Oaxaca -Mexico
Colectivo de mujeres en Resistencia « Sinchi Warmi » – Ecuador
SOA Watch – Observatorio de la Escuela de las Américas
Propuesta TATU
VÓRTICE ESTUDIANTIL ALTERNATIVO
Red Intercontinental de Promoción de la Economía Social Solidaria para Latinoamérica (RIPESS LAC)
Instituto de Desarrollo de la Economía Asociativa (IDEAC)-Republica Dominicana
La Red Nacional de Organizaciones de Economía Solidaria (REDESOL)-Republica Dominicana.
Movimiento Rebelión o Extinción-Argentina
Observatorio Minero Ambiental y Social del Norte del Ecuador OMASNE-Ecuador
Fuerza de Bases-Chile
MPL (Movimiento Popular Liberación)-Argentina
CCRS (Corriente Clasista René Salamanca)-Argentina

Traduit par Eric Toussaint avec www.DeepL.com/translator

http://cadtm.org/Amerique-latine-et-Caraibe-Appel-des-peuples-indigenes-des-afro-descendants-et

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Le refus d’Israël de tester sa population arabe pour le Covid-19. L’apartheid sanitaire

Le directeur général des services médicaux d’urgence du Magen David Adom a annoncé dimanche 29 mars 2020, sur les ondes de Channel 12, qu’il n’y aurait plus de tests de dépistage du coronavirus dans la communauté arabe si les critères n’étaient pas modifiés. Cette déclaration surprenante n’a fait qu’intensifier nos craintes que le nombre de personnes infectées dans la communauté arabe soit bien plus élevé que ce qui a été rapporté jusqu’à présent, mais il n’y a pas d’information parce qu’il n’y a pas de tests.

Il y a 38 patients diagnostiqués dans les communautés arabes (selon les chiffres publiés le 27 mars). Les Arabes constituent 20% de la population israélienne, et sont en outre une population à risque, en raison du pourcentage élevé de personnes souffrant de maladies chroniques, ainsi que des conditions de vie marquées par une surpopulation et une situation socio-économique plus que problématique.

Par conséquent, selon un calcul très approximatif, il devrait y avoir au moins 800 Arabes souffrant actuellement du coronavirus. Et s’il y a six porteurs pour chaque patient diagnostiqué, nous parlons d’environ 4800 patients et porteurs dans les communautés arabes qui sont susceptibles d’infecter d’autres personnes sans le savoir. A l’heure actuelle, les 38 patients représentent moins de 1% de l’ensemble des personnes infectées. C’est un pourcentage très faible, qui contredit les affirmations du directeur général du ministère de la Santé (le 27 mars) concernant les « violations arabes » des directives de confinement à domicile

Un examen approfondi semble indiquer que la morbidité vraisemblablement faible dans les communautés arabes provient en fait de l’absence de tests dans ces communautés. Selon divers rapports, le MDA [Magen David Adom: Société de la Croix-Rouge, de facto le système d’urgence sanitaire] ne se rend que rarement dans les communautés arabes et n’y dispose pas d’une bonne infrastructure [expression du système d’apartheid]. Les services d’urgence dans les communautés arabes sont généralement fournis par des entreprises privées, qui exploitent environ 600 ambulances. Les employés de ces entreprises n’ont pas été formés par MDA pour administrer des tests de dépistage des coronavirus, et les ambulanciers n’ont pas été formés pour évacuer les patients atteints de coronavirus des communautés vers les hôpitaux, qui sont généralement éloignés.

En cas d’épidémie grave du virus dans les communautés arabes, il n’y aura aucun moyen de transférer les patients de manière protégée sans risquer d’infecter d’autres personnes.

Au moment de la rédaction du présent rapport, aucune station de passage pour les tests de dépistage du coronavirus n’a été mise en place dans les communautés arabes. Le plan initial pour les points de passage au volant d’une voiture [drive in] incluait sept communautés juives, et pas une seule communauté arabe. Par conséquent, les informations sur le plan des passages type drive-in n’ont été publiées qu’en hébreu. Les Arabes n’ont pas entendu parler de ces points à temps, et en raison de la distance et du délai d’information, seul un petit nombre d’Arabes a demandé à être testé dans les communautés juives. La rareté des demandes a conduit à la décision de ne pas établir de points de passage dans les communautés arabes. Ce n’est qu’après l’intervention des membres arabes de la Knesset [les 15 élus de la Liste arabe unie] qu’une promesse a été faite de les mettre en place, mais celle-ci est retardée.

Les Arabes servant dans les équipes médicales – médecins, infirmières, soignants, laborantins et autres – sont maintenant en première ligne de la guerre contre le coronavirus dans les hôpitaux israéliens, mais ils ne peuvent pas être rassurés quant au niveau de protection de leurs familles contre le virus.

Les organisations de maintien de la santé ont décidé de créer des cliniques initiales de traitement du coronavirus, qui traitent les patients dans la communauté, et d’autres cliniques testent les personnes qui présentent des symptômes de la maladie. Mais dans les communautés arabes, ces cliniques sont très peu nombreuses. Les services médicaux de Clalit [Caisse d’assurance maladie], auxquels appartiennent plus de la moitié des Arabes assurés, n’ont préparé qu’une seule clinique, contre 45 dans les communautés juives. En outre, très peu de cliniques ont été préparées pour tester les patients qui présentent des symptômes de la maladie.

Cela soulève un grand point d’interrogation quant à la manière dont le ministère de la Santé a géré la crise du coronavirus dans la société arabe. Après la découverte du premier patient atteint de coronavirus, en février, une équipe d’urgence a été mise en place pour gérer la crise. Cette équipe est chargée de planifier le programme national d’urgence, qui comprend des étapes cruciales pour le diagnostic et le traitement des patients atteints de coronavirus dont l’état s’aggrave. Elles comprennent la préparation des hôpitaux, la mise en quarantaine des patients et des porteurs du virus, des tests et un arrêt progressif de l’activité économique, comme la fermeture des cafés et des restaurants, et l’arrêt du travail dans des lieux qui ne sont pas vitaux pour l’économie, ainsi que des études dans les universités et les écoles.

Mais cette équipe chargée du programme d’urgence ne comprend pas un seul expert arabe qui pourrait expliquer la nature unique de la société arabe lorsqu’il s’agit de gérer la crise du coronavirus. Les infrastructures d’urgence dans les communautés juives d’Israël sont basées en grande partie sur les urgences sécuritaires [militaires], avec peu d’infrastructures pour les urgences civiles. Cela place les communautés arabes dans une position inférieure en termes de capacité à faire face au virus.

Par conséquent, dès le début de la crise, il était vital de mettre en place une équipe d’urgence pour la lutte contre le coronavirus dans les communautés arabes, mais cela n’a pas été fait. De plus, le ministère de la Santé s’est abstenu de rencontrer le comité national de santé arabe, qui a été créé par des professionnels (médecins, infirmières, chercheurs en santé publique et autres domaines liés à la santé) afin d’aider à la lutte contre le virus dans ces communautés.

Le personnel du comité a travaillé dès le début de la crise pour que les informations sur le coronavirus et l’importance de la quarantaine soient disponibles en arabe. Mais les informations du ministère de la Santé en arabe ne sont pas arrivées, ou ont été retardées, et lorsqu’elles sont arrivées, elles étaient formulées dans un arabe incorrect, ce qui a provoqué un manque de confiance. Cela a entraîné un retard dans l’arrivée des informations autorisées aux communautés arabes, et dans leur internalisation. Le manque de confiance n’a fait qu’intensifier la panique.

Aujourd’hui, la maladie est sévèrement stigmatisée dans la société arabe, et les gens traitent les patients comme des lépreux. Cette situation aurait pu être évitée si l’information était arrivée à temps et de manière rationnelle, par des experts de la communauté arabe, dès le début de l’épidémie en Israël.

En termes de santé publique, en raison de la situation actuelle, les communautés arabes risquent de devenir les épicentres de l’épidémie de coronavirus, qui menacera la santé de toute la population.

Même dans les communautés arabes séparées (et il y a un certain nombre de villes avec des populations mixtes arabo-juives), il ne sera pas facile d’isoler un grand nombre de personnes, car certaines d’entre elles sont vitales pour le système de soins de santé et pour les autres institutions israéliennes. Les décideurs politiques et l’équipe d’urgence doivent comprendre que la crise du coronavirus ne peut pas prendre fin sans une intervention sérieuse pour répondre aux besoins d’environ un cinquième de la population.

Le nombre de tests doit augmenter de manière significative dans les communautés arabes, et les travailleurs d’urgence des entreprises privées doivent être formés afin de pouvoir évacuer les patients si nécessaire. Les premières cliniques devraient déjà être préparées pour recevoir et traiter les patients atteints de coronavirus, qui arriveront probablement en masse; les hôpitaux de Nazareth devraient être renforcés et dotés des équipements nécessaires pour traiter les patients, et bien sûr il faut une diffusion appropriée de l’information.

Cela peut se faire dans le cadre d’une campagne médiatique spéciale. Toutes ces mesures pourraient contribuer à réduire la propagation de la maladie dans les communautés arabes et juives, et à améliorer la stratégie de sortie de la crise du coronavirus.

Dr Nihaya Daoud

Le Dr Daoud est maître de conférences en santé publique à l’Université Ben Gourion du Néguev.

Article publié dans Haaretz, le 31 mars 2020; traduction rédaction A l’Encontre

http://alencontre.org/moyenorient/israel/le-refus-disrael-de-tester-sa-population-arabe-pour-le-covid-19-lapartheid-sanitaire.html

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Inde. Déclaration du groupe Vikalp Sangam Core sur la nécessité d’alternatives créatives
et à long terme suite au Covid-19

Alors que l’Inde et le monde font face à une crise sans précédent due à la propagation du virus Covid-19, la première et immédiate réponse doit être des installations de santé et de traitement, l’éloignement physique, les secours et la satisfaction de besoins de base pour les travailleurs, les services de base et autres des mesures qui réduisent à la fois le risque de propagation et offrir également une sécurité économique et de survie aux personnes les plus touchées non seulement par l’infection mais par l’arrêt de la vie ordinaire. Une attention particulière doit être accordée aux plus vulnérables, notamment les personnes âgées, les « handicapés », les femmes et les enfants, les travailleurs à salaire journalier, les résidents des « bidonvilles » urbains surpeuplés, les prisonniers dans les cellules surpeuplées, les travailleurs de l’assainissement et des déchets, les personnes transgenres, les travailleurs du sexe et les petits agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et habitants des forêts.

À cet égard, nous appuyons et réitérons les observations faites par plusieurs forums et réseaux, notamment par la Charte des travailleurs, Jan Swasthya Abhiyan, d’un grand nombre d’économistes et d’autres citoyens concernés, et la Campagne pour la justice environnementale en Inde. Plusieurs pays à travers le monde, et certains États de l’Inde, ont déjà annoncé des aides salariales, de la nourriture et d’autres livraisons essentielles, des salaires maintenus pour les travailleurs sans emploi, etc. L’Inde doit prendre le pas d’une réponse nationale, en s’appuyant mais en allant bien au-delà des annonces du ministre des Finances le 26 mars. Elle doit également promouvoir la solidarité et l’unité sociales tout en favorisant la distanciation physique (et non « sociale » !) , encourageant les réseaux de citoyens qui peuvent aider les plus vulnérables, dont beaucoup émergent spontanément à travers l’Inde. Elle doit décourager activement les réponses préjugées, racistes ou classistes qui sont malheureusement observées dans certains domaines, par exemple contre les gens du nord-est de l’Inde parce qu’ils ressemblent aux Chinois, ou contre les collecteurs de déchets, ou contre les étrangers qui se trouvent toujours en Inde. Elle doit protéger les droits humains fondamentaux contre les violations causées par une surveillance accrue de l’État et des interventions dans la vie des citoyens, car il est facile de se glisser dans des formes d’autoritarisme dans de telles situations (en particulier lorsque nous utilisons des métaphores comme «nous sommes dans un état de guerre») ; nous devons plutôt habiliter les communautés et les collectifs à appliquer les normes sociales nécessaires pour y faire face, avec le soutien du gouvernement. Enfin, toutes les ressources du gouvernement consacrées à des dépenses inutiles ou pouvant être différées doivent être affectées à répondre au Covid-19.

Il est cependant important d’initier également des mesures à plus long terme, maintenant ou lorsque la crise immédiate sera terminée, qui (a) réduiront considérablement la possibilité d’une propagation plus désastreuse des maladies et (b) amélioreront considérablement la capacité des communautés à faire face à ces éventualités. Nous les énumérons ci-dessous.

Nous pensons que la survie et la durabilité de cette planète résident dans l’adoption de valeurs de dignité, d’égalité et de justice pour toutes les espèces, tous les genres et toutes les catégories sociales. Cela devrait se refléter dans le rejet de toutes les politiques et pratiques qui causent la destruction, l’exploitation et la discrimination et l’injustice contre tout être vivant. Les stratégies et cadres nationaux dans tous les secteurs doivent être axés sur la santé humaine et environnementale.

En particulier, nous demandons instamment que les éléments suivants soient pris en considération :

1- Imposer un moratoire sur tout détournement des écosystèmes naturels à des fins d’infrastructure, d’exploitation minière et commerciale.

Il existe un lien clair et scientifiquement établi entre la destruction écologique et la propagation de maladies comme le Covid-19. Même si le Covid-19 est originaire de Chine, d’autres agents pathogènes de ce type pourraient provenir de l’Inde ou se propager plus largement en raison de la perturbation des équilibres naturels et des interdépendances. Un moratoire immédiat sur le détournement des écosystèmes naturels, y compris les forêts et les zones humides, pour l’exploitation minière, les infrastructures et d’autres projets de « développement » est crucial ; et plutôt d’initier d’autres alternatives pour répondre aux besoins de subsistance et de développement, comme indiqué ci-dessous.

2 – Prioriser et faciliter les systèmes de santé communautaires et le secteur de la santé publique

Chaque établissement doit disposer d’installations primaires combinant plusieurs systèmes de santé, avec des médecins aux pieds nus et des ambulanciers paramédicaux formés aux soins et aux traitements essentiels, y compris pour faire face aux situations de type Covid-19. La plus haute priorité doit être accordée au renforcement de la santé publique, y compris les unités épidémiologiques au niveau du district qui peuvent comprendre et surveiller les problèmes de santé locaux et leurs déterminants, ainsi que remettre les services médicaux du secteur public aux commandes, plutôt que la privatisation encouragée ces derniers temps (avec les conséquences dévastatrices que nous constatons même dans les pays « développés » comme les États-Unis, avec des millions de personnes incapables de se permettre même des contrôles de base). Les connaissances traditionnelles sur la santé qui ont résisté à l’épreuve du temps doivent être utilisées de manière optimale dans la crise actuelle et dans le développement à long terme des services de santé dans le pays, notamment en utilisant AYUSH, amchi et les traditions de santé locales pour développer des méthodes de prévention solides, telles que l’utilisation d’immuno-boosters à base de plantes (à noter que la Chine a été en mesure d’utiliser la médecine traditionnelle chinoise très efficacement à la fois pour la prévention et le traitement des cas de la crise Covid-19).

3 – Promouvoir la conception écologique et la sensibilité dans tous les développements et moyens de subsistance

Une politique claire et une orientation programmatique sont nécessaires pour trouver des moyens écologiquement durables et équitables de créer des moyens de subsistance et des emplois, des infrastructures, des communications, etc., et garantir des moyens de subsistance dignes, par ces moyens, dont on peut tirer des enseignements (voir par exemple www.vikalpsangam.org). Il est tout à fait possible d’orienter les programmes existants comme le MNREGS, le logement, l’agriculture et d’autres dans cette direction.

4- Aider les agriculteurs à passer à l’agriculture biologique et biodiversifiée.

Étant donné les liens évidents entre une agriculture industrielle à forte intensité de produits chimiques et une perturbation écologique créant les conditions de telles catastrophes liées aux maladies, des mesures urgentes sont nécessaires pour aider tous les agriculteurs à passer à une agriculture biologique diversifiée sur le plan biologique avec une assistance spéciale aux petits agriculteurs, pasteurs, pêcheurs et habitants des forêts. Les essais et disséminations d’OGM, avec leur grand potentiel de perturbation écologique, doivent être arrêtés immédiatement.

5- Renforcer l’auto-gouvernement grâce aux gram sabhas1, aux sabhas2 de zone / quartier

La mise en œuvre de l’autonomie locale dans toute sa mesure, une véritable démocratie populaire est cruciale. Les gram sabhas, les sabhas de zone / quartier et d’autres institutions de gouvernance locales auront besoin d’aide pour renforcer les capacités et générer des ressources, afin qu’ils puissent gouverner leurs terres et leurs écosystèmes, leur vie économique et communautaire, et pour ce faire de manière à garantir la représentation et participation des sections marginalisées pour garantir la justice sociale.

6- Renforcer les économies locales autonomes

Il est maintenant évident qu’une économie mondiale, avec des ressources, de la main-d’œuvre et des produits qui se déplacent à travers le monde, est un système extrêmement vulnérable qui est susceptible de s’effondrer. Les institutions d’autonomie locale doivent disposer des ressources, de l’assistance technique et d’autres formes de coopération afin de développer leurs propres économies locales et autonomes, en utilisant des compétences et des ressources locales et nouvelles, en répondant avant tout aux besoins locaux. Un commerce plus important devrait s’appuyer sur cela et ne pas le saper. Grâce à cela, la nécessité d’une mobilité et d’un commerce de masse pourrait être considérablement réduite. Cela pourrait même aider à réduire et à inverser la migration rurale-urbaine causée par la détresse économique et sociale, et conduit à des densités urbaines très élevées qui sont propices aux épidémies.

7- Repenser les établissements urbains et semi-urbains

Nous devons repenser les agglomérations urbaines et semi-urbaines de manière à ce que le lieu de travail et la résidence de la plupart des gens soient à proximité, l’autonomie gouvernementale par le biais des sabhas de zone soit autonomisée et les écosystèmes naturels urbains soient régénérés et protégés grâce aux forums de citoyens.

Ces mesures et d’autres mesures connexes ont été décrites plus en détail dans le Manifeste du peuple pour une Inde juste, équitable et durable, publié par le processus Vikalp Sangam au début de 2019 (http://www.vikalpsangam.org/article/peoples-manifesto-for-a-just-equitable-and-sustainable-india-2019/). Nous demandons instamment sa pleine considération comme contexte des recommandations ci-dessus.

Au nom des organisations du groupe Vikalp Sangam (classées ci-après par ordre alphabétique).

Le processus Vikalp Sangam est une plateforme pour rassembler des mouvements, des groupes et des individus travaillant sur des voies justes, équitables et durables vers le bien-être humain et écologique. Il rejette le modèle de développement actuel et les structures d’inégalité et d’injustice qui le sous-tendent et recherche des alternatives dans la pratique et la vision. Plus de 50 mouvements et organisations à travers le pays sont impliqués. Pour plus d’informations, voir http://www.vikalpsangam.org/

28 mars 2020

ACCORD (Tamil Nadu), Alliance for Sustainable and Holistic Agriculture (national), Alternative Law Forum (Bengaluru), Ashoka Trust for Research in Ecology and the Environment (Bengaluru), BHASHA (Gujarat), Bhoomi College (Bengaluru), Blue Ribbon Movement (Mumbai), Centre for Education and Documentation (Mumbai), Centre for Environment Education (Gujarat), Centre for Equity Studies (Delhi), CGNetSwara (Chhattisgarh), Chalakudypuzha Samrakshana Samithi   River Research Centre (Kerala), ComMutiny: The Youth Collective (Delhi), Deccan Development Society (Telangana), Deer Park (Himachal Pradesh), Development Alternatives (Delhi), Dharamitra (Maharashtra), Ekta Parishad (several states), Ektha (Chennai), EQUATIONS (Bengaluru), Gene Campaign (Delhi), Greenpeace India (Bengaluru), Health Swaraaj Samvaad (national), Ideosync (Delhi), Jagori Rural (Himachal Pradesh), Kalpavriksh (Maharashtra), Knowledge in Civil Society (national), Kriti Team (Delhi), Ladakh Arts and Media Organisation (Ladakh), Local Futures (Ladakh), Maati (Uttarakhand), Mahila Kisan Adhikar Manch (national), Mazdoor Kisan Shakti Sangathan (Rajasthan), National Alliance of Peoples’ Movements (national), North East Slow Food and Agrobiodiversity Society (Meghalaya), Peoples’ Science Institute (Uttarakhand), Revitalising Rainfed Agriculture Network (national), reStore (Chennai), Sahjeevan (Kachchh), Sambhaavnaa (Himachal Pradesh), Samvedana (Maharashtra), Sangama (Bengaluru), Sangat (Delhi), School for Democracy (Rajasthan), School for Rural Development and Environment (Kashmir), Shikshantar (Rajasthan), Snow Leopard Conservancy India Trust (Ladakh), Social Entrepreneurship Association (Tamil Nadu), SOPPECOM (Maharashtra), South Asian Dialogue on Ecological Democracy (Delhi), Students’ Environmental and Cultural Movement of Ladakh (Ladakh), Thanal (Kerala), Timbaktu Collective (Andhra Pradesh), Titli Trust (Uttarakhand), Tribal Health Initiative (Tamil Nadu), URMUL (Rajasthan), Vrikshamitra (Maharashtra), Watershed Support Services and Activities Network (Andhra Pradesh/Telangana)

1 Les gram sabhas sont des gouvernements locaux au niveau des villages. Ndt.

2 Conseil ou assemblée. Ndt.

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Vicky Skoumbi : Chronique d’un désastre annoncé : l’enfermement criminel des réfugiés en Grèce

https://www.liberation.fr/debats/2020/04/04/chronique-d-un-desastre-annonce-l-enfermement-criminel-des-refugies-en-grece_1783973

Greece: Move Asylum Seekers, Migrants to Safety

Immediate Hotspot Decongestion Needed to Address COVID-19

https://www.hrw.org/news/2020/03/24/greece-move-asylum-seekers-migrants-safety

Εκκενώστε άμεσα τα κέντρα υποδοχής – Νοικιάστε άδεια καταλύματα για τους πρόσφυγες!

Evacuate island hot spots immediately – Rent empty tourist accommodation and houses for refugees and migrants!

Sofortige Evakuierung der Aufnahmezentren – freie Touristenunterkünfte und Flüchtlingsheime mieten   

Evacúen inmediatamente los centros de recepción de refugiados– alquilen alojamientos turísticos vacíos y hogares para los refugiados! 

Évacuez immédiatement les centres des réception dans les îles – louez des logements touristiques vides et des maisons pour les réfugiés et les migrants!

https://secure.avaaz.org/el/community_petitions/elliniki_
kyvernisi_ekkenoste_amesa_ta_
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Chine : Lettre de Wuhan

La première chose à dire est que pour nous à Wuhan, nous avons survécu. Alors que l’hiver passe au printemps, le paysage est agréable et l’ambiance est légèrement détendue. Mais le monde est à la fois chaud et froid, et de nombreuses difficultés nous attendent. Les personnes décédées dans l’épidémie de COVID-19 nous manquent. Nous n’osons pas être heureux, et nous ne pouvons pas supporter d’être heureux.

Pour être juste, les mesures anti-épidémiques dans la seconde moitié de l’épidémie de Wuhan sont louables et la vie quotidienne des résidents a été fondamentalement préservée. Aujourd’hui, j’ai également reçu de la nourriture gratuite fournie par la communauté.

Pendant la période épidémique, le personnel médical et un grand nombre de courageux bénévoles étaient des héros respectables et admirables, bien qu’en temps normal, ce soient les gens ordinaires tout autour de nous.

Mais mon cœur est souvent déchiré.

La dissimulation précoce de l’épidémie par Wuhan et la réponse inadéquate sont certainement des faits. Ceux qui sont morts et ceux qui s’en sont échappés doivent connaître la vérité, avoir besoin de quelqu’un pour en être responsable et avoir besoin d’une déclaration !

Ce n’est que lorsque nous connaissons la vérité que nous pouvons vraiment lâcher prise. Mais maintenant, non seulement personne n’en est responsable, mais même en parler a été interdit ou est considéré comme « anti patriotique ».

Mais la critique et la responsabilité ne sont-elles pas patriotiques dans de nombreux cas? Si ce n’est pas dans le but de se soucier de ce pays, qui est prêt à prendre soin de critiquer la situation ?!

Maintenant, non seulement la poursuite de la responsabilité est inadmissible, mais le gouvernement a également expliqué aux habitants de Wuhan qu’ils devaient être reconnaissants. C’est vraiment une blague. La gratitude forcée et la gratitude spontanée sont totalement différentes. Bien que nous ayons arrêté de crier à cause de la colère du public, cela nous a fait encore plus mal.

Il ne fait aucun doute que chaque pays a ses propres problèmes et souffrances. Dans le monde réel, aucun endroit n’est l’endroit idéal. Mais permettez toujours aux gens de crier leur douleur. En parler et la douleur sera réduite.

Plus de 60 jours après la fermeture de la ville, je sens que la tragédie des personnes qui demandent de l’aide s’est progressivement estompée dans ma mémoire, et je sens que je reviens de plus en plus à une vie quotidienne d’apathie. Cependant, je ne veux pas oublier.

J’ai peur qu’après avoir oublié, tout revienne. J’oublie et je dois lutter contre cet oubli qui est déchirant au niveau personnel.

Dans le contexte d’une épidémie mondiale, la confrontation entre la Chine et les États-Unis ajoute de nombreux facteurs incertains à la situation actuelle. Mais n’importe quel pays est composé de gens généralement bons et ordinaires. Les conflits entre les pays et la simple amitié entre des personnes du même genre me font aussi me sentir déchirée.

Quoi qu’il en soit, nous sommes des vagues de la même mer, faites attention!

Correspondant, Marxist-Humanists, 24 mars 2020

http://alter.quebec/chine-lettre-de-wuhan/

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Contribution de la première ligne de santé à la continuité des services et à la lutte contre l’épidémie de Covid-19

L’approche utilisée jusqu’ici pour lutter contre la menace de l’épidémie Covid-19 a surtout mobilisé le contrôle aux frontières, le SAMU et les services hospitaliers. Avec l’augmentation de la contamination locale, cette approche a montré ses limites : le 190 est aujourd’hui surchargé et difficile d’accès pour les véritables urgences, les hôpitaux s’attendent à être rapidement saturés au cours des prochaines semaines et les patients non Covid-19 vont avoir beaucoup plus de difficultés qu’auparavant pour être pris en charge.

Une approche plus globale mobilisant l’ensemble du système de soins avec une décentralisation effective s’impose, conformément aux recommandations de l’OMS. Il faut corriger le tir et procéder aux ajustements nécessaires. La première ligne, jusqu’ici peu ou pas mobilisée, peut et doit nécessairement jouer un rôle important dans le contrôle de l’épidémie dans le cadre bien défini et dynamique de la stratégie nationale. Elle apportera alors l’importance de sa couverture géographique et la grande expérience acquise dans le cadre des soins de santé de base.

La mission de lutte contre le Covid-19 doit être accomplie tout en veillant à ce que la première ligne et le système de soins en général, continue à assurer la continuité des services offerts à ses usagers, conformément au communiqué du 22 mars 2020 du Ministère de la santé.

1. Assurer la continuité des services pendant et après la période de confinement généralisé. Toute rupture dans la continuité des services peut avoir de graves conséquences sur la santé de la population

Les missions essentielles ci-après sont indispensables en toutes circonstances :

1.1 Identifier les personnes les plus vulnérables aux complications du Covid pour bien cibler les réponses à leurs besoins spécifiques et pour leur protection. Ce faisant on réduit l’incidence des cas graves et la mortalité.

1.2 Assurer la fourniture des médicaments aux patients ayant des maladies chroniques. Ces patients sont des sujets à risque pour le Covid-19. Plus d’un million de malades chroniques s’approvisionnent en médicaments dans les centres de santé de base et les hôpitaux de circonscription. Un arrêt du traitement les expose à des complications et les fragilise davantage vis à-vis du virus. Il faut s’organiser et solliciter l’aide des volontaires de la société civile, des étudiants en médecine, des services sociaux et éventuellement de la poste pour faire parvenir ces médicaments aux domiciles des malades et leur éviter de se déplacer et de s’exposer aux risques.

1.3 Continuer à assurer les consultations des malades chroniques suivis en première ligne et ceux suivis dans les hôpitaux, en raison de l’arrêt des consultations hospitalières et des problèmes de transport.

1.4 Continuer à assurer les activités considérées comme essentielles ou urgentes, comme la vaccination, les consultations de santé maternelle et reproductive, les consultations des populations vulnérables (enfants, femmes, personnes âgées etc.), les consultations de nutrition et les soins dentaires urgents.

2. Assurer les moyens nécessaires à la continuité des services essentiels

2.1 Prendre les dispositions adéquates pour assurer la protection des professionnels et celle des patients conformément aux dispositions recommandées par les différents guides du Ministère de la santé.

2.2 Des formations Covid-19 doivent être assurées, au niveau de chaque structure, pour l’ensemble des personnels de la première ligne. Cette formation, doit être suivie par des opérations blanches ; et complétées par des mesures de soutien psychologique et d’évaluation régulière du degré d’appropriation par le personnel des disposition prises.

2.3 Un effort exceptionnel doit être fait pour assurer la disponibilité permanente des médicaments, en particulier pour les malades chroniques, des équipements de protection individuels (EPI) et des produits d’hygiène. Des lignes téléphoniques doivent être également disponibles et fonctionnelles.

2.4 Chaque structure de première ligne est appelée à procéder à une réorganisation de son activité en vue d’assurer la continuité de ces services essentiels tout en gardant des ressources humaines suffisantes pour garantir cette continuité.

3. Apporter une contribution efficace à la lutte contre l’épidémie du Covid-19.

3.1 Enquête épidémiologique et Contact tracing.

La détermination des contacts des cas Covid-19+, et leur isolement est essentielle dans la stratégie de lutte contre l’épidémie. La première ligne a une longue expérience des enquêtes épidémiologiques. Des équipes peuvent être constituées dans chaque circonscription, sous la supervision d’un médecin et composées en particulier d’infirmiers hygiénistes et d’infirmiers scolaires pour établir la liste des contacts et en faire le suivi :

– Tenir à jour la liste et les coordonnées des contacts, en particulier adresse exacte et téléphone.

– Procéder à l’exécution des activités les concernant selon la procédure de suivi recommandée par le niveau central.

3.2 Identifier un centre par circonscription comme premier maillon de la chaîne Covid-19.

Le guide du parcours du patient suspect ou atteint par le Covid-19 l’INEAS pour la première ligne (CSB CI HC et cabinet privé) nécessite une zone d’isolement avec un médecin et un infirmier. Or la plupart des CSB et des cabinets privés ne disposent pas de locaux et de personnels suffisants pour établir cette zone d’isolement. C’est pourquoi il est plus judicieux d’identifier un centre par circonscription sanitaire comme premier maillon de la chaîne Covid-19. Ce centre constitue un poste médical avancé Covid-19 et réalise un compromis dynamique entre les exigences techniques et de sécurité et la nécessaire proximité de la population quand il s’agit d’une épidémie ayant un fort potentiel d’extension dans tout le pays.

La population sera largement informée pour se diriger vers ce centre en cas de symptômes évoquant Covid-19 et la possibilité d’un premier contact par téléphone doit être promue et soutenue. L’appui des autorités locales, de la société civile et des médias sociaux peuvent aider dans cette direction.

Selon les cas, il peut s’agir d’un hôpital de circonscription (mais en dehors du service d’urgence), d’un centre de santé intermédiaire ou d’un grand centre de santé de base. Sur la base du référentiel agréé et de l’évolution des recommandations centrales, le centre FACILITE l’identification des suspects, la confirmation des cas, le transfert des malades nécessitant l’hospitalisation et des patients nécessitant l’isolement. Il est ouvert de 8h du matin à 8h du soir avec une équipe le matin et une équipe le soir et l’horaire d’ouverture peut être élargi en fonction des besoins. La mise en place de ces centres doit se faire rapidement dans les régions les plus touchées, puis généralisée. La consultation pour suspicion de Covid-19 doit être gratuite.

Ces centres doivent absolument disposer des équipements de protection individuels (EPI), d’un saturomètre, d’une source d’oxygène, et d’un moyen d’évacuation des malades vers les services spécialisés pouvant être mobilisé rapidement. Des moyens de communication (téléphone, ordinateur et connexion internet) doivent être disponibles et fonctionnels. En attendant les tests rapides, les prélèvements pour les patients suspects peuvent être faits sur place par des professionnels formés et acheminés vers les laboratoires agréés. Le circuit patient doit être bien défini et le système de référence doit être clairement établi avec des mécanismes de communication fonctionnels et réactifs. Une collaboration étroite doit être établie avec l’équipe de la circonscription chargée du contact tracing.

Le noyau dur de ces centres doit être retenu parmi les professionnels de la circonscription, mais la circonscription devrait, selon les besoins et les disponibilités, faire participer d’autres professionnels y compris parmi les professionnels privés sous des formes à déterminer (implication directe dans le tri par téléphone, référence et partage d’information). Des formations adéquates doivent être réalisées rapidement pour les personnels appelés à exercer dans ces centres avec des opérations blanches initiales et suivant chaque évolution ou adaptation importantes des activités assignées..

4. Mobilisation et coordination au niveau local, régional et national

4.1 La circonscription sanitaire est appelée à jouer un rôle essentiel dans l’organisation et le bon déroulement de ces activités et elle doit être à la hauteur de la tâche exigée par la situation. Un plan d’action avec une répartition claire des tâches, et une gestion optimale des ressources humaines doivent être établis. Ces personnels doivent être mobilisés équitablement tout en garantissant un pool de réserves et en minimisant le risque de contamination. Des réunions régulières de suivi et d’évaluation pour optimiser les processus doivent être organisées. Des réunions de suivi et d’anticipation doivent être organisées avec les professionnels du secteur privé de la santé.

Des réunions avec la municipalité, les différents services gouvernementaux et les organisations de la société civile sont à organiser régulièrement pour gérer la crise au niveau local. Des activités de promotion des mesures d’hygiène, des gestes barrière et du respect des règles de quarantaine et de confinement doivent être organisées et toucher l’ensemble de la population de la circonscription.

4.2 Coordination régionale et nationale. Les directions régionales et les directions d’établissements sont appelées, dans le cadre du plan régional de riposte à l’épidémie, à encadrer et soutenir les activités de la circonscription, à fournir la logistique nécessaire selon un programme défini, à organiser la formation des formateurs et à faciliter la collaboration intersectorielle. Des réunions régionales et nationales de suivi sont à organiser régulièrement, à distance.

4.3 Les soignants ont besoin de sérénité et de soutien de la part de la communauté et des autorités.

Cela les encourage à aller de l’avant et à donner le meilleur d’eux-mêmes. La vague exceptionnelle de solidarité avec le secteur de la santé constitue une aide importante pour l’amélioration des services de soins dans cette période cruciale. Ce soutien de la population renforce l’exigence de transparence et de redevabilité qui doit s’appliquer à tous les niveaux. Il est important de mettre en place un système de communication transparent et accessible à tous, aussi bien sur les activités entreprises que sur les évaluations réalisées et les résultats obtenus. Il est également important de mettre en place un mécanisme objectif de redevabilité. C’est seulement de cette façon, qu’on peut gagner, de façon durable, la confiance et l’adhésion de la population.

 Première liste des signataires

Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme

Association Tunisienne de Défense du Droit à la Santé

Association Tunisienne de Défense du Secteur Public de la Santé et du Droit de ses Usagers

Association Tunisienne de Défense des Droits de l’Enfant

Société Tunisienne des Maladies Respiratoires et d’Allergie

Observatoire National des Inégalités Sociales de Santé

Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux

Mourakiboun

Ligue des Electrices Tunisiennes

Association Tunisienne de Santé Reproductive

Médecins du Monde Belgique-Section Tunisie

Vingt millions de consommateurs

Ligue des Electrices Tunisiennes

Association Perspectives El Amel Ettounsi

Association Tunisienne pour les Droits et les Libertés

Mawjoudin We exist

Free Sight Association

Association Hanen Allaitement

Association Citoyenneté et Libertés Jerba.

Association Citoyenneté, Développement, Cultures et Migrations des deux Rives

Groupe Tawhida Ben Cheikh

Syndicat National des Médecins Médecins-dentistes et Pharmaciens Hospitalo-universitaires

Association Tunisienne des Femmes Démocrates

Association Tunisienne des Femmes pour la recherche sur le Développement AFTURD

Aswat Nissa

Association Maghrébine de Sécurité Sanitaire des Aliments

Association Amal pour l’environnement Metaloui Bassin minier

Association Tunisienne de Santé Reproductive Tataouine

Association Culture et Développement Haffouz

Centre Tunisien pour la santé Publique

Docteur Achouri Hedi

Monsieur Afaya Kacem

Docteur BelHaj Yahia Moncef

Monsieur Belhiba Tarek

Professeur Ben Ammar Mohammed Salah

Monsieur Ben Frej Hechmi

Professeur Ben Hamida Abdelmajid

Monsieur Ben Jemaa Zouhair

Professeur Ben Romdhane Habiba

Professeur Ben Salah Faiçal

Madame Bouchereb Msallem Saîda

Docteur Bousnina Dorra

Docteur Bousselmi Béchir

Docteur Cherif Moez

Docteur El Abassi Abdelwahed

Docteur Essaafi Sihem

Professeur Hamzaoui Agnès

Professeur Hsairi Mohammed

Docteur Kallel Slim

Docteur Khalfallah Sonia

Docteur Laatiri Zied

Docteur Mansouri Fethi

Professseur Marrakchi Zahra

Professeur Mtiraoui Ali

Monsieur Msallem Jamel

Professeur Mrad Skander

Docteur Mzid Jaouhar

Docteur Sabri Belgacem

Professeur Sellami Slaheddine

Monsieur Tounsi Abdelkrim

Docteur Turki Raoudha

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Pandémie de coronavirus
à l’ombre de l’exploitation capitaliste et
domination impérialiste des personnes et de la nature

Cette crise sanitaire épidémique coïncide avec une crise mondiale multiforme et l’aggrave : crise politique, économique, sociale, environnementale et climatique. En d’autres termes, nous vivons actuellement une crise de la civilisation capitaliste machiste et raciste, qui aura des effets inégaux, avec de graves conséquences pour les groupes vulnérables et marginalisés, particulièrement nos sociétés dans les pays du Sud, dont l’Afrique du Nord. Cette crise sanitaire nous confirme l’étendue du crime du système économique capitaliste actuel en détruisant les systèmes environnementaux, agricoles, culturels et sociaux qui lui sont associés, afin d’imposer un système mondial destructeur et totalement inapproprié pour protéger notre santé en tant qu’individus et en tant que sociétés. Si nous ne nous mobilisons pas et n’exigeons pas des réponses équitables et efficaces pour lutter contre cette épidémie, cette dernière aura de graves conséquences pour les classes populaires, les appauvris, les petits paysans et les travailleurs. Nous devons tirer les leçons des expériences passées pour vaincre l’épidémie de Corona et trouver de vraies solutions aux multiples crises que nous traversons (y compris la crise climatique), ainsi que pour mettre un terme à l’aggravation des inégalités et des injustices sociales, afin de construire un nouveau système juste et durable.

Le capitalisme est en crise

La crise multiforme qui a frappé le monde s’est aggravée au cours des dernières années. Les marchés financiers ont même affaibli les économies les plus solides des pays industrialisés. Nous assistons également à un accroissement des politiques capitalistes désastreuses, parallèlement à l’hostilité et au racisme à l’égard des réfugiés et des migrants, sans parler de la montée inquiétante du fascisme et des forces d’extrême droite dans les pays du Nord en particulier.

Cette crise a révélé l’étendue catastrophique des politiques centrales urbaines, qui privilégient les investissements industriels, immobiliers et mercantiles aux dépens de la production agricole, des services de santé et d’éducation destinés à la grande majorité des résidents dans les zones rurales qui produisent principalement la nourriture, premier besoin de l’humanité.

L’accaparement des terres agricoles à des fins de spéculation financière et la production de biocarburants, pour assurer la sécurité alimentaire de certains pays, augmente le coût de la nourriture, ce qui nous conduira à une nouvelle crise alimentaire. L’accroissement des activités extractives et le pillage des ressources naturelles ont augmenté grâce aux technologies coûteuses, dangereuses et destructrices de l’environnement. Cependant, ces pratiques sont nécessaires pour le maintien du mode de vie dominant dans les pays du Nord, est basé sur la croissance éternelle et le consumérisme que ces pays imposent au reste de l’humanité.

Les pays du Sud en particulier subissent les conséquences de cet assaut capitaliste et impérialiste. Dans ces régions, les petits paysans sont dépouillés de leurs terres pour se retrouver dans le besoin et l’extrême pauvreté. En même temps, le coût élevé des denrées alimentaires de base se traduit chez eux par la famine. Du fait des politiques néolibérales appauvrissantes, des millions d’ouvriers sont licenciés et les travailleurs sont marginalisés. En plus de ce qui précède, l’effet de serre entraîne des milliers de décès à cause de la sécheresse, la désertification, les inondations et/ou des ouragans.

Parallèlement à l’explosion de la crise de la dette au début des années 1980, les pays du Sud, y compris notre région, ont été soumis à de violentes ingérences des institutions financières internationales ; le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, pour orienter leurs politiques publiques et équilibrer leurs budgets en réduisant les dépenses. Cette intervention vise à fournir les liquidités nécessaires pour le remboursement des dettes et l’achat des produits européens non vendus.

Depuis lors, l’endettement est demeuré un système visant à soumettre les peuples de notre région et à les éloigner de toute tentative de construction de leurs économies au-delà de la subordination absolue aux Etats impérialistes. Malgré la cessation officielle des politiques d’ajustement structurel, ces institutions ont continué d’intervenir à travers leurs rapports d’orientation sur ces régimes.

Des décennies de politiques néolibérales et la course folle derrière le profit privé ont conduit à la privatisation des hôpitaux publics et à l’imposition d’une grande austérité dans les budgets des services publics, y compris ceux de la santé. Ceci constitue un véritable crime que des millions d’innocents paieront cher, surtout dans nos pays dépendants, où l’appauvrissement de masse et le Corona s’allieront pour laisser un terrible massacre. Nous espérons que la chaleur affaiblira sa férocité ou la découverte d’un médicament qui évite aux travailleurs le terrible sort réservé à l’humanité.

La crise mondiale de la santé – l’épidémie de Corona

La crise sanitaire actuelle doit être analysée et comprise dans ce contexte mondial. Cette crise, qui aura de graves conséquences sociales et économiques, accentuera d’autres crises, n’est pas une catastrophe naturelle, comme certains le préconisent. Le virus COVID19 n’est pas un virus chinois, comme certains le disent (le président américain Trump, par exemple), exprimant des attitudes racistes, mais c’est un virus résultant de l’étendue d’un modèle agricole capitaliste destructeur qui crée un déséquilibre dans l’environnement par des monocultures appauvrissantes, par l’intensification de l’élevage pour la production de viande et de produits laitiers industriels et commerciaux, par le déboisement généralisé et à la perte des habitats naturels. Le mode de production capitaliste pénètre sauvagement dans les limites extrêmes de la terre et détruit l’équilibre qui permet à la société de vivre en harmonie avec son environnement. Cet écart croissant entre l’accumulation du capital et la nature menace notre planète en tant que lieu d’existence humaine et au reste des êtres vivants. Toutes les voies des désastres du système capitaliste se sont croisées, dont le traitement potentiel de l’épidémie qui sera soumis à la logique des marchands de guerre, c’est-à-dire combien de bénéfices seront acquis aux entreprises !

Cette crise sanitaire mondiale et ses conséquences ne sont qu’une facette de l’exploitation capitaliste et de la domination impérialiste des peuples et de la nature.

Dans notre région, l’Afrique du Nord, le virus a commencé à se propager et à tuer, quoique lentement, et il ne fait aucun doute qu’il est en accroissement, et les mesures annoncées ne constituent qu’un avertissement avant la catastrophe.

Des millions de petits agriculteurs, de travailleurs agricoles et de pêcheurs qui travaillent dur, supportent le fardeau de fournir quotidiennement de la nourriture aux populations, les forçant à travailler pendant la propagation de l’épidémie. Des millions d’entre eux risquent de contracter le virus, pour s’assurer que la roue de production continue à tourner sur leurs efforts. Certes, la fermeture des frontières avec l’Europe et le manque de marchés auront des conséquences sociales importantes (démobilisation, chômage, faillite…).

Il est évident que le risque de contamination guette les travailleurs agricoles et les paysans pauvres, sans la prise de mesures exceptionnelles pour les protéger, ainsi que le reste des travailleurs contraints par leurs conditions de vie, de travailler dans ces conditions. De plus, la majorité des personnes qui travaillent dur n’ont pas le pouvoir d’achat pour parer au risque de contamination par le virus, en achetant les médicaments et la nourriture saine dont elles ont besoin.

Ce qui se passe dans le monde et dans notre région, l’Afrique du Nord, nous pousse de façon urgente, à lutter pour la souveraineté sur la richesse et la nourriture de nos peuples, car les entreprises investissant dans les cultures industrielles forceront les travailleurs à travailler, sans compensations exceptionnelles et sans mesures strictes de protection contre les infections, car cela affectera leurs bénéfices. Le rude test que connaissent nos sociétés a démontré la priorité de la défense des services publics, car c’est une garantie sociale qui ne peut être compromise par les directives des institutions financières qui contrôlent nos vies.

Sur la base de ce qui précède, nous, au secrétariat régional du Réseau Nord-Africain pour la Souveraineté Alimentaire, appelons :

  • Les petits agriculteurs, travailleurs agricoles et pêcheurs à continuer de s’organiser et de lutter pour la couverture complète de leurs droits dans les circonstances exceptionnelles actuelles, en envisageant des méthodes de lutte collective qui garantissent leur protection contre l’infection par le Coronavirus.

  • Reconsidérer les politiques de développement dans les pays du Sud et d’Afrique du Nord et de tirer les leçons de cette catastrophe, en redéfinissant les priorités vers la production agricole et alimentaire et la pêche, et en fournissant des services de santé et d’éducation aux citoyens en tant qu’éléments de base pour un développement sain et durable au service de nos peuples.

  • Les gouvernements de nos pays d’Afrique du Nord assument pleinement leurs responsabilités pour préserver et assurer la sécurité de tous les travailleurs, y compris les travailleurs agricoles, les petits paysans et les pêcheurs dans la situation actuelle, en prenant toutes les mesures de sécurité dans les fermes agricoles qui comprennent des centaines de travailleurs agricoles, ainsi que dans les ports…

  • Allouer une compensation aux petits paysans et à tous les travailleurs affectés par la crise actuelle (formels ou informels), et leur réserver un budget qui leur est propre.

  • Assurer à tous les hôpitaux les équipements nécessaires pour éviter la catastrophe, par le prélèvement d’impôts progressifs sur le revenu et sur les grands investisseurs. S’il le faut, mettre les cliniques privées gratuitement au service des patients, pour faire face à cette crise.

  • Assurer l’approvisionnement alimentaire nécessaire et affronter les entreprises capitalistes qui chercheront à augmenter les prix de certains produits fortement demandés.

  • Mettre fin à toutes les politiques néolibérales de pillage et annuler la dette publique et les accords de libre-échange qui ne servent pas nos pays.

  • Nous exprimons également notre solidarité avec tous les peuples du monde, en particulier ceux qui souffrent du poids des sanctions économiques comme les peuples iranien et vénézuélien, ou qui vivent des guerres et des occupations meurtrières dans certains pays, comme la Libye, la Syrie, le Yémen et la Palestine. Nous ne pouvons pas non plus oublier le sort des migrants et des réfugiés dont les portes de la forteresse Europe étaient fermées face à eux. Dans le même temps, nous encourageons les gouvernements de nos pays à soutenir d’autres pays africains dans leurs efforts pour faire face à cette épidémie mondiale.

Nous refusons également, au Secrétariat Régional du Réseau Nord-Africain pour la Souveraineté Alimentaire, que nos peuples paient le prix des politiques néolibérales de nos gouvernants, en hypothéquant les richesses de nos pays aux capitaux extérieur et intérieur, ce qui nous exposera à une catastrophe humanitaire si la situation actuelle durera plus que nécessaire.

Enfin, nous ne devons pas laisser cette crise normaliser l’utilisation croissante du contrôle et du militarisme et des mesures autoritaires qui portent atteinte à la liberté et à la démocratie. Bon nombre de ces mesures peuvent être appropriées comme réponse à court terme aux urgences de santé publique, mais elles ne devraient pas devenir la nouvelle norme pour le monde post-Corona.

Chaque crise est une opportunité, et le système capitaliste-impérialiste, avec nos élites despotiques, cherchera à se renouveler par d’autres moyens pour accaparer les richesses des peuples. Nous ne devons pas permettre cela. Nous devons de toute urgence rechercher des alternatives durables et équitables à l’ordre mondial actuel. La seule solution qui nous est possible est la solidarité entre nous et notre travail pour construire un nouveau monde dans lequel règnent la souveraineté populaire, la démocratie et la justice sociale.

Souveraineté sur la terre et l’alimentation… Souveraineté sur le destin

23.03.2020

https://siyada.org/fr/siyada-board/declarations/declaration-du-secretariat-regional-pandemie-de-coronavirus-a-lombre-de-lexploitation-capitaliste-et-domination-imperialiste-des-personnes-et-de-la-nature/

http://cadtm.org/Pandemie-de-coronavirus-a-l-ombre-de-l-exploitation-capitaliste-et-domination

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