Palestine : contre le Coronavirus, l’UAWC met ses équipes et ses locaux à la disposition du gouvernement et des paysan·ne·s (et) Akram Al-Waara : Les Palestiniens détenus en Israël en péril

L’Union des comités d’action agricole (UAWC) mobilise ses équipes administratives et techniques dans différents domaines et met ses capacités et ses ressources à la disposition du gouvernement et du ministère de l’agriculture pour lutter contre l’apparition du coronavirus « COVID-19 ».

Avec la grave pandémie du nouveau Coronavirus en Palestine et dans le monde entier, l’Union des Comités d’Action Agricole a établi un plan d’action d’urgence afin de faire face à la crise actuelle et aux conditions difficiles, ainsi qu’aux risques et dangers très élevés qui accompagnent la propagation du virus et qui menacent la vie de nombreux êtres humains dans le monde entier. Compte tenu du signalement de nombreux cas, principalement à Bethléem, et de la crainte croissante de voir l’étendue de la zone infectée atteindre d’autres régions également, ce qui menace de paralyser la vie publique et de causer des pertes catastrophiques dans divers domaines et aspects, principalement en vies humaines, l’Union des comités d’action agricole a rapidement élaboré un plan d’action d’urgence conformément à la déclaration d’état d’urgence nationale du gouvernement.

Ce plan met l’accent sur l’importance d’une communication constante et durable avec les agricultrices et les agriculteurs des différentes régions, en particulier ceux des zones classées « C », et ce afin de garantir et d’assurer leur information et leur connaissance des nouvelles mises à jour liées à la crise et de s’assurer qu’ils prennent les mesures adéquates et nécessaires conseillées par le gouvernement et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le nouveau plan d’action d’urgence annoncé se concentre sur les points suivants :

La suspension des programmes de travail de l’UAWC qui ont été préparés précédemment conformément au cadre de son plan stratégique, et cela comprend l’annulation de toutes les conférences et participations à des cours de formation locaux et internationaux, le report de toutes les réunions et suivis réguliers qui ne sont pas considérés comme nécessaires ou urgents et la flexibilité des horaires de travail des collègues qui sont mères, ce qui garantit la sécurité de leurs enfants.

La communication à un large niveau avec les agricultrices et les agriculteurs de différentes régions, en mettant l’accent sur les zones éloignées et marginalisées afin d’examiner leurs besoins liés aux mesures de sécurité suivies dans les conditions actuelles.

La fourniture aux communautés agricoles des zones éloignées et marginalisées de leurs besoins en matériel stérile et désinfectant et de brochures d’orientation pédagogique, selon les besoins.

La coordination avec les institutions de santé et leur mise en relation avec certaines communautés agricoles éloignées et marginalisées afin de garantir la réception des services de santé nécessaires.

L’organisation de visites périodiques dans diverses régions, en mettant l’accent sur les petits agriculteurs et agricultrices, afin de se familiariser avec leur situation et de discuter des mécanismes de travail et de suivi de leurs exploitations qui tiennent compte des risques que le Coronavirus fait peser sur leur vie.

La mise à disposition des capacités et des ressources de l’UAWC au ministère de l’agriculture et aux institutions sanitaires qui sont actives dans le cadre de l’état d’urgence national pour lutter contre cette épidémie.

Les bureaux de l’UAWC sont ouverts à toutes et tous, dans toutes les régions, au cas où différentes institutions ou équipes médicales auraient besoin de les utiliser.

Les institutions de Bethléem qui ont suspendu leur travail et qui ont des employés en dehors du gouvernorat, UAWC a mis ses bureaux autour de la Cisjordanie à la disposition de ces employés, ce qui signifie que ceux qui souhaitent poursuivre leurs missions et leurs tâches sont les bienvenus dans les bureaux d’UAWC où ils disposeront d’un espace de travail pratique.

Enfin, nous dépasserons et surmonterons cette crise en nous réunissant et en adhérant à tout ce qui est émis par les autorités, en sensibilisant et en traitant sérieusement ce grave défi.

https://viacampesina.org/fr/palestine-contre-le-coronavirus-luawc-met-ses-equipes-et-ses-locaux-a-la-disposition-du-gouvernements-des-paysan·ne·s/


Les Palestiniens détenus en Israël en péril

Le manque de produits d’hygiène et les cellules bondées font craindre aux prisonniers une politique de « négligence médicale délibérée ».

La peur et la panique ont dominé ces deux dernières semaines en Cisjordanie occupée, alors que le nombre de cas de coronavirus continue d’augmenter.

Le 13 mars dernier, le ministère palestinien de la Santé a confirmé que le nombre établi de cas était passé à 35, dont 34 dans la ville de Bethléem, dans le sud de la Cisjordanie.

Mais alors que les mesures prises par le gouvernement pour stopper la propagation du virus commençaient à rétablir un certain calme, une terrible nouvelle est arrivée : le coronavirus touche désormais les prisons israéliennes, où sont détenus des milliers de prisonniers politiques palestiniens.

La Commission des affaires des prisonniers palestiniens a indiqué qu’un détenu de la prison d’Ashkelon avait été en contact avec un médecin israélien testé positif au virus.

Qadri Abu Bakr, le chef de la commission, a annoncé que ce prisonnier, dont on ne connaît pas l’identité, ainsi que dix-neuf autres personnes, étaient donc détenus en quarantaine.

Pendant ce temps, les médias israéliens et palestiniens ont signalé des cas suspects de coronavirus dans deux autres prisons : la prison de Ramleh, dans le centre d’Israël, et le centre de détention de la Moscobiya à Jérusalem.

Dans ces deux centres de détention, les prisonniers ont été mis en quarantaine après avoir été en contact avec des agents pénitentiaires israéliens soupçonnés d’exposition au virus.

Les services pénitentiaires israéliens ont annoncé leur intention d’évacuer une prison près de la frontière égyptienne qui sera utilisée pour mettre en quarantaine les prisonniers exposés au virus. L’arrêt des visites pour les familles de prisonniers palestiniens a aussi été décrété.

Les Palestiniens craignent toutefois que le gouvernement israélien et les autorités pénitentiaires ne prennent pas les mesures appropriées pour prévenir la propagation du virus et traiter ceux qui pourraient tomber malades.

Sales et surpeuplées

« Il est bien connu que les prisons israéliennes sont vieilles, sales, surpeuplées et manquent de fournitures d’hygiène de base », affirme à Middle East Eye Mohammed Abed Rabo (48 ans), ancien prisonnier et militant palestinien.

« Dans la meilleure prison, vous avez entre six et dix prisonniers dans une pièce mais dans de nombreux cas, ils sont plus que cela », explique-t-il, ajoutant que jusqu’à 120 prisonniers se côtoient à la fois pendant les repas et les activités de plein air.

Le niveau de surpopulation dans les prisons israéliennes, redoute-t-il, sera l’un des principaux facteurs qui pourraient faire progresser l’épidémie de coronavirus parmi les prisonniers palestiniens.

En plus de cela, selon lui, le manque de produits d’hygiène tels que le désinfectant pour les mains et le savon ne fera qu’empirer les choses.

« Les prisons ne savent déjà pas fournir aux prisonniers les produits d’hygiène et de première nécessité en temps normal », déclare Abed Rabo, ajoutant qu’il a appris par l’intermédiaire des avocats des prisonniers affectés que les services pénitentiaires n’avaient apporté aucun changement notable à l’intérieur des prisons pour résoudre le problème.

ILS DEVRAIENT DISTRIBUER AUX PRISONNIERS DES MASQUES, DES GANTS, DES DÉSINFECTANTS POUR LES MAINS, DU SAVON SUPPLÉMENTAIRE, L’OCCASION DE LAVER LEURS VÊTEMENTS ET LEURS DRAPS PLUS SOUVENT. MAIS ILS SE CONTENTENT DE LES METTRE EN QUARANTAINE.

Abed Rabo affirme également que les prisonniers mis en quarantaine sont simplement jetés dans les cellules d’isolement des prisons. « Comment peuvent-ils obtenir les soins appropriés dont ils ont besoin, alors qu’ils sont simplement jetés dans ces cellules d’isolement dégoûtantes ? Est-ce une façon de traiter des êtres humains malades ? »

« Négligence médicale délibérée »

Pendant des années, les groupes de défense des droits des Palestiniens ont enregistré ce qu’ils appellent une politique de « négligence médicale délibérée » dans les prisons israéliennes à travers le pays.

On estime que depuis la seconde Intifada, qui s’est déroulée de 2000 à 2005, dix-sept prisonniers palestiniens sont morts directement des suites de négligence médicale.

Dans une publication de 2016, le groupe de défense des droits des prisonniers Addameer a noté la présence d’au moins 200 patients atteints de maladies chroniques, dont une vingtaine de patients atteints de cancer, des dizaines d’autres souffrant de handicaps physiques et psychologiques, et 25 hospitalisés en permanence dans la clinique de la prison de Ramleh.

« Un certain nombre de ces patients atteints de maladies chroniques ont des problèmes respiratoires et cardiaques, et des maladies auto-immunes », signale Abed Rabo, soulignant qu’une part importante de la population carcérale est constituée d’hommes d’âge moyen ou âgés.

LA DÉMOGRAPHIE DES PRISONNIERS CORRESPOND À LA DÉMOGRAPHIE DES PERSONNES LES PLUS SENSIBLES AUX EFFETS MORTELS DU CORONAVIRUS. ET C’EST TERRIFIANT.

Les prisonniers malades, affirme Abed Rabo, ne reçoivent déjà pas de traitement médical approprié.

« Les médecins viennent rarement, et les patients ayant des problèmes graves se voient souvent prescrire des analgésiques génériques, tandis que ceux qui ont besoin de traitements tels que la dialyse et la chimiothérapie n’ont pas de calendrier de traitement approprié », explique l’activiste. « Alors imaginez ces prisonniers confrontés à une épidémie de coronavirus », poursuit-il. « Pensez-vous qu’ils seraient traités correctement ? »

Malgré le sérieux avec lequel Israël traite l’épidémie de coronavirus dans le pays, Abed Rabo dit douter que les autorités traitent les prisonniers palestiniens avec la même urgence.

À MAINTES REPRISES, ILS ONT MONTRÉ QU’ILS NE SE SOUCIAIENT PAS DES VIES PALESTINIENNES, EN PARTICULIER DE NOS PRISONNIERS, ALORS POURQUOI CELA CHANGERAIT-IL MAINTENANT ?

Akram Al-Waara, Middle East Eye, 17 mars 2020

http://alter.quebec/palestine-les-palestiniens-detenus-en-israel-en-peril/

4 réponses à “Palestine : contre le Coronavirus, l’UAWC met ses équipes et ses locaux à la disposition du gouvernement et des paysan·ne·s (et) Akram Al-Waara : Les Palestiniens détenus en Israël en péril

  1. Appel à intervenir avant qu’il ne soit trop tard : le PCHR avertit que le système de santé de Gaza s’effondrerait en cas de déferlante de coronavirus
    http://www.ujfp.org/spip.php?article7739

  2. Coronavirus : la Palestine, confinée, subit de plein fouet les exactions de l’occupation israélienne
    http://www.france-palestine.org/Coronavirus-la-Palestine-confinee-subit-de-plein-fouet-les-exactions-de-l

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